TRIBU VII
| DINOMORPHIDES.
Sous-menton renflé, fortement trilobé, en contact avec les mandi- | bules. — Celles-ci en tenailles, très-épaisses, remplissant le cadre buc- | cal. — Menton et mâchoires enfouis dans l’intérieur de la cavité bue- | cale, invisibles (1). — Rostre très-robuste; ses scrobes complètes en
avant, profondes, arquées. — Antennes courtes, très-robustes ; leur funieule grossissant peu à peu, de six articles; le 49° de la massue seul développé, les autres très-courts, spongieux et confondus ensemble. — Yeux transversaux, très-allongés et acuminés inférieurement, — Prothorax pourvu de lobes oculaires; prosternum excavé en avant des hanches antérieures. — Corbeilles des jambes postérieures caverneuses; jambes inermes au bout; tarses très-larges, spongieux en dessous. — Les trois segments intermédiaires de l'abdomen égaux, séparés entre eux et du premier par des sutures rectilignes et profondes. — Métasternum excessivement court.
Cet assemblage insolite de caractères ne s’observe que dans le genre Dnomorpaus de M. Perty, l’un des plus extraordinaires de la Famille. Il réunit, en effet, des particularités empruntées au moins à trois groupes différents, et qui ont, en même temps, subi des modifications particulières. Ses organes buccaux, moins les mandibules, ont beaucoup d’analogie avec ceux des Amyctérides ; ses antennes, si elles étaient imparfaitement coudées, seraient des antennes de BrACHYCE- Rus; enfin son prothorax est canalieulé en dessous, comme celui des
rsopsides, dont il s'éloigne fortement par ses tarses, qui ressemblent beaucoup à ceux des Lirainus ou des Hozowyenus. D'après cela, je me crois suffisamment autorisé à en faire une Tribu à part, que de nouvelles découvertes enrichiront probablement un jour d’autres formes non moins bizarres.
(1) Le menton est très-petit; ilme parait être confondu avec la languette et forme avec elle un triaugle aigu hérissé de poils, Les mâchoires n’offrent rien de particulier, et sont même petites pour la grandeur de l’insecte. Leur mando est cullriforme, obtus au bout, garni de poils épais et muni sur sou bord interne, de cils raides, arqués, au nombre de six ou sept. Les trois premiers arlicles de leurs palpes sont obconiques, graduellèment moins épais, le dernier éstoblong et obtus au bout. Par suite de la petitesse du menton, le genre est blanérognathe au plus haut degré.
DINOMORPHUS.
Perry, Del. anim. art. Brasil., p.71.
Dents du sous-menton d’égale longueur : la médiane en triangle aigu, lés latérales largement arrondies. — Mandibules festonnées sur leur bord interne. — Tête presque plane ; rostre un peu plus long et presque aussi large qu’elle, extrèmement robuste, parallèle, un peu arqué, renflé inférieurement au bout, quadrangulaire, plan et inégal en dessus, tronqué en avant; scrobes très-profondes, obliques, évasées en arrière, atteignant les yeux, réunies par un sillon transversal en dessous. — Antennes médianes ; scape en cône renversé, atteignant à peine les yeux; funicule à articles 4 subpyriforme, un peu allongé, 2 plus court, obconique; les suivants cylindriques, subégaux, transversaux, serrés. — Prothorax subtransversal, convexe en avant, rétréci én arrière, échancré en arc à sa base, brièvement tubuleux en avant, avec son bord antérieur saillant et sinué ; ses lobes oculaires larges, assez saillants, recouvrant en partie les yeux. — Ecusson bien distinct, arrondi. — Elytres ovoïdes, pas plus larges que le prothorax, et sail= Jantes dans leur milieu à leur base, avec les épaules nulles. — Pattes longues et très-robustes ; cuisses en massue au bout, longuement pédoneulées à leur base; jambes arquées, difformes, comprimées, Nuniesen dehors, dans leur milieu, d’une crête assez longue, échancrées à leur extrémité interne, avec une touffe de poils dans l’échancrure; corheilles (1) assez petites, arrondies; tarses à articles 1 triangulaire, 2 en carré transversal, 3 suborbiculaire, beaucoup plus large que les précédents, 4 médiocre, ainsi que ses crochets; ceux-ci robustes. — Corps oblongo-ovale, aptère, très-inégal, revêtu d’un enduit Me
M. Perty n’ayarit eu à sa disposition qu'un dessin de l’unique es pèce (2) du genre, n’a pu donner que très-imparfaitement les carats {ères de ce dernier, qui sont, par conséquent, exposés ici dans toute leur étendue pour la première fois.
Cet insecte est de la taille des Bracaycerus de seconde grandeur, et de tous les Cureulionides, c’est à l'Hoplitotrachelus Spinolæ, du groupe des Byrsopsides, qu’il ressemble le plus. Son prothorax est couvert de tubercules arrondis, et présente, en outre, deux grosses callosités antérieures et sublatérales, en avant desquelles se voient deux crètes en chevron. Des tubercules coniques, mélangés d’aspérités, couvrent
(1) Celles des quatre jambes antérieures ne différent pas de celles des jambes postérieures, ce qui n'est pas une des moiadres singularités du genre.
(2) D. pimelioides, Perty, loc. cit. p. 72, pl. 14, f. 15; cotte figure, faite d’après un petit exemplaire, ne donne qu'une idée peu exacte de la forme et de la sculpture de l'espèce, L’unique exemplaire que j'ai sous les yeux, mais que je crois une femelle, est de moitié plus grand.
De
| édifié
BYRSOPSIDES. 293
toute la surface des élytres, qui ont, de plus, quatre gros tubercules coniques, disposés transversalement aux deux tiers de leur longueur, et dont les deux médians sont beaucoup plus forts que les latéraux.
Le facies de cet insecte remarquable est tout-à-fait africain ; néanmoins il est originaire de la province de Bahia, au Brésil. C’est un des Curculionides les plus rares dans les collections (1).
TRIBU VIIL.
BYRSOPSIDES,.
Sous-menton sans pédoncule, ou n’en ayant qu’un vestige. — Mandibules variables, rarement en tenailles. — Rostre plus ou moins ro» buste, souvent difforme, reçu au repos dans un canal ou une excavation du prosternum; ses scrobes linéaires, arquées. — Scape des antennes atteignant, au maximum, le bord antérieur des yeux. — Ceux-ci grands, déprimés, transversaux, entièrement recouverts, au repos, par les lobes oculaires du prothorax. — Ces derniers très-saillants chez presque tous. — Cuisses graduellement en massue où sublinéaires ; jambes inermes au bout ; corbeilles de toutes petites, arrondies et plus ou moins caverneuses (Gronors excepté); tarses étroits, non spongieux en dessous, à article 3 pas plus large que 1-2, bilobé où non. — Métasternum extrèmement court.
Insectes tenant d'aussi près aux BracHyCERUS que les Dinomorphides, et n’en diflérant que par deux caractères essentiels: leurs mâchoires découvertes et la structure de leurs antennes. On ne peut y ajouter l'existence d’un canal prosternal pour la réception du rostre, attendu que ce canal, qui forme d’abord une profonde rainure à bords minces et tranchants, finit bientôt par se convertir en une simple excavation plus où moins superficielle. Or, les BRAcHYCERUS en possèdent souvent une pareille.
Ce groupe est difficile à limiter exactement, et pour ne pas s'eXpo- $er à yintroduire, comme l’a fait Schœnherr, des éiéments étrangers, il faut, en premier lieu, préciser la limite postérieure du canal prothoracique, qui est loin d’être propre à ces insectes. 1] ne dépasse jamais les hanches antérieures qui, dans l'immense majorité des cas, le ferment en arrière ; les Tuxcesrernus sont les seuls chez lesquels sa limite est formée par une pièce triangulaire qui se trouve en avant de ces hanches, Ceci ne suflit pas encore pour caractériser un Byrsop-
(1) 1 n'en existe, à ma connaissance, que deux exemplaires dans celles de l'Europe entière; ils apparteuaient primitivement au savant président de Ja Es entomologique de Stettin, M. C. A. Dobrn, de la collection de qui l'un
Cuxa passé dans celle de M. L. Fairmaire, à Paris.
side ; il faut que les tarses soient en dessous épineux, ciliés ou vil leux, jamais spongieux. Enfin un troisième et dernier caractère est indispensable : le métasternum doit être très-court. Toute espèce qui ne réunit pas ces trois caractères n’appartient pas au groupe, tel qu'il est restreint ici (1).
Ainsi épuré, il est très-naturel et doit recevoir trois genres (PLasto= zocus, Gronurs, Mvxors) que Schœænherr avait placés parmi ses Cl6onides. ;
Les Byrsopsides ont tous cet aspect particulier aux Curculionides épigés, qui vivent dans les terrains les plus arides. Leurs téguments sont inégaux et (sauf chez les TaecesrerNus et les Minxops) densément écailleux. Leur livrée, d’ordinaire grise ou jaunâtre, est tantôt Lniforme, tantôt marquetée de brun ; elle ne devient assez remarquable que chez quelques Byrsops et SYNTHOCUS.
À l'exception des TaecesreRNUS, qui les représentent dans l’Améri= que du Nord, ils sont propres à l’ancien continent, surtout à l'Afrique; l’Europe ne possède que trois (Rayrirminus, GRonoPs, Minyops) de leurs genres.
Quoique médiocrement nombreux, ces derniers, pour être classés convenablement, me paraissent devoir être répartis dans les trois groupes suivants :