‹ Histoire naturelle des insectes (volume 5)Chapitre 101 sur 123 · AS: CRE · texte numérisé non relu

AS: CRE

FAMILLE LVIL

RHIPIPHORIDES.

Menton porté par un pédoncule du sous-menton. — Languette membraneuse, plus ou moins saillante. — Deux lobes aux mächoires, lamelliformes, ciliés, soudés à leur base; l’interne parfois rudimentairo ou nul. — Dernier article des palpes maxillaires jamais sécuriforme. — Mandibules sans lame membraneuse au côté interne. — Tôte verticale, s'appuyant sur les hanches antérieures, munie d’un col étroit entièrement engagé dans le prothorax; son vertex dépassant souvent le bord antérieur de ce dernier. — Yeux grands, échancrés ou non, — Antennes de onze ou dix articles, insérées sur la tôte d’une manière variable, pectinées ou flabellées chez les mâles, le plus souvent dentées en scie chez les femelles. — Prothorax aussi large que les élytres à sa base; son pronotum confondu avec ses flancs au moins en avant

(Creninra excepté). — Elytres tantôt recouvrant l'abdomen, tantôt abrégées et déhiscentes ; les ailes inférieures dans ce dernier cas non repliées sous elles. — Pattes plus où moins longues; hanches anté-

rieures contiguës, saillantes, reposant sur les intermédiaires, sans {rochantins ; leurs cavités cotyloïdes très-lergement ouvertes en arrière; les intermédiaires en général faiblement séparées, transversales ou obliques, avec ou sans trochantins; les postérieures transversales, lamelliformes, contiguës ; éperons des jambes variables ; tarses grêles, les quatre antérieurs de cinq, les postérieurs de quatre articles, le pénultième de tous entier; crochets pectinés ou dentés, rarement simples. — Abdomen de cinq à huit segments, tous distincts.

Jusque dans ces derniers temps, cette famille a été réunie à la précédente. Mais je crois, avec M. Gerstæcker qui en a publié une très-bonne Monographie (1), il y a peu d'années, qu’il existe des raisons

(1) Monographia Rhipiphoridum; in-40, 36 p. avec 1 pl. n. Berlin, 1855. Depuis l'apparition de ce travail, M. L, Redtenbacher (Faun. Austr.; Die Kæf. ed. 2, p. 646) a adopié l'opinion de M. Gerstæcker, tandis que M. Mulsant (Col. d. France; Longip. p. 177) a persisté à réunir ces insectes aux Mordellides, :

sun ils

RHIPIPHORIDES. 617

suffisantes pour l’en séparer. On voit, en effet, par la formule qui précède qu’elle présente des caractères constants, complètement étrangers aux Mordellides et qui portent sur les palpes maxillaires, les lobes des mächoires, les mandibules et les antennes.

Pour le surplus, la majeure partie de ces insectes, c’est-à-dire ceux qui constituent la tribu des Éyaniocérides, n’offrent rien dans leur organisation qui autoriserait à les séparer des Mordellides. Ils s’y rattachent même de très-près par un genre (CreninrA) dont les espèces ont le prothorax et les hanches postérieures faits comme chez les Morpecca. Mais il n’en est pas de même des quatre genres (RHIPIPHORUS, Exenanta, Mvonires, Retprnius) qui restent encore dans la famille. Chez tous, l'insertion des antennes n’est plus la même que chez les Évaniocérides ; leur prothorax a perdu tout vestige de séparation entre son pronotum et ses flancs ; leurs élytres sont déhiscentes et chez plusieurs s’abrègent au point de devenir squammiformes ; leurs ailes inférieures restent étalées sur le dos de l'abdomen, sans pouvoir se replier; leurs segments abdominaux cessent d’être constamment au nombre de cinq et peuvent s'élever jusquà huit; enfin dans l'un de ces genres (Rwprmus) apparaissent à la fois l’atrophie des organes buccaux et la dégradation des femelles qui sont aptères, larviformes et en même temps parasites d’autres insectes.

La famille se divise par conséquent en deux catégories dont les espèces diffèrent mon-seulement par les caractères qui viennent d'être exposés, mais encore, selon quelques probabilités, par leur genre de vie dans les premiers temps de leur existence (1). Malheureusement nos connaissances sur les états primitifs de ces insectes sont très-bornées. On ne sait absolument rien de ceux des Évaniocérides, et ce n’est que par induction qu’on peut soupçonner qu'ils ne diffèrent pas de ceux des Mordellides. Dans la seconde catégorie, la seule larve du Rhipidius blattarum est décrite, et comme elle ressemble complètement à la femelle de cet insecte, il est inutile d’en parler en ce moment. Celles du Rhipiphorus paradoæus et de l'Emenadia bimaculata ont été vues, mais n’ont pas été publiées. D'après ce qu'on en sait, elles ont des habitudes bien différentes et qui confirment la séparation de ces deux genres.

(1) D’après céla on peut se demander si la famille ne devrait pas être divisée en deux. Mais cette question est prématurée dans l’état actuel de nos connaissances sur les premiers états de ces insectes, et il faut attendre pour Î& résoudre que ceux des Évaniocérides soient connus. En supposant même qu'ils fussent pareils à ceux des Mordellides, il resterait à voir s'il faut réunir ces insectes à ces dernières. Cette question se rattache à celle plus générale et si controversée du rôle que doivent jouer les métamorphoses dans la méthode naturelle.

RE

618 RHIPIPHORIDES.

La première (1) vit en effet dans les nids de la Vespa vulgaris et subit ses transformations dans leurs cellules sans qu’on sachets elle en à préalablement dévoré les légitimes ocoupants. La seconde, au contraire, selon M. Farines (3), vit dans les racinés de 'Eryngüum came pestre dont elle sort, après avoir términé sa croissance, pour se transformer dans une coque qu’elle fixe sur la tige ow à la base des rameaux inférieurs de la plante. On s’est demandé (3) avec raison si l’auteur de cette observation avait tout vu et si cette larve ne serait pas parasite de quelque autre vivant dans l’intérieur du végétal en question,

Sous leur dernière forme, ces insectes reproduisent les mœurs des Mordellides ; seulement les Rarprpmonus, Myoprres et Rarpiprus ont encore des allures plus vives pendant leur vol qui ressemble à celui des Stylopides. Il paraït y en avoir dans la plupart des grandes régions du globe, mais plus dans les pays chauds, et en particulier dans l’Amérique du Sud, que dans les pays tempérés.

M. Gerstæcker a divisé la famille en quatre tribus qui sont parfaitement naturelles, mais qui me paraissent devoir être placées dans un ordre relatif autre que celai qu’il leur a assigné (4).

1. Elytres recouvrant en entier l'abdomen, non déhiscentes. ÉvaNtocÉRIDES, IL. Elytres recouvrant imparfaitement l’abdomen, déhiscentes.

a Organes buccaux complets.

Hanches intermédiaires subcontiguës. RHIPIPHORIDES VRAIS. — — très-lärgement séparées. Myoprrines.

a@ Organes buccaux atrophiés, sauf les palpes labiaux, Ruipinipes. .

TRIBU I

ÉVANIOCÉRIDES.

Organes buccaux complets. — Yeux presque toujours échancrés. — Antennes insérées latéralement au-devant d'eux. — Arêtes latérales du

(1) Ramdobr (in Germar, Magar. I, 1, p. 137) est le premier qui ait signalé ses habitudes; pour les autres auteurs qui en ent également parlé, voyez West- Wood, an {ntrod., etc., 1, p. 294.

(2) Ann. d. Sc. nat. VIIL, p. 244.

(3) Westwood, loc, cit. p. 295,

(4. Gerstæcker intercale les Myoditides et les Rhipidiidés entre les deux autres Tribus. Les Rhipiphorides vrais sont manifestement supérieurs par leur organisation à ces insectes et, dès lors, doivent être placés avant eux.

ÉVANIOCÉRIDES. 619 prothorax complètement effacées en avt, très-rarement (CTENIDIA) entières. — Ecusson découvert. — Elytres recouvrant complètement l'abdomen, non déhiscentes. — Hanches intermédiaires faiblement séparées. — Abdomen de cinq segments. — Epimères métathoraciques petites.

Cette tribu comprend, aïnsi qu’on l’a vu dans les généralités de la. famille, toutes les espèces plus on moins voisines des Mordellides. 11 est rare cependant (Crenipra) qu’elles reproduisent les formes de ces dernières. Aux caractères qui précèdent, on peut ajouter que toutes, à l'inverse de ce qui existe dans les trois suivantes, sont revêtues d’une pubescence fine, couchée, plus ou moins, mais généralement peu abondante. Les TricononerA et Axcrozæmus sont les seuls dont M livrée ne soit pas uniforme. Sur les huit genres que forment ces insectes, deux seulement (Pececoroma, EvaniocerA) ont des représentants en Europe.

I. Prothorax carré, tranchant sur les côtés; yeux entiers : Cfenidia.

Il. atténué en avant; ses arêtes latérales àulles antérieurement; yeux échancrés, '

a Vertex ne dépassant pas le bord antérieur du prothorax. b Palpes maxillaires filiformes.

ce Crochets des tarses pectinés ou dentés en scie. Tète allongée : Trigonodera.

— suborbiculaire : Geoscopus.

ce Grochets des tarses à peine visiblement bidentés : Pelecotoma. bb Palpes maxillaires déprimés, lamelliformes: Crochets des tarses bidentés : Clinops.

— pectinés : Ancholæmus.

aa Nertex dépassant le bord antérieur du prothorax. Art. 2-4 des tarses antérieurs allongés : Euctenia. — — courts : Evaniocera.

CTENIDIA, De Casren. Hist. nat. à. Col. IL, p. 264.

Palpes filiformes, leur 2e article allongé; le dernier des labiaux subovalaire, celui desmaxillaires plus long que le pénultième, en triangle allongé. — Mandibules assez longues, entières au bout. — Labre trèssaillant, un peu rétréci et arrondi en avant. — Tôte transversale ; son vertex dépassant à peine le bord antérieur du prothorax. — Yeux latéraux, obliques, @valaires, entiers. — Antennes courtes, à articles

620 Lu.

1 médiocre, cbconique, 2-4*de même forme, courts, subégaux ; les suivants émettant chacun un rameau Jong et grêle chez les mâles, dentés en scie chez les femelles. — Prothorax penché, très-peu convexe, en carré équilatéral, muni à sa base d’un très-large lobe médian arrondi et recouvrant en partie l’écusson; ses côtés tranchants dans toute leur longueur. — Ecusson triangulaire et tronqué au bout. — Elytres allongées, peu à peu et fortement rétrécies en arrière, planes et arquées en dessus, déprimées le long de la suture, fortement échancrées à leur base, légèrement déhiscentes en arrière. — Pattes médiocres; hanches postérieures presque aussi grandes que le métasternum, arrondies sur leur bord postérieur; cuisses et jambes postérieures robustes, comprimées; les éperons de ces dernières très-longs, ceux des quatre autres très-courts ; tarses longs, leurs articles intermédiaires non raccourcis, leurs crochets fendus. — 1°’ segment abdominal trèsgrand. — Métasternum court, ses épisternums larges, légèrement arrondis au côté interne. — Corps allongé, svelte, finement pubescent.

Genre remarquable, formant le passage des Mordellides vraies aux Rhipiphorides, comme l’a dit M. De Castelnau, et qui, à ce titre, mériterait peut-être de constituer un groupe à part. Il tient en effet aux premières par la grandeur de ses hanches postérieures, la brièveté du métasternum et la forme de son prothorax ; mais par tout le reste de son organisation, c’est bien un genre de Rhipiphorides. Il ne comprend qu'une rare espèce (mordelloïdes Casteln.) de lAfrique australe, de taille médiocre, noire et variée de fauve testacé. Je n’en ai vu que deux exemplaires ef n’ai pas pu examiner ses organes buccaux. M. Gerstæcker ne l’a pas connue et n’a pu que citer la formule du genre exposée par M. De Castelnau.

TRIGONODERA.

(Des.) GensræÆck. Mon. Rhipiphor. p.2 (1).

Menton carré avec ses angles arrondis. — Languette évasée, profondément divisée en deux lobes arrondis, bi-épineuse dans son milieu. — Deux lobes aux mâchoires cornés ; l’externe allongé, parallèle, atrondi et spinosule au bout. — Palpes filiformes; le 3° des labiaux égal au 2°, oblongo-ovale, atténué à sa base; le 4° des maxillaires du double plus long que le 3°, subfusiforme. — Mandibules allongées, arquées et entières au bout. — Labre transversal, largement échancré en avant. — Tête petite, allongée; son vertex ne dépassant pas le bord

(1) Syn. Rnrinonus Germar. — Perecoroma Latr., Lepellet. d, St-Farg. et A. Serv., Perty, Montrouz. — Perecoroines, De Casteln. Hist. nat. d, Col. II, p.263; nom mal fait et que M. Gerstæcker me garait avoir rejeté avec raison.

ÉVANIOCÉRIDES . 621

antérieur du prothorax. — Yeux grands, peu convexes, largement et fortement sinués, parfois subcontigus en dessus chez les mâles. — Antennes insérées sous de petites éminences coniques, un peu plus longues que le prothorax, à articles { assez robuste, allongé, 2 court, 3 plus long que #, obconique comme lui, 5-10 ou 6-10 flabellés (o) ou en scie (@).— Prothorax transversal ou non, fortement atténué en avant, muni à sa base d’un lobe médian plus ou mbins saillant, avec ses angles postérieurs embrassant ou non les épaules des élytres. — Ecusson variable.—Elytres plus ou moins allongées, de forme variable. — Pattes longues; hanches postérieures beaucoup plus courtes que le 1er arceau abdominal; les 4 jambes antérieures munies d’éperons robustes; articles 2-4 des tarses antérieurs courts ; les crochets de tous pectinés. — 1° arceau abdominal un peu plus long que le 2°. — Epistermmums métathoraciques très-larges, graduellement rétrécis en arrière. — Corps arqué en dessus.

Genre qui paraît exclusivement propre jusqu'ici à l'Amérique du Sud, à l'Australie et à la Nouvelle-Guinée. Ses espèces affectent deux formes différentes. Toutes celles du premier de ces pays et quelquesunes de celles du second sont plus ou moïns allongées, convexes et régulièrement arquées en dessus, avec les épaules des élytres plus ou moins embrassées par les angles postérieurs du prothorax. Chez un petit nombre propre à l'Australie, le corps est beaucoup moins convexe et les élytres débordent sensiblement le prothorax à leur base ; les angles postérieurs de ce dernier sont courts et ne peuvent pas embrasser les épaules des premières qui sont assez saillantes et impressionnées en dedans (1).

Les TricononEra varient beaucoup sous le rapport de la grandeur ; quelques-unes (par ex. succincla, maculata) figurent parmi-les plus grands Rhipiphorides connus, les autres descendent souvent au-dessous de la taille moyenne. Beaucoup d’enfre elles sont ornées de couleurs variées, mais très-sujettes à se modifier dans la même espèce. On en connaît une douzaine en ce moment (2).

(1) Telle est la T. nuda citée plus bas. Le Pelecotoides conicicollis de M. De Castelnau (loc. cit. p. 263), grande espèce australienne que M. Gerstæcker n’a pas connue, appartient également à. cette catégorie. Le 4 article de ses anlennes est muni chez le mâle d'une dent très-distincte, et le 3° n’est pas beaucoup plus long que lui. Dans le même sexe les yeux se rejoignent presque sur le front. Peut-être pourrait-on faire de ces espèces de l'Australie un geure à part qui permettrait de conserver le nom de Perxcoromes de M. De Castelnau, bien que sa construction soil vicieuse, comme je viens de le dire.

(2) M. Gerstæcker les a réparties dans deux divisions basées sur les antennes :

A. Articles 1-4 des antennes simples ou plus étroits que les suivants : Rhip. succinctus, Germar Ins. Spec. nov. p. 168 (Var. P. Leachii, Latr., Casteln.,

622 RHIPIPHORIDES.

GEOSCOPUS. GensrÆck. Mon. Rhipiphor. p. 7.

J'emprunte les caractères qui suivent à M. Gerstæcker, ne connaissant pas ce genreñen nature. L

Menton carré. — Languette en trapèze renversée, incisée dans son milieu. — Lobes des mâchoires cornés, allongés et arrondis au bout. — Palpes filiformes, le 2° article des labiaux très-allongé, le 3° oblongoovale; le 2° et le 3° des maxillaires égaux, le 4° très-long, fusiforme. — Mandibules longues, entières et acuminées au bout. — Labre transversal, légèrement échancré en avant, — Tète orbiculairé, son vertex convexe et ne dépassant pas le bord antérieur du prothorax ; épistome court, tronqué en avant, — Yeux latéraux, réniformes. — Antennes insérées près de l’échancrure des yeux sur des tubercules, de onze (o) ou dix (@) articles ; les cinq 12 simples, les autres dilatés et fortement en scie, ou plus courts et moins dentés (®), le dernier ovale. — Pro-

thorax, élytres et pattes des TriGoNO»ERA, avec les crochets des tarses denticulés en scie.

Le type du genre (murinus) est de taille médiocre, brunâtre, avec les élytres, les jambes et les tarses rougeâtres, et revêtu d’une pubescence serrée d’un gris uniforme. L'Afrique australe est sa patrie.

PELECOTOMA.

Fiscner ». Warou. Mém. d. l. Soc. d. natur. d. Moscou, IL, p. 293 (1).

Menton allongé. —Languette arrondie et triangulairement échancrée dans son milieu en avant. — Deux lobes aux mâchoires : l’interne petit, lancéolé, l’externe arrondi. — Palpes filiformes; le 2 article des labiaux très-allongé, le 3° ovoïde et acuminé au bout ; les maxillaires à articles 2-3 courts, égaux, 4 en triangle allongé et obliquement tonqué. — Mandibules très-courtes, unidentées au côté interne, aiguës

Pel. strigata, gigantea Casteln.), Brésil; signaticollis G. (Latreillei? Enc. méth., Casteln.), Brésil; nubila G., Pérou; sulcicollis G., Brésil; nuda G., Australie,

B. Articles 1-5 des antennes simples ou plus étroits que les autres: T.ma- Culata Casteln. (Var. P. helva Perty, Casteln.), Brésil; viltata G., Brésil; bistriata G., Pérou; pallipes G., Brésil; senilis G., lutea G., sericea G,, Australie,

Aj. : Peiecotoides murinus, Blanch, Voy. au pôle Sud; Entom. p. 187, Col. pl. 12, f.13; Nouvelle-Guinée, — P. holosericeum, Montrouz. Faun. de l'ile Woodlark, p. 35.

(1) Syn. Riprpuonus Payk., Gyllenh.

ÉVANIOCÉRIDES. 623

au bout. — Labré transversal, arrondi en avant. — Tête assez grande, transversale ; son vertex ne dépassant pas le bord antérieur du prothorax; épistome très-court, tronqué. — Yeux ovalaires, convexes, faiblement échancrés. — Antennes insérées sous un court rebord de la tête, de onze articles (r) : 4 robuste, assez long, 2-3 courts, obconiques, sbégaux, 4-10 flabellés (7) ou dentés en scie (QG), 11 grand, oblongo-ovale. — Prothorax subtransversal, fortement atténué en , avant, peu convexe, bisinué à sa base, avec ses angles postérieurs aigus. — Ecusson petit, quadrangulaire. — Elytres un peu plus larges que le prothorax à leur base, peu convexes, très-allongées, graduellement atténuées en arrière et isolément arrondies au bout. — Pattes grèles; jambes postérieures un peu élargies au bout, toutes sans éperons; articles intermédiaires des tarses allongés; crochets munis de deux dents presque obsolètes. — Episternums métathoraciques assez étroits, peu à peu atténués en arrière. — Corps allongé, pubescent.

Le type du genre est un très-petit insecte (2) répandu dans les parties boréales, orientales et moyennes de l’Europe et qui se trouve principalement dans le vieux bois, mais qui est fort rare partout. On en a décrit une seconde espèce de l'Amérique du Nord (3).

CLINOPS.

GensrÆck. Mon. Rhipiphor., p. 9.

Menton presque carré. — Languette divisée en deux lobes étroits, aigus au bout et divergents. — Deux lobes aux mâchoires : l’interne étroit, l’externe large et arrondi. — Palpes labiaux filiformes; leurs articles d’égale longueur, le 3° ovoïde et acuminé; les maxillaires déprimés, à articles 2-3 obconiques, subégaux, 4 oblongo-ovale. — Mandibules courtes, robustes, obtusément unidentées au côté interne. — Labre arrondi en avant. — Tête orbiculaire, son vertex dépassant à peine le bord antérieur du prothorax. — Yeux latéraux, réniformes.— Antennes courtes, insérées au-devant des yeux, à articles 4 oblong, 2 court, 3 plus du double plus long que lui, cunéiforme, les suivants émettant vhez les mäles de longs rameaux, dont le dernier beaucoup plus épais que les autres. — Prothorax subtransversal, presque plan en dessus, rétréci en avant, fortement bisinué à sa base, avec ses angles postérieurs embrassant les épaules des élytres et un lobe médian

(1) Fischer de Waldheim, dans l'ouvrage cité plus haut, n'avait assigné que huit articles à celles des femelles; il a corrigé cette erreur dans son Entomographie de la Russie (IH, p. 170) où il a reproduit le genre.

(2) Rhip. fennicus, Payk. Faun. Suec. IL, p.262 (Pel. mosquense, Fisch. d. Waldh, loc. cit. pl. 18, f. 1; Pel. Latreillei, Fisch. d. Waldh. Entomogr. d, 1. Russ. Il, p. 172, pl. 38, £. 9 a-f).

(3) P, flavipes, Melsheim. Proceed, of the Acad. of Philad. IL, p. 318.

624 RHIPIPHORIDES,.

bifide au bout. — Ecusson carré et arrondi en arrière. — Elytres allongées, parallèles, isolément arrondies en arrière. — Pattes longues, grèles ; jambes antérieures sans éperons; articles des tarses allongés ; crochets bidentés en dessous. — Corps allongé, pubescent.

Ces caractères sont reproduits d’après M. Gerstæcker qui a établi ce genre sur un exemplaire mâle d’un assez petit insecte du Cap (badius), en entier d’un brun-rougeâtre et revêtu d’une pubescence grise;kniforme.

ANCHOLÆNMUS.

Gersræcx. Mon. Rhipiphor. p. 10.

Menton allongé et étroit. — Languette trilobée ; ses lobes latéraux arrondis, le médian un peu plus court et tronqué. — Deux lobes aux mâchoires : l’interne lancéolé, l’externe sécuriforme. — Palpes labiaux un peu déprimés, leur 3° article plus long que le 2, en triangle allongé ; les trois derniers articles des maxillaires très-larges, lamelliformes, pubescents : 2-3 subtriangulaires, 4 ovale. — Mandibules courtes, robustes, fortement unidentées en dedans, très-aiguës au bout, — Labre court, légèrement arrondi en avant. — Tête allongée, son vertex sinué de chaque côté et dépassant un peu le bord antérieur du prothorax. — Yeux grands, transversaux, fortement échancrés audessus de leur milieu, — Antennes insérées en avant de cette échancrure, à articles 1 robuste, assez long, en cône arqué, 2-3 courts, obconiques, égaux; les suivants émottent de très-longs rameaux chez les mâles. — Prothorax allongé, conique, sillonné sur la ligne médiane, fortement bisinué à sa base, avec son lobe médian arrondi. —Ecusson carré. — Elytres à peine plus larges que le prothorax en avant, allongées, graduellement élargies en arrière, médiocrement convexes. — Pattes longues et grêles; jambes antérieures mutiques, les intermédiaires munies d’un éperon, les postérieures de deux, tous médiocres ; articles intermédiaires des tarses allongés ; crochets pectinés. — Episternums métathoraciques assez larges, graduellement atténués en arrière. — Corps allongé, tomenteux.

L'un des plus remarquables genres de cette tribu, ayant pour type un rare insecte (1) du Brésil, de grande taille et ressemblant tout-àfait, au premier coup-d’œil, aux HowALocerus de la famille des Curculionides et du même pays. Il est en effet noir, avec la moitié antérieure des élytres, ainsi que les côtés du prothorax et de la tête, d’un beau jaune doré. Des poils soyeux, de la couleur des parties qu’ils recouvrent, le garnissent en entier. Ses élytres présentent chacune deux côtes saillantes. De même que M. Gerstæcker, je n’ai vu que le mäle et ignore comment les antennes sont faites chez la femelle.

(1) À. lycifermis, Gerstæck. loc. cit. f. 5.

ÉYANIOSÉBIDES. 625

F : EUCTENIA.

GensræÆck. Mon. Rhipiphor.. P. 10.

Menton transversal, rétréci et bifide en avant. — Languette fortement bilobée; ses lobes larges, arrondis et divergents. — Deux lobes aux mâchoires : l’interne court, l’externe allongé, tous deux arrondis au bout. — Palpes filiformes, leur 2° article très-allongé, arqué; le dernier des labiaux atténué à sa base, renflé au bout et arqué, celui des maxillaires fusiforme. — Labre transversal, largement échancré. — Mandibules allongées, inermes au côté interne , entières au bout. — Tête brièvement ovale; son vertex saillant et dépassant un peu le bord antérieur du prothorax. — Yeux latéraux , réniformes, — Antennes insérées dans leur échancrure, sous de courts rebords de la tête, à articles { oblong, égal aux deux suivants réunis, 3-4 trèscourts; les suivants émettant de très-longs rameaux chez les mâles. — Prothorax un peu plus large que long, convexe, obconique, assez fortement bisinué à sa base, avec ses angles postérieurs assez saillants, un peu relevés et très-obtus. — Elytres à peine plus larges que | lk base du prothorax, peu convexes, graduellement rétrécies en arrière | etisolément arrondies au bout. — Pattes grêles ; toutes les jambes

munies de deux éperons ; articles intermédiaires des tarses oblongs; | crochets pectinés. — 41% segment abdominal pas plus long que le 2°. | — Corps allongé, atténué en arrière.

M. Gerstæcker n’en décrit qu’une espèce (sericea) de l'Australie dont j'ai trois exemplaires sous les yeux. Elle est de taille médiocre, uoire, avec l’abdomen et les élytres rufescents; une fine pubescence soyeuse et qui voile à peine ses téguments, la revêt en entier (1).

EVANIOCERA.

GuËnin-MÉNEv. Gener. d. Ins. fase. 1, n° 2, pl.2 (2).

Menton subcordiforme. — Languette évasée et sinuée en avant. — Deux lobes aux mâchoires : l’interne court, l’externe allongé, lancéolé.

(1) A part les parties de la bouche que je n’ai pu examiner, le genre Acosxus de Dejean (Cat. éd. 3, p. 239) dont M. Gerstæcker n’a pas parlé, me parait voisin de celui-ci et.n’en diffère essentiellement que par sa tête qui est plus allongée, les angles postérieurs de son prothorax qui sont aigus au lieu d’être arrondis, une forme générale plus courte et une pubescence plus abondante et plus dense. Outre l’espèce (capensis) mentionnée par Dejean, il y en a une autre de Ceylan décrite en peu de mots par M. F. Walker, sous le nom de languidus, dans les Ann, and Mag. of nat. Hist. Ser. 3, IL, p. 286:

(2) Syn. Pricoruorus (Dej.), Gerstæck. Mon. Rhipiphor. p. 11; le droit de

Coléoptéres. Tome V. 40

626 RHIPIPHORIDES.

— Palpes filiformes; les deux derniers articles des labiaux allongés, subégaux, le dernier des maxillaires presque aussi lo e le 2° et le 3° réunis, celui de tous oblongo-ovalaire. — Mandibules allongées, bifides au bout, — Labre très-court, faiblement arrondi en avant. — Tête ovalaire ; son vertex saillant, arrondi, dépassant fortement le bord antérieur du prothorax; épistome brusquement rétréci, tronqué en avant. — Yeux grands, obliques, largement et très-profondément échancrés, — Antennes à articles 1 assez rohuste, en cône renversé, 2 très-court, 3 plus long, plus ou moins prolongé en dedans chez les mâles ; les suivants émettant de longs rameaux dans le même sexe, dentés en scie chez les femelles. — Prothorax campanuliforme, très. convexe en avant, déprimé et fortement bisinué à sa base. — Ecusson en triangle allongé. — Elytres à peine plus larges que le prothorax à leur base, subeylindriques ou déprimées, atténuées en arrière et isolément arrondies au bout. — Pattes assez longues; jambes munies d’éperans; articles 2-4 des tarses antérieurs courts ; crochets pectinés. — 1 segment abdominal pas plus long que le 2°. — Corps plus ou moins allongé, pubescent. .

Genre ayant pour type un petit insecte (1) répandu dans toute l'Europe méridionale et dans le nord de l'Afrique, mais rare partout. Il est de forme grêle et subcylindrique ; quelques autres espèces (pr'uinosus, nervosus) sont plus larges, moins convexes et plus atténuées en arrière, La puhescence blanchâtre dont ces insectes sont revêtus, forme en général sur leurs élytres des lignes droites ou obliques plus ou moins distinctes. On connaît en tout cinq espèces du genre (à).

TRIBU IE

RHIPIPHORIDES VRAIS.

Organes buccaux complets. — Yeux entiers. — Antennes insérées à leur côté interne sur le front. — Pronotum et flancs du prothorax sans aucun vestige de séparation; le lobe médian de sa base recou-

priorité ne permet pas de donner à ce nom la préférence sur celui d'Evantocera dont M. Guérin-Méneville a exposé les caractères. — Pevecoroma Latr,, Casteln.,Guérin-Ménev., Fisch, d. Waldh.

(1) Pelec. Dufourii, Latr. Nouv Diction. d'Hist. nat. 64,2, XXV, p.135 (Peleo. Frivaldszkyi, Guérin-Ménevy. Icon.; Ins. pl. 2, f. 6; Pelec. Stevenii, Fisch. d, Waldh. Bull. Mose. 1829, p. 369; Var, Evan. Boryi, Lucas, Explor. d. l'Algér:; Entom. p. 382, pl. 32, f. 9).

(2) Plil. pruinosus, nervosus, de l'Australie; capensis, du Cap; Gerstæck. loc. cit. p.12. — Ev, Fischeri, Ménétr. Mém. d, l’Acad. de St-Pétersb. NI p. 245 ; Sibérie.

RHIPIPHORIDES VRAIS. 627

vrant l’écusson, — Elytres aussi longues que l'abdomen, déhiscentes. — Hanches intermédiaires faiblement séparées. — Epimères du métasternum presque aussi grandes que ses épisternums. — Abdomen de six segments.

En outre de ces caractères très-prononcés, le corps de ces insectes est glabre, et leur livrée n'est plus la même que celle des Evaniocérides. Leurs antennes sont biflabellées chez les mâles ; leurs ailes infé-

rieures dépassent plus ou moins les élytres en arrière et sont irrégu- ‘

lièrement plissées dans le sens longitudinal; leur abdomen est presque cylindrique, avec son pygidium vertical, ce qui le fait paraitre comme tronqué en arrière; ses derniers arceaux inférieurs se coutractent ordinairement après la mort, au point que parfois il ne paraît y en avoir que quatre en tout. La tribu ne comprend que les deux genres suivants, qui sont l’un et l’autre représentés en Europe.

1. Vertex saillant, plus élevé que le bord antér, du prothorax : Emenadia. L — déprimé, à peine plus sailant — Rhipiphorus.

EMENADIA.

DE Castein. Hist. nat. d. Col. IL, p. 261 (1).

Menton subquadrangulaire ou afténué à sa base. — Languette cornée, allongée, grèle, fissile en avant. — Palpes labiaux insérés à sa base ; leurs articles 2-3 égaux, arqués, celui-ci ohlongo-ovalaire; les maxillaires à articles 2 très-long, arqué, 3-4 égaux, le dernier atténué à sa base, renflé et tronqué au bout, — Lobe interne des machoires médiocre, étroit, aigu ; l’externe beaucoup plus allongé, parallèle, arrondi à son extrémité, — Mandibules courtes, robustes, obtuses au bout. — Labre assez étroit, saillant, un peu atténué et arrondi ou tonqué en avant. — Tête ovale ou oblongo-ovale; son vertex trèssaillant, dépassant fortement le bord antérieur du prothorax, arrondi où ogival; épistome assez saillant, tronqué. — Yeux médiocres, ovalaires, longitudineux, peu convexes. — Antennes insérées près de leur milieu sous de petites saillies, courtes , à articles 4 allongé, 2 trèstourts, 3-10 longuement biflabellés (), ou unipectinés (9), 41 allongé (0°) ou sécuriforme (Q), — Prothorax en général plus long que large, atténué et déclive en av trilobé à sa base, son lobe médian plus long que les latéranx, ceffièci n’embrassant pas les élytres. — Celles-ci pas plus larges que sa base, planes, rétrécies, plus ou moins déhiscentes, aiguës ou obliquement tronquées au bout. — Pattes longues; cuisses antérieures échancrées en dessous près de leur sommet:

(1) Syn. MacrosiAcon, Hentz, Trans. of the Amer. Phil. Soc. New. Ser. Ul, D. 462, — Ruirironus Fab., Oliv., Gerstæck., Muls,, etc. — Monpeura Linné, Oliv., Rossi, etc.

di!" hi Dale

028 RHIPIPHORIDES.

jamhes peu à peu épaissies au bout; les antérieures munies d’un

seul éperon, les autres de deux; tarses intermédiaires plus longs que

les autres, les articles 2-4 des antérieurs courts; crochets profondément bifides. — Abdomen de six segments, le 2° très-grand.

Ce genre est le plus riche en espèces de toute la famille (r):et paraît répandu sur Ja plus grande partie du globe, mais nulle part àl n’est mieux représenté que dans l'Amérique du Sud. Leur livrée, très-sujette à varier dans la même espèce, est en même temps très-constante à un point de vue général; elle se compose toujours du noir diversement combiné avec le rouge-orangé, le jaune-ferrugineux ou lejaune testacé.

Le genre Macrosiacon de M. Hentz a été établi sur une espèce (R. dimidiatus Fab.) de l'Amérique du Nord, dont le lohe externe des mäâchoires est très-allongé, mais ce lobe varie tellement sous ce rapport, tout en restant toujours beaucoup plus long que l'interne, qu'il n’y à aucun parti à en tirer génériquement parlant.

(1) M. Gerstæcker (Mon. Rhipiphor. p. 20) en mentionne 40 espèces dont quatre (punctatus, 6-maculatus Fab. de l’Amér. mér.; rufipennis Sol., du Chili; apicalis Küster, d’Espagne) lui sont restées inconnues. Il les partage en deux sections : :

A. Lobe médian du prothorax plus ou moins relevé à son extrémité : R, spinipénnis, acuminatus, basalis, Brésil; dimidiatus Fab., Amér. du Nord; affinis, biguttatus, rubropictus Perty, 8-maculatus, Brésil; bimaculatus Fab. (Var. Gicolor Oliv., lituratus Fab.), Europe mér.; Novæ Hollandiæ, Australie; scutellaris, Indes or.; nigripennis (bicolor? Casteln.), Sénégal, Egypte; “ipunotatus Fab. (apicalis Westw., E. terminata? Casteln.), Indes or., Afrique mér.; varicolor (humeratus, trislis, pectinatus Fab.; bicolor Say; dubius, impressus, maillosus, fasciatus, ambiguus, longipes, thoracicus, niger Melsheim.; sanguinolentus ? Germar), Amér. bor., fenestratus, Brésil,

*B. Lobe médian du prothorax déprimé : R. flabellatus Fab. (Var. ferrugineus Fab.), Europe mér., Afrique, Indes or.; rufipennis, Guérin-Méney. (fulvipennis Chevrol., Küst.— apicalis Küst. Sec. Muls.), Europe mér.; oruentus Germar, Amér. bor.; tricolor, Australie; viffula, sordidus, Brésil; tarsatus Fab., Amér. mér. eu bor.; nasutus, Archipels indiens ; aftenuatus, trisignatus, cordiger, Brésil; limbatus Fab., Amér. bor., variabilis, Brésil; axillaris Guinée: dispar, Brésil ; pusillus, Indes or. ; discicollis, Brésil ; mutilalus, Colombie ; 4-maculatus, Cuba; vittatus, Pérou.

Aj.:R. prœustus, Gebler in Ledeb. Reise; Ins. p. 133; Sibérie, — biguttatus, Blanch. Voy. au pôle Sud; Entom. 88, Gol. pl. 12, f. 14; Moluques (Ternate). — rufus, J. L. Le Conte, Proceed. of the Acad. of Philad. VI, p. 225; Californie. — tropicus, Nietner, Entom. Pap. I, p. 7; Geylan. — maculicollis, Bohem. Voy. d. l'Eugénie; {ns: p, 107; Australie,

RHIPIPHORIDES VRAIS. 629

RHIPIPHORUS, Fas. Entom. Syst. IL, p. 109 (1).

Menton allongé, grêle, confondu avec la languette ; celle-ci sinuée en avant. — Palpes labiaux insérés à son extrémité, paraissant composés d’un seul article allongé et fusiforme ; les maxillaires à articles obconiques; le dernier très-allongé, arqué et fortement tronqué au bout. — Lobe des mâchoires rudimentaires. — Mandibules courtes, inermes en dedans, aiguës au bout. — Labre saillant, arrondi en avant. — Tête transversale; son vertex déprimé, dépassant à peine le bord antérieur du prothorax, séparé du front par une carène transversale tranchante; ce dernier très-court; épistome rétréci et tronqué en avant, — Yeux latéraux, ovalaires, assez convexes. — Antennes insérées aux extrémités de la carène frontale, médiocres, à articles 4 allongé, subeylindrique, 2 très-court, les suivants égaux, longuement biflabellés (7) ou uniflabellés (@).— Prothorax plus long que large, légèrement atténué en avant, profondément bisinué à sa base, avec ses angles postérieurs très-aigus, embrassant les épaules desélytres.— Celles-ci presque aussi larges que lui à sa base, planes, déhiscentes à partir de leur milieu et très-aiguës au bout. — Pattes longues, grèles; cuisses antérieures munies en dessous d’une forte dent submédiane, puis échancrées près de leur sommet; jambes de la même paire mutiques, les autres armées de deux éperons; articles intermédiaires des tarses allongés ; crochets bifides. — Abdomen des EMENADIA.

On n’en connaît qu'une espèce (2) qui paraît répandue dans toute l'Europe moyenne et méridionale. Le mâle est noir, avec les angles postérieurs du prothorax et l'abdomen (sauf à sa base) ferrugineux; la femelle a quelquefois une livrée à peine différente; mais habituellement, en sus des parties ferrugineuses ci-dessus, la base de ses élytres et la partie antérieure de leur suture est de la même couleur. Le commencement de dégradation qui se manifeste dans les organes buccaux de cet insecte lui assigne un rang inférieur à celui des Eme- NADIA.

(1) Fabricius a, dans cet ouvrage, écrit Riprruonus, orthographe vicieuse qu’il à abandonnée plus tard, Latreille (Préc. d. car. génér, d. Ins. p. 26), l'ayant établie telle qu’elle doit l’ètre. — Syn. Merorcus (Dej.), Gerstæck. Mon. Rhipiphor, p.17. M. De Castelnau (Hist. nat. d, Col. Il, p. 261) ayant, le premier, restreint le nom de Rurprenorus au genre actuel, en exposant les caractères de ce dernier, la priorité est aequise à ce changement, — Monpezca Linn., Payk., Rossi, Panz., Marsh.

(2) R. paradoæus Linné, Fab., etc. On n’en a que très-peu de figures; les deux sexes ont été figurés par Panzer, Faun. Ins. Germ. XXVI, 14 () et XC, 3(Q), cette dernière sous le nom de R. angulatus,

630 RHIPIPHORIDES.

Il se trouve quelquefois sur les fleurs des ombellifères et sur les tronos des arbres qui laissent transsuder un fluide mucilagineux, mais le meilleur moyen de se le procurer est de le chercher dans les nids de guëpes où il subit sa métamorphose.

TRIBU HI

MYODITIDES.

Organes buccaux complets. — Yeux entiers. — Antennes insérées sur le front, au niveau du bord supérieur des yeux. — Pronotum ét flancs du prothorax sans aucun vestige de séparation, — Ecusson découvert. — Elytres très-couries, squammiformes, déhiscentes, laissant en grande partie les ailes inférieures à découvert. — Hanchesintermédiaires très-fortement séparées. — Epimères métathoraciques très-grandes. — Abdomen de cinq segments.

Cette tribu se réduit au genre suivant, qui est très-distinct de tout le reste de la famille.

MYODITES.

Larn. Nouv. Dict, d'Hist. nat. 64.2, XXIX, p. 302 (1).

Menton en carré transversal. — Languette triangulaire. — Palpes filiformes; le 2° article des labiaux du double plus long que le 3, celui-ci ovoïde et aminci ; ceux des maxillaires en cône allongé et arqué, le 2° presque du double plus long que les deux suivants réunis, — Lobe interne des mâchoires nul, l’externe arqué et obtus au bou. — Mandibules courtes, inermes en dedans, très-aiguës. — Labre rétracté sous l’épistome, allongé et arrondi en avant. — Tête transversale, plane sur le front; son vertex de forme variable, dépassant plus ou moins le bord antérieur du prothoraz ; épistome très-court, sinué en avant. — Yeux latéraux, longitudinaux , ovalaires, saillants, — Antennes courtes, de onze articles chez les mâles : 2-10 émettant de longs et grêles rameaux, 11 aussi long que ces derniers; de dix articles chez les femelles : 3-9 émettant des rameaux plus courts, 44 allongé, divisé en deux jusqu’à sa base (>).—Prothorax subtransversel, atténué

(£) Syn. Myonss, Latr. loc. cit. XXI, p. 130; olim.— Donruesra, Say, Jour: of the Acad. of Philad. HE, p.274. — Rarriuonus Fab., Oliv., Panz. — Mon- DELLA Giorna.

(2) Ou, si l’on aime mieux, les 10e et 11e articles, distincts chez les mäles se sont confondus chez les femelles, d'où suit que l’article unique qui résullè de sette fusion doit nécessairement paraître porter deux rameaux, ‘

RHIPIDIIDES. nz 631

et déclive en avant, saillant etarrondi à sa base.—Ecusson en triangle rectiligne aigu. — Elytres recouvrant à peine la base de l'abdomen. — Pattes médiocres, assez robustes; jambes un peu élargies à leur extrémité; articles intermédiaires des tarses raccourcis; crochets pectinés. — Pygidium en triangle allongé, vertical (1).

Les mûles, outre leurs antennes autrement faites, se distinguent des femelles par leur pénis très-saillant.

Ces insectes singuliers ont une livrée et des mœurs analogues à celles des Rarprrmorus. On en connaît en ce moment quatre espèces disséminées en Europe, en Afrique et dans l’Amérique du Nord (2).

TRIBU IV

RHIPIDIIDES.

Males : Organes buccaux atrophiés, sauf les palpes labiaux.— Yeux entiers, occupant la majeure partie de la tête. — Antennes insérées sur le milieu du front, contiguëüs. — Pronotum et flancs du prothorax sans aucun vestige de séparation. — Ecusson découvert. — Elytres très-courtes, déhiscentes, laissant en grande partie les ailes inférieures à découvert. — Hanches intermédiaires faiblement séparées. — Abdomen de huit segments.

Femelles : Aptères et larviformes.

Cette tribu composée du seul genre Ratprotus de Thunberg, est du plus grand intérêt, en ce que c’est iri qu'apparaît pour la première fois. parmi les Coléoptères, le parasitisme qui se continuera dans les deux familles qui suivent celle-ci, pour disparaitre ensuite comiplètement dans le reste do l’ordre. Ce genre de vie signalé chez le Rhiprdius blattarum, par M. Sundewall (3), n’est que momentané chez le

{{) L’abdomen étant assez mou, se déforme après la mort, et il est assez difficile de juger ce qu’il est pendañit la vie. Dans tous les exemplaires que j'ai sous les yeux il est déprimé, avec ses bords latéraux plus ou moins fortement relevés,

(2) Rhip. subdipterus, Fab., Entom. Syst, Il, p. 109 (W. Dorthesit Latr.; Mord. ambigua Giorna) ; Europe mér.; on en a plusieurs figures dont la plus belle est celle publiée dans Cuvier, Règne”anim. illustr. Col. pl. 53 bis, f.6; les deux sexes ont été également figurés par M. À. Costa, Faun. d. Regn. d. Napol. pl. 19, — caffer, Gerstæck. Mon. Rhipiphor. p. 16. — Dorthes. fasciata, Say, Journ, of the Acad. of Philad. HI, p. 274 (M. americanus Guérin-Ménev.; stylopides Newm.; Var.? D. flavicornis, Say loc. cit.); Amér. du Nord. — M. scaber, 3. L. Le Conte, Proceed. of the Acad. of Philad. VIT, p. 67; mèma pays.

(3) Isis, 1831, p. 1222.

632 PL NE RHIPIPHORIDES.

mâle êt perpétuel chez la femelle. Maïs à part la connaissance de ce fait, l’histoire de cet insecte est encore très-incomplète. On ignore, par exemple, dans quelles circonstances a lieu l’accouplement des deux sexes, comment la femelle s’y prend pour déposer ses œufs sur les Blattes dans l’intérieut desquelles la larve doit se développer, et autres questions de mème nature. Il est possible qu'ici le développement ait lieu d’une manière plus simple que chez les Stylopides et les Méloïdes, c’est-à-dire sans hypermétamorphose. Quant à la larve de l'espèce en question, elle semble, d’après ce qu’en dit M. Sundewall, ne différer de la femelle adulte, décrite plus bas, que par ses antennes très-courtes, bi-articulées, et l'absence d’oviducte.

RHIPIDIUS.

Tauns. Nov. Act. Holmiens. 1806, XXVIL, p. 5 (1).

Mdles (2) : Palpes labiaux composés de deux articles : 1 très-petit, 2 très-allongé, oblongo-ovalaire. — Tête globuleuse, plane sur le vertex; front linéaire. — Yeux fortement granulés, occupant toute la partie antérieure et inférieure de la tête, étroitement séparés sur le front. — Antennes insérées entre eux, de onze ou dix articles : 4 cunéiforme, 2-3 très-courts, transversaux; les suivants émettant chacun un rameau très-long et grêle. — Prothorax fortement transversal (blatturum, natalensis), ou plus long que large (lusifanicus), atténué en avant, légèrement bisinué à sa base, plan en dessus.—Ecusson grand, transversal. — Elytres déhiscentes dans toute leur longueur.— Pattes simples; jambes légèrement épaissies à leur extrémité, sans éperons; articles intermédiaires des tarses raccourcis ; crochets simples. — Ahdomen allongé, obtus au bout.

Fémelles : Corps aptère, allongé, graduellement et fortement rétréci en arrière, terminé par un long oviduote. — Tête petite, transversale, brusquement rétrécie en un museau quadrangulaire au bout duquel apparaissent les palpes labiaux. — Le dernier article de ceux-ci gros, ovalaire. — Yeux petits, latéraux et tränsversaux, nullement saillants. — Antennes insérées sous deux saillies du bas du front, assez r0bustes, filiformes et grossissant peu à peu, à articles 1 plus long que les suivants ; ceux-ci transversaux, dé plus en plus courts, 11 fortement tronqué au bout. — Segments thoraciques plus longs que ceux de l’ab-

(1) Thunberg a écrit Ririmius. — Syn. Symmius, Sundew. Isis, 1831, p. 1222. — Ruivipnonus, Stephens, Il. of Brit, Entom. V ; Append. p. 427.

(2) Ge sexe m'est inconnu et j’en expose les caractères d’après M. Gerstæcker, Mon. Rhipiphor. p. 14. Je donne ceux de la femelle du R. blattarum plus au long qu’on ne l’a fait jusqu'ici, d’après un exemplaire desséché que M. Schaum a eu l’obligeance de mettre à ma disposition. Les femelles des deux autres espèces du genre ne sont pas encore découvertes.

RHIPIDIIDES. 633

domen, fortement transversaux, égaux; prothorax rétréci en avant.— Abdomen de sept (?)Isegments. }

À ces différences déjà si prononcées, lès deux $exes en joignent une autre sous le rapport de la taille. Les mâles des espèces connues sont de très-petits insectes d’une ligne de long ou un peu plus, tandis que la seule femelle décrite jusqu'ici, celle du R. blattarum, est au moins deux fois plus grande.

Gette espèce, qui forme le type du genre a été rencontrée sur divers points de l’Europe, en Suède, en Angleterre, en Autriche ; M. Sundewall l'a trouvée à bord d’un navire allant des Indes orientales à Hambourg. Récemmént M: Gerst&cker a fait Connaître deux autres espèces, l’une du Portugal, l’autre de Natal (1).

(1) R. blattarum, Sundey. loc, cit. (R. pectinicornis, Thunb, loc, cit: pl: 2, f. 1-5; Rhipiphor. anceps, Stephens, loc. cit:), — natalensis, lusitanicus, Gers+ tæck. loc. cit. p. 15.

Outre ces espèces, Dalman (Act. Holmiens. 1825, pl. 5, f. 1-8) ena publié déux trouvées dans de la résine copal.

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