TÉNÉBRIONIDES
Cette tribu ne comprend que deux genres : l’un (ELENOPHORUS ) européen et très-connu des entomologistes, l'autre (Cacrcus) américain et de la plus grande rareté dans les collections. Solier (1) les a compris parmi ses Akisites, avec lesquels ils ont des rapports manifestes, mais dont ils sont plus éloignés qu'il ne le pensait. En effet, d’après la structure de leurs cavités cotyloïdes intermédiaires, ils ne rentrent pas dans la même section de la famille.
C’est à ce groupe qu’appartient la seule larve de la section actuelle qui ait été décrite jusqu'ici, celle de lElenophorus collaris. Selon M. Mulsant (2), à qui on en doit la connaissance, elle est d'un jaune pâle, lisse et glabre, sauf sur les côtés de la tête et ceux du dernier segment abdominal. Ce dernier est en triangle curviligne et dépourvu de toute espèce de saillie ; ses bords sont seulement repliés en dessous. Au-dévant de l'ouverture anale sont deux courts tubereules hérissés de poils raides, dirigés en dehors. Si à cela on ajoute l'absence de stemmates et de crochet corné aux mâchoires, on aura tous les caractères distinctifs de cette larve. Comme celle des Bzaps, elle vit dans la terre, sous les substances animales ou excrémentitielles, qui lui servent de nourriture, et ne fait sortir du sol que la moitié antérieure de son corps lorsqu’elle prend ses repas. Elle subit ses métamorphoses sans quitter sa retraite. |
I. Hanches postér. médiocrement séparées, transversales : Cacicus. LL. — très-fortement — globuleuses: Elenophorus.
CAGCUS.
Sozien, Ann. d. 1. Soc, entom. V, p. 639.
Mêmes caractères que les Ecenornorus qui suivent, avec les disitrences suivantes :
Dents latérales du sous-menton recouvrant les mâchoires. — Menton transversalement cordiforme et sinué sur son bord antérieur, muni sur sa face externe d’une forte saillie creusée en gouttière en avant. — Tête plus courte, plus dilatée au-dessus des antennes, non carénée au-dessus, munie d’un col très-épais en arrière. — Yeux entièrement découverts. — Articles des antennes renflés à leur sommet, le 9° sensiblement plus long que le 40°, — Prothorax transversal, aussi large que les élytres, très-convexe, arrondi sur les côtés, tronqué à ses deux extrémités, sans vestige de rétrécissement ni de bourrelet à sx base. — Elytres -plus allongées ; leurs épipleures ayant lour bord inférieur saillant et crénelé, et munies de deux lignes saillantes, flexueuscs ot
(1) Ann. d. 1. Se. entom. V, p. 637.
(2) Opuse. entom, fasc. VII, p. 133.
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denticulées, — Pattes plus robustes; hanches postérieures médiocrement distantes, assez#fortement transversales. — Epimères mésothoraciques assez grandes. — Corps plus allongé.
Genre représentant dans l'Amérique du Sud l’Elenophorus collaris de la Faune méditerranéenne; maïs l'unique espèce qui le compose est environ trois fois plus grande que ce dernier et de forme à la fois plus allongée et plus déprimée ; sa sculpture n’est pas non plus nulle, sa tte Ctant rugueuse, inégale, et ses élytres présentant de petites aspérités assez serrées.
J'ai, le premier, découvert ce bel insecte aux environs de San-Luis de la Punta, petite ville perdue au milieu des Pampas de Buenos- Ayres, où il n’est pas rare et se trouve parfois, comme nos Brars, dans l'intérieur des maisons. On le rencontre aussi, mais plus rarement, à Mendoza, au pied oriental des Audes. Je l'avais nommé ÆEVenophorus americanus (1), et ce nom spécifique lui a été conservé. Mais Solier l’a retiré avec raison du genre dans lequel je l'avais placé.
Cet insecte produit un bruit assez aigu en frottant ses jambes postérieures contre les carènes des épipleures de ses élytres.
ELENOPHORUS.
(Mecence) Larr. Règne anim. 6d. 2, V, p. 10 (2).
Dents latérales du sous-menton laissant les mâchoires à découvert. — Menton quadrangulaire, sinué en avant, bi-tuberculé sur-sa face externe. — Dernier article des palpes maxillaires allongé, ovalaire, — Labre transversal, échancré en demi-cerele. — Tôte très-saillante, munie d’un col assez long, carénée au-dessus des yeux et sur la ligne médiane du front, — Yeux très-allongés et très-6troits, transversaux, arqués, presque coupés en deux par un large canthus antérieur. — Antennes longues, assez robustes, filiformes, glabres, à articles 2 très- Court, 3 cylindrique, aussi long que les trois suivants réunis, 4-8 de même forme, subégaux, 9-10 plus courts, en cône renversé, égaux, 11 ovalaire et acuminé au bout. — Prothorax court, très-cOnvexe, anguleux sur les côtés, fortement rétréci et tronqué en avant et à sa base ; celle-ci munie d’un bourrelet. — Ecusson triangulaire. — Elytres Courtes, beaucoup plus larges que le prothorax, ovales, arrondies aux épaules, très-planes, déclives en avant et en arrière, carénées latéralement; leurs épipleures très-larges. — Pattes très-longues, surtout les
(1) Ann. d. Se. nat. XX, p. 276; figuré par M. Guérin-Ménev. dans son Iconogr. ; Ins: pl. 28, f. 9; figure copiée dans Grifiith, Anim. Kiogd. Ins. pl. 56; voyez aussi Blanch, in d'Orb, Voy.; Entom. pl. 13, f. 3.
(2) Syn. Tencorio Linné, — Axis Latr.; olïm, — Piwecra Fab., Oliv., Berbst, etc.
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antérieures, grêles ; hanches postérieures très-fortement séparées, globuleuses; jambes arrondies, évasées à leur extrémité; tarses médiocres. — Saillie prosternale canaliculée, arrondie en arrière, — Mésosternum déclive. — Epimères mésothoraciques petites, linéaires. — Corps glabre; arrière-tronc très-épais.
L'espèce remarquable qui à elle seule constitue ce genre, est jusqu'ici sams congénère. À part le genre Cacrcus, dont il vient d’êt question, on ne peut rien lui comparer parmi les Ténébrionides, Ce insecte (1), anciennement connu et souvent décrit, est de grande taille, quoique très-variable sous ce rapport, d’un noir profond, peu brillant et lisse partout. 11 paraît répandu tout autour du littoral européen et africain de la Méditerranée; je ne sache pas qu’on l'ait jamais rencontré sur le littoral asiatique de cette mer. En France, la latitude de Nismes semble former l’extrême limite nord de son habitat (2).