‹ Histoire naturelle des insectes (volume 4)Chapitre 38 sur 90 · FAMILLE XI · texte numérisé non relu

FAMILLE XI

SPHÉRIENS.

Cette famille ne comprend que le seul genre Senænrus de M. Waltl, genre ambigu et dontles caractères ne s'accordent avec ceux d'aucun autre groupe de Goléoptères. Erichson (1) l'a placé parmi les Trichoptérygiens, en en formant une {ribu à part. Depuis, M. L. Redtenbacher (2) en a fait une famille propre qu'il a intercalée entre les Palpicornes et les Parnides. Je ne puis partager l'opinion ni de l’un ni de l’autre de ces deux auteurs. Les antennes, les hanches postérieures, et parmi les organes buccaux, le labre, rappellent en effet assez bien ceux des Trichoptérygiens, mais c’est tout ce qu'il y a de commun entre ces insectes. Les autres parties de la bouche, les ailes inférieures, le nombre des segments abdominaux, etc., sont construits sur un plan tout différent et dont ontrouverait plutôt les analogues parmi les derniers genres des Anisotomides, C'est entre ces derniers et les Trichoptérygiens que ce genre me parait devoir être placé, sans pouvoir rentrer ni parmi les uns ni parmi les autres. Je suis donc de l'avis de M. L. Redtenbacher que, provisoirement du moins, il doit former une famille distincte. Quant aux rapporls que ce savant entomologiste a trouvés entre lui et les deux familles indiquées plus haut, j'avoue qu'ils m'échappent.

SPHÆRIUS.

Wazri, Isis, 1838, p. 272 (3).

Menton aussi long que large, arrondi en avant. — Languette cornée, à sa base, carrée, divisée par une petite échancrure en deux lobes courts et arrondis. — Lobe externe des mâchoïres nul; l'interne corné,

(1) Naturg. d. Insekt. Deutsch]. JU, p, 38.

(2) Faun. Austr.; Die Kæfer, p. 136.

(3) Syn. Microsronus, Kolenati, Melet. ent. V, p. 64. Les caractères que

M. Kolenati assigne à ce genre sont très-incomplets et inexacts sur plusieurs points,

SPHÉRIENS. 295

gréle, crochu au bout, muni en dedans de quelques cils près de son sommet. — Palpes maxillaires de quatre articles : 1 très-court, 2 long et grêle, 3 globuleux, 4 petit, acuminé (1), — Mandibules cachées sous le labre, larges, arquées, bifides à leur extrémité. — Labre saillant, aussi long que large, cilié en avant, — Tête médiocre, engagée dans le prothorax jusqu'aux yeux, terminée par un petit museau. — Yeux fortement granulés, arrondis, planes. — Antennes insérées à leur bord interne, assez courtes, de 11 articles : 1-2 épaissis, celui-là court, celui-ci ovalaire, 3-8 très-grèles, le 3e aussi long que les cinq suivants réunis, 9-11 formant une assez grosse massue ovalaire, hérissée çà et là de poils, — Prothorax transversal, Coupé carrément en arrière et continuant Ja courbe des élytres, arrondi sur les côtés, échancré en avant. — Ecusson petit, trigone. — Elytres globuleuses, entières. — Pattes courtes ; hanches intermédiaires et postérieures distantes ; celles-ci élargies en une plaque triangulaire, recouvrant entièrement les cuisses; cuisses antérieures munies d’une forte dent; jambes terminées par deux forts éperons ; crochets des tarses inégaux; une soie entre eux: — Abdomen très-court, de trois segments, dont le 2 très-court., — Mésosternum et métasternum soudés ensemble et occupant la majeure partie du corps en dessous. — Celui-ci globuleux en dessus, plane en dessous, glabre, ailé.

L'unique espèce de ce genre (S. acaroides Walt) figure, avec es Érichoptérygiens qui suivent, parmi les plus petits Coléoptères; elle n'a guère qu'un cinquième de ligne de long. Au premier coup-d'œil on la prendrait pour un de ces Acariens dont le Corps convexe et sans divisions est recouvert par un bouclier continu. Découverte primitivement aux environs de Passau, elle a été retrouvée en Autriche et dans la Russie méridionale. M. Kolenati, qui l'a décrite de nouveau, sous le nom de Microsporus obsidianus, dit l'avoir prise abondamment sous des pierres au bord d'une rivière de la province d'Elizabethopol. Elle est d'un noir brillant, avec les pattes plus claires.

La formule générique qui précède est extraite de celle très-détaillée qu'a donnée Erichson. Il ne parle pas, non plus que MM. Walti etL.Redtenbacher, du nombre des articles des tarses.

(1) Les palpes labiaux ont besoin d'être revus. Erichson les décrit comme étant situés"au bord externe d’une tige très-grêle Qui flanque la languette de chaque côté, en l’égalant en longueur, et qui serait le support de ces organes, lesquels se composeraient de trois articles : le 1er cylindrique, le 2e petit, globuleux, le dernier en forme de soie. M. L. Redtenbacher dit n'avoir pas pu dé- Couvrir ces palpes aÿec un grossissement de 400 fois, et décrit comme tels les tiges en question qui seraient formées de trois articles, les deux premiers égaux en longueur, le dernier très-petit.

Coléoplères. Tome IL, 45

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