‹ Histoire naturelle des insectes (volume 5)Chapitre 95 sur 123 · FAMILLE LIV · texte numérisé non relu

FAMILLE LIV

ANTHICIDES.

Menton non porté par un pédoncule du sous-menton. — Languetto saillante. — Deux lobes aux mâchoires, inermes et ciliés. — Mandibules ne dépassant pas ou qu’à peine le labre. — Tête penchée, trigone, brusquement rétrécie en un col étroit. — Yeux médiocres, latéraux, entiers. — Antennes de onze articles, insérées latéralement et à découvert, en avant et près des yeux, filiformes ou grossissant peu à peu. — Prothorax plus étroit à sa base que les élytres; son pronotum et ses flancs confondus ensemble, — Hanches antérieures cylindriques, saillantes, contiguës ; leurs cavités cotyloïdes ouvertes en arrière; les intermédiaires très-rapprochées, pourvues de trochantins ; les postérieures transversales, séparées par une saillie intercoxale de largeur variable ; les quatre tarses antérieurs de cinq, les postérieurs de quatre articles; le pénultième de tous presque toujours subbilobé ; leurs crochets simples. — Cinq arceaux à l'abdomen, tous distincts.

Famille intéressante et en même temps très-naturelle, lorsqu'on en exclut les Pédilides qui précèdent, et dont elle ne diffère essentiellement, comme je l'ai dit plus haut, que par l’interposition d’une saillie intercoxale, plus ou moins large, entre les hanches postérieures, Ce n’est pas que ses espèces ne se distinguent des Pédilides par leur facies (1); elles sont généralement plus courtes que ces derniers, leurs élytres sont proportionnellement moins allongées, etc. ; mais ces caractères vagues ne sufliraient évidemment pas pour autoriser la séparation des deux familles.

Les Anthicides sont de petits insectes, pour la plupart de forme : svelte, élégante, et ressemblant beaucoup, au premier coup-d’œil, à

(1) Parmi les Coléoptères, c’est des Scydménides que ces insectes se rapprochent, le plus sous ce rapport, et c’est ce qui avait engagé M. L. Redten« bacher, dans la première édition de sa «Fauna austriaca (p.635) » à placer ces derniers immédiatement à leur suite. Mais il n’y a là qu’une simple analogie de formes, et les ditférences sont trop évidentes entre ces insectes pour qu'il soit nécessaire d’y insister.

ANFHICIDES. 589 des Fourmis. Le col dont leur tête est pourvue en arrière, a presque toujours un aspect noduleux et se voit d’en haut; mais que Dis

(Tomoperus, quelques Anrmcus) il est entièrement engagé prothorax et par suite invisible, Le museau qui termine la têtes avant est constamment court. Les antennes varient beaucoup sous le rapport de leur longueur, de la forme de leurs articles, surtout de ceux de leur extrémité, et ne fournissent que des caractères assez peu précis. Les organes buccaux, ainsi que les yeux, se modifient à peine et n’exigent aucune observation. ‘

Le prothorax joue, au contraire, un rôle assez important dans la classification de la famille. I1 se présente dans deux conditions différentes, selon qu'il est divisé par un profond étranglement, voïsin de sa base, en deux parties d’inégale grandeur, ou que cet étranglement n'existe pas. Dans ce dernier cas, on peut encore en tirer parti, selon que son bord antérieur est simple (par ex. Axrmcus), ou tronqué et denticulé (AmBLYDERUS), ou armé d’une corne (Noroxus, MECYNOTARSUS). L'écusson est très-petit, mais ne manque jamais. Les élytres sont aussi complètement dépourvues de repli épipleural que celles des Mordellides, Méloïdes et OEdémérides. Elles sont généralement oblongues, avec leurs épaules distinctes, quoique très-obtuses; celles-ci ne sont entièrement effacées que chez les Forwicomus. Les ailes inférieures n’ont complètement disparu que dans quelques espèces de ce dernier genre; les autres en possèdent au moins des rudiments.

Les pattes sont plus ou moins longues et grêles, à l’exception des cuisses qui sont assez robustes, Les hanches antérieures sont trèssaillantes et parfaitement contiguës chez toutes les espèces; les intermédiaires sont, en général, plus ovalaires que celles des Pédilides, et l'étroit mésosternum qui les sépare est presque aussi long qu’elles; les postérieures varient, comme chez les Ténébrionides, selon la largeur de la saillie intercoxale de l’abdomen, qui s'interpose entre elles. Elles sont, par conséquent, sensiblement moins transversales chez les Formicomus, qui ont cette saillie fort large, que dans les autres espèces. Les éperons des jambes manquent rarement (OcarRENous), et le pénultième article des tarses n’est entier que chez les MEcy- Norarsus. Enfin, les épisternums métathoraciques sont étroits et vont en se rétrécissant peu à peu d'avant en arrière. Les épimères qui les accompagnent sont très-petites, et leur existence est parfois douteuse. s

Les différences sexuelle$ de ces petits insectes portent le plus souvent sur la forme du dernier segment abdominal. Celles-qui ont leur siège dans les autres parties du corps, telles que les élytres, les pattes, ete., sont moins communes et seront mentionnées à leur place. Ces différences, du reste, ne sont pas constantes dans les espèces d’un même genre.

La livrée des Anthicides est assez variée, mais les couleurs métalli-

590 ANTHICIDES.

ques n’y entrent pour rien, Leur ressemblance avec les Fourmis est e augmentée par la vivacité de leurs allures, qui est extrôme. La art de leurs espèces fréquentent exelusivement les bords de la mer et des eaux douces, mais on en trouve aussi sur les fleurs, les

plantes basses, les arbres et les bois abattus. Des observations assez |

nombreuses rendent très-probable que leur régime, regardé pendant longtemps comme de nature végétale, se compose, au contraire, de substances auimales. Jusqu'ici leurs premiers état sont restés inconnus.

Le nombre de ces insectes décrits ou existants dans les collections, s'6lève déjà à plus de 350 espèces. Il y en a dans toutes les parties du globe, et sauf un (Amszyperus), les huit genres qu’elles constituent en ce moment, sont tous représentés en Europe.

Toutes, il y a peu d'années encore, étaient comprises dans les genres Noroxus de Geoffroy , et Anrmicus de Paykull, dont Latreille, qui les réunissait en un seul, avait formé, dans son dernier ouvrage (1), la quatrième tribu de ses Trachélides, celle des Anthicites. A ces deux genres, le docteur Schmidt, dans un bon travail ne comprenant que les espèces européennes (2), ajouta le genre Ocaraenomus établi par Dejean (3), mais dont les caractères n'avaient pas encore été exposés. Quelques années plus tard (1847-48), M. de La Ferté-Sénecterre a fait faire un grand pas à nos connaissances sur ces insectes, en en publiant une monographie (4) comprenant toutes les espèces connues à cette époque. Depuis lors, les seuls travaux de quelque importance qu'il y ait lieu de mentionner, en ce qui les concerne, sont deux autres monographies locales, l’une des espèces de l'Amérique du Nord, par M.J. L. Le Conte (5), Pautre de celles de l’île de Chypre et de la Syrie, par M. E. Truqui (6).

J'ai conservé tous les genres admis par M. de la Ferté-Sénecterre, moins les ANTHELEPHILUS ; seulement, ayant pris pour point de départ les modifications que subit la saillie intercoxale de l'abdomen, caractère dont il n’a pas fait usage, j'ai été obligé de disposer ces genres dans un autre ordre que celui qu'il leur a assigné.

(1) Règne anim. 6d, 2, V, p. 57.

(2) « Die europæischen Arten der Gattung Anrurcus » Stettin, entom. Zeit. 1842, p. 74, 122, 170 et 193.

(3) Cat. éd. 2, p. 217 et éd. 3, p. 239.

(4) Monographie des Anrmicus et genres voisins ; in-8o, 16 pl. col. Paris, 1848; publiée primitivement dans le « Species et fconographie générique des animaux articulés » de M. Guérin-Méneville.

(5) «Synopsis of the Anthicites of the United States » Proceed. of the Acad. of Philad. VI, 1852, p. 91. .

(6) « Anthicini insulæ Cypri et Syriæ » Mém. d. l’Acad, d. Turin, Sér. 2, XVI, p. 339,

PT pe" pe en le 1 .

ANTHLCIDES, 591 j, Saillie intercoxale large, ogivale ou tronquée; cuisses en massue : Formicomus. " « il. Saillie intercoxale médiocrement large, triangulaire. ä

a Prothorax divisé en Fe r un étranglement,. e Tête distante du pr ” ‘a en massue : Leplaleus.

— contiguëéau — — simples : Tom derus.

Ma Prothorax non divisé par un étranglement,. dé b — muni d’une corne en avant. s À Tarses postér. au plus aussi longs que les jambes : Notoæus. — beaucoup plus — + Mecynotarsus.

bb Prothorax tronqué et denticulé en avant : Amblyderus, , bbb — sans corne ni dentelures.

Antennes insérées complètement à découvert : Anthicus. — sous de petites.saillies de l'épistome : Ochthemomus.

FORMICOMUS. ® (Morseu.) De La Ferré, Mon, d. Anthic. p. 70 (1).

Dernier article des palpes labiaux ovoïde, celui des maxillaires cultriforme, médiocrement large. — Mandibules larges, arrondies en dehors et bifides au bout. — Tête courte, ovale ou suborbiculaire, et régulièrement convexe sur le front; son col noduleux, très-distinct. — Yeux médiocres, latéraux, brièvement ovales ou subarrondis, — Antennes plus longues-que le prothorax, filiformes ou grossissant trèslégèrement, à articles 2 court, 3-10 subégaux, 11 plus grand que 10. — Prothorax notablement plus long que large, atténué à sa base, renilé et arrondi sur es côtés en avant, simple ou divisé en deux par un étranglement. Hi Elytres oblongo-ovales, convexes, atténuées en avant et en arrière, avec les épaules entièrement effacées. — Pattes médiocres; cuisses fortement atténuées à leur base, très-renflées à leur extrémité ; tarses médiocres, presque touj@urs plus courts que les jambes ; leur pénultième article bifide. suillie intercoxale large, ogivale

{1) M. De Motschoulsky (Bull. Mose. 1845, n° 1, p. 83) a simplement indiqué ce genre en l’écrivant Formicowa. Quelle que soit sa désinence, c’est un nom mal fait, et Mannerheim (Bull. Mose. 1846, n° 1, p. 227) a, non sans raison, proposé de le remplacer par celui de Mynmecosoma qu’un respect, peut-être exagéré, pour le droit de priorité, m'engage seul à ne pas adopter. — Syn. AN- TueLeemLAa, Hope, Trans. of the Zool. Soc. 1, p. 101; M. Hope n’a fait également que proposer ce genre; ses caractères ont été exposés par M. De La Ferté, loc. cit, p.65. — Fonmrcizra, J. L. Le Conte, Ann. of the Lyc. of New- York, V, p. 152; ce genre a été, depuis (Proceed. of the Acad. of Philad. VI, P: 94), réuni aux Fonmicomus par son savant auteur.

592 ANTHICIDES.

ou subparallèle et tronquée en avant. — Corps glabre ou pubescent, imparfaitement ailé ou aptère.

. Ce genre est aisé à reconnaître à la forme des élytres, combinée avec celle des cuisses et de la saillie intercoxale. Il est assez nombreux et répandu RAS pays baignés NE éditerranée, l'Afrique, les Indes orientales et l'Amérique. La livrée de ses espèces est très-variée, ce qui ne permet pas d’en rien dire de généralk(1). És

Je ne vois aucune raison pour en séparer les ANTHELEPHILA de M. Hope, qui n’en diffèrent, comme M. De are le dit lui-même, que par l'absence complète des ailes inférieures et la troncature oblique de l’extrémité des élytres; ces organes ne présentent pas en même temps un très-léger renflement aux épaules, qu’on aperçoit dans les espèces précédentes et qui n’est que le résultat de la présence des ailes inférieures rudimentaires qu’elles possèdent. Ces insectes semblent jusqu'ici propres aux Indes orientales et à l'Australie (2).

Dans les deux genres, les mâles se distinguent de leurs femelles par leur dernier segment abdominal plus ou moins échancré. Quelquesuns d’entre eux ont en outre les cuisses antérieures munies en dessous d’une petite dent.

LEPTALEUS.

De La Ferré, Mon. d. Anthic. p.106.

Dernier article des palpes labiaux ovalaire, celui des maxillaires cultriforme, assez grêle. — Mandibules bifides à leur extrémité. —

(1) M. De La Ferté en décrit 30 espèces qu’il divise en deux sections que je serais volontiers porté à regarder comme génériquement distinctes :

A. Prothorax simple : elle contient 27 espèces, dont trois européennes : coœruleipennis Laf., Espagne mér.; pedestris Rossi (Not. dhoracicus et equestris Panz., Cantharis fusca Geoffr.; Anthic. nobilis Falderm.), Europe mér. et or.; latro Laf., Sicile. — Aj. : F. Curtisi, chilensis, Lafertei, parallelus, Solier in Gay, Hist. d. Chile; Zool. V, T6: — armatus, Bohem. Voy. de l'Eugénie; Ins. p. 103; Java. ÿ

B. Prothorax étranglé près de sa base: F, consul, prælor Laf., des Indes or.; leporinus Laf., de Bahia.— Aj. : Formicil. munda, J. L. Le Conte, Ann. of the Lyc. of New-York, V, p. 152; Californie. — scitulus, J. L. Le Conte, Proceed. of the Acad. of Philad. VI, p.94; Caroline du Sud. — mandarinus, Bohem. loc. cit. p. 105 ; Chine (Hong-Kong).

(2) On retrouve parmi eux ces deux formes du prothorax signalées chez les Formicomus.

A. Prothorax étranglé près de sa base : À, émperator, Laf. loc. cit. p. 66; îles de la Sonde (Linga).

B. Prothorax simple : À. bengalensis Wiedem., ruficollis Saund., des Indes or.; cyaneus Hope, de l'Australie; Laf, loc, cit,

ANTHICIDES. 593

Labre transversal, entier, avec ses angles arrondis. — ‘Tôte inclinée, oblongo-ovalaire, pourvue d’un col noduleux très-apparent, — Yeux petits, oblongs, déprimés. — Antennes assez longues, grêles, à articles

2-10 subégaux, obconiques, grossissant légèrement, 11 allongé et acu- miné au hout. — Prothorax long, divisé en deux parties par un profond étranglement voisin de sa base; l’antérieure globuleuse, — Elytres allongées, peu convexes, subpärallèles, ou légèrement ovales, coupés carrément à leur base. — Cuisses atténuées à leur base, ovoïdes dans le reste de leur étendue; éperons des jambes presque nuls ; tarses médiocres, le 42 article des postérieurs allongé, le pénultième de tous bifide. — Saillie intercoxale médiocrement large, en triangle aigu. — Corps allongé, svelte, ailé. d

M. De La Ferté n’a fait de ces insectes qu’un simple sous-genre des ANTHICUS, mais si on les conserve parmi ces derniers, la définition de coux-ci, déjà très-difficile, devient presque impossible. C’est, à proprement parler, un genre intermédiaire entre les Formiconus et les TOMODERUS qui suivent, mais plus voisin des premiers. J'y comprends non-seulement les espèces auxquelles M. De La Ferté l'a restreint, mais encore tous ses ANTmiGuS à prothorax divisé en deux parties. Môme avec cette extension il est peu nombreux, mais ses espèces ont une distribution géographique très-étendue (1).

TOMODERUS.

De La FERTÉ, Mon. d. Anthic. p.94.

Organes buccaux des LePrALEUS. — Tête peu inclinée, transversale, tigone ou subquadrangulaire, sessile, son col étant engagé dans le prothorax et invisible en dessus. — Yeux en général assez gros, arrondis et un peu saillants. — Antennes un peu plus longues que le prothorax, assez robustes, à articles obconiques, très-courts : 2 un peu moins long que 4, 4-10 graduellement transversaux et plus épais, 1 brièvement ovalaire, — Prothorax plus long que large chez la plupart, divisé par un profond étranglement en deux portions; l’antérieure beaucoup plus grande et plus large que la postérieure. — Elytres parallèles ou légèrement ovales, tronquées ou faiblement échancrées à leur base. — Pattes médiocres, assez robustes; cuisses

(1) Les Lerrazeus proprement dits de M. De La Ferté se réduisent à cinq : Klugii, d'Egypte; Rodriguei Latr. (Anthic. pulchellus Schm.), France mér., Spagne, Algérie; Chaudoirit Kolen., Caucase ; delicatulus, des Indes or. ; triguttatus, de Syrie ; Laf. loc. cit. p. 107 et 299, — Les espèces que j'y ajoute üppartiennent à son deuxième groupe des Anrmious : À, gibbicollis, albi- Cinctus, de Colombie; centurio, des Indes or.; Laf. loc. cit. p. 111.— Aj.:

dut. glabellus, E. Truqui, Mém. d, l’Acad, d. Turin : Sér, 2, XVI, p. 10; yrie.

Coléoptéres. Tome V, 38

594 ANTHICIDES.

grossissant graduellement ; éperons des jambes très-petits ; tarses mé. diocres, le pénultième article de tous subbilobé. — Saillie intercoxale médioerement large, triangulaire, — Corps ailé.

Ce genre est le dernier chez lequel le prothorax est étranglé à sa

base, et ce caractère suffit pour le distinguer de tous ceux qui suivent, Il ne s'éloigne pas moins nettement de ceux qui précèdent, par la rétraction du col de la tête dans l'intérieur du prothorax. Ses pspèces ont, en outre, un facies particulier, dû à ce que leurs élytres sont

” ciblées de points enfoncés, très-apparents, ou ponctuées en stries régulières. On en connaît une dizaine étrangères, sauf une seule, à l’Europe et disséminées au loin sur le globe (1).

NOTOXUS.

Gzorrn. Ins, des env. d. Paris, I, p. 356 (2).

Dernier article des palpes labiaux ovoïde, celui des maxillaires cul triforme, arrondi en dehors, en général tronqué au côté interne, — Mandibules larges, droites, brusquement recourbées à leur extrémité, celle-ci bidentée. — Labre un peu atténué à sa base et sinué en avant. — Tôte verticale, assez allongée, plane et parfois concave sur le front; épistome court, rétréci et tronqué en avant. — Yeux médiocres, Ovalaires, transversalement obliques. — Antennes plus longues que le prothorax, filiformes, rarement (par ex. Lebasü) un peu épaissies au bout, à articles obconiques, subégaux, sauf 41 qui est ovalaire, — Prothorax globuleux ou globoso-ovoïde, concave en avant et rauni d’une corne horizontale, plus ou moins large et denticulée. —Elytres allongées, convexes, un peu atténuées en arrière, légèrement échancrées à leur base, avec leurs épaules distinctes et précédées d'une impression. — Cuisses assez robustes, graduellement épaissies; tarsès médiocres; les antérieurs un peu déprimés, les autres grèles ; le 1% article des quatre postérieurs très-allongé, le pénultième de tous subhilobé. — Saillie intercoxale médiocrement large, triangulaire. — (Corps ailé, finement pubescent.

La corne du prothorax, qui donne à ces insectes un aspeût partioulier, ne se retrouve que dans le genre suivant, Elle est en général un peu plus étroite chez les femelles. Les mäles se distinguent en outre quelquefois de ces dernières par leurs élytres tronquées au bout et

(1) T. signaticornis, Colombie; sulcicollis, Indes or.; cruciatus, Colombie; interruptus, Etats-Unis; hirtulus, Colombie; divisus, Sénégal; compressicolis, Motsch., Europe mér.; brevicollis, Indes or.ÿ vinctus Erichs., Tasmanie; constrictus Say, Etats-Unis; Lafert. loe. cit, p. 95.

(2) Syn. Monocenus, Dej. Cat. éd. 3, p. 237. — CERATODERUS, Blanch. His. pat. d. {ns, IL, p. 40. — Meroe Linné. — Arrecapus Linné. — LyTTA Marsh.

“sisi

ANTHICIDES. ; 598 plus fréquemmént par leur dernier ségment abdominal échantré, Les couleurs de ces petits insectes sont variées, et leurs élytres souvent

ornées de bändes transvérsales noires sur un fond jaunûtre ou testacé. N y en à dans la plupart des régions du globe (1).

MECYNOTARSUS.

DE La Fenré, Mon. d. Anthic. p, 57.

Ce genre ne diffère essentiellement des Noroxus que par les pattes beautoup plus grêles dans toutes leurs parties, surtout les postérieures qui sont en même temps très-allongées, avec les deux premiers articles de leurs tarses égalant, pris ensemble, les jambes, et le pénultième non bilobé.

A ces caractères s'ajoutent quelques particularités moins importantes. Les mandibules s’arrondissent en dehors dans le point où elles se recourbent à leur extrémité; les antennes sont plus grêles; enfin ls élytres ont leurs épaules tantôt distinctes, tantôt complètement effacées. Ce dernier cas existe dans l'espèce européenne (2) type du genre. M. De La Ferté en a décrit quatre autres propres à l’Arabie et aux Indes orientales (3). Ces insectes sont tous plus petits que les No- TOXUS.

AMBLYDERUS.

De La Ferré, Mon. d. Anthic. p. 62. Ÿ<

Genre peu distinct des Antrrcus qui suivent et dont il ne diffère essentiellement que par l4 forme du prothorax qui est allongé, peu convexe, presque graduellement rétréci en arrière et qui présente en avant une large troncature, plus ou moins concave, et dont le bord Supérieur est denticulé ou muni d’aspérités.

(1) M. De La Ferté (Mon. d. Anthic. p- 29 et 297) en décrit 31 espèces, dont sept d'Europe (brachycerus Fald., monoceros Linn., cavifrons, platycerus, Siculus Lafert., cornutus Fab., sniles Schm.). Depuis son travail, ont été publiées : Esp. européenne : N. eæcisus, Küster, Die Kæf. Europ. XIIL, 68; Es- Pagno. — Esp. asiatique : N. rubetorum, Truqui, Mém. d. l'Acad. d. Turin, Sér. 2, XVI, p. 343 3 Syrie, —Esp. de l’Amér. du Nord: N. cavicornis, conformis, J. L. Le Conte, Ann. of the Lyc, of New-York, V, p. 152; Californie. — Mon. bifasciatus, serratus, J. L. Le Conte, Journ. of the Acad. of Philad, Sér. 2, I, p. 89. — apicalis, marginatus, subtilis, J. L. Le Conte, Proceed, of le Acad, of Philad. VI, p. 93. E

@) Not. Rhinoceros, Fab. Entom. Syst.; Suppl. p. 66 (Not. serricornis, Panz, Faun. Ins. Germ, XXXI, 17).

() Not. Bison, Oliv. Encyel, méth,; Ins. VI, p. 894; Arabie, — M, ni- 9r0%onatus, fragitis, nanus, Lafert, Mon, d. Anthic. p. 60; Indes or.

596 ANTHICIDES.

C’est, comme l’a dit M. De La Ferté, un prothorax de Noroxus privé de sa corne antérieure. Ce savant entomologiste à signalé en même temps l’affinité du genre avec les Axræicus dont, en effet, il ne devrait peut-être pas être séparé. On n’en connaît que deux espèces, J’ d'Algérie, l’autre d'Egypte (1). # ,

ANTHICUS.

Payx, Faun. Suec. I, p. 253.

Menton quadrangulaire, ainsi que la languette. — Dernier article des palpes labiaux ovoïde, celui des maxillaires cultriforme, en général grêle et arrondi au côté interne. — Mandibules larges, arquées, bifides au bout. — Labre transversal, entier, avec ses angles arrondis, —ôte inclinée, trigone, subquadrangulaire ou brièvement ovale, convexe sur le front; san col distinct en dessus. — Yeux médiocres, latéraux, ovalaires, peu convexes. — Antennes plus longues que le prothorax, grossissant un peu à leur extrémité, rarement filiformes, à articles obconiques : les deux ou trois avant-derniers parfois transversaux, le 11° ovalaire et acuminé au bout. — Prothorax de forme variable, mais en général plus long que large et toujours plus ou moins rétréoi en arrière. — Elytres allongées, subparallèles ou ovalaires, avec leurs épaules plus ou moins distinctes. — Pattes longues, peu robustes; cuisses grossissant peu à peu, très-rarement un peu en massue; jambes grôles, leurs éperons parfois nuls; 4°" article des tarses allongé, surtout aux postérieurs; le pénultième subbilobé. — Saillie intercoxale médiocrement large, triangulaire, rarement subparallèle. — Corps allongé, glabre ou pubescent, rarement aptère.

Le grand nombre d’espèces que contient ce genre et les variations que subissent la plupart des organes, en rendent la définition dificile (2), et ses caractères sont plutôt négatifs que positifs. Il comprend

(1) À. scabricollis, des environs d'Oran; truncatus, d'Egypte; Lafert, loc. cit. p. 63.

(2) Déduction faite des Lerrazeus que j'en ai retranchés, M. De La Ferté (Mon. d. Anthic. p. 107 et 300) en décrit 181 espèces eæ visu, plus 23 mentionnées dans les auteurs. Il divise les premières en quatre sections basées sur la forme du prothorax et qu'il dit lui-même présenter de nombreuses exceptions. Ces sections sont à leur tour divisées en 18 groupes qui me paraissent établis sur des caractères extrêmement minutieux et difficiles à saisir dans la plupart des cas. Sur ce nombre il en est tinq (abstraction faite des LepTALEUS) qu'il a élevés au rang de sous-genres sous les noms de AcanraNus, ISCHYRO* pazpus, STENIDIUS, Lupanoperus et AuLacoenus. J'ai leurs types sous los yeux et ne leur trouve guère plus de titres à ce rang supérieur qu'aux autres groupes. Depuis ce travail les espèces suivantes ont été décrites :

Esp. européennes : À. venator (insignis Laf.), amicitiæ, palicrus, L: Du-

ANTHICIDES. 597

tous les Anthicides privés de corne ou d’une excavation antérieure au prothorax, ce qui le différencie des Noroxus, MecyNorarsus et AMBLyvenus, qui n'ont pas la saillie intercoxale large comme les Formiconus, ni le prothorax divisé en deux lobes comme les Tomonenus et les LEPTALEUS. ‘

Les deux sexes se distinguent dans le plus grand nombre des cas en ce que le dernier arceau supérieur de l'abdomen, entier chez les femelles, est tronqué chez les mâles. Quelques autres caractères propres à ces derniers, tels que le dernier arceau abdominal inférieur échancré, les cuisses antérieures munies d’une épine, les jambes postérieures arquées, etc., sont accidéntels et de rare occurrence.

Le genre est répandu dans Ja plupart des régions du globe et comprend le plus grand nombre des Anthicides européens. ,

OCHTHENOMUS. (Der.) Senminr, Stettin. entom. Zeit, 1842, p. 196 (1).

Dernier article des palpes labiaux brièvement ovalaire, celui des maxillaires cultriforme, assez large. — Mandibules larges, un peu arquées en dehors, bifides au bout. — Labre transversal, arrondi aux angles. — Tête en carré long, munie d’un col noduleux, visible en dessus, tronquée antérieurement presque au niveau de l'insertion des antennes. — Celles-ci insérées sous de petites saillies anguleuses de l'éfistome, assez longues, à articles 1 robuste, 2-3 grêles, subégaux, plus courts que les deux ou trois suivants, les quatre à cinq derniers formant une massue allongée, le 11° oblongo-ovale. — Yeux très-an-

four, Ann. d. Sc, nat.; Zool. Sér. 3, XI, pl. 5, f. 42, 45, 48; Espagne. — agilis, lateralis, Küster, Die Kæf. Europ. XVI, 75, 77 ; Dalmatie.— setulosus, Bohem. K. Vetensk. Acad. Handi, 1849 3 Suède, — vespertinus, Rosenh. Die Thiere Andal. p. 225; Espagne mér. — Esp. asiatiques : À. erro, fatuus, incomplus, villosulus, cerastes, phœnicius, ornatus, armatus, scurrula, aspelius, sidonius, Lafertei, gorgus, Truqui, Mém. d. l'Acad, d. Turin, Sér. 2, XVI, p. 348; Syrie, — Esp. d. Ceylan : À. formicarius, insulanus, Nietner, Entom. Pap. IL, p.10.— Esp. d. l’'Amér, du Nord : 4. terminalis, difficilis, scabriceps, granularis, pallens, 3. L. Le Conte in Agass. Lake Super. p.230, — fenuis, ritidulus, annectens, confinis, nigritulus, luteolus, corticalis, horridus, cribratus, rufulus, biguttulus, punctulatus, obscurellus, bellulus, nanus, marilimus, 3. L. Le Conte, Ann. of the Lyc. of New-York, V, p. 153; Californie. — rejectus, cribratus, confusus, flavicans, Haldemani (quadriguttatus Haldem.), latebrans, Sprelus, coracinus, J. L. Le Conte, Proceed. of the Acad. of Philad. NI, p.97. — C@siosignatus, troglodytes, nilidus, alomarius, amplicollis, Bohem, Voy. d. l'Eugénie; Ins. p. 104; Californie. — Esp. de Taïti: A. {aitensis, Bohem. ibid, p, 105.

(1) Syn. Enneua, Casteln. Hist, nat. d. Col. II, p. 259; nom proposé et non actompagné de caractères.

398 ANTHICIDES.

térieurs, latéraux, petits, arrondis, très-peu saillants, —Prothorax plus étroit que la tête, allongé, légèrement rétréci en arrière, tonqué à ses deux extrémités, avec ses côtés antérieurs arrondis, — Ecusson à peine distinct. — Elytres allongées, parallèles, rétrécies dans leur tiers posté. rieur, légèrement échancrées à leur base. — Pattes médiocres; cuisses peu robustes, graduellement épaissies; éperons des jambes nuls; tarses assez courts; le 40 article des postérieurs allongé, le pénultième de tous subbilobé. — Saillie intercoxale médiocrement large, triangulaire. — Corps long, grêle, revêtu de très-petits poils peu abondants et squammiformes.

Insectes de la taille des plus petits Anraicus et distincts de tous les genres qui précèdent, par la forme de leur tête, l'insertion des antonnes, la situation et la petitesse de leurs yeux, et la vestiture de leurs téguments. Ces derniers ont plus de consistance que chez la plupart des autres Anthicides et sont toujours finement chagrinés. Les caractères sexuels de ces insectes sont encore incertains. M. De La Ferté a regardé comme étant des mâles, les exemplaires dont l'abdomen dépasse un peu les élytres et qui ont son dernier arceau légèrement échanéré ; ceux chez qui cette partie du corps est cachée par les élytres avec l’arceau en question entier, sont pour lui des femelles. Ce savant entomologiste décrit cinq espèces du genre originaires d'Europe, de l'Algérie et des Indes orientales (1).

(1) 0, punclatus, Algérie; sinualus Schm., angustatus (tenuicollis Schm.;

Anthic. elongatissimus®? Casteln.); Europe mér.; indicus, Indes or,; Lefob= vrei, Egypte; Lafert. Mon. d. Anthic, p. 283.

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