‹ Histoire naturelle des insectes (volume 2)Chapitre 64 sur 121 · TRIBU XXII · texte numérisé non relu

TRIBU XXII

DIABATHRARIIDES.

Sous-menton muni d’un court pédoncule. — Mandibules minces, plus ou moins saillantes, de forme variable. — Rostre médiocre, tantôt assez, tantôt peu robuste, anguleux ou arrondi; ses serobes atleignant chez les uns la commissure de la bouche, en restant fort loin chez les autres. — Antennes courtes ou médiocres, leur funicule de Gou 7 articles. — Yeux transversaux. — Prothorax sans lobes oculaires, échancré sur, son bord antéro-inférieur. — Jambes très-brièvement mucronées au bout; les corbeilles des postérieures ouvertes; larses très-larges, spongieux en dessous; leur 3° article formant une grande palette de forme variable, entière ou étroitement fendue en ayant; le 4° nul dans le premier cas; dans le second, très-grêle et enfoui dans la fissure en question; ses crochets libres. — Métathorax allongé. — Corps oblong, écailleux, ailé.

Lastructure anormale des tarses distingue éminemment cette Tribu des précédentes et de celles qui la suivent immédiatement. Ce n’est pas le seul exemple qu’il y ait, dans la Section actuelle, de la disparition complète de leur 4 article, ou de son enfouissement entre les lobes du 3°; mais ces deux particularités, qui se retrouvent chez plu- Sieurs Erirhinides, sontassociées chez eux à d’autres caractères que ceux inscrits dans la formule qui précède, et jamais le 3° article des orga- 265 en question ne prend chez eux la grandeur et la forme insolites Qu'il a ici.

(1) Z curculionoides (Herbst), Schœuh. Cureul. I, p. 246 (Pach. Schœnherri, Kirby, 0e. cit.). M. J. L. Le Conte (Proceed, of the Acad. of Philad. VIL p. 218 Lin Say, Complet. Works, I, p. 266) est le seul auteur qui ait reconnu l'identité de cette espèce de Kirby avec le type du genre actnel. Schœnherr

(Cureur, NII, 2, p. 369) l'avait placée parmi les Runnania qu'il n'avait pas vues,

Ces insectes forment déjà trois genres, tous rares dans les collections et dont Schœnherr a connu deux. L’un de ceux-ci (Draparananus), ayant un rostre de Brachyrhynque, avait été classé par lui dans ses Brachydérides ; il avait placé l’autre (STRONGYLORHINES), qui est pourvu d’un rostre de Mécorhynque, parmi ses Erirhinides, Le troisième a été récemment établi par M. Waterhouse.

Malgré ces différences dans la forme du rostre et de ses scrobes, je n'hésite pas à réunir ces genres dans le même groupe. En effet, exception faite de cette partie du corps, ils ont entre eux la plus grande analogie. Leurs espèces sont d'assez grande tailie, et, sous le rapport du facies, ont une ressemblance assez prononcée avec les Pélororhinides. La sculpture de leurs téguments est à peu près la même; leur prothorax notamment est criblé de petites fossettes qui lui donnent un aspect poreux. Enfin le jaune ou le rouge ochracés, deux couleurs très-rares dans la famille, forment le fond ou une partie de leur livrée.

Des trois genres en question, l’un (DIABATHRARIUS) est propre à l'Afrique australe, les deux autres sont australiens.

I. Tête arrondie; rostre anguleux, ses scrobes complètes en avant; 48 art des tarses nul : Diabathrarius.

Il, — conique; rostre arrondi aux angles; ses serobes très-insomplètes, 3e art. des tarses fendu, le 4 présent : Strongylorhinus.

—— entier, — nul: Atelicus.

DIABATHRARIUS.

Scnoenn. Curcul., VI, 1, p. 464.

Tête arrondie; rostre un peu plus long qu’elle, robuste, légèrement arqué, parallèle, anguleux, presque plan en dessus et un peu déprimé au bout; scrobes atteignant la commissure de la bouche, linéaires, fortement obliques, rapprochées et réunies en dessous pan un sillon transversal. — Antennes antérieures, assez robustes; SCape renflé au bout, atteignant presque les yeux; funicule à articles { ob= conique, faiblement allongé, 2-3 plus courts, turbinés, inégaux, 4-1 transversaux, graduellement plus larges; massue ovale, articulée, = Yeux grands, déprimés, oblongo-ovales, atténués inférieurement, transversaux. — Prothorax transversal, brièvement rétréci en ayant presque droit sur les côtés, légèrement bisinué à sa base, avec lesans glesdecelle-ci distinets.—Ecusson ovale. —Elytres oblongues ou ovales, subparallèles, largement arrondies en arrière, médiocrement convexes et calleuses sur-leur déclivité postérieure; un peu plus larges que Je prothorax et trisinuées à leur base, avec les épaules obtuses et arrondies. — Pattes courtes, robustes; cuisses graduellement en massue ;

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jambes droites, brièvement bimucrontes à leur extrémité (4); tarses larges, leur 3° article transversalement orbiculaire, entier, le 4° absent. — 2° segment abdominal aussi long que les deux suivants réunis, séparé du 4° par une suture arquée; saillie intercoxale large, ogivale. — Corps oblong ou ovale, densément écailleux, ailé.

Des deux espèces (apicalis, variegatus) que décrit Schæœnherr, la première seule m'est connue. Elle est de forme oblongue, tandis que l'autre, d’après sa description, paraît être plus courte et plus massive. Toutes deux sont de taille moyenne et sont ornées, sur le prothorax etles élytres, de taches jaunes ochracées sur un fond grisâtre (variegatus) ou d’un rouge-brun foncé (apicalis). Leurs élytres sont régulièrement et assez finement striées; chez l’apicalis, les stries sont interrompues à des intervalles irréguliers.

STRONGYLORHINUS.

Scuoexx. Mantis, sec. Curcul., p. 65.

Tête brièvement conique, continue avec le rostre; celui-ci à peine plus long qu’elle, assez robuste, droit, penché, déprimé et arrondi aux angles; ses scrobes commencant un peu au-delà de son milieu, rectilignes et n’atteignant pas tout-à-fait les yeux. — Antennes submédianes, courtes, peu robustes; scape en massue au bout; funicule à articles 1-2 allongés, obconiques, celui-là de beaucoup le plus long, 3-7 de même forme, courts, subégaux, grossissant peu à peu; massue assez faible, oblongo-ovale, acuminée.—Yeux assezgrands, oblongs. — Prothorax aussi long que large, arrondi sur les côtés, atténué et tronqué en avant, légèrement bisinué à sa base. — Elytres oblongues, üssez convexes, parallèles, obtusément calleuses avant leur extrémilé, un peu plus larges que le prothorax, isolément saillantes, avec une tuhérosité à leur base. — Pattes médiocres, robustes; cuisses graduellement en massue; jambes droites, très-brièvement mucronées au bout; tarses très-larges, à articles 3 cordiforme, étroitement fendu, 4 dépassant à peine son bord antérieur, très-mince, avec ses crochets très-grêles et divariqués. — 2° segment abdominal presque aussi long que les deux suivants réunis, séparé du premier par une Suture anguleuse; saillie intercoxale médiocrement large, subtronquée en avant, — Métasternum allongé, aplani dans son milieu. — Corps allongé, finement et densément écailleux, ailé?

(1) De ces deux mucros, l’un, très-petit, occupe l'angle terminal interne de la jambe ; l’autre, un peu plus grand, arqué et très-aigu, est situé sur la trontaire même de la jambe et n'arrive pas jusqu'au bord interne de cette derde Ces jambes sont, à proprement parler, à la fois mucronées et onguiculées,

L’espèce inédite (ochraceus Schh.) de la Tasmanie, qui forme le type du genre, est un assez grand insecte d’un rouge-brun ochracé s’éclaircissant par place en dessous et sur le prothorax; une bande oblique d’un jaune d’ocre traverse ses élytres dans leur milieu. Ces organes présentent des rangées régulières de points enfoncés contenant chacun une petite squammule blanche.

ATELICUS.

Warenn. Trans. of {he entom. Soc. Ser. 3, [, p. 228.

Ce genre ne diffère du précédent que par les particularités suivantes :

Rostre an peu plus grêle, assez fortement arqué, du reste pareil, — Funicule des antennes de six articles, le 7° contigu à la massue, — Prothorax presque aussi long que large, brusquement rétréci et tubuleux dans son tiers antérieur, fortement bisinué à sa base, largement canaliculé et pluricalleux en dessus. — Pattes plus courtes et plus robustes; jambes comprimées, villeuses au côté interne, à peine distinctement mucronées au bout; 3° article des tarses orhiculaire, entier, le 4° nul.

Je ne connais que la première des deux espèces décrites par M. Waterhouse et qu'il nomme #næqualis (1). Elle est presque de la taille du Sérongylorhinus ochraceus, maïs encore plus parallèle, et d’un jaune ochracé pâle, rembruni çà et là. Ses élytres sont comme tronquées en arrière et présentent, au sommet de leur déclivité, deux callosités comprimées; à leur base, il y en a sur chacune d’elles une presque aussi forte. Ces organes sont ponctués en stries, mais les intervalles entre les stries se relèvent de distance en distance et forment des callosités allongées. Cet insecte singulier est de la Tasmanie.

L'autre espèce (ferrugineus) que lui associe M. Waterhouse, est beaucoup plus petite et ressemble, à ce qu'il dit, au Lixus rufitarsis d'Europe. Elle est originaire de l'Australie méridionale.

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