I. Prothorax arrondi et inerme latéralement
Sa base munie d’un large lobe recouvrant un peu l’écusson : Lissonolus.
Sa base légèrement bisinuée : Lissonotypus.
II. Prothorax muni d’un petit tubercule de chaque côté; saillie mésosternale lamelliforme, déclive en avant.
a Gette saillie tuberculeuse en avant.
5 Prothorax bisinué à sa base ; épaules des élytres non saillantes en avant.
Prothorax lisse en dessus : Phœnidnus.
— inégal — : Gonyacantha.
&b Prothorax muni d’un lobe basilaire embrassé par les épaules des élytres qui sont fortement saillantes en avant : Rachidion.
aa Saillie mésosternale inerme; corps allongé : Stiphilus.
LISSONOTUS.
Dar. in Scuoenu. Syn. Ins. HI; Append. p. 364 (1).
Mûles : Tête plane ou très-légèrement concave entre les antennes ; ses Lubercules antennifères nuls; front vertical, court; joues courtes. — Antennes robustes, un peu plus longues que le corps (2), à articles 1 en cône renversé, 3-10 subégaux, déprimés, larges, graduellement élargis et dentés en scie, 42 plus long, atténué et plus ou moins crochu au bout. — Yeux assez fortement séparés en dessus. — Protho- Tax transversal, régulièrement convexe et lisse en dessus, arrondi sur les côtés, muni d’un sillon transversal en avant et à sa base; celle-ci prolongée en un très-large lobe tronçqué en arrière et recouvrant la base des élytres. — Ecusson très-grand, en triangle rectiligne régulier. — Elytres au plus médiocrement allongées, peu convexes, graduellement atténuées en arrière, plus rarement (par ex. flavocinctus) Subparallèles ; leur extrémité tantôt subarrondie et inerme, tantôt tonquée avec l'angle externe brièvement épineux. — Pattes médiocres, robustes ; cuisses fortement en massue, parfois brièvement sub-
(1) Syn. Cenampvx Linné, Oliv. +
(2) Chez un petit nombre d'espèces, la plupart de Colombie et du Mexique (par ex. flavocinctus, multifasciatus), les antennes s’allongent, deviennent plus étroites, et au lieu de s’élargir se rétrécissent graduellement, sans que leurs ärtieles perdent leur grandeur relative. Une espèce du Brésil (fetraspilotus) citée en note et que je ne connais pas, semble être plus aberrante encore sous le rapport de ces organes; aussi M. A. White, qui l'a décrite, ne l’a placée qu'avec doute dans le genre,
Coléoptères. Tome IX. 14
pédonculées, les quatre postérieures très-rarement (te/raspilotus) biépineuses au bout; les quatre jambes antérieures légèrement arquées, toutes uni-sillonnées sur leurs deux faces ; tarses antérieurs déprimés, larges, tous à article 4 beaucoup plus court que 2-3 réunis. — Dernier segment abdorhinal obtusément arrondi en arrière. — Saillie mésosternale large, transversale, plane, verticale et légèrement concave en avant. — Saillie prosternale presque aussi large qu'elle, plane, tronquée en arrière. — Corps peu allongé, glabre, parallèle ou cunéiforme. ù
Femelles : Antennes un peu plus courtes que le corps, en général plus larges que celles des mâles; leur dernier article un peu plus long que le précédent et arrondi au bout. — Pattes moins robustes, avec les tarses antérieurs moins dilatés.
Ces insectes, au plus de moyenne taille et d’un facies robuste, sont médiocrement nombreux (1) et peuvent se diviser en trois catégories sous le rapport de la livrée. Un petit nombre d’entre eux (par ex. flabellicornis) sont d’un noir brillant uniforme. Chez la plupart, à cette couleur s'ajoute du rouge sanguin ou du rouge de corail qui peut envahir la presque totalité des organes. Quelques-uns seulement (fluvocinctus , mullifasciatus) ont le fond général de leur livrée couleur de terre de Sienne, avec leurs élytres ornées d'une étroite bande médiane d’un blanc jaunâtre et bordée de noir.
La majeure partie de ces insectes habitent le Brésil, où la plupart sont communs, les autres sont originaires de la Colombie ou du Mexique.
LISSONOTYPUS.
J. Tuows. Syst, Cerambyc. p. 211.
Genre voisin, mais bien distinct, des Lissonorus, surtout par la forme de son prothorax et de sa saïlie mésosternale. I] n’en diffère que par les points suivants :
Tète munie d’un bourrelet intra-antennaire assez fortement concave; tubercules antennifères aigus au bout. — 32 article des antennes plus long que les suivants. — Prothorax subglobuleux, légèrement bisinué et rebordé à sa base, muni au-devant de celle-ci d'une dé-
(1) M. Dupont (Mon. d. Trachydér. p. 6, pl. 142-145) en a décrit 10 esp. qu’il à partagées en deux sections, selon que l'extrémité des élytres est mutique (flabellicornis Germ., Brésil; spadiceus Dalm., Brésil; cruciatus, Cayenne; flavocinctus, Colombie; multifasciatus, Mexique) ou armée d’une épine (equestris Linn., Cayenne; corallinus, Colombie; abdominalis, bisignatus, bigultatus Dalm., Brésil. — M. A. White (Longic. of the Brit. Mus. p. 62) a disposé ces insectes dans un tout autre ordreet en décrit deux espèces nouvelles : L. rubidus, tetraspilotus, Brésil. -— Depuis, on n’a publié que la suivante : L: Shepherdi, Pascoe, Traus. of the entom. Soc. Ser. 2, V, p. 16; Para.
LISSONOTIDES. 241
pression triangulaire. — Elytres parallèles, arrondies à leur extrémité. — Cuisses subpédonculées, fortement en massue au bout; jambes non sillounées. — Dernier segment abdominai largement arrondi en arrière. — Saillie mésosternale médiocrement large, lamelliforme, inclinée en arrière, concave en avant. — Saillie prosternale plus étroite.
Les deux seules espèces connues jusqu'ici ont été décrites par M. Buquet, qui les a placées avec doute parmi les Lissonorus (1). Elles sont de la taille des espèces de seconde grandeur de ce genre, parallèles et d'un noir brillant. Cette livrée uniforme chez l’une d'elles (brasiliensis) est relevée chez l’autre (quadrisignatus) par quatre taches rouges disposées deux à deux sur les élytres. Ces insectes habitent le Brésil.
PHŒNIDNUS, Pascor, Trans. of {he entom. Soc. Ser. 3, V, p. 293.
Mâle : Organes buccaux et tête des Lissonorus, avec les joues assez allongées. — Antennes un peu plus courtes que le corps, élargies et dentées en scie à partir du 6° article : 3 beaucoup plus long que 4, 11 muni d'un court appendice conique. — Prothorax transversal, convexe, anguleux et tuberculé de chaque côté dans son milieu, rebordé et faiblement bisinué à sa base. — Ecusson en triangle rectiligne étroit, très-allongé et très-aigu au bout. — Elytres courtes » ASSEZ convexes, peu à peu rétrécies et subtronquées en arrière, — Pattes médiocres ; cuisses subpédonculées à leur base, les postérieures atteignant le sommet des élytres ; tarses de la même paire à article 1 égal à 2-3 réunis. — Dernier segmeut abdominal plus long que chacun des trois intermédiaires, transversal, largement tronqué en arrière.— Saillie mésosternale large, déclive en avant, brièvement horizontale en arrière, avec un assez fort tubercule conique. — Saillie prosternale plus étroite, plane, tronquée en arrière. — Corps glabre en dessus, à peine pubescent en dessous. — Femelle inconnue,
Le facies est absolument le même que celui des Lissonorus , dont le corps est cunéiforme, 1nais les caractères génériques sont différents. Comme le dit M. Pascoe, l'espèce unique (Lissonotoides) qu'il décrit reproduit presque exactement la livrée du Lisson. corallinus, c'est-àdire est Me avec une partie des pattes, l'abdomen et la moitié antérieure des élytres rouges, mais cette livrée est moins brillante que dans l'espèce mexicaine. Cet insecte, de taille médiocre, est originaire de Colombie (Sainte-Marthe).
(1) Ann, d. I, Soc. entom. 1860, p. 621.
GONYACANTHA.
J. Tuous. Archiv. entom. I, p. 407.
Mâle : Tête sillonnée en dessus et sur le front, munie d’un bourrelet intra-antennaire peu saïllant et concave ; front assez court, vertical; joues assez allongées. — Antennes uni peu plus longues que le corps, de 42 articles : À gros, en massue arquée, 3-5 cylindriques, noueux au bout, celui-là le plus long, 6-11 graduellement et fortement dilatés, un peu en scie, 12 plus petit, obtusément arrondi au bout. — Prothorax transversal , convexe, rétréci en avant, unidenté de chaque côté, un peu en deçà de son milieu, fortement resserré à sa base qui est tri-sinuée et rebordée, muni sur le disque d’une oùrène transversale interrompue dans son milieu, et en avant de celle-ci de trois tubercules disposés en triangle. — Elytres médiocrement convexes, parallèles, arrondies en arrière, légèrement et conjointement échancrées à leur base, avec les épaules obtuses. — Saillie prosternale plane, ne dépassant pas les hanches antérieures , terminées par deux petits tubercules, avec un 3e pareil et médian au milieu de sa longueur. — Le surplus comme chez les RACHDION qui suivent, avec les téguments opaques en dessus et finement pubescents. — Femelle inconnue.
Avec la taille, le facies et, en particulier, la saillie mésosternale des Racæipiow, l'unique espèce (nigrorubra) du genre s’en distingue par des caractères nombreux. A ceux qui précèdent il faut ajouter que, sauf la carène et les tubercules indiqués plus haut, elle est sans aucune trace de sculpture sur le prothorax et les élytres qui sont d'un noir velouté; l'abdomen et les cuisses sont d’un rouge de corail brillant. Le Brésil est la patrie de cet insecte.
RACHIDION.
A. Senv. Ann. d. !, Soc. entom. 1834, p. 54 (1).
Mâles : Mandibules assez allongées, droites, faiblement arquées au bout, — Tôte munie entre les antennes d’un faible bourrelet un peu concave et sillonné dans son milieu ; front grand, oblique ; joues allongées. — Antennes de la longueur des 3/4 des élytres, fe 12 articles, fortement élargies et dentées en scie à partir du 5°, 3 un peu plus long que 4, 12 très-court, transversal. — Yeux assez fortement séparés en dessus. — Prothorax aussi long que large, convexe, rétréci dans ses 2/3 antérieurs, muni de chaque côté en deçà de son milieu, d’un petit tubercule, et sur le disque, au mème niveau, d’une carène
(1) Syn. Cacopus, H. Lucas in Casteln. Voy. d.l’Amér. d, Sud; Entom. p. 184. — Lissonorus, Germar, Fns. Spec. nov, p. 904.
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transversale, arquée, obtuse et interrompue; sa base elle-même déprimée et prolongée dans son milieu en un large lobe arrondi en arrière. — Ecusson étroit, en triangle très-allongé et très-aigu au bout. — Elytres courtes, médiocrement convexes, parallèles, un peu sinuées dans leur milieu, tranquées au bout; leurs épaules grosses, saillantes, embrassant le lobe basilaire du prothorax, et munies en dedans d’un fort repli longitudinal. — Pattes médiocres; les quatre cuisses antérieures brièvement pédonculées à leur base, les postérieures graduellement en massue , aussi longues que les élytres; tarses de la même paire à article 1 égal à 2-3 réunis. — Dernier segment abdominal largement tronqué et arrondi aux angles. — Saillie mésosternale large, inclinée en arrière, munie d'un tubercule obtus et vertical. — Saillie prosternale beaucoup plus étroite, arrondie postérieurement. — Corps finement pubescent en dessous, glabre en dessus.
Femelles : Antennes presque aussi longues que celles des mâles, mais sensiblement plus larges, leur 12€ article ne formant qu'un appendice du 11°.
L'espèce typique (1) est à peu près de la taille du Lissonotus flabellicornis, d'un noir uniforme peu brillant et assez densément pointillée sur le prothorax, presque lisse sur les élytres. Une autre espèce, très-voisine et qui m'est inconnue, à été décrite par Germar (2).
Une troisième (3), sur laquelle M. Lucas a fondé son genre CaLopus, ne me paraît pas avoir des titres suffisants à cette distinction. Elle diffère uniquement des précédentes par le dernier article de ses antennes aussi long que le pénultième, son prothorax plus dilaté sur les côtés et l'angle terminai externe de ses élytres qui est épineux.
Ces insectes sont du Brésil et rares dans les collections.
(1) R. nigritum, À. Serv. loc. cit. p. 55; figuré dans Dupont, Mon. d. Trachydèr. pl. 146.
(2) Lisson. gagatinus, Germ. loc. cit.; il paraît ne différer du précédent que par l'angle sutural du sommet de ses élytres qui est épineux. Quoique Surviile (loc, cit. p. 56) ait signalé cet insecte à l'attention des entomologistes, MM. Dupont et A. White l'ont passé sous silence.
(3) R. obesum, Newm. in Charlesw. Mag. of nat. Hist. IV, p. 195, © (g' R. granulicollis, Chabrill. in J. Thoms. Archiv. entom. I, pr. 198; Calod. varians, Lucas, loc, cit. pl. 11, f. 4). Cet insecte s'éloigne des précédents par sa sculpture; son prothorax est comme granuleux chez le g”, rugueux chez la ®, et ses élytres sort densément ponctuées dans les deux sexes.
Une quatrième espèce du genre, dont la sculpture est semblable, mais dont les élytres sont inermes en arrière et les antennes flabellées chez le mâle, existe, sous le nom de R, ramulicorne, dans la collection de M. lo comte Maiszech,
STIPHILUS.
Buouer, Rev. 3001. 1840, p. 172.
Femelle : Tète munie entre les antennes d’un bourrelet concave et sillonné dans son milieu; front grand, vertical, un peu concaye; joues assez allongées. — Antennes dépassant un peu le milieu des élytres, très-robustes, de 42 articles (1) : 4 médiocre, en cône arqué, 3-3 déprimés et noueux au bout, celui-là le plus long, 6-11 très-larges, graduellement transversaux, échancrés en arc au bout, 12 plus petit, suborbiculaire, — Yeux fortement séparés en dessus. — Prothorax à peine transversal, convexe, muni de quatre faibles tubercules obtus sur le disque, fortement uni-tuberculé de chaque côté, brusquement resserré à sa base; celle-ci faiblement trisinuée, avec ses angles aigus, saillants et dirigés en arrière. — Ecusson médiocre, en triangle allongé, très-aigu en arrière. — Elytres médiocrement convexes, allongées, subparallëles, arrondies au bout. — Pattes robustes, comprimées; cuisses graduellement élargies, les postérieures un peu plus courtes que les élytres ; tarses déprimés, à article 4 peu allongé. — Dernier segment abdominal largement tronqué en arrière. — Saillie prosternale beaucoup plus étroite, faiblement arrondie en arrière. — Corps assez allongé, glabre, brillant.
L'unique exemplaire que j'aie vu du très-rare insecte (2) du Brésil qui, à lui seul, constitue le genre, me paraît, d’après la largeur de ses antennes, être une femelle. Il est de grande taille, d’un noir profond et très-brillant, et présente sur chaque élytre deux petites callosités éburnées placées obliquement et submédianes.