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48 ATAPHYLINIENS,
MYLLÆNA.
Enicuson, Die Kœf. d. Mark Brand. 1, p. 382 (1):
Ce genre ne diffère des Gymnusa qui suivent que par les caractères que voici :
Menion transversal, légèrement échancré, avec ses angles antérieurs prolongés chacun en une épine très-longue et très-grêle. — Languette très-pelile, arrondie, entière. — Palpes maxillaires plus courts et plus robustes ; leurs articles 2-3 graduellement renflés. — Mandibules inermes, recouvertes par le labre. — Celui-ci coriace, semi-orbiculaire. — 29 article des antennes du double plus long que le 3°. — Jambes non épineuses ; tarses antérieurs de quatre, les autres de cinq articles; le 1er des antérieurs très-court, celui des postérieurs allongé.
Le facies est le même que celui des Gymnusa, à cette différence près que le corps est moins où non alténué en avant, mais, du reste, rappelle tout aussi complètement celui des Tacayrorus. Parmi ces insectes, les uns vivent sous la mousse et les feuilles tombées, les autres setrouvent courant avec la plus grande agilité aux bords des eaux, Les mâles ont ordinairement leur sixième segment ventral de l'abdomen tronqué au bout, tandis qu'il est triangulaire et plus aigu chez les femelles.
Les espèces décrites s'élèvent à une dizaine, toutes européennes (2).
GYMNUSA.
(KARSTEN) GRAVENH. Mon. Col. micr. p. 173 (3).
Menton assez grand, rétréci et profondément échancré en avant. — Languette très-longue, grêle, fendue presque jusqu’à sa base; ses divi-
(1) Syn. Cenrroccossa, Matthews, The ent. Mag. V, p. 194. Les palpes labiaux ont été pris par l’auteur pour des parties constituantes de la languette; de là le nom imposé par lui au genre, et qui ne lui convient nullement.
(2) Erichson en mentionne trois : M. dubia et minuta Grav., intermedia Er. — Aj. M. gracilis, Heer, Col. helvet. I, p. 303. — grandicollis (gracilis Heer), Kiesenw. Stettin. ent. Zeit. 1844, p. 342.— glauca, Aubé, Ann. d. 1. Soc. ent. Sér. 2" VIII, p. 314. — elongata, forticornis, infuscata, minima, Kraatz, Stettin. ent. Zeit. 1853, p. 373. .
Des six espèces de Cenrrocrossa décrites par M. Matthews, la conuroides correspond à la dubia, l’attenuata à Vintermedia, la minuta à celle du même nom. Les trois autres (elongala, brevicornis, gracilis) n'appartiennent trèsprobablement pas au genre, à en juger par leur abdomen, qui, selon l’auteur, est obtus à son extrémité; Erichson (Staphyl. p. 919) soupçonne que ce sont des Oxyrona.
(3) Syn, Denorsis, Matthews, Ent. Mag. V, p. 193; les divisions de, la lan-
YACHYPORIDES, 49
sions Coriaces, linéaires; point de paraglosses, — Palpes labidux trèss longs, sélacés, indistinctement arliculés ; les deux derniers articles trèspetits; les maxillaires très-longs également, grêles; leurs articles 2 très-allongé, 3 plus court, 4 très-petit, subulé. — Lobes des mâchoïres cornés, très-allongés, gréles : l'interne crochu au bout, et denticulé en dedans avant son extrémité; l’externe linéaire, muni de deux soies terminales et de quelques poils internes près de son sommet. — Mandibules allongées, linéaires, bidentées au bout, munies intérieurement d'une lame membraneuse denticulée en scie. — Labre grand, suborbiculaire, recouvrant les mandibules, — Tête enfoncée dans le prothorax, fléchie en dessous, convexe, terminée par un petit museau rostriforme. — Yeux oblongs, assez grands, situés sur les bords latéraux du front. — Antennes gréles ; leurs articles 2-10 obconiques, égaux, 11 ovalaire. #— Prothorax transversal, recouvrant la base des élytres, rétréci en avant, bisinué à sa base, avec ses angles postérieurs aigus, assez convexe. — Elÿtres conjointement échancrées en arrière. — Abdomen graduellement et fortement rétréci en arrière; ses appendices styliformes bien développés. — Pattes assez courtes, les intermédiaires ‘ rapprochées à leur base; jambes finement épineuses; tarses de cing articles; le {er des postérieurs très-allongé. — Corps allongé , atténué à ses deux extrémités, surtout en arrière, ailé, revêtu d'une fine pubes- £ence soyeuse,
Genre très-distinct et remarquable, qui, avec le précédent, reproduit dans cette tribu les formes et la plupart des caractères des Tacnyronus. A1 se rapproche également un peu des Staphylinides par la nature des différences sexuelles. Les mâles ont le sixième arceau ventral de l’abdomen échancré et le seplième profondément fendu: chez les femelles le premier est légèremént sinué de chaque côté au bout et cache le second. Ces insectes vivent sous les mousses el parmi les racines des arbres; on n'en connait que quatre espèces européennes (1).
TRIBU IL, TACHYPORIDES,
Stigmatés prothoraciques visibles, =: Ahlérinés iñsétées tlans des €xXcayations latérales du front en avant des Yeux, «= Mandibules inermes, munies en dedans d'une membrane ciliée, en partie libre dans la Plupart. — Point d'ocelles, — Elytres parfois plus longues que la poi-
guette et les palpes labiaux Mänquaient dans la préparation de cet organe fi- Burée par l’auteur (Gig. 2).
(1) G. brevicoltis Grav., laticollis Er. — Aj. : G.variegata, Kiesenw. Stettin. ent, Zeit. 1845, p. 223. — Deinopsis fuscatus, Matthews, loc, cit.
Coléoptères, Tome I, 4
50 STAPHYLINIENS.
trine. — 7e segment abdominal à peine distinct. — Hanches antérieures coniques , saillantes ; les postérieures transversales ; toutes les jambés
ou quelques-unes d’entre’elles épineuses; articles des tarses ennombré variable. — Un espace membraneux au prothorax en dessous.
* En outre du mode d'insertion des antennes, ces insectes se distinguent des Aléocharides, avec lesquelles ils ont en commun des stigmates prothoraciques à découvert et une petite taille, par un facies particulier qui les fait aisément reconnaître: Leur corps, large et obus en àvant, Se rétrécit fortement en arrière, et leur tête, toujours dépourvue de col, est'enfoncée jusqu'aux yeux dans le prothorax. Celui-ci, généralement très-ample, recouvre un peu la base des élytres qui sont de longueur normale” chez les uns, tandis que chez les autres elles s'étendent plus ou moins sur l'abdomen, comme chez les Omalides et les Protéinides. L'abdomén, en général assez long, s'atténue rapidement en ar, rière, et son extrémité est ordinairement hérissée de poils raides ; d'autres semblables, mais plus rares, se voient sur le reste de sa surface. Pérdant la vie, ces insectes ne relèvent pas celte partie du corps, ainsi que le font habituellement les Aléocharides, mais la maintiennent horizontalement et parfois là récourbént en dessous. Comme chez la plupart des Oxytélides, 168 pattes sont au moins en partie épineuses. Les targes sont souvent plus longs que leurs jambes respectives, et le nombre de leurs articles ne varie presque jamais que de cinq à quatre.
Si l'on ajoute à cela des téguments en général glabres’et brillants, on aura les principaux caractères extérieurs qui distinguent ces insectes des Aléocharides.
A l'époque où Erichson publiait sa Monographie, on ne connaissait aucune de leurs larves. Dans ces derniers temps, M. Ed. Perris a décrit celles des Tachyporus cellarès et Tachinus humeralis (4).
La première est allongée et linéaire. Sa tête, semi-elliptique, porte de chaque côté six (2) ocelles, disposés sur deux rangées, la supérieure de quatre, dont un écarté des trois autres qui sont rapprochés, l'inférieure de deux très-distants l’un de l’autre. Les antennes se composent de quatre articles dont le dernier, de moitié plus court que les deux précédents qui sont égaux entié eux, est déprimé, sinué sur les côtés, et muni de deux soies latérales et quatre terminales. Les mandibules sont arquées et unidentées au côté interne; le lobe des mâchoires est conique, allongé et cilié ; le menton échancré, et de son milieu fait saillie une petite languette conique de deux pièces: Les palpes sont très-longs et terminés par un article subulé. Les segments prothoraciques sont de forme trapézoïde; ceux de l'abdomen, jusqu'au huitième
(1) Ann. d. 1. Soc. ent. Sér. 2, IV, p. 391, pl. IX, n° 3, f. 1-8, Tachyporus cellaris ; f. 9, une antenne du Tachinus humeralis.
(2) Ce nombre est intéressant, attendu que jusque-là toutes les larves cons nues de Ja famille p’ayaient, au maximum, que quatre de ces organes,
TACHYPORIDES, 51
inclusivement, hexagones, transversaux et séparés sur les côtés par des incisions très-prononcées ; le 99 est quadrilatère, et ses appendices styliformes sont longs et composés de’quatre articles. Le prolongement anal est bilobé à son extrémité. Les pattes sont hérissées dé fortes épines et quadri-arliculées, comme de coutume. .
Cette larve est très-agile et vit sous les écorces, les pièces de boïs gisant sur le sol, partout en un mot où se développent diverses espèces de champignons dont elle fait sa nourriture. Elle subit ses métamorphoses dans les mêmes lieux. , - si
La larve du Tachènus humeralis est, sauf sa taille plus petite, complètement pareille à la précédente et n’en diffère essentiellement qu'en ce que les quatre ocelles de la première rarigée sont disposés en are de cercle et tous rapprochés. Elle vit dans les champignons, le fumier, etc., et se métamorphose en terre. ;
Sauf un seul (MEconnorALus), qui même n'appartient peut-être pas à la tribu, les onze genres qui suivent ont des représentants en Europe. I: Elytres plus longues que la poitrine.
(4 Tarses de quatre articles : Hypocyptus.
aa — antér. de quatre, les autres de cinq articles : Lampwinus. aaa — de cinq articles. L D Abdomen non rebordé latéralement : Conwrus. bb — rebordé latéralement.
Antennes filiformes : Tachyporus, Tachinus.
7 capillaires : Habracerus.
If. Elytres pas plus longues que la poitrine. c Tarses de cinq articles.
d Antennes capillaires: Zrichophyus.
dd — filiformes.
4e art, des palpes max. filiforme : Boletobius: —- subulé : Myceloporus, Mecorhopalus.
cc Tarses de quatre articles: Tanygnathus.
HYPOCYPTUS, (Scuvrr.) Ençus. Die Kaf. d. Mark Brand. I, p. 387 (1).
Menton transversal, rétréci et tronqué en avant. — Languette courte, arrondie antérieurement, avec une petite saillie dans son milieu. —
(1) Syn. Hyrocvenrus, Manh. Brachél. p. 58; Lacord. Faune ent. d. env. d. Paris, I, p.519, Érichson a rétabli l'orthographe du genre telle que M. Schüppel, son fondateur, l'avait adoptée dans l'origine, —Cyra, Steph. I. of Brit. ent. V; P: 187. — Scarmoium, Payk., Gylh,, Marsh. *
ba STAPHYLINIENS,
Palpes labiaux de trois articles : le 2 presque aussi gros, mais plus court que le 1er, le 3e très-pelit et très-grêle; le 2° des maxillaires allongé, un peu en massue, le 3 aussi grand, ovoïde, le 4° petit, subulé. — Lobes des mâchoires membraneux, subégaux, ciliés au bout, J'externe échancré en dehors dans son milieu. — Mandibules inermes. — Labre transversal, entier. — Tête large, fortement fléchie en dessous. — Yeux arrondis, peu saillants. — Antennes médiocres, grêles, de 10 articles : les trois derniers formant une massue oblongue. — Prothorax transversal, convexe, rétréci en avant, sinué de chaque côté de sa base et aussi large que les élytres. — Celles-ci plus ou moins zonvexes, plus longues que la poitrine, légèrement arrondies en arrière. — Abdomen court, conique, finement rebordé. — Pattes courtes, trèsgrêles, les intermédiaires assez écartées à leur base; hanches postérieures étroites, parallèles; jambes lisses et très-finement ciliées ; tarses de quatre articles : le premier un peu allongé, assez gros aux antérieurs, les deux suivants très-petits. — Corps de forme variable, plus ou moins large en avant et rétréci en arrière, ailé, lisse, avec quelques poils peu abondants. .
Très-petits insectes retnarquables par la faculté qu'ils possèdent de se contracter en boule comme les Acaremium, auxquels ils ressemblent beaucoup dans cet état. On les trouve dans les forêts sous l'écorce non desséchée deg arbres, parmi les herbes, et quelques-uns dans les fourmilières. Leur forme générale varie beaucoup sous le rapport de la convexilé qui est portée très-loin chez quelques espèces (par ex. longicornis). Les mâles se reconnaissent à leur sixième segment abdominal plus ou moins échancré en dessous. Toutes les espèces décrites sont
européennes (1).
LAMPRINUS,
0, Heen, Col. helvet. I, p. 286.
Derhier article des pälpes maxillaires très-pelit, Subulé; le pénultièmé allongé, cylindrique. — Tête courte, transversale, acuminée antérieu rement, présentant, en avant des yeux, deux profondes fossettes pour l'insertion des antennes. — Celles-ci de onze articles : le 1°° allongé, le 2e plus court, les aulres courts, subégeux , très-serrés; les intermédiaires un peu plus larges que les autres. — Prothorax large, convexe, à peine rétréci en avant, avec ses angles postérieurs arrondis. — Elytres presque plus étroites et un peu plus longues que le prothorax. — Abdomen à peine aussi long que les élytres, glabre. — Tarses
(1) On n’en a décrit que deux, à ma connaissance, outre celles mentionnées par Erichson, au nombre de cinq : H. longicornis Payk., discoideus Er., læviusculus Manh., seminulum Er, pulicarius Er, — AÀj, : H, ovulum, ni: gripes, Heer, Col, helvet, I, p. 285.
TACHYPORIDES. 54
antérieurs de quatre, les autres de cinq articles, les fers courts; leur dernier article presque plus long que les précédents réunis.
Ces caractères sont reproduits d'après M. Heer, qui place ce genre à la suite des Hyrocyprus, en quoi je ne puis que limiter, ne le connaissant pas en nature et aucun auteur n'eñ ayant reparlé depuis qu'il est établi, La structure de ses tarses le distingue essentiellement de tous ceux de cette tribu. Il ne comprend qu'une très-petite espèce CL. Lasserei) qui se trouve, mais très-rarement, aux environs de Genève,
CONURUS, Sreru. 2}. of Brit. ent. V, p. 188 (1).
Genre détaché des Tacuyronus qui suivent et qui n'en diffère que par les caractères suivants :
Languette bilobée ; ses lobes fortement échancrés et munis de quelques cils en avant. — 2 article des palpes labiaux de moitié plus court que le 4€ et le 3°; Je pénultième des maxillaires légèrement en massue. — Yeux peu saillants. — Angles postérieurs externes des élytres droits. — Abdomen non rebordé latéralement. — Mésosternum caréné. — Cuisses et jambes antérieures dépourvues de cils, les premières ciliées à leur extrémité et les secondes dans toute leur longueur aux autres paires; les quatre premiers articles de tous les tarses décroissant graduellement ; ceux des quatre pales postérieures très-longs, glabres. — Corps en entier revêtu d'une fine pubescence soyeuse,
Ces insectes ont les mêmes habitudes que les Tacnyxponus et présentent les mêmes différences sexuelles; mais leur distribution géographique est plus étendue; il s’en trouve en effet dans l'Afrique australe, à Madagascar et dans la Tasmanie, pays où l'oû n'a pas encore signalé de Tacayronus; plus de'la moitié des espèces sont exotiques. Le nombre de celles décrites, s'élève en ce moment à vingt-cinq (2).
(1) Le nom de Conunus devra être changé, Kubl l'ayant appliqué longtemps auparavant à un groupe de Perroquets américains.
(2) Aux 19 esp. mentionnées par Erichson, aj. : C. incertus, Hampe, Stettin. ent. Zeit. 1850, p. 349; d'Europe, — erythrocephalus, rufulus, dimidiatus, Hochhuth, Bull. Mosc. 1849, I, p. 76 ; du Caucase.— obesus, Bohem. Ins. Caffrar. 1, p. 270; de Natal. — pulicarius, Sachse, Stettin. ent. Zeit. 1852, p. 120; des Etats-Unis (Géorgie).