TRIBU IX
AMYCTÉRIDES.
Sous-menton très-souvent épaissi et tridenté en avant. — Menton et mâchoires plus ou moins enfoncés dans la cavité buccale ; celles-ci larges et paraissant souvent confondues avec le menton (1). — Mändibules saillantes, voûtées, déclives, droites sur leur bord interne, tranchantes en avant. — Rostre court, en général extrèmemaent y6* buste; ses scrobes très-rarement linéaires et dirigées en bas. — Funis cule antennaire de 6 articles : le 1°° de la massue plus ou moins als longé. — Prothorax, en général, muni de lobes oculaires. — Point d’écusson. — Cuisses sublinéaires ou graduellement en massue; to beilles des jambes postérieures petites, terminales et ouvertes; tarses
(1) Le plus ou moins de visibilité du menton et des mâchoires dépend dela profondeur de léchancrure du cadre buccal, qui varie presque d’une espèce à autre et ne peut servir à caractériser les genres, non plus que ies dents dont ilest muni, et qui disparaissent parfois complètement. La règle générale estque les organes en question sont en totalité ou en grande partie à découvert, Le menton est toujours étroit et en triangle allongé et aigu. Sa fusion avec les mächoires est souvent si complète en apparence que, réunies, ces pièces pas raissent former une plaque simple divisée en trois parties par de fines sutures longitudinales. IL faui faire attention à cette structure afin de ne pas prendre ces insectes pour des Curculionides adélognathes ; ils sont, au contraire, éminemment phanérognathes. Les mächoires présentent une autre particularité digne de remarque : leur partie ainsi visible au dehors, et qui est souvent plus large que le menton, supporte à sa base le corps de la mâchoire, qui estlibre dans {e reste de son étendue et séparé d'elle par un iutervalle notable dans lequel est logé le palpe. Cette pièce ne peut être autre chose que ce qu'onaps pelle la pièce dorsale chez les autres Coléoptères, et l’interne dès-lors corres: pond au mando. Ce dernier est en fer de hache à angles aigus, couvert de poils grossiers et muni, tout le long de son bord interne, de cils rigides et très-raps prochés. À quoi il faut ajouter que ce n’est pas la face inférieure de la pièce dorsale, mais son bord externe, qui est visible extérieurement, Il en résulte que le mando fait saillie dans l’intérieur de la cavité buccale, au lieu de se por ter à la rencontre de celui de l’autre mâchoire. Telle est du moins la disposis tion de ces parties après la mort et la dessiccation qui en est la suite. Probas blement, pendant la vie, les deux mâchoires, par suite de leur flexibilité, peuvent se rejoindre et agir à la façon ordinaire. J'ajouterai enfin que les trois premiers articles de leurs palpes. sont ordinairement subglobuleux. Cette orgas nisation anormale des organes buccaux, dont je ne connais pas un sevond exems ple parmi les Coléoptères, suffirait. à elle seule pour autoriser à faire des Amyÿ0s térides une Tribu à part.
Liste x
AMYCTÉRIDES. 309
linéaires, subeylindriques ou déprimés, canaliculés et ciliés ou épipeux, rarement spongieux en dessous. — 2° segment abdominal plus long que chacun des deux suivants, séparé du 1°° par une suture arquée. — Métasternum très-court.
Groupe très-naturel, et l’un des plus tranchés qui existent dans la Famille, bien que ses espèces présentent dans la forme des scrobes rostrales, des antennes, des yeux et des lobes oculaires du prothorax, des modifications qui, partout ailleurs, auraient une grande importance, mais qui ici s’effacent devant l’ensemble des caractères exposés dans la formule qui précède.
Il n'existe pas de Cureulionides qui aient le rostre aussi épais et aussi robuste que la plupart de ces insectes. Les excavations, les | crêtes, les épines ou les sillons dont il est muni en dessus le rendent | parfois difforme ; en dessous, il est très-souvent limité à sa base par
un profond sillon transversal, offrant dans son milieu une fossette plus ou moins marquée, d’où part ordinairement un sillon longitudinal dirigé en arrière. Ses scrobes sont tantôt faites comme chez les Cyclomides de Schænherr, tantôt arquées et dirigées en bas. IL y a done, à certains égards, deux types chez ces insectes, mais qui sont réunis entre eux par un genre (Euomus) qui fait jusqu’à un certain point le passage de l’un à l’autre.
Les Amyctérides sont entièrement confinés dans l’Australie, où la plupart paraissent pulluler beaucoup. Presque tous sont au-dessus de la taille moyenne, et les plus petits ne descendent pas au-dessous. Ce sont des insectes épigés, à téguments solides, inégaux, à livrée obscure et le plus souvent uniforme.
Schœnherr, qui n’a connu que trois de leurs genres, avait placé deux d’entre eux (Auyerenus, Evous) dans sa division des Cyclomides, et le troisième (Myraires), dans celle des Entimides. M. Waterhouse (1) est jusqu'ici le seul auteur qui ait signalé l’analogie que tes genres ont entre eux et proposé de les réunir dans un même Sroupe. Ce dernier se subdivise en deux groupes secondaires, aisés à reconnaître au caractère suivant :
1 Scape des antennes dépassant le bord postérieur des yeux. AMYGTÉRIDES VRAIS,
LS es empiétantauplusun peusurles yeux. Euomibes.
GROUPE I. Amycotérides vrais.
Scape des antennes dépassant plus où moins fortement le bord postérieur des yeux. — Ceux-ci médiocres, arrondis ou ovales, non
(1) Voyez son travail intitulé: « Notes on the Species of Amvcrenus and alliod Genera, with Descriptions of some new Species. » Trans. of the entom, Soc. Ser, 9, II, p.75.
en TS
acuminés inférieurement et entièrement à découvert. — Lobes oculaires du prothorax largement arrondis, faibles, parfois nuls.
En ce moment, ces insectes sonttous réunis dans le genre AMYCTERUS de Schænherr, qui, à ce que l’on admet généralement, ne se prôterait pas à être subdivisé (1). Je crois, au contraire, qu’il est nécessaire de rétablir les anciens genres PsALipuRA et ACANTOLOPHUS, dont les caractères n’ont jamais été exposés d’une façon convenable. A ces genres, j'en ajoute même un quatrième, que Je crée par exception (2). Tous sont établis sur des particularités précises, empruntées à la plupart des parties du corps, et corroborés, en outre, par la sculpture des téguments et le facies général.
I. Yeux arrondis ou subarrondis, assez saillants; prothorax non lobé : Amyc= terus.
II. — ovales, déprimés, obliques ou verticaux. a Lobes oculaires du prothorax distincts.
Rostre muni de crêtes ou d’épines sur ses bords latéraux : Acantho= lophus.
— sans crête ni épines sur ses bords latéraux : Psalidura. a a Lobes du prothorax nuls : Cubicorhynchus.
AMYCTERUS.
(Dazx.) Scnoenx. Curcul. Disp. meth., p. 202.
Sous-menton épaissi et plus ou moins fortement denté ; une fossette profonde au milieu du sillon gulaire, d’où part un sillon longis tudinal. — Rostre un peu plus long et aussi large que la tète, con= tinu avec celle-ci, extrêmement épais, parallèle, concave en dessus, avec la concavité impressionnée dans son fond en forme d’X, ou bicarénée, sans épines ni crêtes latérales, plus où moins échancré en avant, avec une dépression en triangle curviligne; scrobes très courtes, rectilignes, mel limitées sur leur bord inférieur, très-brusquement élargies et évanescentes en arrière. — Antennes subterminales, médiocres; scape grossissant peu à peu, déprimé, un peu flexueux, atteignant le bord antérieur du prothorax ; funicule à articles 1-2 ou (Schænherri) 4 seulement allongé, obconique, 3-6 ou 2-6 plus courts, de même forme, égaux ; massue ovale, atténuée et conique à sa base. — Yeux petits, arrondis ou subarrondis, assez COns vexes. — Prothorax transversalement hexagonal, tuberculeux ou di-
(1) Telle n’était pas l'opinion de Schœnherr, qui reconnaissait que le genre devait être divisé en plusieurs, et c’est, à ce qu’il dit, le défaut de matériaux suffisants qui ne lui a pas permis de réaliser cette idée, Voyez son Mantis. sec: Curcul. p. 54, note. :
(2) Ces quatre genres ne suffisent pas encore pour que ces insectes soient convenablement classés, et l’on trouvera indiquées plus bas un assez grand nombre d'espèces qui eu nécessiteront de nouveaux.
AMYCTÉRIDES. 311
gité sur les côtés, rarement arrondi latéralement, et, dans ce cas, granuleux en dessus, tronqué à sa base et en avant, très-largement mais médiocrement échancré en dessous, sans aucune trace de lobes ocu- Jaires. — Elytres oblongues, assez convexes, arrondies sur leur déclivité postérieure, avec leur extrémité en général un peu dilatée, largement arrondie, crénelée et souvent épineuse à l’angle sutural, à peine plus larges que la base du prothorax et tronquées en avant, avec leurs épaules arrondies. — Pattes longues ; cuisses en massue ; jambes antérieures un peu arquées, souvent denticulées en dedans ; tarses subcylindriques, à articles 1-3 échancrés au bout, profondément canaliculés et nus en dessous, sauf parfois sur leurs bords, 4 long et robuste, ainsi que ses crochets, — Saillie intercoxale très-large, tronquée en avant. — Mésosternum en triangle allongé. — Corps oblong, tuberculeux, finement écailleux ou glabre.
Ce genre, tel que je le restreins, comprend les géants du groupe. J'en connais quatre espèces, dont une seule (1) est décrite, à ma connaissance; la plus petite a quinze lignes de long. Chez trois d’entre elles(2), y compris celle décrite, la tête, ainsi que le rostre, sont complètement lisses. Le prothorax présente constamment sur le disque deux rangées de tubercules arrondis, et sur les côtés d’autres de forme conique, libres ou accolés ensemble. Sur chaque élytre, des tubercules pour la plupart en cône aigu, forment deux rangées discoïdales etune latérale plus ou moins régulières ; enfin, les épipleures de ces organes sont couvertes de callosités nombreuses, tantôt assez régulièrement alignées, tantôt disposées sans ordre. Les exemplaires de ces insectes, qui sont bien conservés, ont le prothorax et les élytres revêtus de très-petites écailles arrondies, d’un gris vineux ou à reflets opalins, vestiture pareille à celle qui existe chez la plupart des ACANTHOLOPHUS qui suivent.
ACANTHOLOPHUS.
(Mac-Leay) Senoëna. Mantis.sec. Curcul., p. 55.
Sous-menton non épaissi ; son échancrure coupée carrément dans son fond ; point de fossette dans le sillon gulaire. — Rostre un peu plus étroit et pas plus long que la tête, séparé d'elle par un fin
(1) A. Schænherri, Hope, Trans. of the entom. Soc. I, p. 68, pl. 8, f.2; Schœnh, Cureul. VII, 1, p. 82. —L'Am. Boisduvalii, décrit par M. Boisduval (Faun, de l'Océan. If, p. 393), semble aussi appartenir au genre.
(2) La quatrième a le rostre bisillonné et le prothorax arrondi et granuleux sur les côtés, Pour le surplus, elle a la sculpture et la forme des autres es-
pèces, C’est même elle qui, de tout le gonre, a les yeux les plus petits et les Plus saillants,
sillon transversal, parfois obsolète, très-robuste, quadrangulaire, plus ou moins concave en dessus, avec ses bords latéraux relevés ét munis: de crêtes et d’épines, tronqué en avant, avec une petite dépression demi-circulaire ; ses scrobes pareilles à celles des Amycrerus. — Antennes comme chez ces derniers, avec le 2° article du funicule presque toujours plus long que le 4%, — Yeux médiocres, déprimés, oblongo-ovales , acuminés inférieurement. — Prothorax transversal ou non, rétréci en arrière, muni sur les côtés d’épines déprimées, la plupart bifides et souvent crochues, tronqué à sa base, plus ou moins saillant au milieu de son bord antérieur, avec ses lobes oculaires distincts, — Elytres oblongo-ovales, subparallèles sur les coûté, peu convexes, verticalement déclives en arrière, à peine ou pas plus larges que le prothorax et tronquées à leur base, avec les épaules effacées. — Tarses linéaires, déprimés, finement spongieux en des: sous, avec une ligne médiane nue. — Le surplus comme chez les AMYCTERUS.
Ces insectes sont les seuls Amyctérides qui aient le rostre épineux. La dernière paire d’épines ou de crêtes, la plus voisine des yeux, est toujours plus longue que les autres et souvent en forme d’hamegçon, La sculpture de leur prothorax et de leurs élytres a beaucoup d’ans logie avec celle des Amycrerus. Le premier porte deux rangées mé dianes de tubercules, dont les deux antérieurs sont plus longs que les autres et souvent crochus au bout; les secondes ont chacune trois rangées de tubereules coniques, en général très-aigus, régulièrement alignés, assez espacés, et dont les postérieurs sont les plus grands. Sauf quelques espèces (par ex. sufuralis, bivittatus, lateralis), qui sont ornées de bandes blanchâtres irrégulières, la livrée de ces inseetes est d’un gris ou d’un fauve obseur uniforme, et formée par de très petites écailles, si peu abondantes, en général, qu’elles voilent à peine le fond.
Ce qui précède ne s'applique qu'aux espèces typiques (1). On leur à associé plusieurs autres qui en diffèrent par quelques points essentels, et qui pourront peut-être en être séparées génériquement (2):
(1) 4. Marshami, suturalis, biviltatus, echinatus, lateratis, hypoleucus, dumosus, ete., Schœænh. Cureul. VIL, 1, p.72. — Aj. : A. Adelaidæ, Waterh. Trans. ofthe entom, Sos. Ser. 2, IL, p. 76.
(2) Quoique les matériaux dont je dispose soient assez nombreux, je n6 puis en citer, avec certitude, qu’une seule, l’Amyct. planicollis de M. Waterhouse loc. cit. p. 78. Got insecte, parfaitement plan en dessus, n’a aucun vestige de lobes oculaires au prothorax qui est fortement transversal, cordiforme et pluri= denté sur les côtés. Au lieu de tubercules, il n’a, ainsi que les élytres, que de simples aspérités. Son rostre seul à assez bien conservé la forme qu’il affecte chez les espèces précédentes.
AMYCTÉRIDES. 313
PSALIDURA.
Mac-Leay in Kinc’s Surv. of the Coast. of Austral.; Append. p. 444 (1).
Sous-meñton épaissi, bisinué dans le fond de son échancrure, muni d'une fossette dans le sillon gulaire. — Rostre excessivement robuste, plus épais que long, séparé du front par un court sillon transversal et flexueux, plus ou moins concave en dessus, sinué ou échaneré au bout ; serobes très-profondes, rectilignes, étroites, n’atteignant pas les yeux. — Antennes des Amyorerus, seulement un peu plus courtes. — Yeux déprimés, brièvement cvales. — Prothorax transversal ou non, assez convexe, rétréci en arrière, moins en avant, arrondi sur ses côtés antérieurs, tronqué à sa base, largement saillant et arrondi sur son bord antérieur ; ses lobes oculaires faibles et très-larges: — Elytres convexes, oblongo-ovales, largement arrondies et brièvement bidentées en arrière, un peu plus larges que le prothorax et largement échancrées en arc à leur base, avec les épaules tuberculeuses.— | Tarses subeylindriques, canaliculés et glabres en dessous, avec leurs | bords latéraux un peu âpres aux quatre postérieurs, légèrement
spongieux aux antérieurs. — Mésosternum assez large, fortement tronqué en arrière. — Corps oblong, granuleux.
A ces caractères, il faut ajouter qu'il existe ici des différences sexuelles inconnues chez les autres Amyctérides. Les mâles ont en effet le dernier segment abdominal profondément échanceré et excavé, et cette échancrure contient des appendices de formes variées, selon les espèces, parmi lesquelles les principales sont deux saillies pareilles à des tenailles et qui dépassent souvent la partie postérieure des élytres (2). Les femelles ont, pour la plupart, sur ce mème segment, deux callosités obtuses disposées transversalement.
Ces insectes ont un facies encore plus massif que celui des Amyctenus. Tous ont le prothorax couvert de tubercules arrondis et serrés ; la sculpture de leurs élytres est plus variable, mais consiste ordinairement en côtes régulières, plus ou moins granuleuses et alternativement plus saillantes ; aucun d’eux ne présente celle propre
(1) M. Mac-Leay n’a pas caractérisé ce genre, et, sans doute par mégarde, a écrit son nom Puaripuna, forme sous laquelle il n’a pas de sens. Erichson (in Agassiz Nomencel. zool. Col, p. 136) lui a donné celle adoptée dans le texte et qui est dérivée de Yoriç tenaille, et oùp& queue.
(2) En outre de ces appendices de l'abdomen, certains mâles se distinguent de leurs femelles par d’autres particularités. C’est ainsi que ceux du mirus Ont la tête munie de chaque côté d’une corne dirigée en arrière. Sturm (Cat. ed. 1843, pl. 5, f. 6, avec des détails) a donné de ce sèxe une belle figure sous le nom d'Am. paradoæus. Chez le mirabilis mâle, le sous-menton est muni d’une saillie verticale, conique et déprimée à sa base. Ces deux espèces sont, à ma connaissance, les seules qui présentent rien de pareil.
aux deux genres précédents. Leurs espèces sont, après les AMYCTERUS,
les plus grandes du groupe actuel et médiocrement nombreuses (4). C’est tout à côté de ce genre que me paraît devoir être placée une
suite assez considérable d’espèces (2) qui ne rentrent bien dans
aucun des genres qui précèdent ni parmi les CUBICORHYNCHUS.
CUBICORHYNCHUS.
Sous-menton non épaissi, très-largement et faiblement échancré, le fond de l’échancrure coupé carrément ; point de fossette dans le sillon gulaire ; rostre en carré transversal ou subéquilatéral, trèsépais, séparé du front par un sillon flexueux, anguleux, plan en dessus et muni d’une petite dent au-dessus de chaque œil, tronqué en avant, avec une profonde dépression en triangle curviligne; scrobes profondes, nettement limitées, triangulaires, arquées et atleignant presque les yeux. — Antennes courtes ; leur scape dépassant à peine le bord riens des yeux; leur funicule à articles 1-2 égaux.— Yeux brièvement ovales, déprimés et transversaux.—Prothorax transversal, presque plan en dessus, fortement et régulièrement arrondi sur les côtés, muni d’un sillon transversal près de son bord antérieur, tronqué à sa base et en avant, saus aucune trace de lobes oculaires. — Elytres régulièrement oveles, subparallèles, déprimées ou légèrement convexes sur le disque, verticalement déclives en arrière, à peine plus larges que le prothorax, et échancrées à leur base, avec les épaules arrondies. — Tarses courts, déprimés, à articles 1-3 graduellement plus courts et plus étroits, canaliculés et un peu spongieux sur leurs bords en dessous. — Mésosternum en carré transversal. — Le surplus comme dans les genres précédents.
Aucune espèce de ce genre n’est, que je sache, encore décrite. J'en connais quatre (3) qui toutes ont le même facies et, au premier
(1). Am. mirus, mirabilis, mirabundus, Schœnb. Curcul. VII, 1, p. 51. — A. lomentosus, impressus, crenatus, Boisduv. Faun. d. l'Océau. II, p. 375 et 385. Il est possible que parmi les autres espèces décrites par ces deux auteuts, plusieurs, dont ils u’ont connu que les femelles, doivent venir ici.
(2) Ce sont, sauf erreur pour quelques-unes d’entre elles : Am. Durwillei, squalidus, excavatus, insculptus, elongatus, semispinosus, pastillarius, Man= glesii, Roeï, bucephalus, bubalus, Spencei, Hopei, Kirbyi, morosus, nodipen= nis, hystricosus, Sckœnh, Curcul. NIL, 1, p. 52 sq. — tuberculatus, verrucosus, dolens, rugifer, posticus, scaber, reticulatus, costatus, carinalus, morbillosus, granosus, Kirbyi, tristis, Boisduv. Faun. d. l'Océan. I, p.372: — sublineatus, Germar, Linn. entom. IL, p. 217. — crenicollis (an potius AcanrnoLoruus?), Dohrnii, Waterh, Trans. of the entom. Ser, 2, IL, p. 79: — Tous ceux de ces insectes que j'ai eu occasion d'examiner diffèrent des Psanipura par l'absence de distinctions sexuelles et leur mésosternum enttriane gle allongé.
(3) L’une d'elles est mentionnée par Schœnherr (Mantis. sec, Cureul, p.57);
cal
EUOMIDES. 315
coup d'œil, ressemblent plutôt à des Ténébrionides du genre Scorous, qu'à des Cureulionides. Ce sont des insectes de taille un peu au-dessus de la moyenne, finement granuleux ou äpres sur le prothorax, et dont les élytres sont régulièrement striées, avec les intervalles un peu costiformes, surtout en arrière, et tuberculeux. Les uns sont revôtus de petites écailles, les autres de poils couchés formant parfois une sorte d’enduit. Leur couleur est d’un brun jaunâtre uniforme.
En comparant les caractères inscrits plus haut avec ceux des genres
i précèdent, on voit que celui-ci diffère de ces derniers par l’extrême brièveté du rostre, la longueur moindre du scape des antennes, et qu'il a en commun avec les Amycrerus l'absence de lobes ocujaires au prothorax, et avec les Psazipura, la forme carrée du mésosternum.
GROUPE II. Euomides,
Scape des antennes atteignant au plus le bord antérieur des yeux. — Ceux-ci grands, déprimés, acuminés inférieurement, verticaux et en partie au moins recouverts au repos par les lobes du prothorax. — Ces derniers plus ou moins saillants et en général anguleux.
A ces caractères s'ajoutent les particularités suivantes. Le sous-menton plus ou moins échancré, est toujours coupé carrément au fond de son échancrure. Le menton et les mâchoires sont moins enfoncés dans la cavité buccale et aussi visibles que dans le commun des Curculionides, par suite du moindre développement des mandibules. Le rostre , ainsi que ses scrobes, varie, et son sillon gulaire n’est pas plus prononcé que dans une foule d’espèces de la Famille. Les antennes sont généralement plus courtes et plus robustes que celles des Amyctérides vrais. Toutes les espèces ont les épaules des élytres pourvues de saillies qui embrassent plus ou moins la base du prothorax ou, plus rarement (Terrazopaus), se dirigent à la fois en dehors et en avant. Ces saillies sont des prolongements de l’une des rangées de tubereules ou de l’une des côtes dont les élytres sont pourvues. Enfin, les tarses sont constamment grêles, canaliculés et nus en dessous ; tout au plus leurs bords latéraux présentent-ils quelques re cils. Le groupe so compose de quatre genres, comme le précé-
ent.
I. Prosternum non excavé en avant des hanches antérieures. a Bord antérieur du prothorax plus ou moins saillant.
Sous le nom d’Acantolophus sepidivides Mac-Leay. Une seconde est inscrite dans quelques collections de Paris sous celui d’Am. pupillatus Chevrolat, Enfin, il est probable qu'une troisième est l’espèce dont a parlé M. Waterhouse (Trans. of the entom. Soc. Ser. 2, I, p. 76), sans la décrire, sous celui d'A- Cantolophus scotobioides.
Rostre parallèle, aussi épais que long : Euomus. — Clargi au bout, moins épais que long : Tetralophus. aa Bord'antérieur du prothorax coupé carrément : Mythites.
IT. Prosternum excavé en avant des hanches antérieures : Amorphorhinus.
EUOMUS.
SCHOENH. Mantis, sec, Curcul., p. 52. =
Rostre très-court, très-Épais, parallèle, anguleux, plan et inégal en dessus, tronqué au bout, avec une petite dépression terminale en triangle curviligne ; serobes assez profondes, arquées et atteignant Jes yeux.—Antennes submédianes, courtes, plus ou moins robustes ; cape grossissant peu à peu ; funicule tantôt à articles égaux, avec le 48 pyriforme et les autres transversaux et subcylindriques, tantôt à ar ticles 1-2 un peu allongés, et 3-6 obconiques ; massue assez petite, ovale, presque compacte. — Prothorax transversal ou non, convexe, fortement arrondi sur les côtés, moins à sa base, saillant au milieu de son bord antérieur, très-profondément échancré en dessous (1); seg lobes oculaires saillants, anguleux. — Elytres convexes, souvent comprimées latéralement, pas plus larges que le prothorax et échancrées à leur base, avec les épaules prolongées en une saillie embrassant 16 prothorax. — Pattes assez longues, robustes; jambes droites; tarses courts, étroits, à articles 4-3 échancrés, 4 assez grand, ainsi que ses crochets. — 2° segment abdominal pas plus long que les deux sui vants réunis, séparé du 4% par une suture arquée ; saillie intercoxale large, tronquée ou subarrondie en avant.
Schœænherr, après avoir placé, dans l’origine, ces insectes parmi les Awycrenus (2), les en a retirés avec raison, pour établir sur eux le genre actuel. Presque tous sont de grande taille et ont le prothorax granuleux ou couvert d’excavations en partie confluentes ; des ex0a= vations pareïlles se voient souvent sur leurs élytres, qui ont en outre, soit des côtes granulouses, soit des rangées de tubercules obtus. Ceux
(1) 11 l'est au point, dans quelques espèces (par ex, insculplus, Fahrei), qu'au repos lerostre s'appuie presque sur les hanches antérieures, mais le prosternum n’en reste pas moins plan,
(2) Am. insculptus, nodipennis, scorpio, basalis, Westwoodii, Stephensit, Schœnh. Curcul. VII, 1, p. 56 sq. — Schænherr y ajoute également son Am. collaris (ibid. p, 57); mais cette espèce doitrentrer dans le genre Ternauornus de M: Waterhouse, mentiouné plus bas, à moins qu'on n’en fasse un genre propre, ce qu'autoriseraient la longueur et Ja gracilité de ses tarses, dont les trois 19 articles sont à peine échancrés au bout, et la forme de ses scrobes rostrales qui sont parfaitement droites. Peut-être, parmi les espèces qui pré= cèdent, plusieurs sont-elles dans le même cas. — Le Fahrei, cité dans la note précédente, est une belle espèce inédite indiquée par Schœnherr et voisine de l’insculptus.
EUOMIDES, 317
qui me sont connus en nature ont, quand ils sont intacts, le corps revêtu de très-petites écailles, quelquefois si serrées qu’elles forment une sorte d’enduit. Par suite de la forme du rostre, le genre tient aux Amyctérides vrais et fait le passage entre eux et le groupe actuel.
TETRALOPHUS.
Wareru. Trans. of the entom. Soc. Ser. 2, IX, p. 173,
Tête déprimée entre les yeux ; rostre sensiblement plus log qu’elle, ün peu élargi et fortement épaissi en dessous à son extrémité, anguleux, profondément canaliculé en dessus, déclive et tronqué au bout; strobes étroites, arquées, flexueuses, n’atteignant pas les yeux. — Antennes antérieures, courtes, assez robustes, hispides; scape grossissant peu à peu; funicule à articles obconiques : 1-2 un peu plus longs que les autres, ceux-ci très-courts; massue ovale, subcompacte,. — Prothorax un peu moins long que large, dilaté de chaque côté en une forte saillie triangulaire, fortement bicaréné en dessus, tronqué à sa base, assez saillant et arrondi au milieu de son bord antérieur; ses lobes ooulaires saillants et anguleux. — Elytres en carré un peu allongé, verticalement déclives en arrière, peu convexes, un peu plus larges que la base du prethorax et à peine échancrées à leur base, avec les épaules prolongées en une forte saillie déprimée, arrondie au bout, dirigée en ayant et en dehors, — Pattes moins robustes que celles des Euomus, du reste pareilles. — Le surplus comme chez ces derniers.
L'espèce (sculpturatus) décrite par M. Waterhouse, est de taille médiocre pour ce groupe. Ses élytres ont chacune deux rangées trèsrégulières de tubercules caniques, dont l’intérne est plus courte que l'externe qui s'arrête au sommet de la déclivité de ces organes; le tubercule postérieur de toutes deux est notablement plus fort que les autres. Les épipleures sont couvertes de rides et de gros points disposés en rangées. Mon exemplaire est noir et privé d’écailles.
Malgré la forme particulière de cet insecte, le genre est très-voisin du suivant.
MYTHITES.
Scnoen. Mantis. sec. Curcul., p.11 (1).
Tête fortement trisillonnée sur le front; rostre un peu plus long qu'elle, limité en arrière par un sillon transversal bien marqué, r0buste, un peu élargi en avant, subarrondi à sa base, profondément tanaliculé en dessus; le canal évasé en avant et terminé par une dépression demi-circulaire ; serohes profondes, bien limitées, arquées
(1) Syn Acanruowus, Germar, Linnæa entom. EE, p. 210.
et n’atteignant pas les yeux. — Antennes submédianes, courtes, robustes ; scape empiétant légèrement sur les yeux; funicule à articles 4 obconique, un peu allongé, 2-6 moniliformes; massue oblongoovale, acuminée, articulée. — Prothorax aussi long que large, rétréci et rectiligne sur les côtés en arrière, arrondi sur les côtés, brièvement rétréci en avant, avec son bord antérieur tronqué, arrondi en arcs base; ses lobes oculaires assez saillants et obtusément anguleux, — Elytres oblongues, convexes, pas plus larges que le prothorax et échancrées en arc à leur base, avec leurs épaules prolongées, chez les mâles, en une forte saillie embrassant le prothorax, nulle chezles femelles. — Pattes des Evomus, avec les tarses un peu plus larges, surtout les antérieurs. — Les autres caractères comme chez ces derniers.
L'espèce de la Tasmanie, qui forme le type du genre, était inédite lorsque Schænherr a établi ce dernier, et il l'avait désignée sousle nom de tuberculatus ; depuis, elle a 6t6é décrite, sous celui de sut colis, par Germar qui a créé sur elle son genre AcANTHOMUS ; ce dérnier nom spécifique devra par conséquent lui rester (1).
Cet insecte, qui n’est pas bien rare dans les collections, où one trouve ordinairement confondu avec les Auycrerus, est de taille moyenne, tuberculeux sur le prothorax qui est en outre canaliculé sur la ligne médiane; ses élytres ont chacune trois rangées de tubers oules coniques, inégaux, dont le dernier de la rangée interne est plus saillant que les autres; en avant, cette rangée prend la forme d’une carène assez longue. Les exemplaires bien conservés sont revêtus de poils couchés jaunâtres, courts et peu abondants.
Schænherr a classé le genre dans sa division des Entimides, et Germar parmi les Brachycérides.
AMORPHORHINUS (2).
Tète très-inégale, concave sur le front, munie d’une crête redresste au-dessus de chaque œil; rostre à peine plus long qu’il n’est épais, séparé du front par un sillon transversal, parallèle, anguleux, con: cave et fortement bicaréné en dessus, tronqué au bout, avec une petite dépression demi-circulaire ; scrobes profondes, linéaires, fortement arquées, atteignant les yeux près de leur milieu. — Antennes trèscourtes, assez robustes; scape épais, grossissant peu à peu, atteignant les yeux; funicule à articles 1-2 obconiques, allongés, celui-là le plus long, 3-7 très-courts, submoniliformes; massue assez forte, briève-
(1) Germar en décrit, sous le nom de perfossus, une seconde espèce qui m'est inconnue; d’après ce qu'il en dit, elle semble appartenir réellement au genre.
(2) Syn. Bracuycenus, Germar, Lionæa entom, II, p. 209.
SOMATODIDES. 319
ment ovale, faiblement articulée. — Prothorax transversal, très-inégal en dessus, anguleux et tuberculeux latéralement, tronqué à ses deux extrémités, avec ses lobes oculaires saïllants et arrondis, largement excavé en dessous. —Elytres médiocrement longues, parallèles, planes sur le disque, verticalement déclives en arrière, plus larges que la base du prothorax et échancrées en avant, avec leurs épaules sail- Jantes et embrassant le prothorax. — Pattes assez courtes, peu robustes ; jambes droites; tarses médiocres, linéaires, hispides, à article 3 tronqué au bout, non bilobé. — 2° segment abdominal et saillie intercoxale des précédents. — Corps très-inégal, recouvert d’un enduit écailleux, faible et caduc.
| Comme on le voit par la synonymie, Germar, qui a le premier décrit l'unique espèce (australis) connue du genre, en a fait un BrAcHYCERUS ; mais ses organes buccaux et la structure de ses antennes démontrent sans réplique que c’est un Amyctéride. D'un autre côté, elle tient aux Byrsopsides par l’excavation de son prosternum qui est très-apparente, et qui reçoit le rostre au repos, de telle sorte qu'il s'appuie sur les hanches en question. Mais les deux caractères qui viennent d’être signalés ne permettent pas de l'introduire dans ve groupe.
Cet insecte est de taille médiocre, brunâtre quand sa vestiture est intacte, et présenté sur chaque élytre deux rangées régulières de tuhercules contigus, l’une latérale, l’autre discoïdale; toutes deux s’arrétent au sommet de la déclivité de ces organes, et la première se prolonge au-devant des épaules en une saillie assez forte ; les intervalles entre ces rangées sont rugueux et couverts de tubercules obtus, plus petits que les précédents.