FAMILLE LV
PYROCHROIÏDES.
Menton porté par un pédoncule du sous-menton. — Languette saillante, bilobée. — Deux lobes aux mâchoires, cornés, inermes et ciliés. — Mandibules dépassant à peine le labre. — Tète médiocrement penchée, trigone, brusquement rétrécie à sa base en un col dégagé du prothorax. — Yeux plus ou moins grands et saillants. — Antennes de onze articles, pectinées ou flabellées, insérées latéralement et à découvert, immédiatement en ayant des yeux. — Prothorax plus étroit que les élytres; son pronotum et ses flancs sans aucun vestige de séparation, — Elytres débordant l’arrière-corps, sans l’embrasser, — Hanches antérieures et intermédiaires allongées, subeylindriques ; les premières lès-saillantes, contiguës, dirigées en arrière, avec leurs cavités cotyloïdes largement ouvertes ; les secondes couchées, parallèles, contiguës en arrière, pourvuss de trochantins; les postérieures transversales, obliques, un peu séparées; les quatre tarses antérieurs de cinq, les postérieurs de quatre articles, le pénultième de tous subbilobé ; leurs crochets simples, subdentés où élargis à leur base. — Abdomen submembraneux, composé de cinq (®) ou six (o’) segments, tous distinctse les cinq premiers subégaux.
J'ai signalé plus haut les éléments que j'exclus de cette famille et qui y avaient été compris par M. J. L. Le Conte (1). Ainsi restreinte, elle n° comprend plus que trois genres : l’un (PyroCHRoA) très-connu des entomologistes, les deux autres (Scaizorus, DENDRotbyS), au contraire, fort rares dans les collections.
Les Le Ve qui précèdent, montrent assez en quoi elle diffère des Pédilides et des Anthicides. Dans le nombre, il en est plusieurs qui lui donnent des rapports réels avec les Méloïdes, tels que la minceur et la flexibilité des téguments, la manière imparfaite dont les élytres embrassent l’arrière-trone, la forme des hancheset en particulier l’obliquité des postérieures, la forme générale elle-même, qui est très-
(Voyez plus haut, p: 374, note,
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différente de celle des Pédilides et des Anthicides, tandis qu’elle se rapproche davantage de celle de plusieurs Méloïdes. Aussi douté-je si ces insectes ne seraient pas mieux à leur place à côté de ces derniers qu'à la suite des deux familles précédentes (1).
Pour compléter la formule inscrite plus haut, il suffit d'ajouter qu'ils sont, pour la plupart, d'assez grande taille, de forme déprimée et large; que leurs élytres, téujours plus ou moins élargies en arrière, sont remarquables par leur ampleur relative et dépourvues de repli épipleural, sauf à leur base; enfin qu’elles recouvrent constamment des ailes bien développées.
Les analogies dont il vient d’être question ne concernent que leurs derniers états. Sous celui de larve, ils ont les rapports les plus étroits et les plus évidents avec les Pyrxo qui, pour moi, appartiennent à une famille tout-à-fait différente (2). Leurs larves (3) ont, en effet, unetelle ressemblance avec celles de ces derniers, que je me bornerai à mentionner les caractères qui les distinguent.
Is portent sur la tête qui est ici complètement dégagée du prothorax ; les ocelles dont trois sont moins apparents que les autres et parfois peu distincts; la grandeur du pénultième segment abdominal qui est plus long que les autres, quoique à des degrés variables; enfin sur la forme du dernier qui est transversal, irrégulièrement quadrangulaire et parfois (coccinea) en même temps de forme assez bizarre. Du reste, avec ces caractères communs, ces larves présentent des différences spécifiques assez prononcées et qui affectent principalement les deux derniers segments de l'abdomen.
(1) Dans l’origine (Hist. nat. d. Crust. et d. 1ns. X, p. 359), Latreille les avait mis immédiatement en avant des Méloïdes. Ce n’est que plus tard {Règne anim. éd. I, p. 311), en fondant son groupe des Trachélides, qu’il les a introduits dans ce dernier, où il leur assignait alors le premier rang. Dans ses deux derniers ouvrages (Fam. nat. p. 382, et Règne anim. éd. 2, V, p. 53), il les a relégués au second, à la suite des Lagriides Si on les laisse là, ils interrompent manifestoment le passage graduel qui a lieu, par l'intermédiaire des Sratina, entre ces insectes et les Pédilides, et la même raison ne permet pas de lesintercaler entre ces derniers et les Anthicides: Sans insister davantage sur cetle question, il me parait que ces insectes rattachent les Trachélides de Latreille aux Méloïdes.
(2) Outre les différences qui existent dans la forme de la tête, les organes buccaux, les antennes et les hanches des pattes, il y. en a une non moins importante dans les habitudes. Les. Pyrno vivent, à l’état parfäit, sous les écorces, et sout des insectes lncifuges, tandis que les Pyrocunoa fréquentent les feuilles et même les fleurs. Plus j’examine les deux genres, moins je leur trouve de rapports entre eux. Il s’agit par conséquent ici de savoir lesquels doivent l'emporter, des caractères propres aux larves, ou de ceux empruntés aux insectes parfaits, question souvent controversée et que ce n’est pas ici le lieu d’agiter. ,
(3) Celles des trois espèces de Prrocaroa les plus communes en Europe
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Elles vivent sous les écorces à demi-décomposées d’un grand nombre d'arbres, sans paraître avoir de préférence décidée pour certaines espèces en particulier, Paryenues à toute leur croissance, qui paraît n'être complète que la troisième année, elles se pratiquent une loge pour y subir leurs métamorphoses. Les nymphes sont hérissées, principalement sur la tête et l’abdomen, de spinules disposées symétriquement, et leur'dernier segment est divisé plus on moins profondément en deux pièces coniques, terminées chacune par une pointe cornée. Æ
Les trois genres de là famille ne comprennent qu’un petit nombre:
d'espèces. Deux d’entre eux (PxrocaroA, DevpRoines) sont représentés dans l’ancien et le nouveau continent : le troisième est propre à l’Amérique du Nord. é