‹ Histoire naturelle des insectes (volume 4)Chapitre 5 sur 90 · FAMILLE VII · texte numérisé non relu

FAMILLE VII

STAPHYÈIN IENS.

Menton cornë, presque toujours fortement transversal et entier. — Languette membraneuse, rarement cornée; ses paraglosses le plus souvent dislincles. — Lobes des mâchoires de forme elde structure variables; l'externe souvent hi-articulé. — Palpes maxillaires de quatre arlicles, le dernier fréquemment très-petit et aciculaire ; les labiaux plus courts, ordinairement de trois articles. — Elytres en général pas plus longues que la poitrine, unies au repos par une sulure droite et recouvrant complètement les ailes inférieures. — Abdomen très-mobile, composé de six ou sept segments, tous cornés et libres. — Articles des tarses en nombre variable ; leurs crochets terminaux simples.

Cette famille ne se rattache directement à aucune de celles qui précèdent, et fait partie, avec plusieurs de celles qui suivent, notamment les Silphales et les Histériens, d'un groupe.considérablesde Coléoptères dont les espèces;"à part quelques exceptions, sont thalérophages, c'està-dire vivent de substances animales ou végélales décomposées.

Elle est essentiellement et même exclusivement caractérisée par la brièveté des élytres combinée avec la structure de l'abdomen (1). On ne retrouve ces deux caractères associés ensemble que chez les Psélaphiens ; mais chez,ceux-ci les segments abdominaux sont immobiles, et

(1) La brièveté des élytres n’a qu'une médiocre importance à elle seule, car il y en a des exemples nombreux parmi les Coléoptères. Mais il est remarquable que ce soit seulement parmi les Clavicornes de Latreille qu’elles sont unies au repos par une suture droite, et recouvrent en entier les ailes inférieures (Sil phales, Histériens, Nitidulaires, ete.); partout ailleurs, l'un ou l’autre de ces deux caractères fait défaut. Ainsi, chez les HyLorcgrus, qui ont ces organes aussi courts que les Staphyliniens, les ailes inférieures ne se reploient pas sous eux. Chez les Mevor, ils sont à la fois déhiscents et imbriqués ; chez les OEdémérides et plusieurs Longicornes, rétrécis et comme subulés en arrière; ou bien, s'ils se comportent comme dans la famille actuelle (Moconcuus, Hesruesis), les aies inférieures restent à découvert.

Coléoptères. ‘Tome IL, 2

18 STAPHYLINIENSe

leur nombre n'est que de cinq en tout (1). Du reste, c’est là tout ce qui sépare rigoureusement les deux familles, qui sont par conséquent très-voisines. Dans celle-ci tous les autres organes ne donnent que des caractères précaires et variables ; néarimoiris leur étude est d’un grand intérêt, à commencer par là structure générale du corps.

Il n'existe peut-être pas de Coléoptères où ses diverses parties soient aussi lâchement unies ensemble, et par suite, plus mobiles, disposition qui est l'extrême opposé de celle qui existe chez les Dytiscides, les Buprestides, etc. Cette mobilité est en outre favorisée dans le plus grand nombre des espèces, par sa forme allongée et linéaire; quelques Aléocharides, la plupart des O es et des Protéinides, sont seuls courts ct larges. Il est rare (Os , Pæognus) qu'il ne soit pas en même temps plus où moins déprimé.

La tête, de forme très-variable, est parfois enfoncée dans le prothorax jusqu'aux yeux; plus fréquemment encore elle est munie en arrière d'un col brusquement formé, et, dans un assez grand nombre de genres , (Aurauia, FaranrA, Sniuicus), elle ne tient plus au prothorax que par un court et güêle pédoncule en forme de nœud.

Les yeux sont latéraux, petits ou médiocres et peu saillants ; les STENUS . et les Mecazops font seuls exception à cel égard, Les stemmales ou ocelles, qu'on a cru pendant assez longtemps étrangers aux Coléoptères, existent ici dans une tribu entière, celle des Omalides (2). Ils sont trèspelits et situés soit sur le front, au niveau du bord postérieur des yeux, soit sur ce bord même.

Les antennes sont médiocres, très - exceptionnellement (Pirsrus) aussi longues que le corps, droites ou géuiculées, filiformes ou en massue, el il est assez rare qu'elles ne soient pas, au moins en partie, moniliformes. Leur insertion, qui joue un grand rôle dans la caractéristique des tribus, a lieu de trois manières différentes : dans des excavations latérales du front, en avant des yeux (la plupart des espèces), sur le front méme (Aléocharides, Sténides), sur le bord antérieur de l'épistome (Slaphylinides).

Plusieurs particularités intéressantes se remarquent dans la structure des organes buccaux.

Ainsi le labre est souvent muni en avant d'une bordure membraneuse ou d'appendices de même nature, près de ses angles antérieurs,

{1} Ce dernier caractère n'existe même plus, rigoureusement parlant, depuis que M. 3. L. Le Conte, ainsi qu’on le verra plus loin, a signalé l'existence de six segments abdominaux chez les Eurrecrus, dont le facies se rapproche en outre beaucoup de celui de quelques Oxytélides, Néanmoins, je ne pense pas que cette exception isolée suffise pour autoriser la réunion des deux familles; les exemples de ce genre abondent dans le Règne animal.

(2) En dehors de cette tribu, il n’y a que deux espèces, le Trogophliœus argus étle Phiæobium clypeatum, qui possède des stemmates, et encore cette dernièré n’en à qu'un seul. d

STAPHYLINIENS. 19

ou sur les côtés. Les Staphylinides sont presque les seuls qui l'aient bien développé, et ce sont les seuls chez lesquels il est divisé en deux lobes par une fissure médiane généralement très-étroite; chez les autres il est presque toujours fortement transversal et entier.

Les deux lobes des mâchoires sont en général assez larges ‘el ciliés, l'interne en dedans, l'externe à son extrémité; la division de celui-ci en deux articles est souvent fort obscure ; l'interne est parfois (Omalides) terminé par un crochet corné. Dans quelques genres d’Aléocharides (Pnonomxs, Gymnvsa, Myzzæna) les deux lobes sont très - longs, très-grêles et l'interne est crochu à son extrémité et pluridenté au côté interne, Les quatre articles dont se composent les palpes maxillaires sont en général bien distincts, et il est de règle que le premier soit trèscourt; très-souvent le dernier est très-petit et aciculaire. Chez les Sténides même il est tellement réduit qu'on le distingue à peine; mais ici le premier s’allonge, comme par une sorte de compensalion.

Quant à la lèvre inférieure, son organisalion est de nature à jeter un grand jour sur la composition de cet appareil dans les Coléoptères en général. On y distingue en effet quatre parties : le menton, qui est généralement corné et très-court ; une seconde presque toujours plus grande que le menton et qui est membraneuse ou coriace (1); la troisième de même nature, mais plus petite, assez souvent peu apparenle, el qui sert de base aux supports des palpes labiaux; enfin, la languette proprement dile, qui varie beaucoup ainsi que ses paraglosses (2). Les palpes labiaux sont toujours plus courts que les maxillaires, et il ya quelques exceptions au nombre normal de leurs articles: ainsi ceux des Azsocnara en comptent quatre; ceux des Aurazra, Eurxusa, ctc., deux seulement ; ceux des Dicuossa, Sazusa, Mycæxa, ctc., un seul,

Le prothorax très-mobile et de forme très-variable, n'est jamais exactement contigu aux élylres ; il en est séparé par un intervalle qu, ce qui est beaucoup plus commun, il recouvre un peu leur base qui présente même habituellement une dépression pour le recevoir. En dessous, sa base est toujours coupée carrément, de sorte qu'il n'y a

(1) C’est cette partie que Fabricius a prise pour Ja languette dans la famille actuelle. Solier, qui a figuré les organes buccaux d'un assez grand nombre do Staphyliniens du Chili (in Gay, Hist. de Chile, Goleopt. PL. 5, 6, 7), l'a regardée comme faisant partie du menton, et la comprend dans la description qu’il donne de ce dernier.

(2) TH ést probable que telle est là composition de la lèvre inférieure chez tous les insectes broyeurs en général, comme le dit Erichson (Staphyl. p. 10) mais, pour ce qui concerne les Coléoptères, il y à une foule dé familles où il est impossible de reconnaitreles quatre parties signalées dans le texte. Les deux intermédiaires sôconfondent sans doute intimement avec la Janguette, Des recherches suivies, faites sur des individus vivants, jetteraient du jour sur cette question, et il serait à désirer qu’elles fussent entreprises.

20 STAPHYLINIENS.

pas de saillie prosternale. Souvent en outre, un espace membraneux existe, soit uniquement entre les hanches antérieures, soit en arrière de ces organes. Il y a même bon nombre d'espèces (la plupart des Staphylinides et en particulier Acropes), où cet espace envahit une partie notable de sa surface inférieure.

Sauf chez la plupart des Sténides et des Oxytélides, il existe un écusson entre les élytres. Celles-ci, prises ensemble, forment un carré long qui, en général, ne dépasse pas la poitrine en arrière ; mais dans deux tribus, les Omalides et les Protéinides, ces organes s’allongent et recouvrent une plus ou moins grande parlie de l'abdomen, sans qu'il soit souvent possible, par suite du retrait variable qu'éprouve ce dernier après la mort, de préciser exactement le nombre des segments ainsi cachés.

L'abdomen est la partie la plus mobile du corps, et les Slaphyliniens le meuvent avec facilité dans tous les sens, surtout en dessus. Tous s'en servent pour refouler leurs ailes inférieures sous les élytres quand ils cessent de voler ; la plupart relèvent son extrémité en marchant; il en est même (Gxnornæxa) qui le portent habituellement renversé sur le prothorax ; cependant plusieurs (Tacnxronus, Myegroronus) le müintiennent dans une position horizontale ou le recourbent même en dessous. Le nombre normal de ses segments est de six ; le septième n’est pas constant et souvent est rétractile à la volonté de l'animal, ou propre aux mâles (1). C’est dans ce segment ou dans le sixième, parfois dans tous deux, que s’observent les caractères sexuels dans la plupart des espèces. Deux stylets latéraux velus, qu'on apercoit dans beaucoup d'entre elles, appartiennent aux organes externes de la génération. Indépendamment des segments dont il vient d’être question, il existe constamment à la base de l'abdomen en dessus, immédiatement en arrière du métathorax, un demi-segment, généralement très court, recouvert par Les élytres, portant une paire de stigmates, el dont on n'aperçoit aucune trace en dessous. La région dorsale compte par conséquent un anneau de plus que la région ventrale (2). A l'imitation d'Erichson,

{1) M. Schiædte (Germar, Zeitschr, V, p. 476) a émis l'opinion qu’il ne fallait pas tenir compte de ce segment, par la double raison qu'il est rétractile et qu’il est spécialement destiné à protéger le cloaque. Ce savant entomologiste convient néanmoins que ce n’est au fond qu'un segment qui a été modifié dans ce but. Je crois, avec Erichson (Arch. 1816, Il, p. 30), que puisque c’est un segment, il n’y a aucune raison pour ne pas le compter quand il est visible. Au reste, cette question, qui se rattache à celle plus générale de la segmentation du corps

@chez Les Articulés, est plutôt du ressort de l'anatomie que de la zoologie sys-

tématique, qui se borne à constater l'existence et les modifications des organes, sans avoir à s’oceupet de leur origine et de leur signification.

(2) Ce demi-segment dorsal n’est pas particulier à la famille actuelle ; mais on ne peut le voir chez les autres Coléoptères, dont l'abdomen est membraneux en dessus et recouvert par les élytres. Je l'ai retrouvé chez quelques Psélaphiens,

STAPHYLINIENS., 21

ôn a coutume de passer ce demi-segment sous silence et je me conformerai à cet usage,

Les pattes des Staphyliniens sont en général médiocres et peu différentes sous le rapport de leur longueur relative. Les hanches antérieures sont le plus souvent coniques ou irrégulièrement quadrangulaires, très-saillantes et dirigées en arrière (1). Celles des Piestides sont petites, globuleuses et enfoncées dans leurs cavités cotyloïdes. Une troisième et dernière forme s’observe chez les Protéinides, oùelles sont subeylindriques, et transversalement obliques. Les intermédiaires, coniques ou subeylindriques, sont couchées sur la poitrine, dans l'axe du corps où un peu obliquement. Les postérieures sont le plus souvent cylindriques ou lamelliformes et transversales; dans quelques tribus (Slaphylinides, Pédérides, etc.), elles affectent la forme de cônes courts ct obus, Les tro@hanters postérieurs, sans être aussi gros et aussi libres que chez les Carabiques, le sont plus que dans les autres Coléoptères (2). Les cuisses sont presque toujours simples et mutiques, les jambes assez Souvent épineuses, ou sur la plus grande partie de leur surface (Staphylinides), ou sur leur tranche externe seulement (la plupart des Oxytélides, quelques Omalides, etc.). Leurs éperons Lerminaux sont assez rarement bien développés, et dans ce cas, toujours inégaux.

Quant aux tarses, cette famille fournit l'objection la plus forte qu'on puisse élever contre le système tarsal. A côté de la majorité des genres qui sont pentamères, il s’en trouve plus de quinze parmi les Aléocharides seulement, qui sont hétéromères, mais des héléromères ren=. versés, comme l'a dit Erichson, c'est-à-dire, qui ont quatre.anticlesraux tarses antérieurs el cinq aux quatre postérieurs; plusieurs autres, parmi les mêmes Aléocharides, les Tachyporides et les Sténidesssont tétramèressrenfin tous les Oxytétideswrais"et une partie des Protéinides

dont l'abdomen est dans les mêmes conditions que celui des Staphyliniens. Erichson (loc. cit.) me paraît avoir très-bien expliqué son origine. Le nombre typique des segments abdominaux est de neuf chez les larves des Coléoptères, comme dans celles des autres insectes à métamorphose complète, et cependant on n'en retrouve, au maximum, que sept dans l'abdomen de ces insectes à l’état parfait; il en manque par conséquent deux qu'il s’agit de retrouver. Le plus postérieur est celui dont il est question en ce moment, l’autre forme une partie de la région dorsale du métathorax. Tous deux portent des stigmates, par la raison que les deux premiers segments abdominaux des larves qu'ils représentent sont pourvus de ces organes.

(1) 11 faut souvent les enlever pour apercevoir l’espace membraneux mentiooné plus haut, ou les stigmates prothoraciques dont il sera question plus loin.

(2) Erichson les a fait entrer dans la caractéristique des tribus, en les appelant fulcrantes, quand ils sont assez saillants, et simplices dans le cas contraire. Mais la différence entre ces deux formes est presque nulle et échappe le plug souvent à l'observation. Je n’ai pas cru devoir faire usage de ce caractère.

22 STAPHYLINIENS,

sont trimères. Maïs jamais il n'y a sous ce rapport de différences entre les sexes, comme cela se voit dans d'autres familles, par éxemple celles des Mycétophagides et des Malachiides. Il n’est pas rare que les tarses antérieurs soient dilatés soit chez les mâles seulement, soit dans les deux sexes; dans quelques Staphylinides ils le sont au point de former une grande palette. Le pénultième article est parois (Pæbenus, beaucoup de Srexvs) bilobé.

La poitrine est à l'état normal, c'est-à-dire formée presque en lotalité par le métasternum. Il est assez convexe dans les espèces qui ne sont pas fortement déprimées, et envoie une saillie plus où moins longuë entre les hanches intermédiaires. Les épimères de ses parapleures sont très-grändes, mais placées au côté externe des épisternums le long desquels elles remontent sous la forme de triangles très-allongés. Elles sont toujours recouvertes en grande partie par les bords latéraux des élytres. Le mésosternum est une simple lame appliquée contre la face antérieure du métasternum.

Erichson a tiré on parti très-heureux des stigmates prothoraciques (1), pour la classification de ces insectes. Ces organes sont situés immédiatement en arrière et près du bord externe des hanches antérieurcs, transversalement allongés, et affectent trois dispositions différentes. Tantôt ils sont complètement à découvert (Aléocharidés, Tachyporides, la plupart des Staphylinides), et entourés (Tachyporides, les Siapliylinides indiqués), ou non (Aléochärides), d'un péritrème corné ; tantôt (le reste des Staphylinides) ils sont recouverts par une petite plaque cornée, libre, triangulaire, qui pourrait bien n'être que le péritrème en question très-développé; tantôt enfin (les autres espèces} entièrement cachés parles épimères du prothorax.

À l'état parfait, les Slaphyliniens recherchent particulièrement les substances putrides animales et végétales. Plusieurs cependant, notamment:ceux qui vivent sur les fleurs ou dans les Champignons, paraissent être carnivores, les premiers faisant la chasse aux pelits insectes, les autres dévoränt les larves qui abondent dans les cryptogames en question. Ces insectes ont des stations très-variées, et qui n'ont rien de fixe pour la plupart des espèces. On les trouve dans les cadavres, le fumier, les bouses à demi-desséchées, sous les feuilles tombées, les mousses, les écorces ; plusieurs sont littoraux; enfin, un assez grand nombre vivent habituellement en société avec plusieurs espèces de fourmis (2).

(1) Outre cette paire de stigmates, il y en a neuf autres, dont deux appartiennent au mésothorax et au métathorax, et sont cachées par les élytres. Les sept autres sont affectées à l’abdomen ; la première est placée sur le demisegment dorsal dont il a été question plus haut, et ne peut pas non plus se voir sans soulever les élytres; les six dernières sont placées près des bords latéraux de l'abdomen en dessus. Elles sont très-petites ct à peine visibles à l'œil au.

(2) Pour ces espèces myrmécophiles, voyez le mémoire de M. Mærkel, inti-

STAPHYLINIENS. 23

Leur démarche est assez agile et ils prennent leur vol assez fréquemment, mais le prolongent peu. Les grandes espèces, quand on les inquiète, font sortir de leur cloaque déux vésicules blanchâtres, ovoïdes, qui exhalent une odeur pénétrante su? generés (1). Dans nos climats ces insectes ne présentent, à l'exception des Pævenvs, qu'une livrée uniforme, noire, brunâtre, testacée oggreue ; mais les espèces des pays chauds ne le cèdent souvent en rieñ, sous ce rapport, aux Coléoptères que la nature s’est plu à parer de brillantes couleurs.

Les larves des Staphyliniens, dont on ne connaît encore qu'on nombre limité, ont des habitudes pareilles à celles des insectes parfaits, et leurs caractères généraux sont les suivants (2) :

Elles se rapprochent plus des insectes parfaits que celles de la plupart des autres Coléoptères. Leur corps, composé de treize segments, comme de coutume, ést allongé, plus ou moins déprimé, linéaire ou un peu rétréci en arrière. La téte, cornée et horizontale, a presque la forme qu'elle aura plus tard, et porte des antennes de quatre à cinq articles, et de six à un ocelles de chaque côté. La cavité buccale est fort petite et semble ne pouvoir admettre que des aliments fluides. Les organes buccaux sont néanmoins au complet et se composent : d'un labre sujet à manquer ; deux mandibules plus ou moins longues, falciformes, dentées en dedans ou bifides à leur extrémité (5); deux màchoires éloignées de la languette, terminées par un seul lobe et portant des palpes de trois à quatre articles ; une lèvre inférieure consistant en un menion corné, une pièce intermédiaire portant des palpes de trois articles, et une pelile languette. Les segments thoraciques el abdominaux portent, les premiers en dessus seulement, les seconds en dessus et en dessous, des écussons cornès. Le neuvième ou dernier de l'abdomenestmuni.de deux appendices sy ilornes plus ou moins longs et composés de deux à quatre arlicles. Un prolongement anal (rès-saillant, tubuleux, incliné et qui sert à la progression, termine le corps. Les pattes sont courtes el composées de cinq pièces doit la dernière, qui représente le tarse, porte un seul crochet. Il y a neuf paires de slig:

tulé : « Beitræge zur Kenntniss der unter Ameisen lebenden Insekten, » dans Girmar, Zeïtschr. V, p. 193.

(4) Pour quelques détails sunces vésicules, voyez L, Dufour, Ann. d. Sc. nat. VI, p. 16.

() Erichson a donné deux fois (Staphyl. p. 15, ct Archiv. 1841, I, p. 78) les caractères généraux de ces larves, mais en les empruntant exclusivement à celles des Sraruxzinus et des Ocypus, les mieux connues de toutes, de sorte qu'ils ne s'appliquent pas exactement à toutes les espèces actuellement connues. MM. Chapuis.et Candèze (Mém. d. I. Soc, d. Sc. d. Liège, VII, p. 395) les ont aussi exposés brièvement. |

(3) Evichson avait cru d’abord (Slaphyl. loc. cit.) qu'elles étaient percées d’une ouverture près de leur extrémité, comme celle des Dytiscides ; depuis (Archiv, loc, cit.), il a rectilié cette erreur.

94 STAPHYLINIENS,

males, dont nne située sur la membrane qui unit le prothorax au mésothorax ; les autres le sont sur les huit premiers segments abdominaux près de leurs bords latéraux supérieurs.

Ces larves, qui ont beaucoup d'analogie avec celles des Carabiques, des Dytiscides, des Silphales et des Histériens, se rencontrent principalement en automne et au printemps. Les nymphes n'offrent rien de particulier. 2

Si l'on en jugeait par les collections et les auteurs, l'Europe, à elle seule, posséderait plus d'espèces de cette famille que tout le reste du globe, et celle-ci serait faiblement représentée dans les régions intertropicales. Mais la petitesse, les couleurs peu attrayantes et les mœurs de la plupart de ces insectes expliquent suffisamment cette disproportion apparente dans leur distribution géographique. Quand ils seront moins négligés par les voyageurs, elle se renversera probablement en faveur des espèces exotiques. Il yenaen ce moment près de 2,000 de décrites (1), et tout annonce que ce groupe deviendra un des plus considérables de l'ordre des Coléoptères.

Linné avait compris les vingt-quatre espèces qu'il connaissait dans son genre SrarnyLinus, en leur adjoignant deux autres espèces appartenant à des familles différentes (2). Gravenhorst le premier, dans deux ouvrages remarquables (5), essaya de mieux circonscrire leurs genres et.en créa un grand nombre de nouveaux ; il donna en même temps à ces insectes le nom de Microptères, que Latreïlle changea plus tard en celui de Brachélytres (4). MM. de Mannerheim (5) et Nordmann (6) sont ensuite les auteurs qui ont le plus contribué à perfectionner la classification de la famille. Mais tous ces travaux ont été éclipsés par la Monograpbhie qu'Erichson (7) a publiée, et qui est un modèle sous tous les

(1) La Monographie d’Erichson en contient 1,546.

(2) Son Siaphylinus sanguineus est un Psélaphien, le canfharellus un Mazs- CHIUS.

(3) Microptera Brunswicensia; in-80, Brunsvigiæ, 1802. — Monographia Coleopterorum micropterorum; in-80, Gottingæ, 1806.

(4) Fam. natur. p. 243 (1825). Dans tous ses ouvrages antérieurs, sans exception, Latreille leur avait donné le nom de Staphyliniens.

(5) « Précis d’un nouvel arrangement de la famille des Brachélytres, » dans les Mém. présentés à l’Acad. de St-Pétersb. FL, 1830. Je cite, comme l'a fit Erichson, le tirage à part.

(6) « Symbolæ ad Monographiam Staphylinorum, » dans les Mém. d. l’Açad. d. St-Pétersb. Mém. d. savants étrang. IV, 1836. L'auteur ne s’est occupé que de la tribu des Staphylinides, qu'il appelle Fissilabres, avec Latreille, è

(7) Genera et Species Staphylinorum; in-8, Berolini, 1840. Erichson avait posé les fondements de sa méthode dans ses Kæf. d. Mark Brand. Bd. I.

Depuis cet euvrage, qui a donné une vive impulsion à l'étude de ces insectes, il a paru sur eux une foule de notices; la plus importante me parait être celle de M. Kiesenwetter, intitulée : «Die Staphylinen-Fauna von Leiphig umgegend.»

STAPHYLINIENS, S 25

rapports. Les onze tribus dans lesquelles il a réparti ces insectes, sont très-naturelles et universellement adoptées. Je n'y ai apporté aucun changement et me suis contenté d'y intercaler les genres qui ont été créés depuis (1).

I. Stigmates prothoraciquésWwisibles, rarement recouverts par une plaque cornée libre.

Antennes insérées au bord interne des yeux. L ALÉOCHARIDES. —— sous les bords latéraux du front. TACHYPORIDES. — sur le bord antérieur de l’épistome. STAPHYLINIDES: I. Stigmates prothoraciques cachés par les épimères du prothorax.

À Hanches postérieures coniques.

a Un espace membraneux entre les hanches antérieures. PéDÉRIDES.

aa Prothorax entièrement corné en dessous. Antennes insérées sous les bordslatéraux dufront. Pinoratmipes.

— sur le front. STÉNIDES.

B Hanches postérieures transversales.

b Les antérieures globuleuses, non saillantes. Prsries. db — coniques, saillantes.

c Point d’ocelles.

Abdomen de sept segments. OxYTÉLIDES.

— . desix — PHLoEOCHARIDES.

cc Deux ocelles sur le front. OxaLiDEs.

bÜ6 Hanches antéricures subeylindriques, couchées transversalement. ProrÉImIDES.

Stettin. ent. Zeit. 1844; p. 307, 340 et 370. — M. Westwood (Trans. of the ent. Soc. LV, p. 45) a également publié un travail intéressant sur les espèces de la collection de Linné, qui est, comme on sait, la propriété de la Société linnéenne de Londres. {

(1) J'ai été obligé de rejeter à la fin de la famille, sous forme de supplément, un assez grand nombre de genres établis par Solier sur des espèces du Chili, et que je n'ai pu, par suite des caractères incomplets qu'il leur à assignés, faire rentrer dans le cadre tracé par Erichson.

Quelques autres, fondés, ou plutôt indiqués par M. De Motschoulsky (Bull. Mose. 1845, E, p. 39 sq.), sous les noms de Zonyrrius, Ruvomacera, RAYACHEILA et PLarYcoNUM, rentrent dans la catégorie de ceux dont je n’ai pas à m’oceuper.

°6 ‘ STAPHYLINIENS.

TRIBU I

ALÉOCHARIDES.

Stigmates prothoraciques visibles. — Antennes insérées sur le front au bord interne des yeux. — Labre entier, sans bordure membraneuse. — Dernier article des palpes maxillaires très-petit, aciculaire. — Point d'ocelles. — Elytres laissant en entier l'abdomen à découvert. —Celuici rebordé latéralement; son septième segment le plus souvent indis: tinct. — Hanches antérieures coniques, les postérieures transversales ; articles des tarses en nombre variable. — Un espace membraneux au prothorax en dessous.

Cette tribu formée en grande partie de l’ancien genre ALrocara de Gravenhorst, est de toutes celles de la famille la plus difficile à étudier. C’est en même temps celle où les mächoires (1), le nombre des articles des palpes labiaux et celui des tarses sont le plus variables.

Les plus grands de ces insectes sont à peine de taille moyenne, et les couleurs autres que le noir, le brun de poix ou le testacé leur sont com» plètement étrangères. Leurs habiludes sont assez variées, cet il est assez remarquable que c'est parmi eux que se trouvent la majeure partie des Staphyliniens myrmécophiles.

Ce qu'on sait de leurs premiers élats se borne à très-peu de chose. M. Wéslwood (2) a figuré et trop brièvement décrit une larve qu'il regarde comme étant celle de l'A/eochara fuscipes, el Erichson (5) a donné quelques courts détails sur celle d'une espèce indéterminée d'Homauora, trouvée par lui sous l'écorce d'un pin. À part quelques légères différences, elle est complètement semblable à celle des Staphylinides.

Les 27 genres qui composent la tribu ont tous des représentants en Europe.

I. Tête tenant au prothorax par un pédoncule grêle : Aufalia, Falagria. Il: — engagée dans le prothorax avec ou sans col, A Palpes labiaux de trois, très-rarement de quatre articles.

a Angles postérieurs du prothorax non saillants ou nuls,

b Palpes labiaux de trois articles.

ÿ1) La forme la plus ordingire qu'affectent ces organes est celle qu'on observe ! chez les Homazora, et comme ce genre est le plus nombreux de la tribn, j'ai cru devoir, pour plus de brièveté, le prendre pour terme de comparaison.

(2) An Introd. to the mod. classif. of Ins. L. p. 166, £. 16, n° 13; et antérieurement dans le Zool. Journ. nos 9 et 12,

(3) Arch. 1841, IL, p. 80. «

ALÉOCHARIDES. 27

e Tarses antérieurs de quatre, les autres de cinq articles, Jambes inermes : Myrmedonia, Bolitochara, Tachyusa, Homalofa, Semiris. dde Jambes épineuses : Phytosus. S ce Tarses de cinq articles : Oxypoda, Qcalea, Calodera, Microcera, Phlæopora.

cec Tarses de quatre articles : Hygronoma, Oligota. bb Palpes labiaux de quatre articles : Aleochara.

aa Angles postérieurs du prothorax très-saillants : Dinarda, Lomechusa.

B Palpes läbiaux de deux articles ; tarses antér. de quatre, les autres delleing articles : Zuryusa, Gyrophæna, Peliusa, Placusa. C Les mêmes palpes, d’un seul article long et sétacé (1). d Jambes non épincuses.

Tarses antér. de quatre, les autres de cinq articles : Silusa, Pronomea, Myllæna. !

Tarses de quatre articles : Diglossa.

d@ Jambes épineuses ; tarses de cinq articles : Gymnusa,

AUTALIA.

(Lracn) Laconn. Faune ent. d. env. d. Paris, 1, p. 557.

Menton allongé, rétréci et profondément échancré en avant; ses lobes arrondis. =Banguette très-grêle, allongée, quadrifide au bout, les deux divisions externes plus grandes que les.internes et divergentes; ses paraglosses très-courtes, ciliées. — Palpes labiaux de deux articles subégaux : le 1° cylindrique, le 22 un peu épaissi au bout; les maxillaires médiocres ; leurs articles 2-3 égaux, — Mâchoires des Ho- MALOTA. — Mandibules inermes. — Labre assez grand, arrondi en avant. — Tête suborbiculaire, tenant au prothorax par un col court et très-élroit. — Yeux médiocres, peu saillants. — Antennes médiocres ment robustes el longues, de onze articles : le 2 et le 3e obconiques; les suivants transversaux, serrés. — Prothorax beaucoup plus étroit que les élytres, ayant ses angles antérieurs arrondis, tronqué à sa base. — Elytres assez grandes ; leurs angles externes apicaux arrondis, — Abdomen linéaire. — Pattes médiocres; les intermédiaires peu écarlées à leur base; tarses antérieurs de quatre, les autres de cinq articles; leurs quatre premiers articles subégaux. — Corps allongé, linéaire, ailé,

On n’en connaît que deux espèces, assez communes dans la plus

(1) Quelquefois (SiLusa) on y aperçoit un vestige de division en trois articles.

28 STAPHYLINIENS,

grande partie de l'Europe, dont l’une (ëmpressa) vit dans les bolets, et l'autre (rivularis) sous les pierres, dans les bouses à demi-desséchées, et quelquefois dans les nids des Formica rufa et fuliginosa. Leur facies est presque le même que celui des FaLAGrrA qui suivent.

FALAGRIA.

(Leacu) Laconn. Faune ent. d. env. d. Paris, X, p. 5554

Menton transversal, légèrement échancré en avant. — Languette courte, étroite, bifide en avant; ses paraglosses très-pelites, acuminées au bôut et ciliées en dedans. — Palpes labiaux de trois articles ; le 2° de moitié plus court que le 4er ; les maxillaires médiocres ; leurs articles 2-3 suhégaux. — Mächoires, mandibules et labre des Aurazra. — Tête suborbiculaire, tenant au prolhorax par un col très-court et très-grêle. — Yeux médiocres, planes. — Antennes assez longues, en général peu robustes ; leurs articles 2-3 obconiques, subégaux, plus longs que les suivants. — Prothorax très-souvent transversal, rétréci en arrière, : oblusément anguleux en avant sur les côtés, assez Convexe en dessus. — Elytres médiocres, tronquées en arrière. — Abdomen sublinéaire. — Paites médiocres, les intermédiaires légèrement distantes à leur base ; tarses antérieurs de quatre, les autres de cinq articles, les quatre premiers décroissant graduellement, — Corps assez allongé, subparallèle, ailé, très-finement pubescent.

La plupart des espèces ont l'abdomen habituellement relevé pendant la vie; quant aux différences sexuelles, dans le petit nombre de cas où elles existent, elles consistent en une impression plus ou moins marquée sur le front des mâles. Le genre est assez riche en espèces et répandu en Europe, dans le nord de l'Afrique et dans les deux Amériques; le plus grand nombre de celles décrites appartiennent à ce dernier confinénts En Europe, ces insectes sont, pour la plupart, myrmécophiles (4). :

(4) Depuis le travail d'Erichson, qui contient 23 espèces, on n’a publié que les suivantes : Esp. européennes : Æ. pusilla, Heer. Col. helvet. E, p. 351. — Esp. asiatique : F. crassiuscula, Aubé, Ann. d. 1. Soc. ent. Sér. 2, VII, p. 301; de Batoum. — Esp. de l'Amér. du Nord : F. erythroptera, globosa, Melsheim. Procced. of the Acad. of Philad. I], p. 30. — longicornis, amabilis, Sachse, Stettin. ent. Zeit, 1852, p. 116.

La Fal. elongata de M. Kolenati (Melet. ent. IL, p. 5) est une Tacuyusa, e peut-être une variété de la 7. balteata, selon Erichson, Arch. 1847, IL, p. 101.

ALÉOCHARIDES. 29

Pic MYRMEDONIA.

Enxcus, Die Kœf. d. Mark Brand. 1, p. 286 (1).

Menton transversal, légèrement échancré en avant. — Languette très-courte, bilobée; ses lobes arrondis, ses paraglosses à peine ou pas plus longues qu'elle, larges, subacuminées, glabres au côté interne. — Palpes labiaux de trois articles décroissant graduellement; les maxillaires médiocres, leur 22 article plus court que le 3e. — Lobe interne

‘ des mâchoires membraneux, corné en dehofs, fortement pubescent ; l'externe beaucoup plus long, corné, grêle, pubescent au bout. — Mandibules inermes. — Labre assez grand, transversal, tronqué ou un peu arrondi en avant. — Tête subarrondie, aussi ou un peu moins large que le prothorax, munie d'un col assez gros en arrière. — Yeux médiocres, peu saillants. — Antennes assez robustes, de onze articles ; le 3e plus long que le 2e ct les suivants, le 11° souvent acuminé. — Prothorax un peu plus étroit que les élytres, arrondi à sa base, un peu déprimé en dessus. — Elytres un peu sinuces à leur extrémité. — Abdomen aussi large qu'elles; son 7° segment indistinct. — Pattes médiocres; les intermédiaires écartées à leur base; tarses antérieurs de quatre, les autres de cinq articles; les quatre premiers décroissant graduellement. — Corps subparallèle, médiocrement ou assez allongé, tantôt finement ponctué et pubescent , tantôt lisse et glabre, ailé ou aplère.

Genre assez riche en espèces et répandu en Europe, en Afrique, aux Indes orientales et dans les deux Amériques. Celles de nos pays se trouventpour la plupart sous les pierres, en compagnie des Formica flava, rufa ct fuliginosa. Elles portent en général leur abdomen fortement relevé. Les différences sexuelles sont nulles où peu prononcées chez la plupart; chez les autres, les mâles se reconnaissent à leur front impressionné, leur prothorax plus ou moins canaliculé, et à leur dernier seg. ment abdominal échancré, caractères qui n'existent pas ou sont moins

(1) Syn. Drustzca (Leach), Samouel. Ent. usef. Compend. ed, 1, p. 177; sans caractères ; je les ai donnés le premier, en 1832, dans la Faune ent. des env. d. Paris, 1, p. 554; mais auparavant, Swainson (Z0ol. Hlustr. I, Tab. 2) avait appliqué ce nom à un genre de Lépidoptères diurnes. Leach ne comprenait dans le genre que la Myrim. canaliculata.—Asriceus (Dausizra), ZYras, PELra, Steph. IL. of. Brit. ént. V, p. 106, 430 et 434. — Ponus, Hope in Royle, Hymal. Zool. Tab. 9. L'espèce (P. ochraceus) sur laquelle est établi ce genre s'éloigne des autrés Myrmeponta par ses jambes épineuses. Erichson n'a pas jugé ce caractère suffisant pour la retirer du genre actuel. — Bozirocaara pars, Manh, Brachél, p. 75,

30 STAPHYLINIENS.

prononcés chez les femelles (1). Le nombre des espèces décrites s'élève en ce moment à une quarantaine (2).

Le genre Drusizca de Leach, qu'Erichson a réuni à celui-ci, mériterait peut-être qu'on l'adoptât, à cause des différences que présente sa languelte, ainsi que le fait observer M. L. Redtenbacher (5).

BOLITOCHARA.

Mansenu. Br'achél. p. 752

Menton subtransversal, rétréci et légèrement échancré en avant. — Languelte grêle, allongée, bifide à son extrémité ; ses paraglosses Lrèscourtes, acumiriées au bout, cilites en dedans. — Palpes labiaux de trois articles, le 29 de moitié plus court que le 3°, tous deux cylindriques; les maxillaires médiocres, leurs articles 2-3 subégaux, — Màchoires des Homarora. — Mandibules inermes. — Labre recouvrant les mandibules, arrondi en avant. — Tête suborbiculaire, munie en arrière d'un col assez étroit et un peu moins large que le prothorax. — Antennes des FazacniA. — Yeux médiocres, peu saillants. — Prohorax un peu plus étroit que les élytres, graduellement rétréci en avant, avec ses angles antérieurs nuls, arrondi à sa base. — Elytres coupées carrément en arrière, avec un sinus bien distinct près de leurs

(1) Voyez, sur ce sujet, des remarques intéressantes de M. Mærkel in Germar, Zeitschr. V, p. 208. Ces différences sexuelles sont surtout prononcées chez los M. limbata, humeralis, fulgidu et Haworthi. Erichson n'a fait de cette dernière qu’une var*sté de la fulgida ; elle en est distincte, selon M. Mærkel,

(2) Aux 26 espèces décrites par Erichson, aj. : Esp. européennes : M. atrata, Heer, Col. helvet. 1, p. 309. — nigriventris, Chevrol. Rev. zool. 1843, p. 42 ; est une Howazora, suivant M. Aubé (Ann. d. 1. Soc. ent. Sér, 2, I, p. 90), et un Puyrosus suivant M. Schaum; voyez Kraatz, Stettin. ent. Zeit. 1853, p. 257.—cognata, Mærkel, Stettin. ent. Zeit. 1842, p. 142. — memnonia, similis, laticollis, Mærkel in Germar, Zeitschr, V, p. 199 sy.; la première est de l'Europe australe et se retrouve en Algérie ; M. Lucas (Explor. de l’Algér. Ent, p. 99) l’a décrite depuis sous le nom de M. tristis.— ruficollis, Grimm, Stettin. ent. Zeit. 1845, p. 126..— Esp. de la Russie mér. : M. gracilis, subtumida, confragosa, Hochhuth, Bull, Mosc. 1849, I, p. 24. — nigricollis, Motsch. ibid. 1845, 1, p. 41. — Esp. africaines : M. laminata, Roth in Wiegm. Arch. 1851, Ï, p. 117 ; d’Ahyssinie. — dispar, terminata, longicornis, Bohem. Ins. Caffrar. I, p. 265 ; de Natal. — satelles, suturalis, Erichs. Arch. 1843, p. 220; d’Angola. — Esp. de l’Amér. du Nord : . pygmea, Sachse, Stettin. ent. Zeit. 1852, p. 115; de la Georgie.

(3) Fauna Austr. Die Kæf, p. 648, note 2, La languette de la M. canaliculata, sur laquelle ce genre est établi, n'est pas membraneuse, courte et divisée en deux faibles lobes arrondis, comme chez les autres Myna£ponrA, mais cornée, saillante, et comme fourchue à son extrémité. Ainsi que le dit M. L. Redtenbacher, c’est frès-certainement elle qu'Erichson à figurée (Staphyl. pl. 8, f. 4) comme type de la languette du genre actuel.

ALÉOCHARIDES. 31

- angles externes. — Abdomen subparallèle, — Palles médiocres, les jitermédiaires peu distantes à leur base; larses antérieurs de quâtre, lés äutres de cinq articles ; les quatres premiers de ceux-ci décroissant graduelleinent. — Corps assez allongé, parallèle, ailé, finement pu-

« bescent.

Ce genre est assez voisin des FaracniA, mais en diffère par sa languette, le col de la tête plus gros et la forme du prothorax qui lui donne un facies différent, voisin de celui de certaines Oxyrona. Les mâles se distinguent des femelles par des tubercules ou des granulations que porte le sixième arceau dorsal de l'abdomen. Sauf une, découverte à Taïty, toutes les espèces connues sont européennes. C’est dans les holets qu'on les rencontre; une d'elles cependant (B. bella) a été trouvée dans les nids de la Formica fuliginosa (1).

TACHYUSA.

Entcus. Die Keœf. d. Mark Brand. I. p. 307 (2).

. Menton lransversal, rétréci et légèrement échancré en avant. — Languclle très-courte, bilobée, sans paraglosses. — Palpes labiaux de trois articles; le 2° beaucoup plus court que le 4r; le 3° aussi long que celui-ci, mais très-gréle; les maxillaires médiocres; leurs articles 2-3 égaux. — Mächoires des Homazora. — Mandibules inermes. — Labre transversal, tronquè en avant. — Tête arrondie, aussi large que le prothorax, rétrécie en un col plus ou moins grêle à sa base. — Yeux médiocres, peu saillants. — Antennes assez longues, gréles, leurs trois premiers articles allongés, égaux ; le {er plus gros que les deux autres. — Prothorax un peu plus étroit que les élytres, de forme variable. — Elytres tronquées obliquement en arrière, sinuées près deleurs angles externes. — Abdomen plus étroit que les élytres, ie plus souvent graduellement élargi en arrière, avec ses segments antérieurs inégaux. — Pattes longues, grèles ; les intermédiaires contiguës à leur base ; tarses allongés; les antérieurs de quatre, les autres de cinq articles; les quatre premiers de ceux-ci décroissant graduellement. — Corps allongé, ailé, finement pubescent,

Genre composé exclusivement jusqu'ici d'espèces européennes (3).

(1) Aux quatre espèces (lucida Grav., lunulata Payk., obliqua Er., varia” Er.) décrites par Erichson, aj. : Esp. européennes : B. elongata, Heer, Col. helvet. 1, p. 349. — bella, Mærkel in Germar, Zeitschr. V, p. 209. — eegans, L. Fairm. Ann. d, 1. Soc. ent. Série 2, X, p. 70; de Sicile. — Esp. de la Russio mér. B. pubescens, Kolenati, Melet. ent. JE, p. 50. — venusia, lœviuseula, Hochhuth, Bull. Mosc. 1849, p. 287. 2

(2) Syn. Iscuvorona, Stephens, Iustr. of Brit. ent. V, p. 430.

(3) Aux 17 mentionnées par Erichson, aj. : T. nigrila, concinna, flavocincta, *

32 STAPHYLINIENS.

La plupart se trouvent au bord des eaux où elles courent avec une ra= pidité extrême, les autres sous les pierres et les feuilles tombées ; presque Loutes portent leur abdomen relevé, comme la plupart des précédentes. Les mâles se distinguent quelquefois de leurs femelles par une impression sur le vertex et leur prothorax plus largement canaliculé.

: HOMALOTA. :

Manenn. Brachél. p. 73 (1).

Menton transversal, rétréci et légèrément échancré en avant, — Languelle très-courte, bilobée, sans paraglosses. — Palpes labiaux de trois articles ; le 2° de moitié plus court que le 4er, et un peu plus que le 3e qui est très-gréle; les maxillaires médiocres, leurs articles 2-3 subégaux. — Lobe interne des mâchoires membraneux en dedans, corné en dehors, coupé obliquement au côté interne et garni de cils spiniformes ; l’externe un peu plus long que lui, corné dans son milieu, membraneux à sa base et à son extrémité ; celle-ci pubescente. — Mandibules inermes. — Labre transversal, arrondi en avant. — Tête suborbiculaire, le plus souvent subsessile et munie en arrière d’un col gros et très-court. — Antennes médiocres, peu robustes, de onze articles : le 2° et le 3° subégaux entre eux, plus courts que le 4. — Prothorax de forme variable. — Elytres tronquées en arrière, avec un court sinus, en général bien distinct, près de leurs angles externes. — Pattes médiocres, les intermédiaires plus ou moins rapprochées : tarses antérieurs de quatre, les autres dercinq articles; Lous, sauf le dernier, courts et égaux entre eux (2). — Corps de forme variable, en général déprimé el ailé.

L'un des plus grands genres de la famille et de ceux dont l'étude est la plus difficile. M. De Mannerheim, son fondateur, n'y avait, dans l'origine, compris qu'une seule espèce, l'Alcochara plana de Gyllenbail ; Erichson l'a complété en y faisant entrer une multitude d'Aceocana et de BorxrocuArA des auleurs. Ainsi composé, le genre comprend des formes qui rappellent celles d'une foule d'autres genres de la tribu ac-

Heer, Col. helvet. I, p. 344. — Zata, Kiesenwet. Stettin. ent. Zeit. 1844, p. 315; sulcatæ, ibid, 1850, p. 218.— Ischnopoda chalybea (Rudd) Steph. À Man, of Brit. Col. p. 355.

(D) Syn. Cavuicenus, Grav. Mier. Brunsw. p. 65; genre établi sur l'A. callicera, et auquel Gravenhorst à renoncé plus tard (Mon. Col. micr. p. 145), co qui n'a pas empêché Stephens de le conserver (Man, of Brit. Col. p. 357. — CerAWors, Steph. Il: of Brit. ent. V, p. 161. Erichson a passé sous silence ce genre, qui doit manifestement rentrer dans celui-ci.

(2) Quelques espèces (concolor, livida, ambiqua, ete.) ont le {er article un peu plus long que le suivant, et se rapprochent ainsi des Oxyropa,

de mms nt. où mb date ste die à d'en à D.

ALÉOCHARIDES. 33

tuelle, formes qu'Erichson a toutes fait rentrér dans quatre sections (1). :

Aux 135 espèces, dont 16 douteuses, décrites par lui, on en a ajouté depuis plus de 100, mais dont beaucoup devront être revues avec soin avant d'être définilivement admises (2). !

Les habitudes n’ont rien de constant dans ce genre ; certaines espèces se trouvent dans les fourmilières, d’autres dans les bouses, les bolets, etc. Les différences sexuelles portent ordinairement sur le front, les antennes, et quelques-uns des segments abdominaux qui présentent chez les mâles des particularités étrangères aux femelles.

(1) I Corps linéaire; prothorax carré ou presque carré : H, graminicola Grav., vestita Grav., callicera Grav.; etc. ; 35 esp.

II. Corps linéaire; prothorax transversal : H. brunnea F., depressa Grax., socialis Payk., etc,; c’est la section la plus nombreuse ; Erichson en décrit 65 esp.

IT. Corps arrondi : trois espèces, dont une (nofha Er.) de Carinthie et deux (hiria, importuna Er.) du Brésil et de la Colombie.

IV. Corps fusiforme : H. cinnamomea, longicornis Grav., lividipennis Manh., etc.; 15 esp. : a

(2) Esp. européennes : H. grandis, cingulata, bicolor, pedicularia, rufula, laticollis, hirtella, lestaceipes, erythrocera, Pertyi, pubescens, alpestris, melanocephala, hœmorrhoidalis, indocilis, nigriceps, minutissima, longula, im= pressa, libialis, morio, rugulosa, lenuis, venustula, rufipes, vaga, femoralis, fracticornis, inconspicua, Heer, Col. helvet. I, p. 322; pulla, carbonaria, angularis, planiuscula, rubricollis, contempta, talpa, indigena, longipennis, ægra, morosa; ibid. p. 591, — ripicola, palustris, lugens, Kiesenw. Stettin. ent. Zeit. 1844, p. 317; nivalis, ibid. 1847, p. 74; scabra, ibid. 1848, p. 320; Reyi, torrentum, myops, granigera, hypnorum, tabida, ibid, 1850, p. 218. — validicornis, divisa, confusa, hospita, Mærkel in Germar, Zeitschr. V, p. 212. — fossigera, Manh. Bull. Mosc. 1843, p. 77. — nigrina, Planaticollis, major, castanea, eucera, nigerrima, Aubé, Ann. d. 1. Soc. ent. Sér. 2, VU, p. 304. — polita, Rosenh. Beitr. z. Inscktenf. Europ. p. 10. — soulpla, granulata, brevicollis, gagatina, Baudi, Studi ent. p. 116. — micans , Subalpina, longicollis, brunnipes, atricapilla, producta, incisa, livida, impressicollis, brevicornis, albopila, picipennis, incrassata, foveola, pusilla, montana, lœvana, sericea, basicornis, parens, conformis, Mulsant et Rey, Mém. d. l’Acad. d. Lyon, I, p. 155.

Pour des remarques sur la synonymie de quelques-unes de ces cspèces, voyez Kraatz, Stettin. ent. Zeit. 1853, p. 327. .

Esp. de la Russie mér.: Æ. {æniatu (testudinea Er.), carbonaria, biguttula (Aleochara nilida Grav.), Kolenati, Melet. ent. III, p, 8. — lævigata, forticornis, fulvicollis, granosa, Hochhuth, Bull. Mosc. 1849, p. 41.

Esp. africaines : H. pallipes, Lucas, Explor. de l’Algér, Ent. p, 102. — atricapilla, Bohem. Ins. Caffrar. 1, p. 268 ; de Natal.

Esp. de l'Amér. du Nord : #. maritima, picipennis, Manh. Bull. Mose. 1843, P. 224; de Sitkha. — granulata, Manh. ibid. 1846, I, p. 508; d'Ounalaschka. — flaveolu, polita, modeste, Melsheim. Proceed, of the Acad. of Philad. H, p: 90 ; des Etats-Unis,

Coléoptères, Tome II, 3

34 STAPHYLINIENS.

‘Ces insectes n'ont encore été observés qu'en Europe, en Afrique et dans les deux Amériques. $

SEMIRIS.

Page 1