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SOUS-FAMILLE III

LAMIIDES.

Languette coriace ou cornée, rarement membraneuse, sans paraglosses. — Deux lobes aux mâchoires. — Dernier article des palpes fnsiforme ou aciculé. — Labre libre et horizontal, — Tête en général verticale en avant, son front formant un angle droit ou aigu avec le vertex. — Antennes toujours insérées très-loin des mandibules dans une évhancrure des yeux. — Pronotum sans arêtes latérales (Tmésisternides exceptés), confondu avec les flancs du prothorax. — Jambes antérieures pourvues d'un sillon oblique interne, les intermédiaires souvent d'un sillon semblable sur leur face externe. — Mesonotum muni d'un appareil de stridulation.

Ce troisième et dernier groupe primaire des Longicornes en est en même temps le plus étendu. Ses espèces sont, en effet, aussi nombreuses que celles des deux sous-familles précédentes réunies et l’emportent sur elles, quant aux genres à la création desquels la variété infinie de leurs formes a donné lieu.

Les trois caractères dont la réunion les différencie de ces sous-fa-

milles, à savoir la forme de la tête, celle des palpes et la présence d'un sillon oblique interne aux jambes antérieures, subissent quelques exceptions chez les espèces exotiques. Aïnsi, dans un groupe entier (Tmésisternides), propre aux Archipels indiens et à la Polynésie, non-seulement le pronotum est pourvu d’arêtes latérales, comme chez les Prionides, mais la tête est construite sur le même plan que celle des Cérambycides. Dans un certain nombre de genres, propres aux mêmes régions et à l'Afrique, le dernier article des palpes perd sa {orme normale à un degré parfois extraordinaire (1). Enfin, lorsque les jambes antérieures deviennent très-grèles, il est quelquefois difficile de reconnaître Jeur sillon interne, Mais jamais, que je sache, les trois caractères dont il s'agit ne s’effacent tous en même temps. — Sten. luridus, Rossi, Mantis. Ins. Il, Append.p. 95, ©! V. Solieri, Germ. Faun. Ins. Europ. XVI, 20). — V. Xatarti, Muls. loc. cit. éd. 1, p. 219, 9 ( Jacquel.-Duv. Ann. d, 1. Soc. entom. 1850, p. 347, pl. 11, f. 6, et Muls. Opusc. entom. Il, p. 121). — brevicollis, Gruells, Mem. d. 1. Commis. p. el Map. d. Espan. Ann. 1855, p. 89, pl. 9, f. 4; Espagne. — conicicollis, L, Fairm. Ann. d. 1. Soc. enton. 1866, p. 6ÿ; Maroc. — flaveolus, Algérie; ocu= laris, Asie-Mineure; Muls. Opusc. entom. XIE, p. 169.

(1) Cela a lieu principalement chez les Dorcadionides. Chez les PHANTASIS; par exemple, cet article alfecte la forme d’un fer de kache large et très-allongé. Il existe même un genre (Tywranorawrus) de Lamitdes vraies où il forme un demi-cerele régulier.

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Les autres parties des Lamiides qui donnent lieu à quelques observations sont les suivantes : k

On ne peut tirer aucun parti de la languette at point de vue systématique, par suite de sa trop grande variabilité chez des espèces très-voisines à tous les autres points de vue (4). Les mandibules offrent un peu plus de ressources. Elles prennent assez souvent une forme étrangère aux autres Longicornes, et qui consiste en ce qu’elles sont minces, même à leur base, et obliques au repos.

Les antennes sont constamment privées de système porifère et leur mode d'insertion est invariable ; mais leur premier article, ou scape, a une importance particulière. Outre que sa longueur et sa grosseur varient considérablement, ainsi que sa forme (2), son extrémité présente souvent une troncature (3) en général oblique, souvent trèsgrande et à laquelle je donnerai, avec M. Pascoe, le nom de cicatrive. Ello est limitée en arrière par une fine carène, mais qui tantèt est entière (cicatrice fermée), tantôt plus ou moins incomplète en dehors, les antennes étant supposées dirigées en avant (cicatrice ouverte). Dans certains cas assez rares, cette carène disparaît complétement, et il ne reste plus de la cicatrice qu’une dépression, le plus souvent ponctuée ou granuleuse, qui ne doit pas être négligée.

La granulation des yeux varie, mais ne joue pas ici un rôle aussi important que chez les: Prionides et les Cérambycides. Il en est de

(1) Pour n’en citer qu’un exemple, les TænioTes et les MoNouammus sont alliés de si près qu’on a peine à trouver quelques caractères dilférentiels entre eux. Or, les premiers ont une languette complétement cornée, très-solide, irrégulièrement pentagone et sans aucun vestige de cils sur ses bords, landis que chez les seconds elle est coriace, bilobée ou étroitement fendue en avant, avec sombord antérieur plus ou moins barbu. D'où suit que si l’en donne la prééminence à cet organe, ces insectes appartiennent à deux groupes tout-à-fait distincts et même fort éloignés l’un de l’autre, ce qui, évidemment, n’est pas. La même remarque s’applique aux lobes des mâchoires.

(2) Cette forme varie depuis celle d'une courte et robuste massue pyriforme lusqu'à celle d’un cône reuversé ou d’un cylindre plus ou moins grêle. M. Bates (Contribut. to an Insect Faun. of the Amaz. Valley, p. 6) est le premier qui ait reconnu la valeur de ces modifications. Bien qu'il y ait entre elles de nombreux passages, cles sont d’une utilité réelle dans un grand nombre de cas.

(3) MM. J. Thomson et Pascoe paraissent avoir découvert simultanément ce caractère, mais l’expriment d’une manière différente. Pour le premier, le Scape est alors « apice truncatus, » pour le second «apice cicatricosus »; ce dernier terme me parait mériter la préférence. Ni l'un ni l’autre de ces savants €Rlomologistes n’a poussé plus loin l'observation, ni tiré parti des modificalions qu'éprouve la cicatrice. En dehors de ces deux auteurs, il n’y a que M. L. Redténbacher (Expéd. d. 1. Novara; Col., passim) qui fasse mention de telle dernière, quoique en termes quelque peu ambigüs; il n’en est pas queslion dans aucun des autres travaux consacrés aux Lamiides.

même des hanches antérieures; leur principal et presque unique caractère consiste à savoir si elles sont arrondies ou anguleuses en dehors ; constamment leurs cavités cotyloïdes sont fermées en arrière. On peut tirer un plus grand parti du sillon Libial des pattes intermédiaires qu'on ne l'a fait jusqu'à présent. Quand il est bien développé, son bord supérieur est très-souvont (par ex. la majorité des Monohammides) muni d’un tubercule situé sur la tranche externe des jambes. Lorsqu'il a disparu, il reste encore souvent un sus situé sur la même tranche et rempli de cils courts dont l’aspect est tout autre que celui des poils du voisinage. Ces cils subsistent ordinairement lorsqu'il ne reste plus aucune trace du sinus. À défaut de caractères nettement accusés, qui sont très-rares chez les Lamiides, toutes ces minimes particularités ont une valeur dont il est nécessaire de tenir compte. Enfin, pour dernière considération, c’est parmi ces insectes que se trouvent les seuls Longicornes dont les crochets des tarses sont bifides, dentés ou appendiculés.

Celles de leurs larves qui ont été observées (1) se distinguent essentellement des larves des Prionides et des Cérambycides par l’ebsence des pattes, à quoi s'ajoutent une tête petite, plus ou moins invaginée dans le prothorax et la situation de la première paire de stigmates dans le pli qui existe entre ce segment thoracique et le mésothorax. La très-grande mojorité d'entre elles vivent et subissent leurs métsmorphoses dans les végétaux ligneux, les autres dans les plantes herbacées. A l'état parfait, un grand nombre de ces insectes se tiennent immobiles au repos sur les écorces dont leur livrée et leur sculpture reproduisent souvent d’une manière étonnante les couleurs et les rugosités.

En outre des travaux généraux sur la famille où figurent les Lamiides, deux ouvrages d’une haute importance, où il n’est question que de ces insectes, et déjà cités plusieurs fois dans les pages qui précèdent, ont été dans ces dernières années publiés par MM. Pascoe (2) et H. W. Bates (3). Quoique limités, le premier aux espèces de la Malaisie, le second à celles de l’Amazone, tous deux ont un caractère général, ces deux savants entomologistes y ayant exposé leurs vues sur l'ensemble de la sous-famille (4). Le nombre des groupes de premier

(1) Pour leurs caractères généraux, voyez Chapuis et Candèze, Mém. d. L Soc. d. Sc. d. Liège, VII, p. 585. Erichson (Archiv, 1842, 1, p. 377) en dit peu de chose.

(2) « Longicornia Malayaua » Trans. of the entom. Soc. Ser. 3, LL. Cet ouvrage n’est pas encore terminé ; il reste à publier les Prionides et les Cérambycides.

(3) « Contributions to an Insect Fauna of the Amazon Valley » Ann. a, Mag: of nat. Hist. 1861-1866, passim; ouvrage non terminé, comme le précédent. Je cite le tirage à part, 1 vol. ia-80, London, 1866.

(4) M, Pascoe (loc. cit. p.6) divise les Lamiides en 24 groupes primaires d'é-

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ordre qu'ils admettent dans celle-ci, et sur lesquels ils sont loin d'être d'accord, est beaucoup plus considérable que celui adopté par M. J. Thomson , qui ne s'élève qu'à cinq (1). Ces fortes divergences d'opinion, cette facilité avec laquelle ces insectes se prêtent, dès le point de départ, à tout ce qu’on veut en faire, suffisent pour démontrer que les difficultés inhérentes à l'étude des Longicornes sont ici plus grandes que jamais.

Pour ce qui me concerne, tout bien considéré, je trouve d'abord que les bases de la classification de cette sous-famille ne sont plus les mêmes que chez les Prionides et les Cérambycides. 11 n’y a pas de Lamiides aberrantes, ni de Lamiides vraies subdivisibles en espèces souterraines et espèces sylvaines (2). 11 me semble ensuite que ces insectes convergent, si l’on peut s'exprimer ainsi, vers quatre types principaux, dont la délimitation rigoureuse n’est pas possible, mais cependant assez satisfaisante, si l’on s’en tient strictement aux caracières qui leur sont assignés et qu'on ne se laisse pas entrainer, par le facies des espèces, à y introduire des éléments étrangers. Cette opinion est, comme on le voit, presque identique à celle de M. J. Thomson.

Les types en question, qui peuvent être élevés au rang de tribus, sont les suivants : .

gale valeur, sous les noms de : Acanthoderinæ, Acrocininæ, Acanthocininæ, Colobotheinæ, Exocentrinæ, Niphoninæ, Mesoninæ, Apomecyninæ , Dorcadioninæ, Compsosominæ, Hypselominæ, Lamiinæ, Monochaminæ, Gnomivæ, Onocephalivæ, Hippopsinæ, Agapanthiiræ, Saperdinæ, Astatheinæ, Obereinæ, Phytæciinæ, Amphionychinæ, Tmesisterninæ et Tapeininæ. Plus tard (ibid. p. 257), il a réduit ces groupes à 22, ayant réuniles Monochaminæ et les Gnominæ aux Lamiinæ.

M. Bates (loc. cit. p. 6) réduit ces groupes à G, qu’il nomme : Acanthoderitæ, Acanthocinitæ, Lamiitæ, Oncideritæ, Desmiphoritæ et Saperditæ.

(1) Acanthoderitæ, Tmesisternitæ, Dorcadionitæ, Lamiitæ veræ, Saperditæ; T. Thoms. Syst. Cerambyc. p. 14 sq. Le premier de ces groupes me parait de trop; il n’a évidemment pas la même valeur que les autres et doit rentrer dans celui des Lamiitæ veræ. C’est un des plus difficiles à définir qu’il y ait parmi les Lamiides.

(2) Avec leur tête de Cérambycides et leur pronotum muni d’arêtes latérales, les Tmésisternides sont aberrants en tant que Lamiides, mais non en tant que Longicornes, Ils ne possèdent, en effet, aucun caractère étranger à la Famille, comme le font les Privnides et les Cérambycides aberrants. C’est simplement un groupe de transition. De mème, les Dorcadionides, presque tous aptères et tous épigés, sont, jusqu’à un certain point, les analogues des Prionides et des Cérambycides souterrains, sans cependant mériter cette qualification. Quelquesuns d’entre eux (les Dorcadidides) ont bien la saillie intercoxale de l'abdomen plus large que de coutume et tronquée ou ogivale en avant, mais cette forme exise chez les deux sexes ct non chez les femelles seulement. Un de leurs caractères les plus importants, la brièveté du métasternum, se retrouve chez un certain nombre de Lamiides vraies.

Coléoptères. Tome IX. 16

IL. Pronotum muni d’arêtes latérales; tête anormale, pa- + reille à celle des Cérambycides. TMÉSISTERNIDES, IL. — sans arêtes latérales; tète presque toujours normale.

a Crochets des tarses simples.

Corps presque toujours aptère; métasternum tou-

jours très-ceurt. DoRcADIONIDES, — presque toujours ailé; inétasternum rarement court. LAMNDES VRAIES. |

aa Crochets des tarses fendus, dentés ou appendiculés. PayroEchpes.

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