‹ Histoire naturelle des insectes (volume 2)Chapitre 75 sur 121 · TRIBU XXVI · texte numérisé non relu

TRIBU XXVI

ÉRIRHINIDES.

Sous-menton muni d’un pédoncule saillant. — Mandibüles variables (2). — Rostre plus ou moins grèle et allongé, cylindrique ou subcylindrique (SrePHANORnYNCHUS excepté); ses scrobes naissant le plus souvent loin de la commissure de la bouche, linéaires, rectilignes ou obliques et atteignant les yeux. — Antennes de longueur variable; leur funicule de cinq à huit articles, le 7° presque toujours libre, — Prothorax très-rarement muni de lobes oculaires, presque jamais bisinué à sa base. — Un écusson. — Jambes grêles et arrondies chez la plupart, souvent mucronées ou onguiculées au bout; corbeilles des postérieures ouvertes; tarses variables, leurs crochets très-rarement soudés, — Métasternum plus ou moins allongé. — Epimères mésothoraciques petites ou médiocres. — Corps presque toujours pubescent et ailé.

De la multitude de genres que Schœnherr a compris dans ses

(1) E. fasciculatus, Schuck. loc. cit, pl. 18.

(2) Les Procas sont les seuls qui aient ces organes grèles et assez saillants: Dans les autres espèces ils sont très-courts et en tenailles ou en forme de pin= ces. Chez des insectes dont le rostre cst généralement si grêle, ces modifica= tions perdent leur importance.

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frirhinides, il n’en est qu’une quarantaine qui me paraissent pouvoir resterassociés ensemble, en y ajoutant deux genres (Procas,EUGNomuS) que Schœænherr avait placés parmi ses Molytides.

Ainsi épurés, les Erirhinides constituent un groupe qui me paraît assez naturel, mais qui, pris dans son ensemble, a des rapports intimes, d’une part, avec les Plinthides, d'autre part, avec les Hylobiides qui précèdent. Ils se distinguent des premiers principalement par leurs hanches postérieures non globuleuses et la présence d’un écusson; des seconds, presque exclusivement par la structure de leurs jambes; des uns et des autres, par leurs habitudes. Tous ceux dont les mœurs ont été observées, vivent en effet sur les plantes basses, plus rarement sur les feuilles des arbres; beaucoup recherchent de préférence les lieux humides et les végétaux aquatiques. i

Tout en se rapprochant, par les traits généraux de leur organisation, des ERiRHINUS et genres voisins, ces insectes présentent, dans la forme de leur tête, de leurs tarses et de leurs segments abdominaux, des différences sensibles qui permettent de les diviser en groupes secondaires. Ces groupes sont au nombre de cinq et facilement reconnaissables aux caractères qui suivent. Sauf un seul, celui des Storfides, tous ont des représentants en Europe.

L. Segments intermédiaires de l'abdomen coupés carrément en arrière.

a Tarses plus ou moins larges et spongieux en dessous, à article 3 plus large que 1-2 ct bilobé.

b 49 art. des tarses débordant fortement le 3e, Tête sphérique ; yeux grands, ovales et déprimés. 1. ERiRHINIDES vrais.

Tète saillante ; yeux plus ou moins saillants ou, dans la négative, très-petits.

bb 4e article des tarses ne débordant pas ou que

. Euenomines.

ex

très-peu le 3e, parfois nul. 3. CRYPTOPLIDES. aa Tarses grèles, filiformes, non ou à peine spongieux en dessous. 2. Hypronomipes.

IL Seyments intermédiaires de l'abdomen arqués ou anguleux à leurs extrémités. 1. Sronbines.

GROUPE I. Erirhinides vrais.

Tête sphérique ou légèrement conique. — Yeux contigus au prothorax, plus ou moins grands, déprimés, ovales et transversaux. — Tarses de largeur normale, spongieux en dessous, à article 3 plus large que 1-2 et bilobé; le 4° dépassant fortement son bord antérieur. — Segments intermédiaires de l'abdomen coupés carrément sur leur bord postérieur.

Coléoptéres. Tome VI. 30

466 CURCGULIONIDES.

Ce groupe est le plus riche en espèces de la tribu, et en même temps le mieux représenté en Europe. Elle ne possède pas moins de six des dix-huit genres qui le composent.

Quelques-unes des larves de ces insectes, appartenant aux genres ErRanus, Doryromus et Mecnus, ont été observées; mais on ne possède pas encore de description de celles des deux premiers. Leurs genres de vie diffèrent sensiblement (1).

La larve du Mecinus collaris qui a été, au contraire, décrite on détail par MM. Chapuis et Candèze (2), s'éloigne des larves ordinaires de la famille par la présence de plaques cornées sous chaque segment thoracique, dans les points où devraient être les pattes, et d’une plaque semblable de chaque côté du mésothorax et du métathorax en dessus. Elle vit dans les tiges du Plantago maritima, et y détermine, au-dessous de l’épi floral, un renflement dans lequel elle subit ses métamorphoses.

I. Scrobes rostrales atteignant, ou peu s'en faut, la cummissure de la bouche. a Corps oblong.

à Jambes inermes en dedans.

c Scrobes rostrales séparées en arrière : Procas, ce —— conniventes — Prosternum canaliculé : Erirhinoides.

— plan : Hypsomus.

bb Jambes denticulées en dedans : Zchinocnemus. a æ Corps filiforme : Brachypus.

IL. Scrobes rostrales plus ou moins distantes de la commissure de la bouche. d Fanicule antennaire de 7 articles.

e Cuisses inermes.

f Funicule antennaire à art. 1 seul allongé. Prosternum échancré en avant : Philernus.

— entier —— : Colabus.

ff Funicule antennaire à art. 1-2 allongés.

g Yeux contigus en dessous : Spermolugus.

gg — distants — h Jambes droites.

(1) £rirh. festucæ, Boic, Stettin. entom. Zeit. 1850, p. 360 ; vit dans les tiges du Scirpium lacustre dont elle ronge la moelle. — Doryt. voraæ, Doumerc, Ann. d. 1. Soc. entom. 1856, Buliet. p. LXXXIV ; elle habite les gousses du Cytisus laburnum et en dévore les graines dans lesquelles elle subit sa métamorphose. — Doryl. læniatus ; elle vit dans les chatons des fleurs femelles du saule marceau qu’elle miné dans toute leur longueur. Avant de se trans: former, elle construit, avec les filaments soyeux dont les graines de cet arbre sont munies, une coque qui protège la nymphe.

(2) Mém. d.1. Soc. d. Sc, d, Liége, VIIL, p. 566.

ÉRIRHINIDES VRAIS. 467

Prosternum excavé : Aubeonymus.

— plan : Grypidius.

hl Jambes antérieures au moins flexueuseg ou arquées. Scrobes rostrales conniventes en arrière : Aoplocnemis. —— séparées — : Erirhinus.

ee Cuisses dentées en dessous.

î Yeux latéraux.

# Prothorax fortement transversal : Dorytomus. kk — au moins aussi long que large, rétréci en avant, L Art. 1 de la massue antennaire de grandeur normale. Rostre non rétréci en avant : Phylotribus.

— alténué — : Centemerus.

ll Art. 1 de la massue antennaire en cône renversé : Celeles. ii Yeux contigus sur le front : Odontomachus. dd Funicule antennaire de 5 articles : Mecinus. Genre incertæ sedis : Hypoglyptus.

PROCAS, Sreru. J4, of Brit. Entom., IV, p. 90 (1).

Mandibules déprimées, triquètres, plus ou moins saillantes. — Rostre allongé, médiocrement robuste, arqué, subcylindrique, un peu aplani en dessus, légèrement élargi et déprimé au bout; scrobes presque complètes en avant, rectilignes, atteignant les yeux. — Antennes très-antérieures, médiocres, assez robustes; scape en massue au bout, arrivant au bord antérieur des yeux; funicule à articles 4-2 allongés, obconiques, subégaux, 3 de même forme, plus court, 4-7 subarrondis ou pyriformes ; massue oblongo-ovale, articulée. — Yeux assez grands, ovales, transversaux. — Prothorax transversal, peu convexe, arrondi sur les côtés, trouqué à sa base, brièvement tubuleux en avant, muni de lobes oculaires larges et faibles, légèrement échantré sur son bord antéro-inférieur. — Ecusson petit, arronci en artière, — Elytres médiocrement convexes, oblongo-ovales, rétrécies dans leur tiers postérieur, un peu plus larges que le prothorax et échancrées à leur base, avec les épaules obtuses. — Pattes assez longues et assez robustes; cuisses en massue, inermes; jambes droites, arrondies au bout; tarses médiocres, finement pubescents en dessous, à articles 4-2 étroits, 3 notablement plus large, 4 long, ainsi que ses Crochets. — 2° segment abdominal beaucoup plus long que 2-3 réuns, séparé du 4° par une fine suture droite ; saillie intercoxale assez large, arrondie en avant. — Métasternum allongé. — Corps oblong, finement pubescent.

Schænherr, en adoptant ce genre de Stephens, qu’il n’avait pas,

() Syn. Entruus, Schœnh, (olim), Bach,

dans l’origine, distingué des Ertrainus, l’a placé dans sa division des Molytides. IL n’a rien de commun avet ce groupe, tel que je l'ai resteint, et appartient à celui-ci. Son rostre plus robuste, non oylindrique, ses scrobes rostrales qui atteignent à peu de chose près, la commissure de la bouche, ses antennes, par suite, plus antérieures, sont les caractères essentiels qui le distinguent.

Je ne connais pas l’espèce (1) que Stephens lui a donnée pour type. Les autres (2) qu’il contient sont des insectes de taille médiocre, d’un noir mat, très-faiblement pubescents, finement striés et ponelués sur les élytres, avec les intervalles entre les sties très-plans. Leur facies est fort différent de celui des EriRminus, dont on les a séparés avec raison. Le genre est propre à l’Europe et à l’Algérie.

ERIRHINOIDES.

Banc. in Gay, Hist. d. Chile; Zool., V, p. 385.

Rostre assez allongé, assez robuste, arqué, subeylindrique, un peu comprimé, plan et déclive en avant; scrobes atteignant la commissure de la bouche, linéaires, obliques et subconniventes à la base du rostre. -— Antennes très-antérieures, assez courtes, grêles; scape grossissant peu à peu, atteignant les yeux; funicule à articles 1 gros, allongé, obconique, 2 de même forme, plus court et plus grêle, 3-7 très-courts, très-serrés, graduellement plus larges; massue médiocre, oblongoovale, articulée. — Yeux assez grands, ovales, transversaux. — Prothorax transversal, peu convexe, presque droit sur les côtés, trèsbrièvement tubuleux en avant, tronqué à ses deux extrémités, muni de lobes oculaires à peine distincts; prosternum fortement canaliculé en avant des hanches antérieures. — Ecusson petit, ovale. — Elytres subnaviculaires, assez courtes, un peu plus larges que le prothoraxet faiblement échancrées à leur base, avec les épaules obtuses. — Pattes médiocres; cuisses robustes, en massue, brièvement dentées en des-

(1) Curc. picipes, Marsh. Entom. Brit. p. 272. APCE pyrrhodactylus du mème auteur, que Stephens et, à son imitation, Schœnherr rapportent au genre, ne m'est pas connu davantage; les auteurs les plus récents le passent sous silence.

(2) Er. Steveni, Schœnh. Curceul. IN, p. 287 (Er. mœstus, Bach, Kæfors faun. f. Nord-u.-Mitteldeutschl. 11, p. 296); Russie mér., France mé Provinces rhénanes. — P. granulicollis, Walton, Ann. a. Magaz, of Nat. Hist, * Ser. 2, II, p. 168; Angleterre. — Saulcyi, Reiche et De Saulcy, Ann, dl: Sov: entom. 1857, p. 677; ile de Chypre. Cette espèce s'éloigne des précédentes par sa forme plus oblougue, et surtout par ses tarses longs, grêles, villeuxen dessous, et dont le 3e article est à peine plus large que le 2e et simplement échancré, différences qui ue me paraissent pas suflisantes pour qu'on en fasse un genre à part. Les grandsexemplaires femelles ressemblent étonnamment à l'Iphipus rudis du Brésil et de la Tribu suivante des Amalactides. — Lethiens ryi, Chevrol. Rev. et Mag, d. Zool. 1860, p. 77; Algérie.

ÉRIRHINIDES VRAIS. 469

sous ; jambes arquées à leur base et légèrement sinuées au côté iniene, très-brièvement mucronées au bout; tarses assez courts, médiocrement larges et spongieux en dessous, à article 4 assez long; ses crochets médiocres; — 2° segment abdominal plus court que 2-3 réunis, séparé du 1% par une suture arquée; saillie intercoxale large, subtronquée en avant. — Métasternum de longueur moyenne. — Corps ovalaire, presque glabre.

Genre très-distinct, et dont M. Blanchard a passé sous silence l’un des principaux caractères : le canal prothoracique. L’unique espèce (1) du Chili qu’il décrit a la plus grande ressemblance avec l'Erirhinus acridutus d'Europe, mais est de moitié environ plus grande, d’un noir presque mat, finement rugueuse sur le prothorax et assez forte- , ment striée sur les élytres.

HYPSOMUS.

Souoen., Curcul, WE, p. 516.

Rostre assez allongé, médiocrement robuste, cylindrique, arqué; ses scrobes atteignant la commissure de la bouche, flexueuses, obliques et vonniventes en arrière.— Antennes subterminales, assez courtes, grêles ; stape en massue au bout, atteignant à peine les yeux ; funicule à article { allongé, gros et chconique, 2 plus grêle et court, 3-7 très-courts, serrés ; massue oblongo-ovale, articulée. — Yeux assez grands, déprimés, ovales, transversaux. — Prothorax transversal, subeylindrique, légèrement arrondi à sa base, tronqué en avant (2), assez fortement échaneré sur son bord antéro-inférieur. — Ecusson nul. — Elytres oblongues, peu convexes, légèrement arrondies sur les côtés dans leurs deux tiers antérieurs, puis rétrécies et conjointement (lembunculus) ou isolément (scapha) acuminées en arrière. — Pattes courtes, robustes ; cuisses fortement en massue; jambes droites, inermes au bout, les antérieures anguleuses dans leur milieu en dedans; tarses courts, assez étroits, spongieux en dessous, à articles 1-3 subégaux, celui-ci peu large, 4 médiocre; ses crochets gréles. — 2° segment abdominal aussi long que 3-4 réunis, séparé du 1° par une suture arquée dans son milieu ; saillie intercoxale assez large, tronquée en avant. — Métasternum de lonyueur moyenne ; ses épisternums très-étroits. — Epimères mésothoraciques très-petites. — Corps oblong, écailleux et revêtu de poils redressés.

Schænherr en décrit deux espèces de Natal mentionnées dans cette formule. Ce sont de petits insectes, ressemblant de près à l'Erirkinus

(1) £. unicolor, Blanch. loc. cit. Gol. pl. 24, f. 9.

(2) C’est à tort que Schænherr a dit qu’il est lobé ; il a également passé sous silence la connivence des scrobes rostrales en arrière.

palustris et espèces voisines, Leur livrée est d’un gris cendré, à reflets opalins et légèrement variée de brun.

C'est le seul genre de la Tribu qui soit privé d’écusson, et, d’après ce caractère, Schœænherr l’avait placé dans sa seconde section des Erirhinides.

ECHINOCNEMUS.

Scuoenx. Curcul., VIL 2, p. 315 (1).

Rostre allongé, peu robuste, cylindrique, arqué; ses serobes tons chant presque la commissure de la bouche, subrectilignes et itetgnant sa base. — Antennes antérieures, médiocres, grêles ; scape en massue au bout; funicule à articles 4 gros, allongé, obconique, 2 de même forme, beaucoup plus petit et plus mince, 3-7 très-courts, trèsserrés, 7 contigu à la massue ; celle-ci oblongo-ovale, obtuse au bout, articulée. — Yeux médiocres, oblongo-ovales, transversaux. — Prothorax transversal, peu convexe, légèrement arrondi sur les côtés, tronqué à sa base et en avant, fortement échancré sur son bord antéro-inférieur et distinctement lobé au niveau des yeux. — Ecusson en triangle curviligne. — Elytres médiocrement convexes, régulièrement oblongo-ovales, à peine plus larges que le prothorax et lurgement échancrées en arc à leur base. — Pattes médiocres; cuisses fortement en massue; jambes denticulées en dedans et fortement mucronées au bout; les antérieures arquées à leur extrémité, les autres bisinuées en dedans; tarses assez étroits, spongieux en dessous, à article # assez long, ainsi que ses crochets. — Métasternum assez allongé (2). — Corps oblong, densément écailleux.

L'unique espèce (squameus) du genre est un petit insecte originaire de Canton et revêtu d’une livrée d’un gris uniforme. Schænherr l'avait placée primitivement parmi les Entnmnus, dont elle diffère essentiel lement par ses serobes rostrales presque complètes en avant, ses jambes denticulées au côté interne, et par son prosternum fortement échancré en avant. Pour le surplus, elle en est voisine, et l’on ne comprend pas bien que Schœnher: ait intercalé quarante-sept gentes entre elle et ces insectes.

BRACHYPUS.

Scnogxu. Curcul. Disp. melh., p. 217 (3).

Rostre allongé, grêle, cylindrique, légèrement arqué; serobes com» meucant près de son sommet, obliques et atteignant sa base. — An

(1) Syn. Crus, Schœnh, Cureul. HI, p. 311 ; olim.

(2) L’abdomen manque chez l'unique exemplaire que j'ai à ma disposition.

(2) Ce nom, qui date de 1826, devra ètre changé, Swainson l'ayant appliqué, deux ans auparavant, à un genre d’Oiscaux.

ÉRIRHINIDES VRAIS, A7i

jennes antérieures, médiocres, grêles; scape grossissant peu à peu; funicule à articles 4 gros, obeonique et allongé, 2 beaucoup plus court et plus mince, 3-7 transversaux, serrés, grossissant peu à peu; massue oblongo-ovale, acuminée, articulée. — Yeux assez grands, oblongs, transversaux. — Prothorax presque aussi long que large, cylindrique, tronqué à sa base et en avant, avec un sillon circulaire près de son bord antérieur. — Ecusson à peine distinct. — Elytres allongées, linéaires, peu à peu atténuées en arrière, brièvement déhiscentes à leur extrémité, à peine plus larges que le prothorax et tronquées à leur base. — Pattes courtes, les antérieures moins que les autres; cuisses fortement en massue, surtout les antérieures ; jambes dela même paire légèrement arquées, toutes très-brièvement mucronées au bout ; tarses courts, à articles 1-2 à peine plus longs que larges, 3 fendu jusqu’à sa base, 4 dépassant médiocrement son bord antérieur, assez robuste; ses crochets petits, divariqués, assez épais à leur base. — Métasternum allongé (1).— Corps linéaire, grêle, densément écailleux.

Schœnherr a placé ce genre près des Lixus et des ILEOnUS, avec lesquels il n’a absolument aucun rapport; c’est, à n’en pouvoir douter, un véritable Erirhinide, dans le sens que je donne à ce mot. Il a pour type un petit insecte (lixoides Schh.) dont Schœnherr ignorait la patrie, mais qui, probablement, est asiatique, et qui est uniformément revêtu de petites écailles d’un blanc jaunâtre. Depuis, M. Hochhuth en à décrit, avec quelque doute relativement au genre, une seconde espèce (2) de la Russie caucasienne, qui est très-légèrement pubesvente, au lieu d’être écailleuse, et qui, dès-lors, n’est peut-être pas congénère de la précédente.

PHILERNUS.

Scnoenu. Curcul., IL, p. 429.

Rostre allongé, grêle, cylindrique, un peu aplani et écailleux à sa base, arqué dans sa moitié terminale; ses scrobes commençant au milieu de sa longueur, rectilignes et atteignant sa base. — Antennes médiocres, grêles ; scape grossissant peu à peu ; funicule à articles 1 ulongé, gros, noueux au bout, 2-7 extrêmement courts, serrés, grossissant peu à peu ; massue assez forte, ovale, acuminée, articulée.— Yeux médiocres, oblongs, transversaux. — Prothorax aussi long que large, cylindrique, arrondi dans son milieu sur les côtés, tronqué à sa base et en avant, échancré sur son hord antéro-inférieur. — Ecusson triangulaire. — Elytres oblongo-ovales, un peu plus larges que le prothorax et légèrement échancrées en triangle à leur base. — Pattes

(1) L'abdomen manque dans l'unique exemplaire que j'ai sous les yeux. (2) B. cylindricus, Hochh, Bull. Mose, 1847, I, p. 536,

médiocres; cuisses en massue; jambes grèles, arrondies, presque droites, très-brièvement mucronées au bout; tarses assez longs, étroits, linéaires, finement villeux en dessous, à article 4 long, ainsi que ses crochets. — 2 segment abdominal sensiblement plus long que 3-4 réunis, séparé du 1* par une suture presque droite; saillie intercoxale médiocrement large, parallèle, tronquée en avant,— Corps oblong, densément écailleux.

La seule espèce connue (farinosus Schh.) est de la Sibérie et de la taille de l’Erirhinus bituberculatus, dont elle a assez le facies. Sa livrée est formée de petites écailles arrondies, d’un blanc grisûtre et uniforme.

COLABUS.

Seuogni. Cureul., NII, 2, p. 146.

Rostre médiocre, grêle, vertical, cylindrique, un peu déprimé à sa base; scrobes commençant au milieu de sa longueur, atteignant les yeux. — Antennes médianes, courtes; scape grossissant peu à peu, atteignant à peine les yeux; funicule à articles 4 plus gros et beaucoup plus long que les suivants, 2-7 très-courts, noueux au bout; massue assez forte, ovale, articulée, obtuse au bout. — Yeux médiocres, brièvement ovales, transversaux. — Prothorax transversal, subcylivdrique, peu à peu rétréci en avant, tronqué à ses deux extrémités, entier sur son bord antéro-inférieur. — Ecusson petit, triangulaire.— Elytres médiocrementallongées, parallèles, subcylindriques et un peu déprimées, un peu plus larges que le prothorax et subtronquées à leur base, — Pattes courtes; cuisses en massue, assez robustes, inermes; jambes droites, gréles, inermes au bout; tarses médiocres, spongieux en dessous, grêles, linéaires, à articles 3 un peu plus large que 1-2, 4 assez long; ses crochets petits, gréles (1). — Corps oblong, glabre.

Le très-petit insecte du Cap (sca/ptus Schh.) sur lequel Schœnherr a fondé ce genre, n’a guère que deux millimètres de long, et sa livrée est d’un noir presque mat ; ses élytres présentent de nombreuses stries longitudinales très-rapprochées et distinctement ponctuées.

Schænherr a placé le genre entre les MaGpaLiNus et les CNEMIDO- PHORUS, deux genres qui font partie de la Phalange suivante.

SPERMOLOGUS.

Scnoënx. Curcul., VIE, 2, p. 396.

Roslre assez allongé, faiblement arqué, subeylindrique et un peu déprimé, assez robuste à sa base, plus grêle dans sa moitié antérieure;

(1) Je ne puis rien dire du dessous du corps, l’exemplaire unique dont je dispose étant collé sur du papier.

ÉRIRHINIDES VRAIS. 473

ses scrobes commençant un peu au-delà de son milieu, rectilignes et atteignant sa base. — Antennes médiocres, assez robustes; scape en massue au bout; funicule à articles obconiques : 4-2 allongés, subégaux, 3-7 courts, grossissant peu à peu, 7 plus long que les autres, subcontigu à la massue ; celle-ci uvale, acuminée, articulée. — Yeux très-grands, transversaux, contigus en dessous. — Prothorax transversal, peu convexe, légèrement arrondi sur les côtés, à peine bisinué à sa base, brièvement rétréci et tronqué en avant. — Ecusson transversal. — Elytres ässez convexes, brièvement ovales, légèremen

échancrées en triangle et un peu plus larges que le prothorax à 160 base, avec les épaules obtuses. — Pattes assez courtes et assez robustes; cuisses fortement en massue, inermes ; jambes un peu comprimées, droites, brièvement mucronées au bout, surtout les quatre postérieures; tarses assez courts, de largeur moyenne, à article 4 médiocre, ainsi que ses crochets, — 2° segment abdominal notablement plus long que 3-4 réunis, séparé du 1°° par une suture arquée; saillie intercoxale large, arrondie en avant. — Métasternum assez court. — Corps ovalaire, faiblement pubescent.

La seule espèce connue (rufus Schh.) a quelque rapport de forme avec le Phylonomus fasciculosus, comme le dit Schænherr, et lui rossemble sous le rapport de la taille. Elle est d’un rouge ferrugineux uniforme et paraît glabre au premier aspect. Ses élytres sont finement striées, avec les intervalles entre les siries pointillés. Cet insecte, éclos à Leipzig, de graines provenant du Brésil, est très-probablement originaire de ce dernier pays. Ses yeux contigus en dessous le font reconnaître sans peine parmi toutes les espèces du groupe actuel.

AUBEONYMUS.

Jacouez-Duv., Gen. d. Col. d'Eur.; Curcul. p. 75 (1).

Rostre allongé, assez grêle, arqué, cylindrique et strié ; ses scrobes tommencant près de son quart antérieur, obliques, atteignant sa base et confluentes en arrière. — Antennes antérieures, médiocres, grêles ; funicule à articles 1-2 allongés, celui-là plus grand et plus épais, 3-5 courts, subovalaires, 6-7 plus gros et plus arrondis; massue oblongoovale, articulée. — Yeux assez grands, oblongs, transversaux. — Prothorax transversal, médiocrement convexe, un peu arrondi sur les côtés dans son milieu, oblique, coupé de chaque côté à sa base, un peu saillant au milieu de son bord antérieur, muni de lobes oculaires très-faibles, fortement échancré sur son bord antéro-inférieur. avec le brosternum médiocrement canaliculé en avant des hanches antéieures, — Ecusson nul. — Elytres assez courtes, légèrement ovales, Un peu déprimées en dessus, verticalement déclives en arrière, aussi

(1) Syn. Tyenius (pars), Lucas, Explor. d. l’Algér.; Entom. p. 449,

larges que le prothorax et fortement échancrées en triangle à leur base. — Pattes courtes et assez robustes; cuisses graduellement en massue; jambes droites, brièvement mucronées au bout; tarses courts, spongieux en dessous, à articles 3 notablement plus large que 1-2, 4 médiocre, ainsi que ses crochets. — 2° segment abdominal plus long que 2-3 réunis, séparé du 1°" par une suture légèrement arquée: saillie intercuxale assez large, tronquée en avant. — Métasternum très-court. — Corps ovale, pubescent où glabre.

Genre ambigu, confondu avec les Tycaius par M. Lucas, mais qui en est très-distinct (1) et appartient À un genre tout-à-fait différent. L'espèce typique (2) a le facies d’un Cryptorhynchide et ressemble assez à quelques ACaLLes exotiques ; mais je ne vois pas où Ja placer ailleurs que dans le groupe actuel. Sa forme massive, ses pattes courtes et robustesse retrouvent chez le Spermatologus rufus, et c'est à la suite de ce genre que, d’après cela, elle me paraît devoir être classée.

Cet insecte est de taille médiocre et revêtu de petits poils squammiformes assez abondants; ses élytres sont régulièrement strites, et sa livrée consiste en un grand nombre de mouchetures et de lintoles blanchâtres sur un fond noir. Il habite l’Algérie, le midi de l'Espagne et la Sicile. M. Tournier en a fait connaître une seconde espèce (3) de ce dernier pays, qui est d’un bleu obscur et qui, d’après la description qu'il en donne, paraît être glabre.

; GRYPIDIUS.

Scnoenu. Curcul. Disp. meth., p. 231.

Rostre plus long que le prothorax, assez grèle, cylindrique, arqué; ses scrobes commencant un peu au-delà de son milieu, rectilignes, atteignant les yeux. — Antennes assez longues, grèles ; scape un peu en massue au bout; funicule à articles 1-2 allongés, celui-là le plus grand, 3 encore assez long, 3-7 courts, obconiques, décroissant peu à peu; massue oblongo-ovale, acuminte, articulée, — Yeux assez grands, ovales, transversaux, — Prothorax transversal, convexe, at= rondi sur les côtés, tronqué à sa base, sinué de chaque côté de sou bord antérieur; prosternum presque entier en avant. — Ecusson en

(1) Les Tycmus ayant les crochets des tarses dentés, appartiennent à la Phalange suivante, Si Schænherr eût connu le genre, il l'eût certainement placé, comme le remarque très-bien M. Jekel (The Journ. of Eutom. 1, p. 271), dans sa seconde Cohorte des Cryptorhynchides, caractérisée par un canal prothoras cique, en général faible et limité par les hanches antérieures.

(2) Tych. carinicollis, Lucas, loc. cit. (4. pulchellus, Jacquel.-Duy. Gener:, d. Col. d’'Europ.; Cureul. pl. 30, f. 147).

(3) A. Pictetii, Tourn. Aun. d. 1, Soc. entom. 1860; Bullet. p. LXXXI:

ÉRIRHINIDES VRAIS. 475

triangle aigu. — Elytres assez courtes, subparallèles, peu convexes en avant, assez en arrière, avec leur déclivité longue, notablement plus larges que le prothorax et légèrement échancrées à leur base, avec les épaules calleuses. — Pattes médiocres; cuisses en massue; jambes droites, très-brièvement mucronées au bout; tarses médiocrement larges, suhparallèles, spongieux en dessous, à article 4 long; ses crochets assez grands, — 2° segment abdominal plus grand que 3-4 réunis, séparé du 1% par une suture arquée; saillie intercoxale large, arrondie en ayant. — Corps ovalaire, partiellement écailleux et pubescent.

On n’en connaît que trois espèces (1) propres à l’Europe, dont une (equiseti) est commune dans la plus grande partie des régions froides et tempérées de ce continent. Elle vit, comme les deux autres, dans les lieux humides, et se trouve principalement sur la prèle. Ces insectes sont de taille médiocre, et leur livrée consiste en un dessin nuageux d'un gris plus ou moins jaunâtre ou foncé, et très-variable.

AOPLOCNEMIS.

Sonoëxn. Cureul., VIT, 2, p. 445 (2).

Rostre allongé, assez robuste, arqué, cylindrique, légèrement élargi etun peu déprimé au bout; ses serobes commençant assez près de son sommet et confluentes à sa base en dessous. — Antennes antérieures, longues, grêles ; scape en massue au bout; funicule à articles 1-2 allongés, subégaux, 3-7 beaucoup plus courts, obconiques, subégaux; massue oblongo-ovale, acuminée, articulée. — Yeux grands, brièvement ovales, transversaux. — Prothorax transversal ou non, légèrement arrondi sur les côtés dans son milieu, tronqué à ses deux extrémités, distinctement et largement lobé de chaque côté en avant. — Ecusson oblong ou ovale. — Elytres peu ou assez convexes, oblongues où ovales, atténuées dans leur tiers postérieur, à peine plus larges que le prothorax et légèrement échanorées à leur base, avec les épaules ohtuses. — Pattes médiocres; cuisses fortement en massue, pédonculées à leur base; jambes antérieures arquées au hout, les autres droites, évasées et inermes ou brièvement mucronées au bout; tarses médiocrement larges, spongieux en dessous, à articles 1-2 triangulaires, 3 pas beaucoup plus large, 4 long, ainsi que ses crochets. — 2 segment abdominal aussi long que les deux suivants réunis,

(1) G. equiseli, atrirostris, brunnirostris Fab., Schœnh. Cureul. El, p. 314. Schœnherr n’a regardé le second que comme une variété dn premier: Jacquelin-Duval (Gener. d. Col. d'Europ. Cureul. Catal.) en fait une espèce à part, Opinion qui me parait médiocrement fondée. — Le G. brassicæ de M. Focilion (Rev. et Mag. d. Zool: 1852, p 124) ést un Ceuronnynonus, probablement l'assimilis Fabr. ; voyez Aubé, Ana: d: 1. Soc. éntom. 1852, Bull. p. LXXXH.

(2) Syn, Enmmnus, Erichs, Arehiv, 1842, I, p. 197.

séparé du 1° par une suture arquée; saillie intercoxale midiocrement large, subarrondie en avant. — Métasternum assez court, — Corps ovale ou oblong, plus ou moins revêtu de poils squammiformes.

Ce genre diffère des Ermmminus, dont ses espèces ont le actes, par d'assez nombreux caractères, notamment par ses scrobes rostrales coufluentes en arrière. Schænherr l’a établi sur un insecte (rufipes) de l’Australie, de taille moyenne, revêtu de poils blanes plus abondants en dessous qu’en dessus, et dont les jambes sont complètement inermes à leur extrémité. Depuis, Erichson en a décrit, sous le nom d’Erirhinus phaleratus, une seconde de la Tasmanie, plus grande, plus allongée, à jambes distinctement mucronées au bout, blanche également en dessous, et qui, outre des bandes longitudinales de même couleur sur les élytres, en a une, plus ou moins distincte, d'un vert métallique sur chacun de ces organes. J’en possède une troisième du mème pays, encore plus grande que cette dernière.

ERIRHINUS.

Scnoexu, Curcul. Disp. meth., p. 229 (1).

Rostre plus ou moins allongé, grêle, cylindrique, arqué; ses scrobes commençant entre son milieu et son extrémité, subrectilignes et atteignant les yeux. — Antennes plus ou moins longues, grêles; scape grossissant peu à peu; funicule à articles 1-2 allongés, celui-là un peu plus grand, 3-7 plus courts, obconiques ou subturbinés; massué oblongo-ovale, articulée. — Yeux brièvement ovales, transversaux. — Prothorax transversal, en général peu convexe, plus ou moins arrondi sur les côtés, tronqué à sa base et en avant, muni de lobes oculaires faibles, parfois peu distincts. — Ecusson petit, ponctiforme ou triangulaire. — Elytres ovales ou oblongo-ovales, rétrécies en arrière, un peu plus larges que le prothorax et légèrement échancrées à leur base. — Pattes au moins médiocres ; cuisses en massue, souvent subhpédonculées à leur base, inermes; jambes grèles, plus ou moins flexueuses, mucronées au bout; tarses assez longs et assez étroits, spongieux en dessous, à articles 3 sensiblement plus large que 1-2, 4 médiocre, ainsi que ses crochets. — 2° segment abdominal au moins aussi long que 3-4 réunis, séparé du 1® par une suture presque droite ; saillie intercoxale assez large, arrondie ou anguleuse en avant. — Métasternum plus ou moins allongé. — Corps oblong où ovale, densément pubescent chez la plupart.

Le seul genre de la Tribu avec le suivant, qui soit riche en espèces. Les auteurs sont peu d’accord sur la question de savoir si ces der-

(1) Syn. Noranis, Germar, Mag. d. Entom. II, p. 340 ; genre simplementindiqué ; Stephens (of Brit, Entom. IV, p. 81) en a, le premier, publié Jes 0tractères,

ÉRIRHINIDES VRAIS. 477

nières doivent rester unies ensemble ou former plusieurs genres distincts (1). En tenant compte de la différence des habitudes, je crois que les ErtRmNUs et les Notaris qui vivent sur les plantes aquatiques ou littorales, et qui ont tous les cuisses inermes, peuvent être séparés des Doryromus qui ont les cuisses dentées et fréquentent les arbres. Ils formeraient deux sections reconnaissables aux particularités suivantes:

Noranis. Lobes oculaires du prothorax bien distincts; jambes antévieures brièvement mucronées au bout; corps plus ou moius ovalaire (2).

Exmanus. Lobes oculaires du prothorax très-faibles; jambes toutes plus ou moins fortement mucronées au bout, le mucro ordinairement en forme de griffe; corps oblong, parfois linéaire (3).

Ces insectes sont tous petits, et leur livrée n’a rien qui attire les regards. Sauf deux espèces du Cap et de l'Australie, celles décrites en ce moment habitent les régions froides et tempérées de l’hémisphère boréal dans les deux continents.

DORYTOMUS.

(Genman) Srepn. JL. of Brit. Entom., AN, p. 82.

Prothorax sans aucun vestige de lobes oculaires. — Pattes antéricures en général plus longues que les autres; cuisses munies d’une pelite dent en dessous; jambes droites ou flexueuses, brièvement mucrontes au bout.

(1) Les entomotogistes anglais, en général, adoptent les trois genres Ermmnus, Norans et Donvrouus, La plupart de ceux de l'Allemagne et de la France les réunissent, au contraire, en un seul, à Pexemple de Schœnherr. M. L. Redteubacher (Faun. Austr. éd. 2, p. 759) réunit les deux derniers sous le nom de Donxromus, et il a, le premier, signalé un caractère qui leur serait commun ct les distinguerait des ErtmaiNus, à savoir que leurs hauches antérieures sont rapprochées du bord postérieur du prosternum, tandis qu’elles sont placées plus en avant chez ces derniers. Ce caractère est bien léger, parfois peu üpparent, et ne semble pas avoir beaucoup d'importance,

(2) Les espèces forment la première des sections établies par Schœnherr (Cureul. VIE, 2, p. 163) dans le genre; il en décrit 14 : E. bimaculatus, Soir pi, acridulus, ete. — Aj. : E. rubidus, Rosenh. Die Thiere Andal. p. 270; Espagne (Carthagène). — rufipes, subcostatus, Motsch. Bull, Mosc. 1845, I, P: 377; Kamtschatka.

(3) Schœnh. (loc. cit. p. 168) n'en décrit que six espèces qui constituent sa Secoude section du genre : E. pertinax, sparganii, festucæ, Nereis, scirrho- SU, pulustris.«— Aj. : E. tomentosus, L. Fairm, Ann. d, 1. Soc. entom. 1859, D. 61; France mér. — rufus, Say, Cureul. of North Amer. p. 25; Etats- Unis, — morio, rufulus, lucidus, subsignatus, Mannerh. Bull, Mose. 1853, I1,p. 240 ; Amér, russe. — longirostris, Bohem. Voy. d. l’Eugénie; Col. p. 129; Australie, Quelques-uns sont peut-être des Noranis où des Donvromus.

Pour une révision des espèces de l'Angleterre, voyez Wallon, Ann, and Mag. of Nat. Hist, Ser. 2, Il», 166.

a: TUE ni

A ces différences essentielles qui les distinguent des Eninminus, ces insectesjoignent un facies autre que celui de ces derniers. Leur Corps est plus régulièrement oblong, plus large, et leur livrée consiste presque toujours en petites mouchetures sur un fond variable; enfin au lieu de fréquenter les plantes basses, dans les lieux humides, ils vivent, à quelques exceptions près, sur les arbres. Leurs espèces sont plus nombreuses que celles du genre en question (1).

PHYTOTRIBUS.

Scnoœxu, Curcul., VIE, 2, p. 181.

Rostre allongé, assez robuste et presque droit (, grèle et arqué(o), cylindrique , strié à sa base ; ses serobes commencant au-delà de son milieu (J') ou presque dans son milieu (@), obliques et atteignant le bord inférieur des yeux. — Antennes médiocres, assez robustes, scape en massue au bout; furicule à articles 1-2 allongés, subégaux, obconiques, 3-7 très-courts, subturbinés; massue petite, ovale, articulée, acuminée. — Yeux grands, oblongs, transversaux. — Prothorax peu convexe, notablement plus long que large, rétréci dans son tiers antérieur, rectiligne sur les côtés, faiblement bisinué à sa base, tronqué en avant. — Ecusson oblong. — Elytres oblongues, peu convexes, parallèles dans les trois quarts de leur longueur, pas plus larges que le prothorax et légèrement échancrées à leur base, avec les épaules obtuses. — Pattes médiocres; cuisses fortement en massué, dentées en dessous; jambes droites, inermes au bout; tarses médiocres, assez étroits, spongieux en dessous, à article 4 long ; ses crochets assez grands. — 2° segment ahdominal beaucoup plus grand que 3-4 réunis, séparé du 1‘ par une suture droite et légèrement arquée dans son milieu; saillie intercoxale assez large, tronquée en avant. — Corps oblong, assez densément pubescent.

Genre établi sur un insecte (wnicolor Schh.) de Cayenne (2) ressemblant beaucoup aux grandes espèces du genre précédent (D. voraæ, tremulæ, etc.), mais de taille un peu supérieure. Ses antennes un peu autrement faites, ses yeux plus grands, son prothorax en cône allongé et ses jambes inermes au bout, sont les principaux caractères qui le

(1) Schœnherr (Cureul. VIE, 2, p. 169), qui en a fait sa troisième division des Enimmnus, en décrit 30, Aj. : D. salicis, Wallon, Ann. and Mag. of Nt. Hist. Ser. 2, VIT, p. 310; avec une révision des espèces de l'Angleterre, — macropus, L. Redtenb. Faun. austr. éd, 1, p. 412et 6d. 2, p. 761 (Er. vora®, Var. y Schh.); Autriche. — £r. incanus, Muls. et Rey in Muls. Opuse. entom IX, p. 33 ; Frauce mér. — Er. Riehlii (flirostris Schh.), Bach, Kæfvrfaun. d Nord-u.-Mitteldeutsch]. II, p. 298; Cassel.

(2) Une seconde espèce du même pays est mertionnée dans Dejcan (Cat: éd. 3, p. 301), sous le nom de pallidus; elle est très-voisine de l’unicolor, mais bien distincte.

ÉRIRHINIDES VRAIS. 479

séparent de ce genre. 11 est d’un brun rougeâtre obscur et couvert en dessus de petits poils fauves couchés et entremélés de nombreux cils redressés sur les élytres, qui sont régulièrement striées ; ces cils forment des rangées régulières sur les intervalles entre les stries.

CENTEMERUS.

Sceuognn. Curcul., VIL, 2, p. 329.

Rostre assez long, assez robuste, à peine arqué, subeylindrique, légèrement et peu à peu atténué en avant; ses scrobes commençant vers son quart antérieur, obliques et atteignant sa base. — Antennes médiocres, assez robustes; scape grossissant peu à peu; funicule à articles 4-2 allongés, obconiques, subégaux, 3-7 très-courts, subarrondis; massue ovale, articulée. — Yeux grands, oblongs, transversaux, médiocrement séparés en dessous. — Prothorax aussi long que large, rétréci en avant, à peine bisinué à sa base, tronqué antérieurement. — Ecusson petit, ovale. — Elytres médiocrement convexes, allongées, parallèles, légèrement rétrécies et arrondies en arrière, un peu plus larges que le prothorax et faiblement échancrées en triangle à leur base. — Pattes médiocres ; cuisses en massue, armées d’une potite dent en dessous; jambes un peu comprimées, bisinuées au côté interne, très-brièvement mucronées au bout; tarses médiocres, spongieux en dessous, à articles 3 beaucoup plus large que 1-2, 4 assez long, ainsi que ses crochets. — 2° sogment abdominal plus long que 3-4 réunis, séparé du 1° par une suture arquée; saillie intercoxale large, subogivale. — Corps oblong, revêtu de petits poils Squammiformes.

Genre très-voisin des Payromrigus et n’en différant que par le rosté, les antennes et les jambes. L'espèce typique (comosus Schh.) a presque complètement le facies du Phyt. unicolor et est revètue uniformément de poils squammiformes d’un gris olivâtre et mélangés de cils redressés. Elle est originaire de Cayenne. J'en connais une seconde espèce du même pays, plus grande, mais, du reste, trèssemblable.

CELETES.

Scuoexu. Curcul., ILE, p. 634.

Rostre allongé, assez robuste, à peu près droit, presque quadrangulaire, plan et sillonné en dessus; ses serobes commencant près de son 5° antérieur, profondes, obliques et atteignant sa base. — Antennes longues, grèles; scape légèrement en massue au bout; funicule à articies 1-2 allongés, subégaux, 3-7 ohconiques, courts, dé- Croissant peu à peu; massue oblongue, à article 4 allongé, en cône renversé, — Yeux grands, oblongs, transversaux. — Prothorax aussi long que large, arrondi sur les côtés, fortement rétréci en avant, tron-

480 CURGULIONIDES,

qué à ses deux extrémités. — Ecusson en triangle allongé.—Elytres peu convexes, allongées, subparallèles, un peu rétrécies dans leur quart postérieur, pas plus larges que le prothorax et tronquées à leur base. — Pattes assez longues et assez robustes; cuisses fortement en massue, les antérieures plus que les autres et arquées en dessus; jambes comprimées, faiblement arquées, arrondies à leur extrémité en dehors, à peine mucronées au bout; tarses médiocres, Spongioso-villeux en dessous, à articles 1-2 Gtroits, 3 beaucoup plus large, avec ses lobes divergents, 4 long, ainsi que ses crochets. — 2° segment abdominal aplani et un peu concave, ainsi que le 1*, séparé de celui-ci par une suture à peine arquée, un peu plus long que 3-4 réunis; saillie intercoxale assez large, tronquée en avant. — Corps allongé, pubescent,

Schænbherr, tout en reconnaissant que ce genre est très-voisin des ErtRANUs, par son f'acies, l’a placé dans sa sous-division des Cholides, sous le prétexte que ses hanches antérieures sont légèrement écartées entre elles et que son rostre est déprimé au bout. La première de ces asserlions n’est pas rigoureusement exacte (1) et le rostre n'affecte nullement la forme particulière qu’il a chez les Cholides, mais plutèt ressemble à celui des ANCYLORHYNCHUS. Ce genre appartient manifestement au groupe actuel.

De même que le Phytotribus unicolor, l'unique espèce (bènotatus Schh.) qui le compose ressemble complètement à un Donxromus de grande taille. Elle est d’un jaune testacé uniforme, et une tacke noire, carrée et assez grande se voit sur chacune de ses élytres un peu audelà de leur milieu. Cet insecte est originaire de Cayenne.

ODONTOMACHUS.

Sonoënn, Curcul. NII, 2, p. 271 (2).

Rostre assez allongé, peu robuste, subcylindrique, arqué; ses sorobes commençant un peu au-delà de son milieu, obliques et rectilignes. — Antennes submédiares, assez longues, grèles; scape un peu épaissi au bout, atteignant les yeux; funicule à articles 4 peu allongé, obconique, 2 allongé, suheylindrique, 3-7 obconiques, courts, décroiss sant et grossissant peu à peu; massue oblongo-ovale, articulée. = Yeux grands, brièvement ovales, subcontigus en dessus. — Prothorax peu convexe, aussi long que large, peu à peu rétréci, brièvement {us buleux et tronqué en avant, faiblement bisinué à sa base, avec un

(1) J'ai sous les yeux l’exemplaire même qui a servi à Schœuherr et deux autres. Les hanches antéricures divergent en dehors, mais il est facile de Noir qu’en se rapprochant elles peuvent se toucher par leur face interne.

(2) Schœnherr avait primitivement écrit Ononromacuss ; il a corrigé ve no dans sa Table générale des Genres, luc. cit. VIT, 2, p. 496.

ÉRIRHINIDES VRAIS. DUT

lobe médian court et étroit. — Ecusson petit, allongé. — Elytres courtes, peu convexes, graduellement rétrécies en arrière, à peine plus larges que le prothorax, et chacune obliquement bisinuéo à sa base, avec les épaules un peu saillantes en avant et obtuses. — Pattes courtes, assez robustes; cuisses fortement en massue, armées d’une grande dent triangulaire; jambes comprimées, arquées à leur base, puis un peu renflées en dedans, très-brièvement mucronées au bout ; tarses médiocres, spongieux en dessous, à articles 1-2 étroils, 3 assez large, 4 grèle et médiocre; ses crochets petits. — 2° segment abdominalun peu plus grand que 3-4 réunis, séparé du 4% par une suture arquée; saillie intercoxale médiocrement large, arrondie en avant.—. Métathorax assez court ; ses épisternums assez larges, ainsi que la saillie mésosternale. — Corps elliptique, pubescent.

Les deux espèces (vestitus, hypocrita Schh.) de Natal que décrit Schœnherr sont de taille médiocre, noires et revêtues d’une pubescence jaunätre peu abondante, tantôt uniforme, tantôt formant des mouchetures irrégulières. On les prendrait, au premier coup-d’œil, pour des Bariprus de forme courte. D’après ce facies et la contiguité des yeux sur le front, le genre a quelques rapports avec les Prace- Masrix de la Tribu des Ambatides, mais ses épimères mésothoraciques assez petites et non ascendantes ne permettent pas de l’introduire dans ce groupe.

MECINUS.

GEnwar, Mag. d. Entom,. AN, p. 315.

Rostre assez allongé, plus où moins grèle, arqué, rarement (par ex, collaris) presque droit, cylindrique; ses scrobes commencant vers le milieu ou le tiers de sa longueur, obliques et atteignant sa base. — Antennes courtes, médiocrement robustes; scapé en massue au bout; funicule de cinq articles : 4 obconique, allongé, 2 plus court, J-ÿ transversaux, serrés; massue ovale, obtuse au bout, articulée. — Yeux assez petits, ovales, transversaux. — Prothorax transversal ou non, médiocrement convexe, légèrement arrondi sur les côtés, tronqué ou un peu arrondi à sa base, faiblement rétréci et coupé carrément en avant, avec un sillon transversal le long de son bord antérieur, — Ecusson petit, en triangle curviligne ou transversal. — Elytres assez ou peu convexes, allongées, parallèles, rétrécies dans leur tiers postérieur, pas plus larges que le prothorax et un peu échancrées à leur base. — Pattes médiocresi cuisses en massue; jambes droites, tronquées et mucronées au bout; tarses assez courts, À articles 4-2 très-étroits; 4 assez long ; ses crochets très-petits, élargis à lour base. — Les trois segments intermédiaires de l'abdomen égaux, séparés du 4er par une suture droite; saillie intercoxale assez large, tronquée en avant. — Métasternum de longueur médiocre. — Corps allongé, très-finement pubescent.

Coléoptéres. Tome VI. 31

Peuits insectes ressemblant un peu aux Bamnius de forme allongée et svelte, comme les Onoxromacaus ressemblent à ceux de forme. courte, mais n'ayant non plus rien de commun avec ce genre par le reste de leur organisation, qui est pareille à celle des espèces du groupe actuel, où, par suite de la réduction du nombre des articles de leur funicule, ils forment une petite section à part. Schœnherr, se basant sur ce caractère artificiel, qui n’a qu’une importance très-secondaire, quand il est isolé, les avait compris dans sa division des Cionides, où ils forment un contraste choquant avec les autres genres qui la composent (1).

Les Mrcwus sont d’une couleur uniforme, ordinairement noire, rarement d’un jaune testacé. Ils sont, en général, criblés en dessus de petits points enfoncés très-serrés, et leurs élytres sont toujours striées et ponctuées. On les rencontre plus particulièrement dans les lieux humides, sur les plantes basses. Leurs espèces sont peu nombreuses (2) et propres à l'Europe et au nord de l'Afrique.

Note.

M. Gerstæcker regarde le genre suivant, créé par lui et qui m'est inconnu, comme formant le passage entre les Hyzogrus et les Erirhinides, pris dans un sens restreint. D’après la forme de ses jambes et l’absence d’éperon à leur extrémité, il semble appartenir au groupe actuel.

HYPOGLYPTUS.

Gensraok. Slettin. entom. Zeit. 1855, p. 172,

Rostre plus long que la tête etle prothorax réunis, fortementarqué, cylindrique, légèrement atténué en avant et pluricaréné en dessus; soro» bes commencant vers son tiers antérieur, obliques, atteignant sa base et séparées seulement par un étroit filet (3). — Antennes pareilles à celles des Hycogius; leur scape en massue au bout, atteignant le bord antérieur des yeux; funicule de 7 articles : À allongé, épaissi au bout, dé moitié plus long que ?, qui est plus long que large, 3-7 très-courts, submoniliformes, grossissant peu à peu; massue ovale, acuminée au

(1) M. Suffrian (Stettin. entom. Zeit. 1847, p. 302 et 1854, p. 94) a, depuis lougtemps, signalé combien ces insectes sont déplacés parmi les Cionides, et il est singulier que des entomologistes aussi distingués que M. L. Redtenbacher et Jacquelin-Duval aient continué de suivre l'opinion de Schœnherr.

(2) Aux huit (pyrasier, barbarus, longiusculus, etc) mentionnées par Schænherr (Gureul. VII, 2, p. 188), aj.: M. dorsalis, filiformis, Aubé, Ann. d. 1. Soc. entom. 1850, p. 343 ; France.

(3) Ce qui veut dire qu'elles sont presque conniventes en arrière. Gette par= ticularité n’est pas étrangère au groupe actuel ; elle existe, comme on l'a vu plus haut, chez les Auneonyaus, les AOPLOCNEMIS, etc.

HYDRONOMIDES. 483

bout, distinctement quadriarticulée, — Yeux placés sous la tête, brièz vement ovales, assez fortement granulés, — Prothorax aussi long que large, rétréci à ses deux extrémités, mais beaucoup plus fortement en avant, Coupé carrément à sa base. — Ecusson petit, arrondi. — Elytres notablement plus larges à leur base que le prothorax, avec leurs épaules saillantes et rectangulaires, parallèles dans leurs deux tiers antérieurs, graduellement rétrécies en arrière. — Hanches antérieures très-rapprochées du bord postérieur du prothorax, les intermédiaires munies au côté interne d’une petite saillie en forme de lancotte; cuisses en massue, inermes; jambes non échancrées à leur base , légèrement saillantes au côté interne; crochets des tarses simples.

Le genre ne comprend qu’une petite espèce (pictus Gerst.) découverte par Parreyss dans l'ile de Corfou. Elle est noire, recouverte de petits poils et d’écailles jaunâtres, et ornée, sur les élytres, d’une tache humérale, d’une bande située en arrière de leur milieu, et d’un point subterminal, d’un blanc crétacé.

GROUPE II, Hydronomides.

Tête sphérique. — Yeux ovales, déprimés et transversaux, — Tarses Wès-grèles , filiformes, à articles 3 à peine ou pas plus large que 1-2, non bilobé, 4 très-saillant. — Segments intermédiaires de l'abdomen coupés carrément sur leur bord postérieur.

Ce groupe est aisé à reconnaître à la structure des tarses. Ses espèces sont, de tous les Erirhinides, celles qui ont les habitudes les plus aquatiques ; aussi leurs téguments sont-ils revôtus d’un enduit écailleux fin et d'aspect hydrophuge.

Schænherr a fait de ces insectes trois genres, qui me paraissent devoir être réduits à deux, et il les a dispersés loin les uns des autres. L'un d'eux (Hypronowus) figure au milieu de ses Erirhinides, tandis que les deux autres (Bacous, Lyprus) setrouvent très-loin de là parmi les Cryptorhynchides et sont séparés l’un de l'autre par un grand nombre de genres. Cet arrangement contre nature est basé sur ce que ces derniers ont, au prosternum, une excavation qui manque chez le premier, caractère dont on a vu d’assez nombreux exemples dans les Tribus précédentes, et qui n’a, tout au plus, qu'une valeur générique. Ces insectes appartiennent, de toute évidence, au même sroupe (4).

(1) C’est ce qu'ont très-bien reconnu, dans ces derniers temps, MM. Imhoff (Vers. ein. Einfuhr. in d, Stud. d. Col. p. 219) et G. Thomsou (Skandinav. Col. I, p. 135) ; mais ce dernier a associé à ces insectes les Gronors qui, curtaiuement, sont ici de trop.

484 CURGULIONIDES.

Aux genres qui précèdent, il faut ajouter celui fondé par M. Hochhuth, sous le nom d’Epmieropus, et qui habite la Russie méridionale. Les Hyproomus sont propres à l’Europe et les Bacous répandus très au loin sur le globe.

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