‹ Histoire naturelle des insectes (volume 3)Chapitre 16 sur 93 · RHODOPIS · texte numérisé non relu

RHODOPIS

d. Tnouws. Archiv. entom. 1, p. 74.

Mâle : Tète fortement concave entre ses tubercules antennifères ; ceux-ci saillants, contigus à leur base ; front aussi haut que large; joues assez longues. — Antennes finement pubescentes, trois fois au moins aussi longues que le corps, à articles 4 légèrement arqué, atteignant le milieu du prothorax, 3 plus long que lui, renflé en une massue ovalaire au bout, 4-11 décroissant lentement, 11 beaucoup plus grand que 10. — Prothorax aussi long que large, finement sillonné en travers à sa base et en avant, muni de chaque côté d’un

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petit tubercule conique à peine distinct. — Ecusson en triangle curviligne. — Elytres médiocrement allongées, subparallèles, un peu rétrécies et subtronquées en arrière. — Pattes longues, surtout les antérieures ; cuisses en massue fusiforme, les postérieures aussi-longues que l'abdomen ; tarses médiocres, les antérieurs un peu dilatés. — 5° segment de l’abdomen en triangle curviligne fortement transversal.— Saillies mésosternale et prosternale médiocrement larges. — Corps assez allongé, pubescent.

Femelle : Antennes presque aussi longues que celles du mâle, à article 3 simple. — Pattes un peu plus courtes, subégales ; tarses antérieurs pareils aux autres. — 5° segment abdominal beaucoup plus long, en triangle curviligne. e

M. J. Thomson n’en décrit qu’une espèce (pubera). Elle est d’un gris verdâtre en dessous, brune en dessus avec des lignes longitudinales jaunes sur le prothorax et une foule de marbrures en partie confluentes et de la même couleur sur les élytres qui sont assez densément pointillées, sauf à leur extrémité. Cet insecte habite le Sylhet,

IPHIOTHE.

Pascos, Longic. Malayan. p. 254.

Mûle : Palpes maxillaires du double plus longs que les labiaux; leur dernier article allongé, peu à peu et faiblement épaissi, tronqué au bout, — Mandibules assez saillantes, robustes. — Tète des Rnoporis, sauf le front plus allongé. — Antennes (1) pubescentes, à artieles 4 robuste, cylindrique, atteignant au moins le milieu du prothorax, 3 aussi long que lui, très-fortement renflé au bout, 4 beaucoup plus court que lui, moins long et plus épais que 5. — Lobes inférieurs des yeux grands, transversaux.— Prothorax des Ruoporis, inerme latéralement. — Ecusson en triangle curviligne allongé. — Elytres courtes, parallèles, planes dans leurs 2/3 antérieurs, subverticalement déclives et tronquées en arrière. — Pattes robustes, subégales; cuisses peu à peu en massue ; les postérieures presque aussi longues que l’abdomen ; tarses densément ciliés. — 5° segment abdominal court, en triangle curviligne. — Saillie mésosternale assez large, obtusément tuberculée. — Saillie prosternale plus étroite, arquée en arrière. — Corps court, massif, pubescent. .

L'espèce typique (2) est originaire de Bornéo, de taille médiocre, d'un noir grisâtre, avec un grand nombre de petites taches noires et

(1) Ces organes sont incomplets duns l'unique exemplaire que possède M. Pascoe. La forme de leur 3e article indique que c'est un mâle, tandis que par ce qui en reste, on voit qu’elles doivent ne pas dépasser beaucoup le sommet des élytres. |

(2) L. criopsioides, Pascoe, loc. cit. p. 255.

jaunes, disposées en rangées régulières et formant une marqueterie élégante sur les élytres ; ces organes sont un peu âpres à leur base.

GROUPE IX. Protonarthrides,

Cavités cotyloïdes intermédiaires ouvertes. — Crochets des tarses divariqués. — Un sillon aux jambes intermédiaires.

Tête non rétractile, peu distante des hanches antérieures ; front trapéziforme. — Antennes sétacées, très-longues chez les g'; leur scape difforme, allongé. — Yeux subfortement granulés, échanerés. — Prothorax inerme latéralement. — Œlytres le débordant fortement à leur base. — Pattes longues, les antérieures beaucoup plus que les autres chez les ©’; hanches de la même paire globoso-coniques, saillantes ; tarses assez longs, à articles 4 égal à 2-3 réunis, 4 très-grand.— Corps allongé, robuste; facies des Monohammides.

M. J. Thomson, qui a établi ce groupe, y a compris deux genres dont l’un (Duricium) appartient aux Métonides (1). L'autre, remarquable par l’ensemble de ses caractères et surtout la forme anormale du scape de ses antennes, est une de ces formes isolées qui sont si nombreuses chez les Longicornes. Il est propre à l'Afrique intertropicale.

PROTONARTHRON. J. Tuows. Archiv. entom. II, p. 180.

Mâle : Tète fortement et étroitement échancrée entre ses tubercules antennifères ; ceux-ci saillants, contigus à leur base; front un peu plus haut que large, fortement évasé en bas ; joues allongées.— Antennes à peine pubescentes, hérissées en dessous dans leur moitié basilaire de longs poils fins serrés, deux fois et demie aussi longuos que le corps, à articles 4 long, aplani et densément villeux en dessous, brusquement dilaté dans sa moitié terminale interne, un peu arqué, 3 un peu plus grand que lui, plus long que 4, 5-10 graduellement allongés, 14 égal aux cinq derniers réunis, — Yeux rapprochés en dessus : leurs lobes inférieurs grands, subéquilatéraux. — Prothorax aussi long que large, cylindrique, traversé par deux faibles sillons, l’un antérieur, l'autre basilaire, — Ecusson équilatéral, arrondi en arrière. — Cuisses peu à peu et médiocrement épaissies ; les postérieures presque de la longueur de l'abdomen ; tarses assez larges. — 5e segment abdominal assez long, rétréci et tronqué en arrière. — Saillies rmésosternale et prosternale étroites; la 47e déclive, la 2e f6chie en arrière. — Corps pubescent.

L'unique espèce (2) du genre est d'assez grande taille et d'un gris

(1) Voyez plus haut, p. 389.

(2) P. diabolicumn, 3. Thoms. loc. cit, p. 181, pl. 6, f. 4; Gabon.

ACMOCÉRIDES. 453

foncé avec une multitude de taches d’un noir mat, la plupart confluentes; son prothorax et ses élytres sont finement ponctués, le premier peu densément.

GROUPE X. Aomocérides.

Cavités cotyloïdes intermédiaires ouvertes, — Crochets des tarses divariqués. — Un sillon aux jambes intermédiaires.

Mandibules minces, assez longues, obliques au repos. — Tête non rétractile, peu distante des hanches antérieures ; front trapéziforme. — Antennes grètes, sétacées, au maximum dépassant médiocrement les élytres; leur scape en massue, plus ou moins difforme. — Prothorax tuberculé sur les côtés en deçà de son milieu.— Elytses le débordant fortement à leur base. — Pattes longues, les antérieures plus grandes que les autres chez les «7; hanches de la même paire globuleuses, peu saillantes, fortement anguleuses en dehors; jambes longitudinalement carénées au moins sur une de leurs faces; tarses médiocres, à article À des postérieurs au maximum égal à 2-3 réunis.— Saillies sternales lamelliformes, simples. — Corps robuste.

Ce groupe, également établi par M. J. Thomson, est très-naturel et ne comprend que les deux genres africains qu'il y a admis. Leurs espèces sont assez grandes et (surtout AcmocErA) rappellent par leur facies les Monohammides, également africains, du genre LoPHOPTtERA. Un de leurs caractères, la carène longitudinale dont leurs jambes sont munies, est intéressant en ce qu'il n’y en: a pas un second exemple dans la division actuelle.

I. Tubercules du prothorax robustes, submédians: Acmocera. Ir. — — petits, subbasilaires : Acrydoschema.

ACMOCERA.

(Des.) J. Tuows. Archiv. entom. IL, p. 181.

Mâles : Tète débordant le prothorax, peu à peu rétrécie en arrière ; ‘étroitement et fortement concave entre ses tubercules antennifères ; ceux-ci assez grands, médiocrement divergents; front aussi haut que large ; joues allongées.— Antennes finement pubescentes, munies de quelques cils en dessous, un peu plus longues que le corps, à articles À gros, en massue ovalaire au bout, échanceré à sa base en dessous, 3 beaucoup plus long que lui et guère plus que 4, 5-10 décroissant rapidement, 14 en forme de griffe aiguë. — Lobes inférieurs des yeux fortement transversaux. — Prothorax subtransversal, cylindrique, plus ou moius pluri-noueux sur le disque, resserré en avant et en arrière, dilaté sur les côtés en deux forts tubéreules coniques, aigus et submédians. — Ecusson en carré arrondi aux angles —

Elytres médiocrement allongées, convexes, légèrement atténuées et arrondies en arrière, rectilignes en avant et munies chacune d'un renflement basilaire. — Pattes très-robustes, subégales; cuisses pédénculées à leur base, puis dilatées en une forte massue ovalaire et comprimée, surmontée aux antérieures d’une crête. — 5° segment abdominal convexe, en triangle curviligne transversal, égal aux deux précédents réunis. — Saillies mésosternale et prosternale assez larges, parallèles ; la 4e déclive, la 2° fléchie en arrière. — Corps assez allongé, robuste, pubescent.

Femelles : Tête plus large. — Antennes un peu plus courtes que le corps, pareilles, du reste, à celles des mâles. — 5° segment abdominal beaucoup plus grand, plus convexe, transversalement déprimé avant son extrémité, celle-ci échancrée en demi-cercle.

La livrée de ces insectes est plus où moins variée de noir et de fauve sur un fond gris. Sauf quelques très-petits points enfoncés à la base des élytres, les espèces que j'ai sous les yeux sont privées de toute Sculpture. Quatre sont décrites en ce moment {1), dont une anciennement par Fabricius.

ACRYDOSCHEMA.

J. Tnows. Archiv. entom. IL, p. 185 (2).

Ce genre ne diffère des AcmocerA que par Jes caractères suivants :

Mâles : Front un peu plus allongé; tubercules antennifères subparallèles, — Antennes de 1/3 plus longues que le corps, à article 1 peu à peu en massue, subquadrangulaire, tantôt (capricornis) robuste, tentôt (unifasciala) assez grèle; le 14° plus grand que 10, trèsaigu au bout, flexueux"—"Lobes inférieurs des yeux en carré équilatéral. — Prothorax transversal, peu à peu rétréci en avant, uni sur le disque, traversé par deux étroits sillons bien marqués, l’un en avant, l’autre en arrière, muni de chaque côté, près de sa base, d’un petit tubercule conique. — Elytres pas beaucoup plus longues que la tête et le prothorax réunis, coniques et arrondies en arrière, — Pattes longues, les antérieures plus que les autres; cuisses en massue fusiforme, les postérieures dépassant plus ou moins les élytres; tarses antérieurs un peu dilatés et ciliés sur leurs bords. — 5° segment abdominal beaucoup plus grand que 2-4 réunis.— Saillies mésoster-

(1) Lam. compressa, Fab. Syst. El. p. 290; Guinée. — À. olympiann, conjuz, inermis, J, Thoms. loc. cit. p. 182, pl. 6, f. 5-7; Gabon.

M. J. Thomson (ibid, p. 183) cite une À. subundatu qu'aurait décrite M. Chevrolat dans la Rev. et Mag. d. Zool. 1856, p. 107; je ne parv'ens pas à la découvrir dans ce Recueil ni ailleurs.

(2) M. 3. Thomson écrit également Acrinosenema (loc. cit.) et même AcunyposcnemA (Syst. Cerambyc. p. 57); la forme adoptée dans le texte est évidemment la bonne,

PROTORHOPALIDES. 455

nale et prosternale plus D du reste pareilles. — Corps plus court.

Femelles : Antennes de 1/4 environ plus longues que le corps, à article 44 pas plus long que 10, arqué. — Pattes plus courtes, égales ; cuisses ne dépassant pas ou qu'à peine le sommet des élytres. — Tarses antérieurs simples.

Ces insectes sont un peu plus petits que les Acmocera. Le fond de leur livrée est d’un gris mat foncé, mais tandis que l’un d’eux (capricornis) à un dessin jaune et noir assez élégant sur les élytres, chez l’autre (unifasciata) elles sont simplement traversées dans leur milieu par une bande très-régulière d’un noir mat. Ces deux espèces, publiées par M.J. Thomson (1), sont originaires du Gabon et les seules connues.

GRouPE XI. Protorhopalides,

Cavités cotyloïdes intermédiaires ouvertes. — Crochets des tarses divergents. — Jambes intermédiaires entières.

Tête non rétractile, très-éloignée des hanches antérieures; front rectangulaire. — Antennes peu robustes, sétacées, très-longues chez les @'; leur scape court, gros, brièvement ovalaire.— Prothorax faiblement tuberculé sur les côtés, en avant de son milieu. — Elytres le débordant fortement à leur base. — Pattes antérieures très-ailongées chez les mâles; hanches de la même paire globuleuses, peu saillantes, faiblement anguleuses en dehors; tarses médiocres, à article 4 plus court que 2-3 réunis.— Saillies sternales lamelliformes, — Prosternum très-allongé en avant des hanches antérieures. — Corps allongé, robuste.

Le genre unique qui constitue ce groupe avait été placé primitivement par M. J. Thomson (2) dans les Tragocéphalides; plus tard (3), en en formant un groupe distinct, il l’a placé entre ces insectes et les Céroplésides. Mais il n’a les caractères essentiels ni des uns ni des autres, et la longueur de son prosternum en avant des hanches antérieures, la brièveté et la forme ovalaire du scape de ses antennes me paraissent le rapprocher des Dorcaschémides qui suivent, malgré le facies tout différent que lui donne sa forme générale robuste.

PROTORHOPALA.

J. Tuous. Essai, etc., p. 91. «

Mâle : Tète assez fortement concave entre ses tubercules antennifères ; ceux-ci médiocres, distants ; front forternent transversal ; joues

(1) Loc, cit. pl. 6, f. 2-3, (2) Essai, ete. p. 91.

(3) Syst. Cerambyc. p. 69.

assez longues. — Antennes très-finement pubescentes, ciliées en dessous à leur base, du double plus longues que le corps, à articles 3 près de trois fois aussi long que 1, égal à 4, 5-10 plus courts, 14 un peu plus long que 10.— Prothorax plus long que large, cylindrique, un pou inégal en dessus, muni de chaque côté, en avant de son milieu, d’un tubereule obtus, et en arrière et au-dessous de ce dernier, d'un autre plus petit. — Ecusson transversal, largement arrondi en arrière, — Elytres allongées, médioorement convexes, parallèles, arrondies en arrière. — Pattes antérieures beaucoup plus longues que les autres, leurs jambes un peu arquées; cuisses postérieures beau coup plus courtes que l’abdomen; tarses antérieurs un peu dilatés, — ÿ° segment abdominal grand, en triangle curviligne, sinué au bout. — Saillie mésosternale horizontale en arrière, verticale et obtusément tuberculée en avant. — Saillie prosternale convexe, tronquée en arrière. — Corps densément pubescent.

Femelle (1) : Pattes assez courtes, égales; jambes antérieures droites; leurs tarses simples. — 5° segment abdominal pareil à celui du mâle.

L'unique espèce du genre, la Lamia seænolala de Klug (2), est un assez grand insecte de Madagascar, à livrée d’un rouge de brique pâle, avec une foule de petites taches blanches; chaque élytre en a de plus trois grandes : une basilaire, une immédiatement après son milieu, la dernière assez loin de l'extrémité.

GRouPE XII, Dorcaschémides.

Cavités cotyloïdes intermédiaires ouvertes. — Crochets des tarses divariqués. — Un sillon aux jambes intermédiaires.

Tête non rétractile, plus ou moins prolongée en arrière des yeux et très-distante des hanches antérieures ; ses tubercules antennifères échancrés au bout; front rectangulaire. — Antennes grêles, sétacées, glabres, très-longues chez les ' et en général chez les 9 ; leur scape court, pyriforme, granuleux. — Yeux subfinement granulés; leurs lobes supérieurs réduits à un filet grêle et court. — Prothorax allongé, cylindrique, inerme. — Elytres le débordant à leur base. — Pattes de grandeur relative variable; hanches de la mème paire globuleuses, peu saillantes, faiblement anguleuses en dehors; tarses

courts, les postérieurs à article 4 au maximum égal à 2-3 réunis. — Saillies sternales lamelliformes, simples. — Corps allongé, plus ou moins svelte.

Come les trois précédents, ce groupe est de la création de M. J.

(1) Les antennes sont mutilées dans l’unique exemplaire de ce sexe que j'aie à ma disposition.

(2) Ins. V. Madag. p. 118, pl. 5, £. 3.

DORCASCHÉMIDES. 457

Thomson (1) et il est très-naturel, quand on en a exclu deux genres (XeNOLEA, ANAUXESIS) que ce savant entomologiste y a compris, le premier ayant ses cavités cotyloïdes intermédiaires fermées et le second appartenant à un type tout à fait différent.

Les espèces qui réalisent le mieux ses caractères essentiels sont propres aux Indes orientales et remarquables par leur forme svelte, la longueur de leurs pattes et souvent par leur livrée. Ils s’affaiblissent dans un genre (Dorcascnema) de l'Amérique du Nord, mais qui ne peut manifestement être placé ailleurs qu'ici. Epuré comme il vient d’être dit, le groupe se réduit aux trois genres suivants :

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