TRIBU XXXII
EURHYNCHIDES.
Sous-menton muni d’un pédoncule grèle et médiocrement long.— Mandibules courtes, épaisses, en tenailles. — Tête prolongée en arrière des yeux; rostre long, cylindrique, arqué ; ses scrobes commençant près de son tiers antérieur, rectilignes et atteignant presque sa base (4). — Antennes droites ; scape court; funicule de sept articles; massue de trois, très-longue, cylindrique et veloutée chez les mâles, plus courte et à articles lâchement unis chez les femelles. — Prothorax sans lobes oculaires ni échancrure au prosternum. — Un écusson. — Elytres embrassant médiocrement le corps. — Hanches antérieures cylindriques, saillantes ; jambes inermes au bout, leurs corbeilles pelites, terminales ; crochets des tarses libres. — 2° segment abdominal distinct du 1°". — Métasternum allongé; ses épisternums assez larges. — Epimères mésothoraciques médiocres.
Cette Tribu ne comprend que le genre EuRayNCRUS, qui me paraît plus voisin des Cyras qui suivent que des Arrow, près desquels l’a placé Schœnherr. Il en diffère par sa massue antennaire tri-articulée, la présence d’un écusson, ses élytres embrassant beaucoup moins fortement l'abdomen, enfin par les deux 1° segments abdominaux non soudés ensemble.
EURBYNCHUS.
Scnoxxa. Curcul., I, p. 247 (2).
Mäles : Tête cylindrico-conique ; rostre du double plus long qu’elle, médiocrement robuste, arqué, légèrement et triangulairement dilaté au niveau des antennes. — Celles-ci atteignant au moins la base du
une espèce très-voisine du premier, mais des deux tiers plus petite. — millomerus, Blanch. in Gay, Hist. d. Chile; Zool. V, p. 306, Col. pl. 22, f. 3; Chili. ?
(1) Cette forme des scrobes, dont aucun auteur n’a parlé, est parfaitement distincte chez toutes les espèces à élytres épineuses que j'ai sous les yeux. Parmi celles à élytres inermes, je n'ai à ma disposition que le scabrior, type du genre. Dans cette espèce, les serobes paraissent réduites à leur partie antérieure ct consister en une profonde fossette oblongue. Mais en y regardant de près, on voit un sillon superficiel qui part de cette fossette et atteint la base du rostre. L'examen de toutes les espèces du genre apprendra comment elles se partagent sous ce rapport.
(2) Syn. Ecnmnus, Kirby, Trans. of the Linn. Soc. XIE, p. 427; nom déjà employé par Illiger pour un genre de la famille appartenant au groupe des Cryptorhynchides. — Aronuma, Boisduv. Faun. d: l'Océan. II, p. 310; genre non caractérisé.
prothorax ; scape pyriforme ; funicule à articles obconiques, décroissant peu à peu, les trois ou quatre derniers globuleux ou turbinés ; massue à articles 1-2 obconiques, 3 beaucoup plus long que tous deux réunis, cylindrique, obtus au bout. — Yeux assez grands, arrondis, un peu convexes. — Prothorax plus long que large, subeylindrique, faiblement arrondi sur les côtés, tronqué à ses deux extrémités. — Ecusson en triangle allongé. — Elytres convexes, régulièrement oblongues ou graduellement élargies en arrière, munies d’une crête de chaque côté de l’écusson, brusquement tubuleuses et chacune fortement saillante à sa base, calleuses aux épaules. — Pattes longues; cuisses fortement en massue, surtout les antérieures, brièvement pédonculées à leur base; jambes droites, les antérieures parfois (parex. scabrior) denticulées en dedans; l’angle interne de toutes plus ou moins saillant et muni d’une courte épine droite; tarses plus ou moins longs et larges, spongicux en dessous, à 4° article assez long, ainsi que ses crochets. — 2° segment abdominal beaucoup plus long que 3-4 réunis, séparé du 1° par une suture droite ; saillie intercoxale médiocrement large, rétrécie et arrondie en avant. — Corps oblong, le plus souvent pubescent.
Femelles : Elles présentent tous les caractères des mâles, sauf pour leurs antennes qui sont plus courtes, avec la massue moins longue, plus ou moins déprimée, non veloutée et dont le 3° article n’est sous vent pas plus long que le 1°.
Ces insectes sont d'assez grande taille et revètus de poils blanchä= tres ou fauves, eu général médiocrement abondants et assez caduques. Tous ont la tête et le prothorax lisses et les élytres plus ou moins régulièrement strites, avec les intervalles entre les stries costiformes ou munis de petits tubercules arrondis et espacés ; mais on peut les diviser en deux sections, selon que ces organes ne présentent, en outre de cette sculpture, rien de particulier (1), ou sont armés chacun d’un ou deux tubercules aigus (2).
Toutes les espèces connues de la première de ces sections habitent l'Australie. Dans la seconde, il s’en trouve une (3) sur laquelle M. Boisduval a établi son genre APorxiNA, qui fait exception à cet égard,
(1) Æ. scabrior, lœvior, Kirby, loc. cit. p. 428. — muricatus, ibid. p. 468,
(2) E. quadrituberculatus, tetracanthus, Schœnh. Cureul. V, p. 361: =: acanthopterus, Boisduy. Faun. d. l'Océan. II, p. 308; Schœnherr le rapporte, avec donte, au Zetracanthus. — quadrinodosus, quadridens, Erichs. Archiy, 1842, I, p. 186. — fulvofasciatus, Blanch. Ann, d. Sc. nat. Sér. 3, X, p. 143: — bellicosus, Bohem, Voy. d. l'Eugénie; Col. p. 119.
(3) À. spinosa, Boisduv. loc. cit,; je crois que l'Ewrh, splendidus de M. Blan: chard (loc. cit. p. 144) est identique avec cet insecte; seulement M. Blanchard a passé sous silence l’épine des cuisses antérieures, qui est peut-ètre propre à l'un des sexes, et qui, au reste, étant très-petite, échappe aisément à la vue:
CYLADES. 529
étant propre à l’île Waigiou. Cette espèce n’a aucun droit à cette distinction générique, attendu qu’elle ne diffère des autres que par la présence d’une petite dent aux cuisses antérieures, sa livrée d’un bleu foncé brillant, avec les pattes (sauf les tarses qui sont noirs) d’un rouge sanguin et l'absence de toute vestiture , à part quatre points blancs sur les élytres. Lépine unique de chacune de ces dernières est très- Jongue et très-aiguë.
TRIBU XXXIHI.
CYLADES.
Sous-menton muni d’un pédoncule large et médiocre. — Mandibules très-courtes. — Tête plus ou moins allongée en arrière des yeux, cylindrique ; rostre de grosseur variable, en général assez robuste, cylindrique ou subeylindrique; ses scrobes distantes de la bouche, profondes et obliques. — Antennes droites ; scape court; funicule de huit articles; massue formée d’un seul, veloutée, de forme variable selon les sexes. — Prothorax biparti, sans lobes oculaires ni échanture au’prosternum. — Ecusson nul. — Elytres embrassant fortement le corps. — Hanches antérieures cylindriques, saillantes ; jambes inermes au bout, leurs corbeilles petites, terminales ; tarses variables. — 2° segment abdominal confondu avec le 4°, les 3° et 4° très-counts. — Métathorax assez allongé ; ses épisternums très-étroits. — Epimères mésothoraciques petites. — Corps aptère.
Insectes intermédiaires entre les Eurhynchides et les Apionides. Ils liennent de près aux seconds par lour facies, l'absence de l’écusson , leurs élytres embrassant fortement le corps et leurs deux premiers segments abdominaux soudés ensemble, tandis que la structure insolite de leur massue antennaire les rapproche des premiers.
Schœænherr, comme on va le voir, avait fortement séparé les deux senres qu'ils constituent et qui sont exotiques.
L. Trochunters des pattes de grandeur normale : Cylas. I. -— très-longs, arqués : Myrmacicelus.
CYLAS.
Larn. Hist. nat. d. Crust. et d. Ins. NX, p. 194 (1). Ales : Rostre court, tantôt (par ex. cyanescens) très-robuste, subquadrangulaire, arrondi aux angles, tantôt (par ex. turcipenniS) plus grêle et (yliodrique, toujours droit ; ses scrobes très-larges, obliquement pro-
longées et médiocrement séparées en dessous.— Antennes antérieures, robustes ; scape obconique; funicule à articles lenticulaires, serrés ,
(1) Syn. Brenrus Fab, Coléoptéres. Tome VI. 34
in
égaux; massue cylindrique ou oblongue, au moins aussi longue que le funicule. — Yeux assez grands, tantôt (par ex. cyanescens) déprimés et transversaux, tantôt (par ex. furcipennis) assez saillants et longitudinaux. — Prothorax allongé, divisé en deux parties par un profond sillon circulaire (la postérieure beaucoup plus courte et plus étroite que l’antérieure, toutes deux convexes), tronqué à ses deux extrémités. — Pattes longues; trochonters de grandeur normale; cuisses pédonculées à leur base, leur massue terminale forte et arquée en dessus; les postérieures dépassant en général l'abdomen; jambes droites; tarses assez longs, médiocrement et peu à peu élargis, spongieux en dessous’, à article 4 dépassant fortement les lobes du 3°; ses crochets petits, soudés à leur base. — Saillie intercoxale assez large, arrondie en avant. — Corps oblong.
Femelles : Elles diffèrent essentiellement des mâles par leur massug antennaire plus courte et oblongo-ovale. Autant que j'en puis juger | par le nombre restreint des espèces que j'ai sous les yeux, leurs autres parties, y compris le rostre, ne diffèrent pas de celles de ces derniers.
On connaît en ce moment sept espèces (1) de ce genre intéressant, dont les plus grandes sont au plus de taille médiocre. Toutes ne présentent aucun vestige de sculpture sur leurs téguments et sont, sauf une d’entre elles (turcipennis), revêtues d’une livrée uniforme, brune, noire ou bleuâtre , terne chez les mâles, un peu plus brillante chez les femelles. Elles sont peu communes dans les collections et habitent, les unes la côte occidentale d'Afrique, les autres les Indes orientales. à
Schœnherr a fait de ces insectes une division particulière de ses Orthocères, qu’il a intercalée entre les Antliarhinides et les Ulocérides,
deux groupes avec lesquels ils n’ont aucun rapport.
MYRMACICELUS.
CuevroL. Ann. d. L. Soc. entom. IX, p. 358 (2).
Femelle : Rostre médiocrement robuste, cylindrique, arqué; Ses serobes courtes et transversales. — Antennes très-courtes ; leur massuë médiocre, ovale, acuminée, subarticulée. — Yeux petits, déprimés, obliques, subcontigus en dessus. — Trochanters des pattes allongés, en massue et arqués ; 4° article des tarses complètement enfoui entre les lobes du 3°; ses crochets petits, libres et divariqués. — Le surplus comme dans le genre précédent.
(1) C. turcipennis Schh., formicarius Fab., lœvicollis Schh., des Indes or; brunneus Fab., cyunescens, puncticollis Schh., du Sénégal ; tongicollis Ghevrol, patrie inconnue; Schœnh. Curcul. V, p. 587.
(2) Syn. Rinnozaceus (Latr.), Guérin-Ménev. Voy. d. 1. Coq; Entom, p. 112, ph 6, f. 7; genre non caractérisé.
APIONIDES. 531
M. Chevrolat, qui a vu le mâle, dit que sa massue antennaire est complètement pareille à celle des Cyzas. 11 ajoute, avec raison, que c'est près de ces derniers que le genre doit être placé, et l’on ne comprend pas bien que Schœnherr, qui ne l'avait pas vu, ne se soit pas conformé à cette opinion, et l'ait mis dans sa division des Apionides, en l’éloignant fortement de ses véritables analogues.
L’unique espèce (formicarius Chevrol.) qui le compose est de l’Australie et ressemble de la manière la plus complète à un Cyras à élytes globoso-ovales. L’exemplaire femelle que j'ai sous les yeux est d’un noir profond et brillant.