‹ Histoire naturelle des insectes (volume 4)Chapitre 67 sur 90 · FAMILLE XXI · texte numérisé non relu

FAMILLE XXI

CRYPTOPHAGIDES. :

Menton rétréci et bisinué en avant. — Languette cornée, plus ou moins saillante. — Deux lobes aux mâchoires, coriaces : l'interne terminé par un crochet corné. — Palpes courts, les labiaux de trois, les maxillaires de quatre articles. — Antennes de onze articles; les trois defniers formant une massue. — Elytres entières. — Hanches antérieures et intermédiaires globuleuses ; les postérieures cylindriques et transversales, têtes écartées entre elles ; tarses pentamères, très-rarement subpentamères dans les deux sexes, parfois hétéromères chez les mâles. — Abdomen composé en dessous de'cinq segments tous libres : Je premier un peu plus long que les autres.

Erichson, à qui l’on doit la création de cette famille (1), l'avait composée presque exclusivement des anciens genres CryrToPnAGus et

AnrneropmaAGus des auteurs et de quelques autres’ qui, avant Jui, |

avaient été détachés du premier. Depuis, M. L. Redtenbacher l’a considérablement modifiée en y faisant entrer une multitude d'éléments (2) qui ont avec elle des rapports plus ou moins étroits, mais qui ne peuvent cependant y être introduits sans la rendre impossible à caraclé-

(1) Naturg. d. Ins. Deutschl. I, p. 341.

(2) Faun. Austr. Die Kæf. p. 186. Outre les mêmes genres qu'Erichson, M. L. Redtenbacher classe dans la famille, non-seulement, comme on l'a vu plus haut, la plupart des genres qui terminent les Cucujipes, mais encore les Drnvzcus, Lycrus, Tezwaropuizus, Mycerea, Symplotes, ALEXIA, LirHOPHILUS, Ones, Luesres, Enas, Triroma, Trierax et Terraroma. Il en résulte qu'il m'a pas pu caractériser la famille ; le formule qu’il lui assigne n’en est réelle» ment pas une. De tous les genres qui précèdent, un seul, TELMATOPHILUS, MC paraît être ici à sa place, et encore forme-t-il une exception sous le rapport de ses tarses, qui sont ceux d’un Subpentamère, et sous celui des habitudes ; mais je ne vois absolument pas où le mettre ailleurs. Erichson (in Agass. Nomencl. Zool.) le range parmi les Mélyrides, avec lesquels je ne lui trouve rien de commun,

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riser. J'en reviens donc à sa Composition telle que l'avait Conçue Erichson, en y ajoutant seulement les Tecwaropmirus et deux autres genres encore peu connus (Hypocornus et Mynmecinomus), que je n'ai pas vus en nature, et dont la classification n’est Par conséquent que provisoire, bien que je croie être dans le vrai en les plaçant ici.

Les Cryptophagides sont tous de très-pelite taille, et pour la plupart oblongs ou elliptiques et plus ou moins pubescents; les Enisremus seuls sont brièvement ovalaires ou subglobuleux et revêtus de téguments très-glabres et brillants. Les MynmeciNomus sont également les seuls qui aient une tête allongée ; chez les autres, elle est courte, obtusément trigone en avant, et enfoncée dans le prothorax jusqu'aux yeux. Ces derniers sont en général assez grands, et tantôt finement, tantôt fortement granulés. Les antennes sont constamment médiocres ou même assez courtes et insérées à découvert, soit sur les côtés da front, en avant des yeux, soit tout-à-fait à son extrémité, de facon à tlre quelquefois (certaines Axomanra) presque Contiguës, Quant aux organes buccaux non mentionnés dans la formule de la famille, c’est-àdire les mandibules et Je labre, les premières sont courtes, larges, pourvues d'une dent molaire à leur base, puis, en avant de celle-ci, d'une bordure membraneuse, et terminées Par une pointe simple que précèdent parfois unç ou plusieurs dentelures; le second est transversal el constamment distinct.

Le prothorax est complètement, ou à peu de chose près, de Ja Jargeur des élytres à sa base. Quoique très-petit et généralement transversal, l'écusson ne manque jamais. Il y a, quant à l'intégrité des élytres en arrière, une légère exception chez les MynmeciNomus, où elles ne recouvrent pas tout-à-fait l'extrémité de l'abdomen. Le premier segment ventral de ce dernier ne surpasse que médiocrement les autres en longueur. Les pattes sont assez courtes et peu robustes: Ieurs hanches sont toutes enfoncées dans leurs cavités cotyloïdes ; parmi Celles-ci, les antérieures sont incomplètement closes en arrière; les rochanters sont situés dans l’axe des cuisses ; les jambes linéaires, et lerminées par deux faibles éperons, Quant aux larses, Latreille et Dejean, en plaçant ces insectes parmi les Clavicornes, qu'ils regardaient comme étant tous pentamères, ne s'étaient Pas aperçus de l’ex- Ceplion au système tarsal que font les mâles de Ja majeure partie d'entre eux, qui sont de véritables héléromères. Le Premier où les lois premiers articles des tarses antérieurs sont quelquefois plus où Moins dilatés dans le même sexe; les crochets sont simples, sauf chez

Le prosternum se met toujours en rapport avec le mésosternum, qui le Teçoit assez souvent dans une échancrure de son bord antérieur : ce dernier est large et assez grand, Les parapleures métathoraciques sont iPpendiculées, mais c’est à peine sil'on aperçoitleurs épimères, cachées qu'elles sont en grande partig par les bords latéraux des élytres,

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A un petit nombre d'exceptions près, les espèces connues do ces insectes sont propres à l'Europe. Leurs hobitudes sont assez variées; cependant la plupart se trouvent dans les végétaux en décomposition et les plantes cryptogames, L

Celles de leurs larves qui ont été décrites appartiennent aux genres Caveropnaqus et Aromanria. Malgré la grande analogie qui existe entre ces deux genres à l'état parfait, elles présentent des différences assez essentielles pour sembler appartenir à des familles différentes,

Quatre du premier de ces genres sont aujourd'hui connues (1). Elles ont été trouvées dans des situations très-différentes, et il est probable que, comme les insectes parfaits, elles n'ont rien de bien fixe dans leurs habitudes. Leur corps, composé, selon la règle, de treize segments, est allongé, subcylindrique, charnu, recouvert d'une peau fine, parcheminée, et présente en dessus et sur les côtés quelques poils redressés et courts. La tête est assez grande, horizontale, plane sur ses deux faces. Les antennes sont insérées sur ses côtés, près de ses angles antérieurs, et composées de trois articles, dont les deux premiers gros et cylindriques, le dernier très-gréle. Les auteurs ne sont pas d'accord sur l'existence et le nombre des ocelles (2). Les organes buccaux consistent en un menton et une languette de forme variable, celle-ci portant des palpes de deux articles ; des mâchoires formées d'un seul lobe triangulaire, prolongé au côté interne en une pointe cornée et portant des palpes de quatre articles; des mandibules arquées, aiguës à leur extrémité, et munies ayant celte dernière d'une ou plusieurs peliles dentelures; enfin, d'un labre transversal, laissant les mandibules à découvert. Le prothorax est plus grand que les autres segments thoraciques et abdominaux, qui sont à peu près égaux entre eux ; le dernier

{{) C. Lycoperdi, Bouché, Naturg. d. Ins. p. 191; figurée par M. Westwood, An Introd. to the mod. class. of Ins. I, p. 148, f. 120; trouvée dans un Zy00œerdon Bovistæ.— cellaris , Westw, loc. cit. £, 12, n° 6; et Newport, Lion. Trans. XX, p. 351, note, pl. XIV, £. 34-36; rencontrée, au nombre de plusieurs individus, dans le nid d’un Hyménoptère du genre ANTHOPHORA. — pilosusy Erichs. Deutschl. Ins. HE, p. 348; description reproduite par MM. Chapuis et Candèze, Mém. d. 1. Soc. d. Sc. d. Liège, VI, p. 429; Erichson ne dit rien des habitudes. — dentatus, Perris, Ann. d. 1. Soc. ent. Série 2, X, p- 578, pl. XIV, n°19, f. 11-15 ; trouvée dans le chaume d’un toit. .

M. L. Redtenbacher (Faun. Austr. Die Kæf. p. 189, note) rapporte avoir trouvé, duus us nid de Bourdon qui contenait trois exemplaires à l'état parfail de lAntherophagus nigricornis, une foule de larves qui appartenaient prob blement à cette espèce.

(2) Suivant Erichson, ces organes manqueraient chez la larve du C, pilosus* M. Newport en assigne deux en tout à celle du C. cellaris, et les indique comme situés aux angles antérieurs de la tête. Enfin M. Perris dit avoir observé chez celle du C. dentatus, sous chaque antenne, un groupe d’ocelles dont il n’a pu déterminer le nombre, Ce point demande par conséquent de nouvelles obstryations, a

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dé ceux-ci est mühi à son extrémité de deux coürtes pointés cornées, et se prolonge en un tube anal servant à la progression. Les pâttes sont courtes, composées de cinq pièces, et terminées par un seul crochet. Des neuf paires de stigmates, la première est située en dessous, dans le pli qui sépare les deux premiers segments thoraciques ; les huit autres le sont sur les côtés des huit premiers segments abdominaux. Les nymphes de ce genre, qui ont été observées, ne présentent rien de particulier.

Les particularités les plus importantes qui distinguent des larves précédentes celle de l’Afomaria nigripennis, décrite par Erichson (1), sont les suivantes : elle est plus courte, plus ovale et hérissée de poils longs et serrés. Le 2e article de ses antennes porte à son extrémité un petit article additionnel. Le lobe des mâchoires se termine par deux pelits crochets cornés et des cils nombreux. Les mandibules sont bifides à leur extrémité, et entièrement recouvertes par le labre. Enfin, le dernier segment abdomirial est ferme à son sommet, et $e prolonge à peine en un tube anal.

Les points essentiels de l’histoire de la famille se réduisent à ce que j'en ai dit en commençant. Ses limites sont très difficiles à fixer, par suite des rapports intimes qu'elle a ävec plusieurs autres familles, notamment, comme l'a dit Erichson, avec les Cucujipes qui précèdent, et avec les Erotyliens. Elle se rattache de si près aux premiers; qu'à peine existe-t-il entre ses caractères et les leurs une légère différence portant sur la longüeut dù prémier $égmieñt abdominal. Quant aux Erotyliens, il suffit de rappeler que plusieurs auteurs les ont récemment transportés dans la famille actuelle (2). Au total, ce groupe me parait

(1) Loc, cit. p. 376; MM. Chapuis et Candèze ont également réproduit cette description, loc, cit. p. 431.

(2) La diMficulté porte sur les Encts, qui possèdent tous les caractères essentiels des Cryptophagides, et qui entraînent nécessairement à leur suite les Tripzax et les Trirowa, auxquels ils se rattachent par l'intermédiaire des Tri- PLATOMA, Briscapna et DacNE, qui ont cinq articles aux tarses comme eux, Quand on se borne aux espèces européennes, comme l’a fait M. L. Redtenbacher, il n'y à rien qui blesse le sentiment des analogies.dans l'introduction, parmi les Cryplophagides, des Triprax et des Trirowa. Mais quand il s’agit des exotiques, ces deux genres entraînent à leur suite tout le reste des Érotyliens, c’est-à-dire une masse énorme d'espèces qui, par leur taille, leur forme générale, leurs couleurs vives et variées, leurs larses pareils à ceux des Chrysomélines, etc., forment le contraste le plus choquant avec la famille actuelle et celles qui la précèdent et la suivent immédiatement. Je ne puis me résoudre à introduire ici ces insectes, ni, tout en les conservant à l'état de famille distincte, les Placer à la suite de celle-ci, comme l’a fait dernièrement M. Melsheimer (A Calalogue of the described Coleoptera of the United States; in-80, Washington, 1853). Ce qu'il y aurait peut-être de mieux à faire, ce serait, comme l'ont fait Latreille et Dejean, de séparer les Encis des Erotyliens et de les laisser ici; toutefois, ce ne serait éviter un inconvénient que pour tomber dans un autre.

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conserver quelque chose de provisoire dans sa composition, et mêma dans son existence,

I Tarses subpentamères dans les deux sexes : Telmatophilus, LI. — hétéromères chez les mâlos, pentamères chez les femelles. Prosternum fortement engagé dans le mésosternum : Anterophagus. — à peine ou non engagé dans le mésosternum : Zmphilus) Cryptophagus.

If, Tarses pentamères dans les deux sexes.

a Antennes insérées sur les côtés du front.

Crochets des tarses simples : Paramecosoma.

—— bifides : Hypocoprus.

aa Antennes insérées sur la partie antérieure du front. & Crochets des tarses bifides : Myrmecinomus. bb 1 —— simples.

Corps oblong, peu convexe : Atomaria.

— très-convexe, parfois subglobuleux : Zpistemus. :

“ur TELMATOPHILUS.

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