FAMILLE XXVI
BYRRHIENS.
Languelte membraneuse ou cornée, sans paraglosses. — Deux lobes aux mâchoires, inermes. — Antennes de onze, très-rarement de dix articles, en massue à leur extrémité chez la plupart. — Tête presque toujours entièrement rétractée dans le prothorax-au repos et invisible en dessus. — Elytres entières, lobées ou festonnées à la base de leurs épipleures. — Pattes contractiles; hanches antérieures ovalaires, les intermédiaires subarrondies, les postérieures fortement transversales, planes, contiguës ou faiblement séparées ; tarses de cinq articles, sim= ples. — Saillie prosternale engagée en arrière dans une échancrure du mésosternum ; celui-ci court. — Abdomen de cinq segments; les trois premiers fixes, le dernier au moins aussi grand que le premier.
Une des familles les plus homogènes sous le rapport du facies génëral, toutes ses espèces étant plus ou moins courtes, ovalaires et con= vexes. Les téguments de ces insectes sont en même temps rarement glabres; des poils parfois disposés en houppes, mais le plus souvent uniformes, d’un aspect soyeux et très-caduques, les revêtent ordinairement en dessus. Les organes bucchux ne sont jamais saillants, ce qui permet à la tête de se retirer dans l'ouverture antérieure du prothorax encore plus complètement qu'elle ne le fait chez les Histériens, et quoique le prosternum n’envoie pas en avant, comme chez ces derniers, une mentonnière pour le recevoir. Il y a des espèces (SxNcazvpra) où la rétraction est portée au point qu'on n'aperçoit plus aucun de ces organes, ni même les yeux; mais en général une partie de ceux-ci et le labre au moins restent visibles. Les Nosopexprox seuls s’écartent sous ce rapport du reste de la famille, leur tête étant simplement penchée au repos et libre. à
Les antennes sont susceplibles de se contracter comme les pattes, mais il n'y a ni fossettes ni sillons pour les recevoir; elles se placent simplement sous les flancs du prothorax et sont recouvertes par les pattes antérieures, Ces organes sont toujours insérés sur les côtés de la
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téte immédiatement en avant des yeux. Ceux-ci sont latéraux et sub déprimés ; un seul genre encore peu connu (Ensacaus) en possède d'as» sez saillants.
Le prothorax est exactement appliqué contre la base des élytres, et, comme chez la plupart des insectes courts et convexes, il a presque toujours la forme d’un segment de sphère rétréci en avant et coupé obliquement ou sinué de chaque côté de sa base. Ses flancs forment une voûte plus ou moins profonde destinée à recevoir les pattes antétérieures à l’état de contraction, et les cavités cotyloïdes de ces dernières seraient ouvertes postérieurement si un mince filet appartenant au mésosternum ne venait pas les clore. Le prosternum généralement large, toujours parallèle et arrondi au bout, est Droué dans le mésosternum qu'il entame souvent presque jusqu'à sa base. Ce dernier est très-court et constitue un carré transversal, séparé du métasternum par une ligne assez distincte. Il résulte de cette structure que les pattes antérieures et intermédiaires se touchent presque. Les excavations où sont reçues ces dernières appartiennent au mélasternum dont elles envabissent les angles antérieurs sur une grande étendue. Les parapleures de celui-ci se rétrécissent d'avant en arrière, et leurs épimères, distinctes des épisternums, sont plus ou moins cachées par les épipleures des élytres. Les pattes postérieures sont contractiles comme les autres, mais il est assez fréquent que les cavités destinées à les recevoir et qui sont placées sur le premier segment abdominal n’existent pas.
Les cuisses sont canaliculées ou au moins sillonnées sur leur tranche inférieure pour recevoir les jambes au repos, et celles-ci le sont également, soit sur leur face interne, soit sur leur tranche dorsale pour loger les tarses quand ils sont contractiles. Ces derniers sont pubescents ou ciliés en dessous, et ce qu'ils présentent de plus particulier est l’existence fréquente d'une lamelle membraneuse qui est constamment placée sous le 3e article. Leurs crochets sont toujours simples.
A l'exception des Nosopenprow, les Byrrhiens sont épigés ét se trouvent sous les pierres, à la racine des plantes, dans le sable, et en général dans les endroits plus ou moins secs. Leur démarche est lente ; mais ceux d’entre eux qui sont ailés prennent leur vol avec assez de facilité. D'après des observations assez récentes (1), leur régime serait végétal, et, du moins pour certaines espèces (Byrrhus ornalus, "Cytilus varius), consisterait en mousses.
Celles de leurs larves qui sont connues peuvent se partager en deux groupes différant l’un de l’autre par un grand nombre de points importants, celles des Byrrhides et celles des Nosonenpron.
Les premières (2) sont allongées, subeylindriques, un peu déprimées
(1) Voyez Reichenbach, Ann. .d. 1. Soc. ent. Série 2, II, Bullet. p. LIX. (2) Latreille (Règne anim. 6, 2, IV, p. 513) est le premier qui ait donné sur celle d’une espèce de Byrnuys (pilula) quelques détails qu'il devait à M. Vau-
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et composées de treize segments, y compris la tête, qui est cornée ct verticale. La bouche est située à sa partie inférieure, et se compose d'un petit menton charnu, sans trace de languette, et portant deux palpes de deux articles; de mâchoires épaisses, cylindriques, terminées par un seul lobe, et munies de palpes de quatre articles ; de mandibules robustes, triquètres, fortement arquées ; enfin d’un petit labre transversal. De chaque côté de la tête sont deux ocelles arrondis, assez gros, situés tout contre la base des mandibules. Les antennes sont insérées dans des fossettes au-dessus de ces mêmes organes, très-courtes et composées de deux articles. Le segment prothoracique est plus grand que les suivants, carré et entièrement corné en dessus; les autres sont charous, et présentent simplement sur leur face supérieure des bandes transversales de consistance parcheminée ; les deux terminaux sont notablement plus grands que les neuf précédents et recourbés en dessous ; le dernier porte inférieurement deux gros tubercules en guise de fausses pattes, Les stigmates sont au nombre de neuf paires, dont huit placées latéralement sur les huit premiers segments abdominaux; la neuvième l’est en dessous, éntre le prothorax et le mésothorax. Ces larves se trouvent dans les mêmes lieux que les insectes parfaits.
Cette description, empruntée à Erichson, a été faite exclusivement d’après des larves du genre Byrenus ; elle s'applique exactement à la larve de la Simplocaria semistriatæ, à part une seule différence insignifiante, consistant en ce que chez celle-ci le pénultième segment abdominal n’est pas plus grand que les précédents.
La larve du Nosodendron fasciculare, dont on doit la connaissance à MM. Chapuis et Candèze (1), semble appartenir à une autre famille, tant elle s'éloigne des précédentes. Son corps, en premier lieu, ne se compose que de douze segments, l'abdomen n’en ayant que huit. La tête est horizontale, ainsi que les parties de la bouche. Le labre manque parmi ces dernières, et les palpes maxillaires ne comptent que trois articles; d'un autre côté, il existe une languette saillante, fortement bifide et munie de deux faisceaux de soies molles. Les ocelles sont au nombre de cinq de chaque côté, gros, saillants, et disposés sur deux rangs, l’antérieur de trois, le postérieur de deux. Il y a quatre articles aux antennes. Tous les segments thoraciques et abdominaux sont chacun recouverts en dessus d’un écusson corné, et présentent, à
douer. M. Westwood (An Introd. to the mod. classif. of Ins. I, p. 179, pl. 17, f. 17) en a ensuite décrit et figuré une autre d'espèce incertaine. Une description plus détaillée de ces larves en général, a été donnée par Erichson (Arch. 1841, I, p. 104, et Deutschl. Ins. Il, p. 467) ct reproduite par MM. Chapuis et Candèze (Mém. d. 1. Soc. d. Se. d. Liège, VAL, p. 447), qui ont en même temps fait connaître la larve de la Simplocaria semistriata (ibid. p. #48, pl. UE, f. 5).
(1) Loc. cit. p. 445, pl. I, f. G. Antérieurement, on ne possédait sur elle que quelques mots dus à M. De Castelnau, Hist, nat. d. Col. IL, p. 38-
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parlir du segment mésothoracique, six petites côtes longitudinales formées de tubercules contigus. Les sépt premiers abdominaux ont de plus, de chaque côté, une saillie recouverte de longues soies jaunâtres, redressées et divergentes à leur extrémité. Le huitième est très-grand, conique, sans prolongement anal, et porte à sa base deux petits tubercules coniques. Enfin, MM. Chapuis et Candèze ont cherché inutilement les stigmates; ils ont cru seulement en voir une paire située sur deux saillies de la région dorsale du premier segment de l'abdomen.
Cette larve, que ses faisceaux de poils rapprochent de celles des Dérmestins, vit, comme l’insecté parfait; dans les plaies humides des arbres.
Les Byrrhiens paraissént à peine exister dans les pays éhauds; une espèce de Colombie, formant un genre distinct (Ensaotvs), est la seule qui figure dans les auteurs comme provenant de ces régions, où tant d’autres familles sont si richement représentées: Ges insectes semblent craindre la chaleur, car, même en Europe, ils sont plus multipliés dans les montagnes que dans les plaines. C’est dans cette partie du monde et dans l'Amérique du Nord que sont concentrées la presque totalité de leurs espèces.
Dans les généralités qui précèdent, j'ai laissé de côté les CneLonamium de Fabricius, getire ambigu que je crois appärténir à la Faille actuelle, dont il possède tôus les caractères essentiels, mais qui présente en même temps quelques différencés importarites dont il scra question plus loin.
Commé célle des Dérmestins, celte famille est de la création de Latreille, qui avait coitimencé par ÿ comprendre une foule d'éléments étragers (1), qu'il ef à successivetherit bannis plus tard, de facon à ne plus y éhi laisser dans son dernier ouvrage (2) qu'un seul, le genre Trunobes. Quelques autres genres, qu'il n’à pas connus, ou qu'il avait placés ailleurs, y ont été depuis introduits à tort (5). Säuf l'addition des Cuezonaïium, la faille est exposée ici telle qu'Erichson l’a conçue; mais cétté addition oblige d'y établir quatre tribus au lieu de trois qu'il y a admises.
L Tête non rétractile: NoSoDENDRIDES.
IL — rétractile.
a Antennes insérées sur les côtés de la Éète. — composées de one articles: : Brunes, ms = dedix — Liicnines.
aù Anténties insérés sur la partie antérieure du front, CnéLonanupes.
{1j Voyez le Gen. Crust. et Ins. Il, p. 33.
(2) Règne anim. 6d: 2, IV, p.512.
(3) J'entends parler ici spécialement des genres Asrbibmonus de Ziégler ob
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418 BYRRUIENSA :
TRIBU I: ” NOSODENDRIDES,
Tête penchée, non engagée dans le prothorax au repos. — Menton recouvrant la cavité buccale entière. — Labre indistinct, — Antennes de onze articles, insérées sous un rebord de la tête,
Le genre Nosonenpron de Latreille compose à lui seul cette tribu. La plupart des anciens auteurs l'avaient confondu avec les Byrauvs; tous, sans exception, sont d'accord pour le placer à côté d'eux, depuis que Latreille l'en a séparé. Quoique l’organisation de ses larves soit de nature à jeter quelque doute sur la réalité de cette analogie, je ne crois pas qu’on puisse le mettre ailleurs.
NOSODENDRON.
Larn. Gen. Crust. et Ins. II, p. 43 (1).
Menton très-grand, plane, recouvrant toute la cavité buccale en dessous, en triangle allongé, arrondi à son sommet. — Languette petite, membraneuse, transversale, arrondie en avant. — Lobe. externe des mâchoires coriace, grêle, subeylindrique; l’interne crochu à son extrémité, — Palpes très-courts, leur dernier article cylindrique, obtus, notablement plus long que les précédents. — Mandibules courtes, arquées et aiguës au bout, ayant au côté interne une étroite bordure membraneuse, et à la base une forte dent molaire. — Tête en triangle curviligne. — Funicule.des antennes grêle, à articles 1-2 subégaux, déprimés, 3 très-long, cylindrique, 4-5 obconiques, 6-8 moniliformess les trois derniers formant brusquement une grosse massue ovalaire, comprimée et subperfoliée, — Prothorax court. — Ecusson médiocre, triangulaire. — Elytres ovalaires, très-convexes.— Cuisses robustes, se rétrécissant à leur extrémité; jambes élargies dans le même sens, garnies de petites épines sur leur tranche externe ; leg quatre 4ers articles
Oowonvnus de M. Curtis (Brit. Ent. MINE, p. 347). Latreille (Règne anim. éd. 2, IV, p. 508) à classé le premier parmi les Dermestins; M. L, Redtenbacher (Faun. Austr. Die Kæf. p. 224) le met dans la famille actuelle. 1 me parait ap= partenir à celle des Ptiniores et êtro voisin des Doncarowa, — Quant au second, Erichson (Germar, Zeitschr. I, p. 369) a fait voir qu'il doit rentrer parmi les Chrysomélines, et je crois avoir démontré de mon côté (Mon. d. Col. subpent. Phyt. IL, p. 633), d’une manière satisfaisante, que ce n’est pas autre chose qu'un Lamprosoma.
(1) Syn. Byrruus Oliv., Panz., Sturm, Duftschm., Schoœnh, = SpTÆRIDIUM, Æab., Syst, El, J, p. 94, ;
sdésialé modems de sr à à Li f Loterie — | PATENT D UE JS
BYRNHIDES. 479
des tarses très-courts, nus en dessous; ceux de la re paire reçus au repos dans un sillon terminal de la tranche des jambes; les autres libres. — Prosternum médiocrement large, recu dans une échancrure étroite du mésosternum.
Le type du genre (N. fasciculare OI.) est un assez pelit insecte d'un noir brillant, et muni de touffes de petits poils redressés, disposées en séries longitudinales sur les élytres. Il vit dans les plaies humides des arbres, principalement dans celles des ormes et du marronnier d'fnde, et se trouve communément dans toute l'Europe. Il y en a une seconde espèce dans l'Amérique du Nord (1).
TRIBU II
BYRRHIDES,
Tête rétractée au repos dans le prothorax. — Menton petit. — Epistome non séparé du front. — Labre distinct. — Antennes de onze articles, insérées à découvert sur les côtés de la tête.
Cette tribu comprend la majeure partie des espèces de la famille, Leur étude est difficile par suite de la similitude de leurs formes et de la grande variabilité du dessin que forment les poils caduques, dont la plupart sont revêlues en dessus. Une bonne monographie de M. Stelfahny (2) a beaucoup contribué à asseoir les caractères de leurs genres, et à épurer la synonymie des espèces. Depuis, ce travail a été remanié par Erichson (5), qui admet parmi eux les huit genres qui suivent :