FAMILLE IX
SCYDMÉNIDES.
Languette petite, cornée, bilobée où échancrée; ses paraglosses libres à leur extrémité et allongées. — Palpes maxillaires très-longs, de quatre articles, dont le dernier très-petit, conique ou aciculaire; les labiaux courts, de deux ou trois arlicles; leurs supports très-grands,
dépassant le menton et soudés ensemble. — Deux lobes aux mâchoires, .
ciliés et inermes. — Antennes de onze articles, le plus ne" De sissant peu à pêu et en partie moniliformes. — Elytres recouvrantl'abdomen. — Celui-ci composé de six segments. — Pattes longues ; toutes les hanches coniques et saillantes; les postérieures très-écartées entre elles ; tarses de cinq articles ; crochets simples. — Corps aptère.
La ressemblance entre cette famille et la précédente, est portèe assez loin pour qu’au premier coup-d’æil, on puisse dire de ces insectes, que ce sont des Psélaphiens dont les élytres ont acquis une longueur normale. Mais un examen plus attentif révèle un grand nombre de différences, dont les plus importantes sont le nombre des segments abdominaux qui est ici constamment de six, et la forme conique, ainsi que l’écartement des hanches postérieures; puis, en seconde ligne, le nombre des articles des tarses et l'insertion des antennes qui a lieu (CmevroLaTiA et Brarmnus exceptés) sur le front, au bord interne des yeux. Pour la plupart des autres organes, ce serait répéter ce qui a été dit précédemment de ceux des Psélaphiens, que de les passer en reyue avec détails.
J'ajouterai seulement à ce peu de mots, que les yeux des Scydmémides sont toujours fortement granulés et paraissent même composés de stemmates agrégés ; que leurs pattes sont d'autant plus écartées à leur base, qu’elles sont plus postérieures, sauf les antérieures quissont conliguës; que leur mésosternum, large et plane, est en général caréné
184 SCYDMÉNIDES.
sur la ligne médiane, enfin que leurs parapleures métathoraciques sont appendiculées.
Les espèces typiques de la famille, c’est-à-dire les Seyowænus et les genres qu'on en a détachés, descendent encore, pour la plupart, audessous de la taille des Psélaphiens. Sauf la faculté du vol dont ils sont privés, leurs habitudes, leurs stations et Jeur régimesont les mêmes que ceux de ces derniers; seulement il y a peut-être un plus grand nombre d’entre eux qui sont myrmécophiles (1). Leurs métamorphoses sont encore complètement inconnues.
Latreille (2) a le premier érigé ces insectes en une famille propre, sous le nom de Palpeurs, destiné à exprimer la longueur de leurs palpes maxillaires. Avant lui, on les confondait avec les Psélaphiens et par conséquent aussi, avec les mêmes genres que ces derniers, tels que les Axrnrcus, Noroxus, elc. Récemment enagre, M. Brullé (5) les a compris dans celte famille. Aujourd'hui ils sont aussi bien connus que lesPsélaphiens, grâce aux travaux de P. W.'J. Müller et Kunze (4), Dennÿ(s), Sturm (6), Erichson (7), mais surtout de M. Schaum (s). En dernier lieu, M. Schiœdte (9) a discuté et mieux établi leurs caractères de famille, et M. J. L. Le Conte (10) a donné une liste descriptive des espèces de l'Amérique du Nord.
Shane ne comprend guères que 90 espèces, réparties dans les sept genr
es suivants :
I. Dernier article des palpes maxillaires très-petit. A ‘article des antennes médiocre. .
Antennes insérées sous la partie antérieure du front : Chevrolatia.
(1) Voyez Mærkel in Germar, Zeitschr. V, p. 242.
(2) Hist. nat. a. Ins. IX, p. 186. Latreille a conservé cette famille dans tous ses ouvrages subséquents.
(3) Hist. nat. d. Ins. VI, p. 23.
(4) « Monographie der Ameisenkæfer » dans les Abhandl. der nat. Gesellsch. zu Leipzig, 1, p. 175. »
(5) Monographia Pselaphidarum et Scydmænidarum Britanniæ. In-80. Nor-
“wich, 1825.
(6) Deutschl. Insekt. Bd. XIII.
(7) Die Kæfer der Mark Brand. I, p. 252. x
(8) « Symbolæ ad monographiam Scydmænorum, » dans ses Analecta entomologica (in-8°, Halæ, 1841), p. 1 ; avec un supplément dans Germar, Zeitschr. V, p. 459.
(2): « Specimen Faunæ subterraneæ, » dans les Mém. d. 1. Soc. roy. d. Sc. du Danem. Série V, Hist. nat. et Mathém. I ; traduit en anglais dans les Trans. of the ent. Soc. 21 Ser. I, p. 134.
#0) « Synopsis of the Scydmenidæ of the United States, » Proceed. of the Acad. of Philad. 1852, p. 149.
SCYDMÉNIDES, 185 Antennes fnsérées au bord interne des yeux : Scydmænus, Eutheia, Ce= Dhennium.
B 1 article des antennes très-Jong : Clidicus, Mastigus. I. Dernier art. des palpes max. plus long que le 3e: Brathinus,
CHEVROLATIA.
Jacquez.-Duva, Ann. d. 1. Soc. ent. Série 2, 1850, p. 45.
Palpes labiaux très-courts, de deux articles; le 3° des maxillaires globoso-ovale, le dernier à peine visible. — Téte en ovale allongé, graduellement rétrécie en arrière, avec son col enfoncé dans le prothorax. — Antennes insérées tout-à-fait à son extrémité, sous un faible rebord du front, presque contiguës à leur base, assez robustes, grossissant peu à peu à leur extrémité, à articles 4 cylindrique, allongé, 2-10 moniliformes, 14 acuminé au bout. — Yeux ovales, assez saillants. — Prothorax allongé, légèrement rétréci en dÿant, quadrifovéolé à sa base. — Ecusson nul. — Elytres oblongo-ovales, un peu plus courtes que l'abdomen, iso'ément arrondies et légèrement déhiscentes à leur extrémité. — Pattes des Scypmænus. — {er segment abdominal aussi grand que les trois suivants réunis, qui sont égaux entre eux, le dernier grand, arrondi à son extrémité. — Mésosternum et mélasternum carénés.
Genre remarquable, encore plus rapproché des Psélaphiens que les Seyvmzænus, par suite du mode d'insertion des antennes, et qui, d'après cela, doit être placé en tête de la famille actuelle. L'unique espèce qui le compose, rappelle en même temps par son facies les Tycnus, et a reçu de M. Jacquelin-Duval , le nom de C. insignis (1); elle a été trouvée dans le midi de la France. Presque au même moment, mais cependant un peu plus tard, à ce que je crois, M. Hampe (2) la décrivait sous le nom de Scydmænus Holzeri.
SCYDMÆNUS.
Larr. Gen. Crust.et Ins. I, p. 281 (3)
Menton transversal, légèrement tridenté en avant. — Languette rétrécie à sa base, bilobée à son extrémité. — Palpes labiaux très-courts, de trois articles, le 4er à peine dislinct; les maxillaires allongés, leur
(1) Loc. cit, pl. I, n° IT abc.
(2) Stettin. ent. Zeit. 1850, p. 352.
(8) Syn. Psecavuus, Herbst, Paykull, Iliger, — Anrmeus Fab, — Noroxus,
Fab., Rossi, — Lyrra Marsham. — Eumicnus, De Casteln. Hist, nat, d. Ins. 1, p. 209. L
A LL A) M 4 «4 4 M'éb at EC a.
186 SCYDMÉNIDES,
4er article très-petit, le 2 allongé, grêle et un peu arqué, le 3e aussi long, renflé, en cône renversé, le 4e très-pelit, subulé ou conique. — Mandibules courtes, souvent élargies à la base, arquées, terminées pat une pointe arquée très-aiguë, quelquefois précédée d'une dent an côté interne, — Labre très-court, arrondi aux angles. — Tête subglobuleuse ou triangulo-ovalaire, tantôt munie d’un col brusquement formé en arrière, tantôt reçue dans le prothorax. — Yeux petits, peu convexes, — Antennes assez longues, grossissant peu à peusà leur extrémité ou ayant celle-ci terminée par une massue de trois, quatre ou cinq articles ; les autres submoniliformes, sauf les deux premiers. — Prothorax de forme variable, un peu plus étroit que les élytres: — Celles-ci soudées, ovalaires ou oblongues, — Pattes longues, simples ; tarses cylindriques, les antérieurs parfois un peu élargis chez les mâles, le 49r et le 5° articles plus longs queles autres. + Mésosternum plus ou moins caréné, — Corps ovalaire, un peu rétréci en avant, souvent pubescent.
Ce genre comprend ré s des trois quarts des espèces de la famille, * Comme on peut le voir dans la formule générique qui précède, la plu-
art de ses caractères présentent des modifications de la nature de celles qu’on rencontre dans les groupes les plus naturels, ct qui sont insuffisantes comme caractères génériques, mais très-uliles pour classer les espèces. M. Schaum s’en est servi pour les répartir en deux sections sous-divisées en plusieurs races.
La première, qui est la plus nombreuse, comprend les espèces dont le dernier article des palpes maxillaires est bien distinct, grêle, aciculaire, en un mot très-voisin de celui des Bewsiorum de la famille des Carabiques (1),
(1) Cette section comprend quatre races caractérisées de la manière suivante dans le supplément (Germar, Zeitschr. V, p. 465) que M. Schaum a donné à ses Analecta entomologica. Je me bornerai à indiquer les types de la plupart d’entre elles.
I. Col de la tête engagé dans le prothorax. Mésosternum faiblement caréné. Antennes grossissant peu à peu à leur extrémité.
Race 1. Prothorax cordiforme. Mandibules fortement arquées, crénelées en dedans près de leur sommet. 2e article des palpes labiaux un peu plus long que le der : S. Godarti Latr., scutellaris M. et K., Helferi Schaum., collaris M. et K., pusillus M. et K., etc., tous d'Europe ; perforatus Sch., des Etats- Unis.
Race 2. Prothorax presque carré, non arrondi sur les côtés. Mandibules terminées par une pointe courte. 2 article des palpes labiaux beaucoup plus long que les autres: S. angulatus M. et K., elongatulus M. et K., rubicundus Sch., helvolus Sch.; d'Europe.
II. Tête dégagée du prothorax, Mésosternum fortement caréné. Pointe terminale des mandibules munie d’une dent à sa base, 2e article des palpes labiaux très-long. .
Race 3. Elytres de la largeur du Dre à leur base, Celui-ci subcordi<
SCYDMÉNIDES. 187
Dans la seconde, qui correspond au genre Evwrenvs de M. De Castelnau, cet article est très-petit, peu visible, conique, et sa base égale presque en largeur le sommet de l'article précédent (1).
forme. Les quatre derniers articles des antennes visiblement plus grands que les autres : S. Kunzei Géné, pubicollis M. et K., oblongus Sturm, s{yriacus Sch.; d'Europe.
Race 4. Elytres plus larges que le prothorax. Celui-ci quadrangulaire, sou= vent rétréci en avant. Les quatre, cinq ou trois derniers articles des antennes plus grands que les autres. C’est le groupe le plus riche en espèces, et dans le nombre quelques-unes sont exotiques ; parmi les européennes figurent les suivantes : S. Morschoulskii Sturm, denticornis M. et K., rutilipennis M.ctK,, hirticollis Gylh., claviger M. et K., ete,
Depuis les travaux de M. Schaum, les espèces suivantes appartenant à la section actuelle ont été décrites : Esp. européennes : $. Mæklini, Manh. Bull. Mosc. 1844, p. 193. — fuberculatus, propinquus, vicinus, minutus, parallelus, fimetarius, minimus, Chaud, ibid. 1845, ne 3, p. 183. Suivant M. Schaum (Stettin. ent. Zeit. 1846, p. 355), de ces sept espèces, deux seulement, le minutus et le parallelus, sont nouvelles.— cordicollis, Schiwdtei, Læwii, Ferrarii, tritomus, Kiesenw. Ann. d. 1, Soc. ent. Sér. 2, IX, p. 397. — Esp. de l’Algérie : S. Schaumii, angustatus, Lucas, Explor. de l'Algér. Ent. p. 132, — Esp. de Natal : 8. longicornis, Bohem. Ins. Caffrar. I, p. 528, — Esp. de l’Amér. du Nord : $. morio, cribrarius, spañsus, angustus, 3. Le Conte, Proceed. of the Acad. of Philad. 1852, p. 151; les deux premiers des parties atlantiques des Etats-Unis, les deux autres de Californie.
(1) A ce caractère il faut ajouter les suivants, qui souffrent cependant quelques exceplions pour ce qui concerne le prothorax et les antennes : Tête dégagée du prothorax. Pointe terminale des mandibules très-aiguë et bidentée à sa base, 2° article des palpes labiaux très-long. Les trois 1tr$ arlicles des antennes grossissant brusquement. Prothorax suboyalaire ou subglobuleux. Mésosternum fortement caréné. M. Schaum divise ce groupe en deux races :
Race 1. Tarsés antérieurs dilatés, surtout chez les mâles : $. farsatus M. et K., d'Europe ; vulpinus Sch., d'Arabie; rubens, brunneus, affinis, cognatus Sch., de Colombie.
Race 2. Tarses simples : $. antidotus Germ., Helhvigit, rufus M. etK,, d'Europe; Zimmermanni, Sch., des Etats-Unis.
Cette section, pauvrement représentée en Europe, est au contraire plus nombreuse que la précédente en Amérique. M. I. Le Conte (loc. cit.) en a décrit récemment près de vingt espèces nouvelles des Etats-Unis et de Californie : S. Schaumii, flavitarsis, fossiger, capillosulus, basalis, hirtellus, analis, rasus, obscurellus, clavatus, consobrinus, bicolor, salinator, fatum, misellus, gravidus, fulvus, gracilis. On n’en a pas publié d’autres, à ma conpaissance.
On ne peut tenir aucun compte de quelques espèces (quadricollis, califorhicus, tauricus, conicicollis, agilis, longicollis) indiquées plutôt que décrites par M. de Motschoulsky dans le Bull. Mosc. 1845, 1, p. 47.
M. Schaum, outre ses travaux cités plus haut, a publié (Stettin. ent. Zeit. 184%, p. 83) des remarques intéressantes sur la synonymie des espèces du Cata-
logue de Dejean, puis (ibid, 1848, p. 43) sur quelques-unes de celles décrités par les auteurs anglais.
188 SCYDMÉNIDES,
Le nombre des Scypmæxus décrits s'élève en ce moment à près de 80, dont les quatre cinquièmes environ appartiennent à l'Europe et à l'Amérique du Nord,
EUTHEIA.
Stern. JU. of Brit. Ent. I, p. 115. DES Se ES
Premier article des palpes labiaux de la longueur des deux suivants réunis, le 2e très-court, le 3° un peu plus long que lui; le dernier des maxillaires court, subglobuleux. — Lobes des mächoires parfois ({runcatellu) terminés par un petit crochet. — Mandibules fortement élargies à leur base, puis subitement recourbées presque à angle droit et prolongées en une pointe très-aiguë, munie d’une dent à sa base. — Tête sans col en arrière, engagée dans le prothorax. — Antennes terminées Par une massue de trois articles. — Prothorax presque carré, de la largeur des élytres. — Celles-ci un peu tronquées à leur extrémité, — Mésosternum faiblement caréné.
Pour le surplus, ce genre ne diffère pas des Scypmænus. Les caractères que lui ayait assignés Stephens, ne reposaient què sur des particularités d'importance secondaire, et c’est à M. Schaum qu'on doit d'avoir fait connaître les véritables (1). Il se compose de deux espèces fort répandues en Europe (2).
CEPHENNIUM.
P. W. J. Muzrer, Abhandl. d. nat. Ges. x. Leipz. 1, p. 188 (2).
Languette transversale, de la largeur du menton, à peine échancrée. — 2° article des palpes labiaux plus court que le 4er et le 3; celui-ci en forme d’alène, le dernier des maxillaires très-pelit, subglobuleux. — Mandibules courtes, larges à leur base; leur pointe terminale petite, échancrée au bout. — Tête et antennes des Eurnera. — Prothorax ample, un peu rétréci à sa base, plus large en avant que les élytres. — Celles-ci entières et arrondies à leur extrémité. — Mésosternum fortement caréné.
(1) Germar, Zeitschr. V, p. 462. x
(2) £. truncatella, abbreviatella Er; figurés tous deux par Sturm, Deutschl. Ins. XII, pl. 264, f. a À et bB. La seconde est identique avec l’Eutheia scydmenoides de Stephens, loc. cit. pl. XVII, f. 2; ce dernier nom a la priorité. — M. de Motschoulsky a décrit, mais imparfaitement, une troisième espèce de la Russie mér. sous le nom de Æ. flavipes; voyez Bull. Mosc. 1845, I, p. 50.
(3) Syn. Mecaranenus, Steph. Ill. of Brit. Ent. V, Append. p. 428. — MicRODEMA, De Castelu. Hist. nat. d. Col. 1, p. 209. — Tyrrosoma Wesmael (inédit).
SCYDMÉNIDES. 189
Genre établi sur le Scydmænus thoracicus des auteurs, séparé des Scyomzæxus par plusieurs d'entre eux, mais dont les caractères n'ont été suffisamment mis en lumière que par M. Schaum, en même lemps que ceux du genre précédent. Il en existe cinq autres espèces d'Europe, des régions caucasiennes et de l'Amérique du Nord (1).
CLIDICUS.
DE CasTELN. Ann. d. 1. Soc. ent. I, p. 397 (2).
Genre peu connu, et que M. De Castelnau formule ainsi :
Antennes insérées entre les yeux, de onze articles : le 4€* très-long, le 2° assez pelit, les suivants presque coniques et égaux entre eux. — Palpes maxillaires très-longs ; le pénultième infundibuliforme, échancré, recevant le dernier; celui-ci conique et pointu. — Tarses filiformes, à arlicles à peu près égaux. — Tête presque triangulaire. — Yeux trespetits, placés sur de gros tubercules. — Corselet très-convexe, — Pattes très-longues, surtout les postérieures. — Cuisses un peu renflées à l'extrémilé.
Si ces caractères sont exacts, ce genre est réellement intermédiaire entre les Seypwænus et les MasriGus qui suivent. Il est établi sur un insecte de Java (C. grandis) long de plus de trois lignes, d’un branrougeâlre et un peu velu,
MASTIGUS.
(luic.) Larr. Gen. Crust. et Ins. 1, p. 280 (3).
Menton très-court, largement et légèrement échancré, ses lobes latéraux obtus et surmontés d’une petite dent. — Languette membraneuse, évasée et légèrement échancrée, soudée avec ses paraglosses ; celles-ci allongées. — Palpes labiaux courts, robustes, à 4er article trèscourt, obconique, 2 grand, subglobuleux, 3° très-pelit, conique et aigu; les maxillaires très-allongés, à {2r article très-court, 2° très-long, en massue arquée, 3° plus court, en cône renversé, 4° aussi grand, plus
(1) Scydm. laticollis, minutissimus, Aubé, Ann. d. 1. Soc. ent. XL, p. 233; d'Europe, — C. Kiesenwetteri, Aubé, ibid. Série 3, I, Bull. p. IX. — Megal. perispunctus, Kolenati, Melet. ent, III, p. 32; du Caucase. — corporosum, J. Le Conte, Procced, of the Acad. of Philad. 1852, p. 150; des environs de New-York.
(2) Voyez en outre ses Etud. ent. p. 130, et son Hist. nat. d. Col, I, p. 209.
(3) Iliger passé pour le créateur de ce genre, mais il n’a fait en réalité que lui imposer le nom qu'il porte; Latrgille est le premier qui en ait exposé les caractères, — Syn. Prinus, Fab. Syst. El. J, p. 327, — Noroxus, Thuuberg, Nov. Ins, Spec, LL, p. 220,
= nn ie ln |
190 SCYDMÉNIDES.
gros et ovalaire. = Mandibules un peu saillantes, droites, puis arquées et fissiles à leur extrémité ; les deux divisions aiguës. — Labre transversal, un peu évasé ef échancré en avant. — Tête presque carrée, brusquement rétrécie en un col court postérieurement. — Antennes grêles, très-longues, grossissant faiblement à leur extrémité, à 4° article très-grand, en massue, 2° de même forme, plus court, un peu arqüé; les suivants obconiques, subégaux, le dernier ovalaire. — Prothorax allongé, convexe, un peu comprimé en arrière. — Elytres soudées, en ovale plus ou moins allongé. — Pattes gréles, très-longues; tarses longs, cylindriques , à 4er article un peu plus grand que les suivants ; ceux-ci subégaux,
Genre de grande taille pour cette famille et dont les espèces sont toutes d'un noir plus ou moins plombé et finement pubescentes. À en jugér par l'espèce typique (M. palpalis), les mâles diffèrent des femelles par leurs élytres notablement plus allongées et plus aiguës au bout, et leur dernier segment abdominal conique ét échancré. Au premier coup-d'œil, ces insectes ressemblent beaucoup à des fourmis, M. Klug en a publié une monographie comprenant six espèces; on en connaît cinq autres (1). La distribution géographique de ces insectes est très-étendue, car deux habitent la Péninsule ibérique, huit l'Afrique australe, et une les iles Sandwich.
Leurs habitudes sont peu connues, et, d'après ce qu'a dit M. Waltl (2) de celles du M. palpulis, l'espèce la plus commune, elles sembleraient s’éloigner peu de celles des autres Scydménides. Cet insecte vit dans l'herbe au pied des murs , et s'y réunit en sociétés, dont les individus sont parfois entassés les uns sur les autres, comme le sont les abeilles dans leurs essais.
BRATHINUS. ; .
3. L. Le Core, Proceed. of the Acad. of Philad. 1852, p. 156.
Menton transversal. — Languette échancrée, — Palpes labiaux médiocres, de trois articles, le 3 un peu plus long que les autres ; les maxillaires allongés et grêles, à articles 1 court, 2 long, légèrement co-
(1) Klug, Ent. Monogr. p. 163. Ces espèces sont : M. palpalis Hoffm., pr'o= longatus Gory, d'Espagne et de Portugal ; No. déustus, flavus Thunb., Mast. glabratus, fusous Ki, du Cap. — Aj.: Esp. de Natal : M. caffer, pilicornis, longicornis, bifoveolatus, Bohem. Ins. Caffrar. E, p.525. — Esp. des iles Sandwich : Ptinus spinicornis, Fab. loc. cit. ; figuré dans Olivier, Ent. IL, n° 17, p. 10, pl. 1, f. 5. D'après cette figure, l'espèce aurait toutes les cuisses terminées par deux épines, et les quatre jambes postérieures par une, caracières étrangers aux deux espèces européennes, les seules que j'aie vues, Peutêtre doit-elle former un genre à part,
(2) Reise nach Spanien, IE, p. 47.
mé. is 1 id
SCYDMÉNIDES. 191
nique, 3 de moitié plus court, cylindrique, # un peu plus long que le 2e et subfusiforme. — Mandibules aiguës au bout, — Labre transversal, membraneux en avant, avec son bord antérieur largement échancré. — Tête ovale, légèrement étranglée en arrière, concave sur le front entre les antennes. — Yeux médiocrement saillants. — Antennes insérées sous les bords du front, de la longueur des deux tiers du corps, presque filiformes ; leur 2° article un peu plus court que les suivants ; ceux-ci égaux. — Prothorax ovale, convexe, pas plus large que la tête, rétréci en arrière et tronqué à ses deux extrémités. — Elytres amples, non soudées, convexes, dilatées peu à peu de leur base aux deux tiers de leur longueur, puis largement arrondies à leur extrémité. — Pattes très-longues et grêles; cuisses nullement en massue ; tarses courts; les quatre {®%arlicles des antérieurs et des intermédiaires bien distincts, presque égaux; les mêmes aux postérieurs graduellement plus Courts, presque confondus entre eux.
Je ne suis pas sûr que ce genre appartienne réellement à la famille actuelle; peut-être devrait-il prendre place dans la tribu des Leptodé« rides placée en tête de la famille suivante ; toutefois il y serait aussi mal placé qu'ici sous le rapport du dernier article des palpes maxil= laires, qui est aussi étranger à la tribu en question qu'aux Scydménides. En tout état de choses, c'est une forme nouvelle, extrêmement intéressante, et que M. J. L: Le Conte regarde comme représentant les Masriéus dans l'Amérique du Nord. Il en décrit deux espèces, l'une (nitidus) de la Nouvelle-Ecosse, l'autre (varécornis) des environs d'Ulique. Cette dernière avait été trouvée à la racine de quelques plantes croissant près des eaux. Ces insectes sont de la taille des Masriçus, glabres et très-brillants; cependant la seconde des deux espèces en queslion présente quelques poils épars sur ses élytres.