‹ Histoire naturelle des insectes (volume 2)Chapitre 66 sur 121 · I. Prosternum fortement excavé : Aferpus · texte numérisé non relu

I. Prosternum fortement excavé : Aferpus

IH. — nor — Lophotus.

ATERPUS.

Seuoenn. Curoul. Disp. melh., p. 156.

Tête convexe sur le vertex; rostre au plus aussi long qu'elle et séparé du front par un sillon transversal, très-épais, élargi en avant, subarrondi aux angles, rétréci dans sa partie supérieure et caréné en dessus, déclive sur une grande étendue et tronqué au bout; scrobes presque complètes, profondes, obliques et atteignant le bord inférieur des yeux. — Antennes submédianes, assez longues et assez robustes; scape grossissant peu à peu, atteignant les yeux; funicule de six articles obconiques : 1-2 allongés, subégaux, 3-6 plus courts, égaux; massue oblongo-ovale, acuminée, articulée; son 1 article allongé, rétréci et tubuleux à sa base. — Yeux grands, ovales, transversaux, subdéprimés. — Prothorax subtransversal, convexe, plus ou moins rétréci en arrière, arrondi sur les côtés antérieurs, tronqué à sa base; largement saillant en avant, profondément échancré et fortement excavé en dessous (1); ses lohes oculaires très-saillants, anguleux. — Ecusson petit, de forme variable. — Elytres convexes, allongées (par ex. tuberculatus) où assez courtes (par ex. cultratus), fortement et longuement déclives en arrière, subparallèles, notablement plus larges que le prothorax et un peu sinuées à leur hase, avec les épaules cal: leuses. — Pattes assez longues et assez robustes (2); cuisses en mas sue; jambes droites; les antérieures parfois (fuberculatus) élargies au côté interne; tarses larges, spongieux en dessous; leur 4° article court; crochets médiocres. — 2° segment ahdominal à peine aussi long que les deux suivants réunis, séparé du 427 par une suture un peu arquée; saillie intercoxale assez large, arrondie en avant. — Corps dur, inégal, plus où moins écailleux, ailé.

Genre propre à l'Australie et composé d’un petit nombre d'espèces (3);

(1) Cette excavation, dont aucun anteur n’a parlé, et qui reçoit le rostre au repos, est plus profonde que chez beaucoup de Byrsopsides ; seulement ses bords sont constamment interrompus et comme denticulés.

(2) Les hanches antérieures sont assez fortement séparées chez le cultratus; elles sont contiguës chez le tuberculatus et le rubus, les seules espèces du genre que j'aie avec lui à ma disposition.

(3) Aux six (kubus Klug, fuberculatus, horrens, seriatus Boisduv., cultra=

ATERPIDES VRAIS. 413

de grande ou moyenne taille, n'ayant rien de remarquable par leur livrée. Presque toutes ont, à la partie antérieure du prothorax, qui est tuberculeux, une dépression oblongue, limitée par deux crêtes, et présentent, sur les élytres, des tubercules alignés, jamais très-gros, inégaux, parfois accompagnés de côtes. IL est rare (cultratus, scoparius) que les crêtes du prothorax et quelques-uns des tubercules des élytres soient surmuntés de cils évailleux et redressés.

LOPHOTUS.

Scnoenn. Curcul., II, p. 314 (1).

Tôte convexe et arrondie sur le vertex, munie d’une crête au-dessus de chaque œil; rostre à peine ou pas plus long qu’elle, très-robuste, difforme, élargi au bout, un peu arqué, comprimé et fortement caréné en dessus, déclive, plus ou moins concave et sinué au bout; scrobes commençant au quart antérieur du rostre, profondes et supérieures en avant, arquées, brusquement et très-fortement élargies et évanescentes en arrière. — Antennes (2) submédianes, médiocres, assez robustes; scape grossissant graduellement et atteignant les yeux; funicule à articles 4-2 obconiques, allongés, égaux ou non, 3 ou 3-4 de même forme, courts, 4-6 ou 5-6 moniliformes, 7 plus ou moins contigu à la massue, rarement libre ; celle-ci ovale, acuminée, en général faiblement articulée. — Yeux grands, arrondis, assez convexes. — Prothorax au moins aussi long que large, convexe, rétréci en arrière, plus ou moins arrondi sur les côtés ou subcylindrique, tronqué à sa base, largement arrondi et saillant en avant, profondément échancré en dessous; ses lobes oculaires nuls ou peu s’en faut. — Ecusson tès-petit, parfois presque nul. — Elytres allongées, régulièrement oblongo-ovales (par ex. phaleratus), paraïlélipipédiques ( par ex. suturalis) ou cylindriques (par ex. nodipennis), fortement déclives et parfois comme tronquées en arrière, presque toujours tuberculeuses au sommet de leur déclivité, un peu plus larges que le prothorax et tronquées ou échancrées en arc à leur base, avec leurs épaules rectilignes et très-souvent tuberculeuses.—Patteslongues; cuisses en mas-

tus, Fab.) mentionnées par Schœnherr (Gurcul. VE, 2, p. 128), aj. : À. rubus, scoparius, Erichs. Archiv, 1847, I, p. 187; Tasmanie.

(1) Syn. Æconmnus, Erichs. Nov. Act. Acad. Nat. Gurios. XVI, Suppl. 1, p. 961. — Euprermanus, Sol. Ann. d. l. oc. entom. VIE, p. 11. — Lopnones, Doj. Cat. éd. 3, p. 284. — Arerrus, Guérin-Ménev. Voy. d. 1. Coq. ; Entom. p.112.

(2) Schœnherr ne leur assigne que onze arlicles, par suite de la structure compacte de la massue; mais cela dépend des exemplaires. Dans toutes les espèces, il y en à dont la massue présente quatre articles, tandis que chez d’autres, eL c'est le cas le plus commun, on n’en voit que trois. Parfois mème les deux anteunes varient sous ce rapport chez le même individu.

sue; jambes droites ; tarses larges, spongieux en dessous, à 4° article médiocre, ainsi que ses crochets. — 2e segment abdominal à peine aussi long que les deux suivants réunis, séparé du 4er par une suture arquée; saillie intercoxale médiocrement large, ogivale. — Corps allongé, inégal chez la plupart, partiellement écailleux, imperfaitement ailé.

Insectes remarquables, propres aux parties occidentales et méridionales de l'Amérique du Sud, où ils représentent évidemment les Axerpus de l'Australie. Leurs espèces, répandues depuis le Chili jusqu’à la Terre de Feu inclusivement, sont toutes de grande taille et peuvent se répartir dans deux sections que M. Blanchard (4) a regardées comme deux genres distincts, opinion que je ne saurais partager,

Celles de la première, auxquelles il conserve le nom de LoPHoTus, ont les élytres convexes, oblongo-uvales, faiblement calleuses sur léur déclivité postérieure, les épaules armées d’un petit tubercule dirigé en dehors, et leur sculpture consiste en fossettes carrées plus ou moins profondes, disposées en rangées que séparent des côtes étroites et pou saillantes (2).

Celles de la seconde, auxquelles il a appliqué le nom d'Eusrepna us, dû à Solier, ont les élytres cylindriques, graduellement élargies et comme tronquées en arrière, fortement calleuses au sommet dé leur déclivité et inermes aux épaules; leur sculpture consiste en rangées régulières de points enfoncés, parfois accompagnés de rides transversales. Le métasternum est en général plus allongé que chez les précédents, mais il y a des passages à cet égard (3).

La livrée des Lopnorus varie ; les uns (phaleratus, fasciatus) sont ornés de larges bandes transversales blanches ou bleuâtres; d'autres (suturalis, albolincatus) de raies peu nombreuses et longitudinales d’un beau blanc; chez quelques-uns, des taches de l’une ou l'autre de ces deux nuances se voient au sommet des élytres et sur les côtés du corps (nodipennis, Servillei) ; il en est enfin (vitutus, Schænherri) qui sont glabres, Tous sont de très-beaux insectes.

(1) In Gay, Hist. d. Chile; Zool. V, p. 326 et 330.

(2) L. phaleratus Erichs., fasciatus Schh., superciliosus Guér.-Mén., Eschscholtzti Schh. (Germari Sol.), reticulatus, Schœnh. Curcul, VI, 3, p.130, — suturalis, albolineatus, Blanch. loc. cit.

(3) Curcul. vitulus, Fab. Entom. Syst, IL, p. 479 (C. leprosus Oliv.) — €: strumosus, Oliv. Entom. V, p. 394, pl. 4, f. 36 (L. longipes, Waterh. Ann: of nat. Hist. V, p. 330) ; Olivier l'indique à tort, ainsi que le précédent, comme étant de Madagascur.— Æubl. Servillei, Solier, loc. cit. p. 15. Cette espèce à les antennes plus longues et plus gréles que les autres ; les articles de leur funicule, tout en conservant les mêmes proportions relatives, sont allongés, läche= ment unis, et le 7 est parfaitement distinct de la massue. — Z. subrugosus, quadridentatus, Philippi, Stettin. entom. Zeit. 1860, p. 248.

PÉLORORHINIDES. 415

GRourE II, Pélororbinides.

Mandibules médiocrement robustes, triquètres, plus où moins saillantes.—Scrobes rostrales naissant vers le milieu du rostre ou basilaires. — Prothorax sans lobes oculaires.

A la forme insolite des mandibules s'ajoute celle des pièces qui limitent latéralement le cadre buccal. Au lieu d’être tronquées ou légèrement échancrées, comme de coutume, elles s’aiguisent en pointe plus ou moins longue. À part cela et les caractères qui précèdent, ces insectes ont conservé en grande partie le actes des Arenpus, et sont propres, comme eux, à l'Australie. Ils ne forment également que deux genres.

I. Scrobes rostrales commencant au milieu du rostre : Pelororhinus. I. —— basilaires et transversales : Rhinaria.

PELORORHINUS.

Scnoenu. Curcul., Il, p. 248.

Genre très-voisin des RaiNARIA qui suivent ot n'en différant que par les particularités suivantes :

Front plan, limité en avant des yeux par un sillon subogivale; rostre placé sur un plan inférieur à lui, robuste, légèrement arqué, parllèle, très-anguleux, concave en dessus, arrondi ou terminé par une suillie obtuse en avant; serobes commençant au milieu du rostre, arquées, restant à une notable distance des yeux et arrivant au niveau de leur bord inférieur.

Schœænherr ne semble pas avoir eu une idée bien nette de ce genre et a fini par le réunir aux RuiNaria (1), malgré la forme irès-différonte du rostre et de ses scrobes. I1 me paraît n’en avoir connu que deux espèces (argentosus, angustatus); depuis, deux autres ont été décrites (2).

RHINARIA.

Kinsy, Linn. Trans. XIL, p. 430.

Front muni de deux crêtes obtuses, plus ou moins diviséestransvorsalement, et formant, dans ce cas, quatre tubercules ; rostre séparé du font par un sillon transversal, robuste, à peine arqué, gibbeux à sa base,

(1) Après avoir fondé le genre sur la première des espèces indiquées dans le texte et en le plaçant parmi sos Cléonides, il y a compris ensuite (toc. cit. VI, 2, p. 124) plusieurs RuinariA, puis (VIL 2, p. 368) il l’a réuni à ce dernier Bënre, sans entrer dans aucune explication à cet égard.

(2) P. margaritaceus, Lrichs. Archiv, 1842, I, p. 188. — sparsus, Germar, Lion. eutom. ILE, p. 214.

comprimé, arrondi et obtusément caréné en dessus en avant, puis déprimé et entier au bout; scrobes presque basilaires, très-profondes, subverticales, un peu flexueuses et atteignant le bord inférieur des yeux.— Antennes (1) subbasilaires, assez longues et médiocrement robustes; scape court, en massue; funicule à articles 4-2 plus longs que les suivants, surtout celui-là, 3-7 décroissant peu à peu ou subégaux; massue assez forte, ovale, acuminée, articulée. — Yeux grands, ovales, atténués inférieurement. — Prothorax transversal, convexe, fortement arrondi sur les côtés, tronqué à sa base, largement saillant au milieu de son bord antérieur.—Ecusson bien distinct, de forme variable. — Elytres convexes, plus ou moins allongées, subparallèles dans les trois quarts de leur longueur, sensiblement plus larges que le prothorax et à peine échancrées à leur base, avec les épaules obtuses, — Pattes assez longues; cuisses en massue; jambes droites; tarses assez longs et assez larges ; leurs crochets médiocres. — 2° segment abdominal au moins aussi long que les deux suivants réunis, séparé du 42° par une suture fortement anguleuse. — Saillie intercoxale assez large, subarrondie en avant. — Corps oblong, écailleux.

Les RainariA sont, pour la plupart, au moins de grandeur moyenne: La sculpture de leurs élytres consiste en stries régulières et ponctuées dont les intervalles sont plus ou moins costiformes et granuleux; elles n'ont rien de remarquable sous le rapport des couleurs. Les espèces décrites s'élèvent en ce moment à près d’une douzaine (2).

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