TRIBU XXIV
CLÉONIDES.
Sous-menton muni d’un pédoncule plus ou moins saillant. — Mandibules en tenailles, en général fortement dentées sur leur bord in= terne. — Rostre tantôt robuste et anguleux, tantôt grêle et filiforme; ses serobes linéaires, profondes, se dirigeant sous lui et souvent
(1) Kirby les indique comme étant droites, L'espèce (cris{ata) qu'il a décrite m'est inconnue et paraît se distinguer de toutes les autres en ce que, outre deux crêtes frontales, elle a quatre tubercules arrondis sur le vertex de la tête: Parmi celles que j'ai sous les yeux, il n’y a que la grisea qui ait les antennes imparfaitement coudées, à peu près comme chez les CuLonopmanus.
(2) Schœnherr (Cureul. Vil, 2, p. 368) en mentionne 10 dont il faut retrans cher l’argentosa et l’angustata, qui sont des Pecononmnus, comme on Vienb de le voir; la pusio est peut-être aussi dans le même cas. Sur les sept autres, il en avait vu quatre : cristata Kirby, lopha, granulosa, maculosa; les trois dernières ({ransversa, grisea, excavata), décrites par M. Boisduval (Faun: d. l'Océan. 1], p. 413), lui sont restées inconnues; je les ai sous les yeux, et elles appartiennent réellement au genre, Depuis, on n’a décrit que l'espèce suivantes R. costata, Erichs, Archiv, 1842, I, p. 198 ; Tasmanio,
CLÉONIDES. 417
conniventes en arrière, — Antennes courtes ou médiocres, le plus souvent imparfaitement coudées; les articles de leur funicule grossissant peu à peu et formant insensiblement la massue, ou le 7° contigu à celle-ci. — Yeux transversaux. — Prothorax presque toujours muni de lobes oculaires, échancré sur son bord antéro-inférieur. — Jambes mucronées au bout (Ermayncnus excepté); corbeilles des postérieures ouvertes ou très-faiblement caverneuses ; tarses variables ; leurs crochets soudés à leur base chez presque tous. — Métasternum assez souvent court — Corps ailé ou aptère, pubescent, très-rarement écailleux, souvent pollineux.
Cette Tribu n’a de commun que le nom avec les Cléonides de Schœænberr. Elle ne contieut en effet que deux (CLEONUS, Pacaycenus) des nombreux genres qu'il avait entassés dans ce groupe; les autres (Lixus, LariNus, etc.) sont empruntés à ses Erirhinides. L'association de ces genres est fortement en opposition avec les idées qui ont généralëment cours en ce moment; mais il me parait absolument nécessaire d'en revenir à l'opinion des anciens auteurs qui, pour la plupart, regardaient ces insectes comme tellement voisins, qu'ils les avaient placés dans le même genre (1). Ainsi constituée, la Tribu se trouve simplement, sous le rapport du rostre, dans les mêmes conditions que celle des Molytides, par exemple, qui contient à la fois des Brachyrhynques et des Mécorhynques.
Le corps de ces insectes passe graduellement de la forme brièvement ovale et très-massive (la plupart des Lamnus) à la forme la plus allongée et la plus grêle (Liœus paraplecticus, tenuis, etc.). Sauf dans un seul genre (Rayrinobenes), sa vestiture consiste uniquement en poils couchés, d’un aspect tomenteux et qu'accompagne souvent une efflorescence plus ou moins abondante qui, pendant la vie, se reproduit après avoir été enlevée (2). Leur livrée n’est jamais ornée
(1) C'est Schœnherr qui, en créant le genre CLeonus (Cure. Disp. meth. p. 145), a fortement séparé ces insectes des Lixus, tout en disant qu'ils ne différaiènt de ces derniers que par leurs antennes moins grèles, autrement construites, et leur corps très-souvent plus robuste, Pour les anciens auteurs, tels Que Fabricius et Herbst, ils étaient des Cuneur10, tandis que Olivier, Iliger, Germar, Lotreille ne les séparaient pas des Lixus. C’est seulement dans son dernier ouvrage (Règne anim. éd, 2, V, p. 82) que Latreille à adopté les deux Benres, mais en les laissant immédiatement à côté l’un de l’autre. Du reste, leur réunion dans un même groupe a déjà été opérée par M. Imhof (Vers. ein. Einführ, in d. Stud. d, Col. p. 219), et antérieurement M. Suffrian (Stettin, Enlom, Zeit, 1847) avait critiqué Schœænherr de lus avoir si fortement séparés.
(2) Pour la nature de cette substance, chez les Lixus et quelques autres Coléoptères, voyez une note de MM. A. Laboulbène et Follin dans les Ann. d, 1, Suc. enlom, 1848, p. 301; ils la regardent comme étant de nature cryplogamique, Lette opinion, rontredite par M. Coquerel (ibid. 1850, p. 13), à qui M. Laboulbène à répondu (ibid. p. 17), a donné lieu à la publication de deux autres
Coléoptéres. Tome VI. 21
418 GURCULIONIDES.
de couleurs métalliques. Ces insectes sont, en général, au-dessus de Ja taille moyenne, et quelques-uns sont fort grands. Les autres observations auxquelles ils donnent lieu trouveront leur place plus loin.
Les trois groupes dans lesquels je crois devoir les répartir ne peuvent se caractériser que d’une manière approximative, AUCUN Caractère rigoureux ne les séparant. Certaines particularités d'organisation sont seulement plus communes chez chacun d'eux que chez les autres.