‹ Histoire naturelle des insectes (volume 4)Chapitre 56 sur 90 · NITIDULAIRES · texte numérisé non relu

NITIDULAIRES

Elle est petité, allongée, un peu déprimée et d'un blanc sales Sa tête est de la largeur du corps, arrondie, plate, et de consistance parcheminée en dessus. Le labre est saillant et corné; les mandibules, les mâchoires et les palpes maxillaires diffèrent à peine des mêmes parties chez la Soronia grisea ; le menton est charnu, carré, la languette petite, arrondie en avant et ses palpes sont composés de deux articles : le 4° cylindrique, le 25 sétiforme. Les yeux et les antennes sont pareils à Ceux de la 5. griseæ, à cette séule différence près que : les secondes ont un pelit article accessoire au sommet du 2° article, Le segment prothoracique est entièrement cornè en dessus; ceux qui suivent, sont couverts de petites épines dirigées en arrière, qui les rendent âprés, et munis chacun en dessus d’une paire de crochets qui sont d'autant plus grands qu'ils appartiénnént à des segments plus postérieurs. Leur ensemble forme ainsi deux rangées qui s'étendent tout le long du dos. Il existe en outre de chaque côté des segments abdominaux un tubercule charnu portant une longue soie dirigée en dehors. En dessous, l'abdomen présente de longs poils disposés en séries. Son dernier segment est muni en dessus de deux paires de crochets pareils à ceux de la S. grésea, et se prolonge également en un tube anal, Les pattes et les stigmates ne diffèrent pas de ceux de cette espèce.

Cette larve vit sous les écorces dont elle se nourrit et dans lesquelles elle creuse des sillons ; dans son jeune âge elle est privée des rangées dorsales de crochets dont il a été question plus haut.

GENRE : Rhixophagus.

RHIZOPHAGUS.

Henvsr, Die Kæf. V, p, 18 (1).

Ménton transversal, concave, échancré en avant. — Languette cornée, petite, allongée, tronquée au bout, munie de deux petits appendices membraneux, ciliés. — Lobe des mâchoires large, coriace, garni de cils épineux en avant et dans sa moitié antérieure interne, de longs poils à sa base. — Palpes filiformes. — Mandibules courtes, terminées en une pointe simple, précédée de deux petites dents ciliées en arrière de celle-ci, munies d'une saillie à leur base interne. — Tête en triangle obtus un peu allongé, munie d’une saillie aiguë sous l'articulation des mandibules. — Antennes à {er article globuleux, 2° de même forme, plus petit, 3° un peu allongé, 4-8 courts, égaux, grossissant peu à pêu, 9-10 formant une petite massue ovale dont le 2 article est en partie renfermé dans le 12r. — Prothorax en carré équilatéral où un peu allongé, finement rebordé sur les côtés, à peine échancré à sa basé, avec

(1) Syn. Lvorcs, Fab., Payk., Panz, — Couyiun Fab. = Ips Oliv. == SYN* ours, Hellw. Daftschm,

RHIZOPHAGIDES. 331

ses angles postérieurs arrondis. — Elytres allongées, laissant le pygidium en totalité ou en partie à découvert. — Pattes médiocres ; cuisses assez robustes ; jambes un peu élargies à leur extrémité ; tarses simples, velus en dessous, crochets simples. — Prosternum fortement dilaté en arrière des hanches antérieures, coupé carrément et ne recouvrant qu’une partie de la portion horizontale du mésosternum; la saillie de ce dernier oblique, échancrée au bout et recevant le sommet du métasternum. — Corps allongé, grêle, parallèle, glabre, cylindrique ou déprimé.

Ces insectes sont de petite taille, noirs ou ferrugineux, et se trouvent exclusivement sous les écorces des arbres morts ou dans les fourmilières. On en connaît en ce moment une vingtaine qui, sauf deux espèces de là Polynésie, appartiennent à l'hémisphère boréal dans les deux continents (4).

Indépendamment de la structure de leurs tarses, les mâles se distinguent de leurs femelles par la présence d’un petit segment abdominal additionnel, et souvent par leur tête plus grosse et leur prothorax plus rétréci en arrière.

(1) Esp. européennes : Zyctus nitidulus, depressus, politus, bipustulatus, Fab. Syst. El, IL, p. 560 sq. — Lyclus ferrugineus, dispar, parvulus, Payk., Faun. Suec. I, p. 326 sq. — Rh. grandis, cribratus, parallelocollis, Gyllh, Ins. Suec. IV, p. 636 sq. — Rh. cœruleus, Waltl, Isis, 1839, p. 225. — Rh. perforatus, Erichs. Naturg. d.. {nsekt. Deutsch]. TL, P: 2H. — Cyanipennis (cœæruleus Wall), Hardy, Ann. of nat. Hist.XIX, p. 379.— Esp. de l'Algérie : Rh. ünicolor, Lucas, Explor. de l’Algér. Ent. p. 475.—Esp. dé l'Amérique du Nord : Rh. nanus, Érichs. in Germar, Zeitsch. IV, p.360; Mexique.— dimidiatus, Manh. Bull. Mosc. 1843, p. 300, — abbreviatus, Motsch. Bull. Mosc. 1845, n° IV, p. 371; ces deux dernières sont de Ja Californie. — parallelus, erythropterus, Melsheim. Proceed. of the Acad. of Philad. Il, p: 108. — ephippiger, Guérin, Icon. Ins. texte, p. 190, pl. 41, £ 1. — Esp. de la Polynésie : R. capito, hu meralis, L, Fairm, Rev. et Mag. d, Zool. 1850, p, 54.

FAMILLE XVIT,

TROGOSITAIRES.

Languette cornée chez la plapart. — Mächoires terminées par deux lobes ; l'interne souvent très-petit. — Antennes de onze, très-rarement de dix articles; en général les trois derniers formant une massue lâche, comprimée, dentée ou perfoliée. — Elytres recouvrant toujours complètement l'abdomen. — Pattes médiocres ou courtes ; hanches antérieures et intermédiaires transversalement ovales, non contiguës ; les postérieures semi-cylindriques, fortement transversales, contiguës ; tarses de cinq articles, toujours simples; le 42 très-petit, — Abdomen de cinq segments en dessous, tous libres.

Ces caractères sont très-voisins de ceux des Nitidulaires; ils sont même identiques pour la languette, les hanches des pattes et le nombre des segments abdominaux; mais deux autres organes aussi importants, les mâchoires et les tarses, sont construits sur un plan opposé.

Pour ce qui concerne les premières, ce n’est plus, comme chez les Nitidulaires, le lobe externe qui est sujet à disparaître ; il est, au contraire, toujours bien développé, et les modificalions qui peuvent exister portent sur l’interne. Dans la moitié environ des genres, il est téllement court qu'il ne forme plus qu'un appendice placé à la base de l'autre lobe et qu'on a quelquefois de la peine à le découvrir; mais dans les autres il prend les dimensions ordinaires qu'il a chez les Coléopières en général. $

De même pour les {arses, ce n'est plus ici leur quatrième article, mais le premier, qui est atrophié, de sorte que ces insectes sont Tétramères, mais d'une manière opposée à ce qui a lieu dans la famille précédente. Cependant ce premier article n’est jamais, à proprement parler, nodiforme ; il est seulement court au point de ne pas dépasser la troncature des jambes et de n'être visible que lorsqu'on regarde les tarses en dessous. Le dernier article de ces organes est extrêmement long et porte entre ses crochets un petit appendice styliforme et trèsgréle, terminé par deux soies divergentes, que je n'obserye pas chez

TROGOSITAIRES» 333

les Nitidulaires, da moins chez celles de leurs espèces que j'ai eu occasion d'étudier.

Ce sont les deux caractères ci-dessus, qui m'ont engagé à ne pas * adopter l'opinion d’Erichson qui, ainsi qu’on l’a vu plus haut, n'a fait de ces insectes qu'un groupe de la famille précédente. Il existe, en outre, une foule d’autres particularités différentielles moins importantes, mais qui montrent qu’on est ici en présence d’un type particulier.

Ainsi, quand on a mis de côté les deux genres Permis et Tuymarus qui, sous le rapport de leur forme générale et quelques autres caractères (par ex. leurs cavités cotyloïdes antérieures imparfaitement closes en arrière), tiennent encore de près aux Nitidulaires, il ne reste plus que des insectes d'assez grande taille pour la plupart, plus ou moins allongés, déprimés ou cylindriques, et dont toutes les parties sont construites dans des proportions plus robustes ou s’écartent, sous le rapport de la forme, des parties correspondantes des Nitidulaires. Ainsi le menton est très-souvent épais, et parfois replié dans l’intérieur de la cavité buccale, l’épistome trisinué ou échancré en avant. Les yeux sont grands, réniformes ou transversaux, rarement arrondis. Les antennes sont en général robustes, avec leur mas$ue terminale obtusément dentée au côté interne; les sillons qui les reçoivent au repos Jongent toujours le bord interne des yeux. Le prothorax est presque toujours plus étroit à sa base que les élytres et plus ou moins éloigné de leur base; en dessous ses cavités cotyloïdes sont complètement et assez largement closes en arrière. Les pattes sont assez robustes, et leurs tarses, toujours. simples, ont leurs quatre premiers articles revêtus en dessous de poils, non pas longs comme ceux des Nitidulaires, mais courts, serrés et formant presque une véritable brosse.

Ces caractères, réunis aux deux indiqués plus haut, me paraissent démontrer que les deux familles, malgré leur étroite analogie, ne doivent pas être fondues en une seule.

A l'état parfait, les Erogositaires ne se trouvent jamais sur les fleurs, comme béaucoup de Nitidulaires, mais sous les écorces ou dans les plaies humides des arbres. Quelques espèces des genres Teunoemza et Trocosrra se rencontrent plus particulièrement dans l’intérieur des maisons, où elles vivent aux dépens des céréalès que nous y conservons, genre de vie qui a fait que quelques-unes d’entre elles ont été transportées par l'homme dans la plupart des régions du globe. Il résullerait d'observations faites sur la Trogosila mauritanica, et plus récemment sur le Nemosoma elongatum, observations rapportées plus bas, que ces insectes seraient carnassiers.

Les larves connues de cette famille, au nombre de trois (Trogosilaæ maurilanica, Nemosoma elongatum et Thymalus limbatus), ont plusieurs caractères en commun avec celles des Nitidulaires, tels que des écussons cornés au moins sur le segment prothoracique, deux pointes cornées sur le dernier segment abdominal, un prolongement anal, et

sit il

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334 TROGOSITAIRES,

un seul crochet aux tarses. D'un autre côté, elles différent non-senle. ment de ces larves, mais entre elles sur des points importants, notamment les organes buccaux, le nombre des articles des antennes et celui des ocelles, de sorte que presque tous les caractères généraux qu'on voudrait leur assigner seraient sujets à des exceplions. Dès lors il est plus convenable de les examiner à part.

L'Europe est peu riche en espèces de cette famille : elle n’en possède que neuf, mais qui appartiennent à cinq genres distincts. Les autres genres sont exotiques et dispersés à de grandes distances dans les diverses régions du globe.

Avant Erichson, les éléments de la famille étaient répartis les uns (Trogositides, Gymnochilides) parmi les Xylophages, les autres (Pel: tides) parmi les Clavicornes de Latreille. Quoique ses genres soient peu nombreux, elle me parait devoir être divisée en quatre tribus :

I. Antennes de dix articles, . Écorues. I — deonzearticles (1).

a Lobe interne des mâchoireg inorme; Yeux simples. Trocosrpes.

— divisés on deux, au moins chez les mâles! - Gymocmcipgg: &a Lobe interne des mâchoires muni d’un crochet corné. Pecnnes,

TRIBU I

ÉGOLIIDES.

Lobe interne des mâchoires bien développé, inerme. — Deux yeux arrondis. — Antennes de dix articles : le dernier seul ou les deux derniers constituant leur massue, — Epistome échancré en avant. — Prothorax un peu distant de la base des élytres. — Corps allongé et déprimé.

Deux genres exotiques, propres l’un à la Tasmanie, l'autre au Chili, constituent à eux seuls cette tribu, L'ensemble des caractères qui précèdent les distingue nettement des autres groupes de Ja famille. Ces insectes me sont inconnus en nature, et c'est d'après Erichson que je donne leurs caractères.

I. Massue des antennes d’un seul article : Egolia. IL, —— de deux — Acalanthis,

*(1) Deux espèces seulement du genro Newosowa n’en ont que dix,

ÉGOLNDES. 335

EGOLIA!

Enous, Arch, 1842, I, p, 150,

Languette divisée en deux lobes divergents , fortement ciliés au côté interne. — Palpes assez longs, filiformes; leur dernier article plus grand que les autres. — Mandibules courtes, bidentées à leur extrémité. — Labre échancré. — Tête aussi large que longue; épistome assez fortement échancré ; sillons antennaires assez courts, convergents. — Antennes courtes, à 4€ article médiocrement gros, plus long que les suivants, 2-9 courts, égaux, grossissant peu à peu, 10 formant un gros bouton arrondi, tronqué au bout. — Yeux gros, arrondis et saillants. — Prothorax un peu plus long que Jarge, subparallèle en avant, avec ses angles antérieurs un peu saillants latéralement, rétréci et sensiblement plus étroit à sa base que les élytres : ses angles postérieurs nuls. — Ecusson transversal, arrondi en arrière. — Elytres allongées, parallèles. — Jambes linéaires, inermes : leur éperon terminal petit aux quatre postérieures, plus long et presque droit aux antérieures. — Corps assez allongé, déprimé.

Une seule espèce propre à la Tasmanie constitue ce genre ; Erichson la nomme Æ. variegatæ (1). C'est un insecte de trois lignes de long, assez voisin pour la forme de la Trogosita mawritanica d'Europe, mais plus étroit, moins déprimé, avec la tête et le prothorax ponctués et inégaux. Sa couleur générale est noire, sauf les jambes et les tarses qui sont ferrugineux, et ses élytres sont traversées par trois bandes maculaires jaunes, déchirées.

ACALANTHIS, Entcus. in GEnmar, Zeitsch. IV, p. 446 @)}

Languette divisée en deux petits lobes divergents. — Lobe externe des mâchoires coriace, petit, velu à son extrémité ; l’interne membraneux, de là longueur du précédent, grêle et aigu au bout, fortement cilié au côté interne. == Palpes filiformes : leur dernier article plus long que les autres, et un peu acuminé. — Mandibules terminées par deux dents aiguës, munies d’une autre obtuse au milieu de leur bord interne, — Tête avec l’épistome simplement échaneré: ses sillons antennaires courts, bien marqués et fortement obliques. — Antennes Courtes, à 4er article gros, globuleux, 2-8 courts, égaux et serrés, 9e beaucoup plus gros ainsi que le 10° : celui-ci brièvement ovale, un

(1) Loc. cit, pl. 5, £. 6, (2) Syn. Psoa, Blanch, in Gay, Hist, de Chile, Zool, V, p. 436,

336 TROGOSITAÎRES:

peu comprimé. —= Yeux médiocres, arrondis, assez saillants. —= Pro thorax assez allongé, un peu rétréci en arrière. — Jambes linéaires : les quatre antérieures munies sur leur tranche externe de dents assez longues et aiguës ; les postérieures inermes; l’éperon terminal des antérieures assez allongé et un peu arqué. — Corps allongé, parallèle.

L'espèce (4. 4-signata Er..), également unique, de ce genre, est originaire du Chili, longue de trois à quatre lignes, noire, revêtue de longs poils blancs redressés, à élytres fortement ponctuées, et marquées chacune de deux taches fauves, l’une avant, l’autre après leur milieu.

Cet insecte est manifestement le même que celui décrit et figuré depuis par M. Blanchard, dans l'ouvrage de M. Gay sur le Chili, sous le nom de Psoa quadrinotata (1). IL est presque inutile de faire observer qu'il n'a rien de commun avec le genre Psoa, si ce n’est une

certaine ressemblance dans la forme générale.

TRIBU II

TROGOSITIDES.

Lobe interne des mâchoires très-petit, peu disunct. — Antennes dé onze, très-raremrent de dix articles : leur massue formée par les trois derniers. — Deux yeux plus ou moins réniformes chez la plupart. — Epistome bi- ou trisinué en avant, parfois muni de deux cornes. — Prothorax plus ou moins distant de la base des élytres. — Corps allongé.

Cette tribu, la plus riche en espèces de la famille, correspond exactement à l'ancien genre TrocosrrA tel qu’on le trouve établi dans le Catalogue de Dejean, en y ajoutant le genre Nemosoma de Latreille, qui est presque de date aussi ancienne. Ce dernier tient encore à Ja tribu précédente par ses yeux arrondis et ses antennes composées, mais seulement chez quelques espèces, de dix articles.

On connaît deux larves appartenant à ce groupe, celles de la Trogosila mauritanica et du Nemosoma clongatum.

La première, très-râre dans le nord de l'Europe, n'est que trop connue dans le Midi par les dégâts qu’elle fait dans les magasins et les greniers où l'on conserve le blé (2). Elle est ovale, allongée, dé-

(1) Loc. cit. pl. 26, f. 7 af. Il y a encore ici un de ces désaccords entre le texte et les figures qui se présentent à chaque instant dans cet ouvrage; tandis qu’il est dit dans le premier que les mâchoires n’ont qu’un seul lobe, la figure 7 4, qui représente ces organes, en porte deux.

(2) Dorthez (Mémoires d. 1, Soc. roy. d’Agricult. 1787, Trim. d, print, p: 61) gst le premier qui ait suivi ses métamorphoses jusqu'au bout, Avant lui, on

do nn pénis hi, Lit 2 6

TROGOSIIDES, 837

primée ét garhie sur les côtés de longs poils redressés et peu serrés, Sa tête est cornée, plane en dessus, en carré Jong et horizontale; du voisinage des antennes partent deux sillons qui se réunissent sur le vertex. Les yeux manquent et sont remplacés par des points enfoncés d'où partent de longs poils. Les antennes, insérées près de l'articulation des mandibules, sont courtes et composées de deux articles : Le {er Cylindrique, le 2e petit et grêle. Les mandibules sont très-robustes, sail- Jantes et terminées par deux pointes très-aiguës. Le dessous de la tête. présente une profonde cavité dans laquelle sont placés le menton et les mâchoires qui adhèrent à ce dernier par leur tige qui est cylindrique ; elles se terminent par deux lobes, l'interne très-pelit, l'externe charnu et fortement ovalaire ; les palpes maxillaires sont de quatre articles. J1 n’y a aucun vestige de languette, et les palpes labiaux, qui sont composés de deux articles, s’articulent avec le menton par leurs supports qui sont cornés. Le prothorax esf couvert en dessus d'une plaque cornée et un peu caréné en dessous. Deux plaques de même nature se voient sur Chacun des deux segments (horaciques suivants. Les huits 1ers segments abdominaux sont simplement revétus d’une peau coriace, mais le dernier l’est en entier par un bouclier corné, solide, qui se prolonge postérieurement en deux pointes robustes; il yaun prolongement anal. Les pattes sont assez courtes*et terminées par un seul crochet. Des neuf paires de stigmates, Ja première est placée en dessous près du bord antérieur du mésothorax, les autres sur les côtés des huit premiers segments abdominaux. La couleur générale est d'un blanc sale, avec la tête, la plaque du prothorax et le bouclier du dernier segment abdominal, d'un noir-brunâtre ; les-autres parties cornées sont d'un brun clair.

Cette larve exerce ses ravages, principalement vers la fin de l'hiver, époque où elle est arrivée à toute sa grandeur. Peu de temps après elle quilte les tas de blé aux dépens desquels elle a vécu, se réfugie dans les fentes, les trous des greniers, et y subit ses métamorphoses, Selon Olivier, l'insecte parfait ne serait pas granivore ; on le voit, il est vrai, courir’ à la surface du blé, mais à la poursuite des {Cignes dont il fait sa nourriture.

La larve du Nemosoma elongatuin (1) est plus allongée que la précé-

ignorait à quel insecte elle se rapportait, bien qu’elle eût déjà été l'objet de plu- Sieurs observations faites au point de vue de l’économie rurale, Olivier aajouté, à Ce qu'en avait dit Dorthez, des détails intéressants sur ses habitudes ebclles de l'insecte parfait, dans l’article Tnocostre de son Entomologie (If, no 19). Depuis, celte larve a été souvent décrite ; voyez surtout Latreille, Hist. nat. d. ns. XL, D. 234; Hammerschm. De Ins. Agricult. damnos, pl. 2; Westwood, An Introd. @te., I, p. 147, f. 19, no 21; et Erichson, Naturg. d. Ins. Deutsch]. IL, p. 244. Cette dernière description est la meilleure de toutes; elle a été reproduite par MM. Chapuis et Candèze, Mém. 4. 1. Soc. d. Sc. d. Liège, VUL, p. 416.

(1) M. Westwood (An Introd, to Uhg mod, classif, of Ins, L, p, 146, f. 12, n°2) Coléoptères, Vome I, 29

338 TROGOSITAIRES.

dente, plus cylindrique et plus atténuée en avant, avec des poils moing longs el moins nombreux. Sa têle est presque pareille, mais porte de chaque côté deux ocelles situés immédiatement en arrière de l'articulation des antennes. Celles-ci se composent des trois articles :le 407 trèscourt, le 2 cylindrique, le 3 très-gréle, avec un petit article accessoire à sa base. Les mandibules sont arquées et terminées par une pointe simple. La tige des mâchoires et le menton sont également soudés ensemble, mais très-allongés, et les premières n’ont qu'un seul lobe charnu, ovalaire et muni de quelques cils. Les palpes maxillaires comptent quatre articles, les labiaux deux, et les supports de ces derniers sont soudés ensemble. Le prothorax porte aussi en dessus une plaque cornée, mais plus mince et rétrécie en arrière; sa face inférieure présente une tarène demi-cornée ; deux autres plaques de même nature existent sur le méso- et le métathorax. Les huit premiers segments abdominaux ne présentent rien de particulier ; le dernier est recouvert d'une petite plaque cornée terminée par deux crochets recourbés en haut,°et se prolonge inférieurement en un tube anal. Les pattes et les stigmates seraient complètement pareils à ceux de la Frogoséta maurilanica, si la première pairé de ces derniers n’était pas placée inférieurement entre le prothorax etle mésothorax. Cette larve est blanchâtre, avec ses parties cornées d’un brun-rougeâtre clair. Elle vit sous les écorces en compagnie de l'insecte parfait, et tous deux paraissent être carnassiers, comme on le verra plus bas, nouveau rapport de plus qu'a le genre avec les Trogosila.

Des six genres qui suivent, trois (Newosoma, TemnocmiLa, Trogosira) ont des représentants en Europe.

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