I. Funicule antennaire de 6 articles
Elytres notablement plus larges que le prothorax : Tanysphyrus. — àpeine —— Endalus Il, Fanicule antennaire de 7 articles.
a Elytres non ou à peine calleuses après leur milieu. b 4e article des tarses présent.
€ Tarses munis d’un seul crochet : Brachybamus.
cc —— de deux — d Crochets des tarses soudés : Smicronyæ.
dd —— libres.
Prothorax pourvu de lobes oculaires : Penestes. — sans — Cryploplus.
bb 4e article des tarses nul : Anoplus.
aa Elytres fortement tuberculeuses après leur milieu : Rachkiodes.
TANYSPHYRUS.
(GEnwan) Senoenn, Cureul. Disp. meth., p. 24.
Rostre allongé, assez grèle, cylindrique, arqué ; ses scrobes commençant à une médiocre distanee de son sommet, subrectilignes, atteignant les yeux. — Antennes médiocres ; scape en massue au hout, atteignant pas tout-à-fait les yeux; funicule de six articles : 1-2 légèrement allongés, celui-là très-gros, obconique, 3-6 très-courts, un peu arrondis, serrés; massue forte, ovale, à peine articulée. — Yeux uédiocres, oblongo-ovales, transversaux. — Prothorax transversal, cylindrique, un peu déprimé en dessus, faiblement arrondi sur les côtés, légèrement lobé au milieu de sa base, tronqué en avant. — Evusson petit, triangulaire.—Elytres assez courtes, et assez convexes, Subparallèles dans les deux tiers de leur longueur, rétrécies en arrière, sensiblement plus larges que le prothorax, et chacune légèrement saillante à sa base, avec les épaules calleuses. — Pattes médiocres ; cuisses en massue; jambes peu robustes, droites, finement Mucronées au bout; tarses courts, étroits, spongieux en dessous, à article 4 dépassant à peine l’échancrure du 3°; ses crochets assez longs ettrès-crèles. — 2° segment abdominal aussi long que 3-4 réu-
De
nis, séparé du 1°" par une suture arquée; saillie intercoxale courte, triangulaire. — Métasternum médiocrement allongé.— Corps ovalaire, faiblement pubescent.
Tous les auteurs récents s'accordent à placer ce genre, à limitation de Schœnherr, entre les Lerynus et les Hyromius. Mais le facies de l'unique espèce qui le cornpose (Lemnæ Fah.) est complètement celui d’un Erirhinide; elle ressemble même beaucoup, sous ce rapport, au Grypidius equiseti et aux Bacous. Comme beaucoup d'espèces de Ja tribu actuelle, elle vit sur les plantes qui croissent aux bords des eaux.
Cet insecte, de très-petite taille, est noir, avec des mouchetures blanchâtres ; son prothorax est finement rugueux et ses élytres régulièrement striées, Il est répandu dans la plus grande partie de l’Europe, mais ne paraît bien commun nulle part.
ENDALUS.
DE Castern, Hist. nat. d. Col., Il, p. 339 (1).
Rostre allongé, assez grêle, cylindrique, un peu déprimé au bout, arqué; sès serobes commençant près de son tiers antérieur et atteignant sa base. — Antennes assez longues, grêles; scape grossissant peu à peu; funicule de six articles : 1 allongé, gros, obconique, 2 plus court et grêle, 3-6 très-courts, serrés, graduellement plus épais; massue ovale, spongieuse dans sa moitié terminale. — Veux assez grands, ovales, transversaux. — Prothorax presque aussi long que large, médiocrement convexe, faiblement arrondi sur les côtés, tronqué à sa base et en avant, légèrement échancré sur son bord antéro-inférieur. — Ecusson variable. — Elytres oblongues, subparallèles dans leurs deux tiers antérieurs, atténuées en arrière, à peine plus larges que le prothorax et légèrement échanerées en triangle à eur base, avec les épaules calleuses et obliques. — Pattes médiocres; cuisses assez fortemeut en massue; jambes un peu comprimées, faiblement arquées et très-brièvement mucronées au bout; tarses médiocres, graduellement élargis, densément spongieux en dessous, à articles 3 profondément bilobé, 4 ne dépassant pas son bord antérieur ; ses crochets médiocres, robustes, divariqués.— 2° segment abdominal beaucoup plus grand que 3-4 réunis, séparé du 49 par une suture arquée; saillie intercoxale assez large, tronquée en avant. — Métasternum de longueur moyenne. — Corps oblong, revêtu d’un enduit écailleux.
(1) Syn. Norwormzus, Schœnh, Cureul. II, p. 318; olim; nom employé depuis longtemps pour un genre de Carabiques; Schœnherr l’a remplacé par le suivant, mais lorsque celui-ci a été publié, il y avait déjà deux ans passés que le nom proposé pur M. de Castelnau, et adopté dans le texte, avait vu le jour. — Norrones, Schœnh. loc, cit. VII, 2, p. 183. — Nomonomus, Eriche: Archiv, 1842, I, p. 197; nom sans accompagnement de caractères; depuis, Erichson (in Agass, Nomencel. Zool. Col. p, 108) a rapporté ce genre à celui=ci:
CRYPTOPLIDES. 489
Des trois espèces (1) de l'Amérique du Nord que Schœnherr a Tapportées, en dernier lieu, à ce genre, deux seulement ine sont connues, et c’est sur l’une d’elles (limatulus) seulement, qui peut en être regardée comme le type, que la formule qui précède a été rédigée, l'autre (egenus) lui étant étrangère (2). La première est un insecte de taille médiocre, uniformément revêtu d’un enduit jaunâtre, et qui a assez le facies de l’Erirhüinus acridulus d'Europe.
Dépuis, on a rapporté’ au genre deux autres espèces (3) de Montevideo et de l'Australie, que je n'ai pas vues et dont je ne saurais rien dire,
BRACHYBAMUS.
(German) Senoenn. Curcul., III, p. 330.
Rosire assez long, peu robuste, cylindrique, arqué ; ses scrobes commençant vers son tiers antérieur, rectilignes et atteignant sa base. — Antennes courtes; scape en massue au bout; funicule à articles 4 grand, épais, obconique, 2 beaucoup plus court et plus grêie, 3-7 trèspetits, serrés; massue ovale, sabcompacte. — Yeux assez grands, oblongo-ovales, transversaux. — Prothorax subtransversal, cylindrique, très-hrièvement rétréci en avant, presque droit sur les côtés, arrondi à sa base, tronqué en avant, assez fortement échancré sur son bord antéro-inférieur, — Ecusson presque invisible. — Elytres oblongues, subparallèles, peu convexes, brusquement rétrécies en arrière, à peine plus larges que le prothorax et légèrement échancrées à leur base, — Pattes assez courtes ; cuisses fortement en massue; jambes antérieures un peu arquées au bout, toutes très-brièvement mucronées à leur extrémité ; tarses courts, larges, spongieux en dessous, à article 4 dépassant à peine le bord antérieur du 3° et muni d’un seul crochet. — 2° segment abdominal beaucoup plus long que 3-4 réunis, séparé du 1‘ par une suture arquée; saillie intercoxale assez large, arrondie
(1) B. limatulus, apiculatus, egenus, Schænh. Cureul. VIL, 2, p. 84. M. Melshvimer (Cat, of the describ, Col. of the Unit. Stat. p. 93) considère le limalulus comme étant l'Aracanthus pallidus de Say; mais cela n’est pas possible. Say assigne à ce dernier : « un rostre pas plus long que large et un prothorax fortement lobé au niveau des yeux, » ce qui sufit, et au-delà, pour décider Ja Question. Voyez plus haut (p. 390) ce que j'ai dit de ce genre de Say, que je persiste à regarder comme appartenant probablement au groupe des Prométopides.
(2) Cet insecte, que j'ai sous les yeux, est un Hydronomide, comme Schœnherr l'avait très-bien reconnu dans l'origine (Gureul. IE, p. 549), en le plaçant Parmi les Baçous ; seulement il doit former un genre distinct et reprendre le 10m de simplez que Say (Cureul, of N. Amer. p. 29), qui en avait fait aussi Un Bacous, lui a imposé.
(8) Notiod. nanus, Bohem. Voy. d. l'Eugén.; Entom. p. 130: Montevideo. — Notionom. australis, Brichs. loc, cit.; Australie.
de k
en avant. — Métasternum assez court. — Corps oblong, densément écailleux. |
La simplicité des crochets des tarses dishngue éminemment ce genre dans le groupe actuel. Il ne comprend que deux petites espèces (1) des Etats-Unis dont la livrée est très-modeste.
SMICRONYX.
Scnoexn, Curcul. NII, 2, p. 313 (2).
Rostre allongé, assez robuste, cylindrique, médiocrement arqué; ses scrobes commencant entre son milieu et son extrémité, obliques et atteignant sa base en dessous. — Antennes médiocres, assez robustes; scape en massue au bout, restant assez loin des yeux; funis cule de sept articles obconiques : 4 allongé, 2-7 très-courts, serrés, grossissant peu à peu; massue assez forte, oblongo-cvale, subcom: pacte. — Yeux médiocres, très-déprimés, transversaux, médiocrement séparés en dessous. — Prothorax au moins aussi long que large, médiocrement convexe, arrondi sur les côtés, rétréci antérieurement, tronqué à sa base et en avant, ayant parfois un vestige de lobes ocu= Jaires, fortement et quadrangulairement échancré sur son bord antéro-inférieur. — Ecusson à peine distinct. — Elytres ovales ou oblon: go-ovales, assez convexes, un peu plus larges que le prothorax et légèrement échancrées à leur base, avec les épaules un peu saillantes en avant. — Pattes médiocres; cuisses en massue, inermes ; jambes droites, légèrement et peu à peu élargies, brièvement mucronées au bout ; tarses courts, assez larges, spongieux en dessous, à articles 3 sensiblement plus large que 1-2, 4 dépassant légèrement son bord antérieur, grêle; ses crochets très-petits, soudés. — 2° segment ab= dominal aussi long que 3-4 réunis, séparé du 4° par une suture droite ; saillie intercoxale assez large, arrondie en avant. — Métathorax assez court; ses épisternums de largeur médiocre. — Corps oblongo-ovale, puhescent, parfois presque glabre.
Ces insectes sont aisés à reconnaître, dans le groupe actuel, à la profonde échanerure de leur prosternum en avant, combinée avec la forme de leurs yeux. Ils se rapprochent un peu, par leur fucies, des Tres, près desquels on les place, à l'exemple de Schœænherr; mais en réalité ils n’ont que cela de commun avec ces derniers, qui appt tiennent à la Phalange suivante. Leurs espèces sont peu nombreu»
(1) B. electus, Schœnh. loc, cit. p. 331; inceratus, ibid. VIT, 2, p: 186.
(2) Syn. Micnonsx, Sehœuh. Cureul. ILE, p. 423, olim; nom déjà employé par M. Boisduval pour un genre de Mélolonthides, mais qui est synonyme des Srernaspis (voyez tome Il, p. 222) et que Schœnherr aurait pu, dès-fors, con server à ce genre-Cci.
CRYPTOPLIDES. 491
ses (1), disséminées en Europe et n’offrent rien de remarquable sous le rapport de leur livrée.
PENESTES.
Scnoevu. Curcul. Disp. meth., p. 316.
Rostre assez long, médiocrement robuste, cylindrique, déprimé au bout, arqué; ses scrobes commençant xers son tiers antérieur, obliques et atteignant le bord inférieur des yeux. — Antennes courtes ; soape en massue au bout; funicule à articles 1 gros, allongé, obconique, 2-7 très-courts, transversaux, serrés ; massue assez forte, ovale, subeompacte, acuminée au bout. — Yeux médiocres, oblongs, transversaux. — Prothorax subtransversal, cylindrique, bisinué à sa base, tronqué en avant, muni de lobes oculaires faibles et arrondis, assez fortement échancré sur son bord antéro-inférieur. — Ecusson ponctiforme.— Elytres médiocrement allongées, subparallèles, sensiblement plus larges que le prothorax et chacune isolément et médiocrement saillante à sa base. — Pattes assez courtes ; cuisses en massue; jambes un peu arquées, très-brièvement mucronées au bout; tarses courts, assez larges, Spongieux en dessous, à article 4 dépassant très-faiblement le bord antérieur du 3°; ses crochets très-petits et très-grêles, parallèles. — 2° segment abdominal beaucoup plus long que 3-4 réunis, séparé du 4‘ par une suture arquée; saillie intercoxale large, ogivale. — Métasternum court. — Corps oblong, densément écailleux.
Le P. tigris Schh., la seule espèce du genre, est un très-petit insecte de Cayenne et du Brésil, d’un gris blanchôtre et varié de brun eu dessus.
CRYPTOPLUS.
Enens. Archiv, 1842, I, p. 198.
Rostre assez court, droit, linéaire; ses serobes assez profondes. — Antennes assez courtes, peu robustes; scape linéaire, atteignant les yeux; funicule à articles 1 allongé, obconique, 2 plus court, 3-7 décroissant et grossissant peu à peu; massue subovale, acuminée, son 1 article plus grand que les suivants et très-glabre; ceux-ci spongieux, — Yeux latéraux, à peine saillants. — Prothorax de moitié Plus étroit À sa base que les élytres, fortement transversal, très-rétréci On avant, conique, tronqué à ses deux extrémités.— Ecusson distinct. & Elytres amples, convexes, un peu plus longues que larges, arrondies; leurs épaules légèrement saillantes. — Pattes courtes; euisses Munies d’une petite dent près de leur extrémité; jambes droites, bi- Sinuées en dedans, mucronées au bout; tarses à articles 4-2 courts,
(1) Schœnherr (Cureul. VIL, 2, p. 313) en mentionne sept (cyaneus, Jun- Jémunnie, Reichei, ete.).
triangulaires, 3 dilaté, bilobé, tous densément spongieux en dessous : le 4° ne dépassant pas les lobes du 3°; ses crochets gréles, simples et divariqués. — Corps court, convexe, écailleux.
J'emprunte ces caractères à la formule qu’Erichson a donnée du genre et à sa description du petit insecte (perdix) de l’Australie sur lequel il l’a établi. Il ne peut y avoir de doute sur la place qu’il doit occuper; c’est évidemment une forme particulière du groupe actuel, Cet insecte, qui n’a pas deuy lignes de long, est varié de brun et de gris.
ANOPLUS.
Scnoënu. Curcul, Disp. metl., p. 244.
Rostre à peine plus long que la tête, vertical, assez robuste, suby2 lindrique, faiblernent arqué; ses scrobes commençant vérs son quart antérieur, très-obliques et arrivant presque sous les yeux. — Antennes assez courtes et assez robusles; scape en massue au bout; funicule à articles 4 un peu allongé, obconique et assez gros, 3-7 très-courts, serrés, grossissant peu à peu; massue médiocre, ovale, acuminée et articulée. — Yeux médiocres, ovales, subobliques. — Prothorax transversa], rétréci en avant, légèrement arrondi sur les côtés, faiblement lobé au milieu de sa base, tronqué en avant. — Ecusson en triangle allongé. — Elytres convexes, ovales, un peu plus larges que le prothorax et subrectilignes à leur base, avec les épaules obtusément anguleuses., — Pattes assez longues; cuisses médiocrement en massue; jambes droites, brièvement onguiculées au bout; tarses courts, à articles 1-2 étroits, triangulaires, 3 beaucoup plus large, transversal, à peine échancré au bout, 4 nul. — 2° segment abdominal plus long que 3-4 réunis, presque confondu avec le 4° et séparé de lui par une très-fine suture arquée; saillie intercoxale assez large, tronquée au bout. — Corps ovalaire, presque glabre.
La disparition complète du 4° article des tarses rend ce genre ex= trêmement tranché parmi ceux du groupe actuel. Il a pour type un petit insecte (1) assez commun dans la plus grande partie de l'Europe; noir, avec l’écusson et les côtés de la poitrine blancs, parfois tout noir, dont le prothorax est couvert dé points enfoncés, et qui a les élytres fortement striées, avec les intervalles entre les stries étroits et costiformes. Une seconde espèce (2) très-voisine est connue: Ces ins sectes vivent sur les arbres, pricipalement l’aune, le bouleau et le chêne.
(1) À. plantaris (Næz.), Schœnh, Cureul, I, p. 465. (2) À. roboris, Suffrian, Stettin. entom. Zeit, 1840, p. 59.
CRYPTOPLIDES. 493
RACHIODES.
Scuoënu. Curcul., IT, p. 361 (1).
Rostre vertical, allongé, assez ou peu robuste, arqué, cylindrique et finement caréné en dessus; scrobes commençant vers son tiers antérieur, rectilignes, atteignant les yeux. — Antennes assez longues et assez grêles ; scape en massue au bout; funicule à articles 1-2 allongés, subégaux, 3-7 plus courts, noueux au bout; massue assez faible, oblongo-ovale, acuminée, articulée. — Yeux assez grands, ovales, tausversaux., — Prothorax transversal, subrectiligne sur les côtés, brusquement rétréci et tubuleux en avant, bisinué à sa base; sos lobes oculaires assez saillants et anguleux. — Ecusson brièvement ovale. — Elytres courtes, convexes, un peu atténuées et subverticalement déclives en arrière, munies d’un fort tubercule fasciculé au sommet de leur déclivité, notablement plus larges que le prothorax et sinuées à leur base, avec les épaules calleuses, — Pattes médiocres; cuisses en massue, inermes; les quatre jambes antérieures un peu arquées, toutes très-brièvement mucronées au bout; tarses de longueur moyenne, assez larges, spongieux en dessous, à article 4 médiovre, ainsi que ses crochets. — 2° segment abdominal plus long que d-4 réunis, séparé du 12° par une suture anguleuse; saillie intercoxale assez large, arrondie en avant.— Métasternum médiocrement allongé. — Corps massif, densément tomenteux.
Le type du genre (2) est un assez grand insecte de l'Australie qui ressemble beaucoup, au premier coup-d’œil, à certains Desminorno- AUS du groupe des Cryptorhynchides. Le fond de sa livrée est d’un brun pourpré varié de jaune, et cette dernière couleur forme, sur les Ülytres, une assez large bande commune, en chevron, et dont le sommet est dirigé en arrière. Quatre tubercules fasciculés et disposés lansversalement, se voient sur le prothorax.
Depuis, Schœænherr a fondé une seconde fois le genre, sous le nom de Prenoporus, sur une espèce du même pays, beaucoup plus petite que la précédente, mais présentant les mêmes caractères génériques, ét ayant une livrée analogue; elle est seulement privée de tubercules Sur le prothorax. 11 l’a nommée P. dentiferus.
Ces insectes s’éloignent beaucoup, par leur faces, de tous ceux du étoupe actuel, auquel ils appartiennent à peine par le 4° article de leurs tarses, surtout le spinicollis, qui l'a assez long ; celui du dentiforus est notablement plus court et peut être regardé comme normal.
(1) Syn. Prenoponus, Schœnh. Cureul, VII, 2, p. 125. — Myzconanus, Boisdus, Faun. à, l'Océan. Il, p. 418; genre non caractérisé.
(2) R. spinicollis, Schœnbh, loc. cit. (Myllorh. caudatus, Boisduv. loc, cit.)
ts L æ
494 CURGULIONIDES.
Groups IV. Storéides.
Tête sphérique (Pansuicrus excepté). — Yeux variables. — T'arses plus ou moins larges, rarement (Monius) filiformes, avec le 36 article entier, le 4° saillant. — Segments intermédiaires de l'abdomen arquts ou anguleux à leurs extrémités.
Ce dernier caractère, qui est commun dans la Phalange suivante, apparaît ici pour la première fois. On le retrouvera plus loin dans la Tribu des Ambatides, mais associé à des épimères mésothoraciques ascendantes, particularité d’une importance plus grande: Habituellement, il existe aux trois segments intermédiaires de l'abdomen, parfois (par ex. Sroreus) aux 3° et 4° seulement.
A part les Sroneus, qui sont tout au plus de taille moyeane, ves insectes sont petits, et ceux des quatre premiers genres qui suivent ont la plus grande ressemblance avec les Anraonomus. Tous sont exotiques et disséminés en Amérique, dans l'Afrique australe et dans l'Australie.
J. Tarses plus ou moins larges; leur 3e art. bilobé. a Téguments écailleux : Storeus.
aa — pubescents, rarement glabres.
b Cuisses dentées.
c Les deux derniers art. du funicule antennaire de grosseur normales Cartoromerus:
ec —— —— très-gros.
Funicule antennaire de 7 articles : Amphibolocorynus. —— 8 — Ctenomerus.
bb Cuisses inermes : Pansmicrus, II. Tarses grêles, filiformes, à art, 3 non bilobé : Monius.
STOREUS.
Scuoenu, Curcul., VII, 2, p. 293.
Rostre très-long, plus ou moins grêle, cylindrique, presque droit subvertical; ses scrobes commençant au quart antérieur (og) où au milieu (Q) de sa longueur, rectilignes et atteignant sa base. — An: tennes courtes, peu robustes; scape légèrement en massue au bout; funicule à articles 1-2 allongés, celui-là le plus grand, 3-7 très-brièvement obconiques, subégaux; massue oblongo-ovale, acuminée; als ticulée. — Yeux grands, subarrondis, déprimés. — Prothorax trans versal, brusquement rétréci et saïllant dans son milieu en avant, coupé obliquement de chaque côté de sa base, fortement échanere sur son bord antéro-inférieur. — Ecusson en triangle curviligne: = Elytres médiocrement convexes, assez brièvement ovales, pas plus larges que le prothorax et assez fortement échancrées à leur base,
STORÉIDES. 495
avec les épaules subrectangulaires. — Pattes médiocres; cuisses en massue, munies d’une petite dent en dessous (variegatus) ou inermes (signatus) ; jambes droites, très-brièvement mucronées au bout; tarses assez courts et médiocrement larges, spongieux en dessous, à article 4 peu allongé ; ses crochets assez grands, larges à leur base. — 2° segmont ahdominal presque aussi grand que chacun des deux suivants, séparé du 1°° par une suture légèrement anguleuse dans son milieu; saillie intercoxale médiocrement large, tronquée en avant. — Métastermum de longueur moyenne. — Corps ovalaire, finement et assez densément écailleux.
On n’en connait que deux espèces de l’Australie décrites par Schœnherr (variegatus, signatus). Toutes deux sont grisâtres en dessous, et variées de brun, de ferrugineux et de blanchâtre en dessus. Leur taille, quoique médiocre, est sensiblement supérieure à celle des autes espèces du groupe. Ce sont les seules de ce dernier dont les téguments soient écailleux.
CARTEROMERUS (1).
Tête brièvement conique ; rostre un peu plus long qu’elle, peu robuste, cylindrique, presque droit; ses serobes commençant vers son tiers antérieur, obliques et atteignant le hord inférieur des yeux. — Antennes courtes; scape en massue et comprimé au hout; funicule à articles 1-2 allongés, celui-là plus long et plus gros, 3-7 très-courts, grossissant peu à peu et fortement, 7 subcontigu à la massue ; celle-ci brièvement ovale, compacte. — Yeux médiocres, arrondis et assez faiblement séparés en dessus. — Prothorax presque aussi long que large, médiocrement convexe, conique, faiblement bisinué à‘sa base, lonqué en avant. — Ecusson à peine distinct, triangulaire. — Elytres médiocrement convexes, ovales, pas plus larges que le prothorax et légèrement échancrées en triangle à leur base. — Pattes courtes ; cuisses fortement en massue, munies d’une petite dent en dessous ÿ junbes comprimées, un peu arquées à leur base, inermes au bout ; tarses courts, assez étroits, spongieux en dessous, à article 4 médiocre; ses crochets petits, soudés dans toute leur longueur. — 22 segment abdominal plus long que 3-4 réunis, 3 très-court, 4 trois fois plus long que lui, largement échancré en arrière ; saillie intercoxale médiocrement large, ogivale. — Corps ovale, villeux.
Les proportions que présentent les deux avant-derniers segments abdominaux dans leur grandeur relative, sont très-rares dans la Fa- Mille et rendent ce genre aisé à reconnaître. 11 ne comprend qu’une
(1) Syn, Acanruowenus, Schœnh, Curoul. VIE, 2, p. 250; nom déjà imposé, üvec la désinence féminine, à des Diptères par Wiedemanp, et à des Ténébrio- Dides par Latreillo. Voyez tome V, p. 465, note 1.
he
petite espèce (obsoletesignatus Schh.) du Cap, en entier d’un jaune ferrugineux et revêtue d’une villosité couchée de même couleur, Une petite tache brunâtre, peu apparente, qui se voit sur chacune de ses élytres, près de leur base, lui a valu le nom que Schænhert lui a imposé.
AMPHIBOLOCORYNUS,.
Scaoenu. Mantis. sec. Curcul., p. 71.
Tète légèrement saillante; rostre de moitié environ plus long qu'elle, peu robuste, cylindrique, arqué ; ses scrobes commencant un peu audelà de son milieu, droites et atteignant les yeux. — Antennes submédianes, médiocres, grêles ; scape en massue au bout ; funicule de sept articles : 1-2 allongés, cylindriques, celui-là le plus grand, 45 très-courts, 6-7 grands, transversaux, aplatis comme la massue et aussi larges qu’elle ; celle-ci ovale, tronquée à sa base. — Yeux assez grands, arrondis, médiocrement séparés en dessus. — Prothorax subtransversal, déprimé en dessus, peu à peu et fortement rétréci en avant, faiblement bisinué de chaque côté à sa base, obliquement tronqué en avant. — Ecusson à peine distinct. — Elytres assez courtes, planes sur la ligne médiane, oblongo-ovales , pas plus larges que le prothorax et légèrement échancrées à leur base. — Pattes assez courtes; cuisses très-fortement en massue, finement «lentées en dessous; jambes comprimées, arquées à leur base, peu à peu élargies et inermes au bout ; tarses médiocres, spongieux en dessous, à articles 3 beaucoup plus large que 1-2, 4 médiocre, ainsi que ses crochets. — 2° segment abdominal notablement plus long que 3-4 réunis, séparé du 4% par une suture un peu arquée; saillie intercoxale médiocrement large, tronquée en avant. — Métasternum de longueur médiocre. — Corps oblong, pubescent.
Ce genre et le suivant sont éminemment distincts par la grosseur insolite des deux derniers articles du funicule antennaire, qui sont aussi développés que ceux de la massue; il en résulte que cette der nière ressemble à celle qui termine les antennes de quelques Clérides.
L'espèce unique (varius Schh.) et inédite du genre est de taille médiocre et mouchetée de blanc sur un fond fauve. Sous le rapport de la forme générale, elle ressemble d’assez près à l’'Anthonomus mes lanocephalus d'Europe. Elle est originaire de la Caffrerie.
CTENOMERUS. Seuoexu. Curcul., VIL, 2, p. 254 (1).
Tête brièvement obconique; rostre trois fois plus long qu’elle, grêle,
(1) La même année (1843) où a paru ce volume de l'ouvrage de Schœnherr, un genre du nom de CreNomerus à été publié, par M, de Chaudoir, dans la
STORÉIDES. | 497
fliforme, légèrement arqué ; ses serobes commençant un peu au-delà de son milieu, rectilignes et atteignant sa base. — Antennes longues, grèles; scape en massue au bout; funicule de huit articles : 4-4 allongés, grèles, un peu noueux au bout, 5-6 très-petits, subarrondis, 1-8 grands, transversaux, aussi larges que la massue ; celle-ci oblongoovale, acuminée, compacte. — Yeux assez grands, arrondis, un peu saillants, faiblement séparés en dessus. — Prothorax transversal » TÉgulièrement conique, légèrement arrondi à sa base , obliquement tronqué en avant (1). — Ecusson à peine distinct. — Elytres ovales, graduellement élargies en arrière, très-convexes un peu au-delà de leur milieu, pas plus larges que le prothorax et légèrement échancrées à leur base. — Pattes courtes ; cuisses très-fortement en massue, MUvies en dessous de trois petites dents aiguës, dont l’antérieure plus longue; jambes comprimées , un peu arquées et atténuées à leur base, inermes au bout ; tarses médiocres, spongieux en dessous, à article 4 assez court; ses crochets petits, soudés, sauf à leur extrémité. — Le 2° segment abdominal beaucoup plus long que 3-4 réunis, qui sont tès-courts, séparé du {°° par une suture presque droite ; saillie intercoxale médiocrement large, arrondie en avant. — Métasternum court. — Corps ovale, pubescent.
Genre voisin du précédent par la structure des antennes; mais outre que leur funicule compte un article de plus, il s’en distiogue par l'absence du prosternum en avant des hanches antérieures, l’armalure des cuisses et la soudure des crochets des tarses. Les petits insectes de Natal sur lesquels Schœnherr l’a fondé, pourraient être pris pour des ANroNoMuS ; ils en ont complètement le fucies. Leurs espèces sont au nombre de quatre (2).
PANSMICRUS. ScHoENu. Mantis. sec. Curcul., p. 74.
Tôte un peu saillante; rostre médiocre, assez robuste, subcylindrique , légèrement arqué ; ses scrobes commencant assez près de la bouche, obliques et atteignant le bord inférieur des yeux. — Antennes tourtes, scape en massue au bout; funicule à articles 1-2 allengés, dboniques , celui-là plus gros et plus long, 3-7 très-courts, subarron-
Famille des Carabiques (Voyez tome I, p. 293). Ignorant lequel de ces deux auteurs à l'antériorité, je m’abstiens de toucher au genre de Schænherr. C'est Une question de dates à éclaircir.
(1) IL l'est au point qu'il ne reste pas le plus léger vestige du prosternum en laut des hanches antérieures, dont les cavités cotyloïdes sont, par conséquent, Ouvertes en avant, bc. serratorius, pallidulus, varicolor, conveæicollis, Schœænh. loc, cit.; Je n'ai vu que le premier,
Coléoptéres. Tome VI. 32
dis; massue oblongo-ovale, acuminée, articulée. — Yeux distants du prothorax, assez grands, subarrondis. — Prothorax transversal, eylindrique, très-légèrement arrondi sur les côtés, tronqué à sa base et en avant. — Ecusson bien distinct, triangulaire. — Elytres peu convexes, courtes, subparallèles dans un peu plus de la moitié de leur longueur, notablement plus larges que le prothorax et rectilignes à leur base, avec les épaules obtuses. — Pattes assez courtes; cuisses médiocrement en massue ; jambes un peu comprimées, droites, inermes aù bout; tarses courts, finement villeux en dessous, à articles 1-2 étroits; triangulaires, 3 beaucoup plus large, transversal, # court; ses crochets extrêmement petits et grôles, divariqués. — 2° segment abdominal notablement plus grand que 3-4 réunis, séparé du 1°' par une suture arquée ; saillie intercoxale courte , médiocrement large , tronquée en avant. — Métasternum assez court. — Corps ovale, très-faiblement pubescent.
Schœnherr signale trois espèces inédites (fasciatus, rufus, ferrugineus) de la Caffrerie, comme rentrant dans ce genre. Je n’ai à ma disposition que la dernière d’entre elles. C’est un petit insecte de la taille du Tychius venustus, en entier d’un rouge ferrugineux clair, criblé de points enfoncés sur le prothorax et assez fortement strié sur les élytres, avec les intervalles entre les stries un peu costiformes.Il s'éloigne beaucoup de toutes les espèces précédentes du groupe actuel par son facies, mais lui appartient par ses segments intermédiaires de l'abdomen.
MONIUS.
Scnognu. Curcul. VIT, 2, p. 501 (1).
Rostre à peine plus long que la tête, subvertical, robuste, arrondi aux angles, faiblement arqué; ses scrobes commençant au-delà deson milieu et presque supérieurement, obliques et atteignant le bord in: férieur des yeux. — Antennes un peu plus longues que le rostre et la tôte réunis; scape en massue au bout, atteignant presque le bord postérieur des yeux ; funicule à articles 4 allongé, assez gros, obconique, 3-7 très-courts, serrés; massue médiocre, ovale, acuminée, as ticulée. — Yeux assez grands, oblongo-ovales, transyersaux. — Prothorax transversal, droit sur les côtés, un peu lobé au milieu de sa base, tronqué en avant. — Ecusson subarrondi. — Elytres courtes,
(1) Syn. Srénorecuus, Schœnh, Curcul. II, p. 468; olim. — PanscoPus, Schænh. ibid. VII, 2, p. 351 ; olim. Schœnherr a substitué ce nom au précédent, sous le prétexte que celui-ci avait été imposé à un genre de Longicornes par Dejean; puis, s’apercevant que lui-même avait déjà employé ce nom u6 Panscopus pour un genre qu'on a vu plus haut (p. 235), il a définitivement, dans la Table générale des Genres de son ouvrage, adopté celui de Momus, M. Melsheimer ne s'est pas aperçu de cela et a reproduit deux fois le nom de Panscorus dans son Cat. of the descr, Col. of the Unit. Stat. p. 92 ct 95.
EUGNOMIDES, 499
médiocrement convexes, parallèles dans leurs deux tiers antérieurs, débordant sensiblement le prothorax et faiblement échancrées à leur base. — Pattes assez longues, peu robustes ; cuisses faiblement en massue ; jambes droites, inermes au bout; tarses grèles, filiformes F non spongieux en dessous, à articles 1-3 subégaux, celui-ci entier, 4 long, ainsi que ses crochets; ceux-ci grêles et parallèles. — 2e segment abäominal notablement plus long que 3-4 réunis, séparé du 1°" par une suture presque droite; saillie intercoxale assez large, ogivale. — Métasternum court. — Corps ovale, finement écailleux et pubescent.
Genre très-tranché, réunissant à un rostre voisin de celui des Pay- TOBIUS des tarses pareils à ceux des Hypronomus et des antennes dont le scape empiète fortement sur les yeux. Ce dernier caractère a une grande importance chez les Erirhinides, vu sa rareté.
L’unique espèce (rufinasus Schh.) qui le compose est un petit insecte du sud des Etats-Unis, de la taille de l'Anoplus plantaris d'Europe, noir, avec l'extrémité du rostre d’un rouge ferrugineux ; sa livrée blanchâtre voile à peine ses téçguments.
GRouPE V. Eugnomides.
Tôte allongée en arrière des yeux, rarement (PayrLorrox, Bracno- Nyx) courte, mais alors ces derniers très-petits et subcontigus au prothorax. — Yeux plus ou moins distants de ce dernier, arrondis et saillants. — Tarses plus ou moins larges, à 3° article bilohé, le 4° de grandeur normale. — Segments intermédiaires de l'abdomen coupés carrément sur leur bord postérieur.
L'allongement de la tête en arrière des yeux suflirait à peine pour autoriser à faire de ces insectes un groupe à part, mais réuni à la saillie des yeux, il leur donne un facies si particulier, qu’en les voyant l'idée d’un type spécial nait immédiatement. Il est vrai que cet allongement fait défaut dans les deux genres PayLLornox et BRACHONYX , mais outre leurs yeux d’une petitesse insolite, ces insectes touchent do si près les OParsazmosonus dont la tête est à l’état normal, qu'à moins de violer cette analogie, il n’est pas possible de les en éloigner. Je crois également devoir comprendre dans le groupe un genre singulier (Srepranoraywcuus), dont le rostre difforme ressemble un peu à celui des Tanyrhynchides. Comme à part cela il présente tous les taractères essentiels des autres, il m'a paru inutile de l'en séparer.
Ces insectes sont tous petits, comme les précédents, et ne sont représentés en Europe que par une seule espèce, le Brachonyx indigena, dont M. Ratzeburg (1) a fait connaître les habitudes et les transfor-
(1) Die Forstinsekt. I, p. 152, pl. V, £. 9 B, G; la description de la lurve se borne à quelques mots.
maticns, sans décrire sa larve en détail. Elle vit dans l’intérieur des feuilles aciculées des Conifères et en particulier des pins. Au printemps, lorsque les feuilles des jeunes pousses de ces arbres sont encore réunies par paires et contournées en spirale, la femelle de cet insecte dépose un œuf à la base de leur face interne. La jeune larve qui en naît creuse une galerie dans l’axe de la feuille et, son développement terminé, s’y change en nymphe. L’insecte parfait éclot vers la fin de l'été.