L. Renrens. Expéd. d. L. Novara; Col. p
Femelle : Tubercules antennifères très-rapprochés; front oblique d'avant en arrière, triangulaire ; joues élargies. — Antennes glabres, à peine aussi longues que le corps, à articles 1 beaucoup plus court que 3, cicatrisé au bout (2),3 un peu épaissi au bout, plus long que 4, celui-ci fortement en massue dans sa moitié terminale avec son extrémité dilatée au côté interne, 5-11 plus grèles, décroissant peu à peu. — Yeux finement granulés, fortement réniformes. — Prothorax transversal, uni et traversé en dessus par deux sillons, arrondi et inerme sut les côtés. — Ecusson très-petit, en triangle curviligne. — Elytres du double plus longues que larges, cylindriques, arrondies en arrière; leurs épaules rectangulaires. — Pattes courtes, robustes, égales; un sillonMtibial intermédiaire. — Saillies mésosternale et prosternale étroites, simples. — Corps allongé, cylindrique, densément pubescent.
(1) E, binolalus, Pascoe, loc. cit. p. 253, pl. 11, £. 5 Q.
(2) Les termes qu’emploie M.L. Redtenbacher (antennarum articulo 1° apice emarginato) pourraient laisser quelques doutes sur l'existence de la cicatrice; ils sont levés par la figure qu’il donne de l'espèce typique du genre; la cicatrice y est parfaitement évidente.
AGNIIDES, 351
D'après cette formule, ce genre paraît sé rapprocher du précédent et en différer principalement par la direction du front et la structure des antennes qui sont presque: pareilles à celles dés Ovocvnius.
Son unique espèce (1) est originaire des îles Nicobar et de taille moyenne. Elle est d'un noir mât, révêtue d'urie pubescence d'un gris blanchätre en dessous, avec les-côtés de la tôte, trois lignes longitudinales sur le prothorax, quatre bandes transversales très-irrégülières et de nombreuses petites taches surles élytres, blancs; ces organes présentent des rangées serrées de gros points enfoncés qui s'affaiblissent peu à peu dans leur moitié postérieure:
ACHTHOPHORA.
Newm. The Entomol. p. 292 (2)*
Mâles : Tubercules antennifères médiocres, verticaux, séparés par une très-étroite fissure ; front fortement rétréci en haut; joues trèslongues. — Antennes pubescentes, atteignant le sommet des élytres, à articles 1 notablement plus court que 3, celui-ci plus long que 4, tous deux garnis au bout de cils rigides et denses, 5-10 plus courts, décroissant rapidement, 41 un peu plus grand que 10, en cône aigu, — Lobes inférieurs des yeux médiocres, aussi hauts que larges. — Prothorax transversal, cylindrique, non ou à peine transversalement sillonné ; ses tubercules latéraux au plus médiocres ; parfois très-petits (3). — Elytres médiocrement allongtes, parallèles, arrondies en arrière ; leurs épaules saïllantes en avant et surmontées d’un lobe comprimé. — Pattes courtes, subégales, robustes; cuisses gradwellement en massue; tarses courts, égaux; les antérieurs légèrement dilatés. — 5° segment abdominal assez long, un peu rétréci et largement arrondi en arrière. — Saillie mésosternale recourbée en arrière, munie d’un petit tubereule en avant. — Saillie prosternale fortement arquée postérieurement. — Corps médiocrement allongé, partiellement pubescent.
Femelles : Je ne leur trouve pas d'autres caractères différentiels que d’avoir les antennes notablement plus courtes que le corps et les tarses antérieurs pas plus larges que les autres.
M. Newman a décrit deux espèces (4ristis, alma) de ce genre, originaires des îles Philippines. Elles sont de taille médiocre pour le groupe actuel et remarquables par la grosseur et la densité de la ponctuation de leurs élytres sur chacune desquelles se voient deux ou trois lignes
(1) M. nicobarica, L. Redtenb. loc. cit. p. 183, pl. 5, f. 5. (2) Syn. Srecenus, Pascoe, Trans. of the entom. Soc. Ser. 2, IV, p. 104; olùm.
(3) Ils décroissent peu à peu et perdent par là leur valeur générique; ils sont médiocres (alma), petits (éristis), puis nuls ou pou s’en faut (dactylon).
saillantes plus ou moins distinctes; chez la première ces organes présentent un grand nombre de gouttelettes fauves; celles de la seconde sont saupoudrées de blanc crétacé et traversées par trois bandes de même couleur; chez toutes deux le fond de la livrée est noir et les antennes sont jaunes dans leur moitié terminale.
Il existe dans la Malaisie une troisième espèce qui ne diffère des précédentes, au point de vue générique, qu'en ce que les quatre 4ers articles de ses antennes sont densément ciliés et plus robustes que les suivants; la sculpture de ses élytres est la même et son corps est en entier couvert sur un fond noir de petites taches fauves en partie confluentes; ses antennes sont également en partie jaunes. M. Pascoe avait dans l’origine fondé sur elle son genre SreGenus (1) qu'il a plus tard (2) réuni à celui-ci.
CALLIPYRGA.
Newm. The Entomol., p. 414 (3).
Mâle : Tubercules antennifères saillants, soudés ensemble ; front oblique d'avant en arrière, plus haut que large, fortement rétréci en haut; joues très-allongées. — Autennes à peine pubescentes, lèchement et irrégulièrement ciliées en dessous, de près de moitié plus longues que le corps, à articles 1 un peu moins long que 3, celui-ci et 4 égaux, 5-11 un peu plus courts, décroissant graduellement, 41 à peine plus grand que 10, crochu au bout. -— Lobes inférieurs des yeux plus hauts que larges, les supérieurs très-courts. — Prothorax transversal, bisinué à sa base, traversé près de celle-ci et assez loin de son bord antérieur par deux sillons médiocrement marqués, muui sur le disque de trois gros mamelons obtus disposés ex are de cercle; ses tubercules latéraux robustes, couiques, un peu rapprochés de sa base. — Elytres médiocrement allongées, convexes, légèrement atténuées et tronquées en arrière avec leur angle externe dentiforme et triangulaire, munies de fines côtes longitudinales et chacune à leur base d'un très-fort tubercule ; leurs épaules un peu saillantes, surmontées d'un petit tubereule. — Pattes médiocres, robustes, égales; cuisses subpédonculées à leur base ; tarses médiocres, égaux. — ÿ° segment de l'abdomen transversal et largement échancré en arrière. — Mésosternum vertical, ubtusément saillant en avant. -- Saillie prosternale large, plane, tronquée en avant et en arrière, profondément échancrée en triangle dans cette dernière direction et en arc de cercle
(1) S. dactyloni, Pascoe, loc, cit. pl. 22, f. 6; Borneo,
(2) Longic. Malayan. p. 229. M. J. Thomson (Syst. Cerambyc. p. 87) à conservé ce genre,
(3) Syn. Zxcocena, J. Thoms. Archiv. entom. I, p. 190; olim.
BATOCÉRIDES. 353
dans l'autre. — Corps médiocrement allongé, massif, finement pubescent.
Femelle : Antennes dépassant un peu moins le sommet des élytres. — 5° segment abdominal plus long et plus convexe. — Angles antérieurs de la saillie prosternale dentiformes.
L'un des genres les plus distincts du groupe actuel, remarquable surtout par la structure de son prosternum.
Il ne comprend qu'une assez grande espèce (1) de l'Australie, noire avec les élytres d’un testacé rougeâtre, et revètue partout d’une pubescence d'un gris verdâtre à reflets soyeux; ses élytres ont chacune quatre côtes dont les intervalles, larges et lisses, sont ornés de petites taches noires la plupart fasciculées, distantes et très-régulièrement disposées ; les tubercules basilaires de ces organes sont dénudés ainsi que ceux du prothorax; sauf leur scape, les antennes sont jaunes avec le sommet de leurs articles 3-5 brunâtre ou noir.
GROUPE III, Batocérides.
Cicatrice du scape des antennes ouverte, parfois réduite à une simple dépression sans limites nettement accusées (2), — Tête non rétractile, fortement concave entre ses tubercules antennifères, ceux-ci divergents; front rectangulaire. —Antennes rarement ciliées en dessous. — Yeux finement granulés, — Prothorax tuberculé latéralement. — Elytres beaucoup plus longues que la tête et le prothorax réunis. — Cuisses linéaires ou sublinéaires (Orsirs excepté); jambes intermédiaires rarement (PLECTRODERA, CALLOPLOPHORA) dépourvues de sillon. — Métasternum allongé. — Mésosternum et saillie prosternale variables. — Corps allongé.
Sans l'imperfection de la cicatrice du 1® article des antennes, ce groupe ne pourrait être séparé des Monohammides. On le rendrait beaucoup plus homogène en le limitant aux espèces dont l'organisation ressemble exactement à celle des Barocera qui en constituent le type; mais celles qui en seraient exclues par cette mesure ne possèdent pas des caractères suflisants pour former un groupe particulier.
C'est parmi ces insectes que se trouvent les plus grandes Lamiides connues. Un seul de leurs genres (Orsipts) tranche fortement sur les autres par la petitesse de ses espèces, mais ses carectères ne permettent pas de le placer ailleurs qu'ici.
Les Batocérides constituent les 10 genres qui suivent. Sauf un (Pzec-
() C. turrila, Newm. loc, cit,; figurée par M. A. White in Stoke's Discover, iu Austral. pl. 2, f. 5 (Zyg. pallidicornis, J. Thoms. loc. cit.; olim). (2) Elle ne disparait, sans laisser aucun vestige, que chez les TRENETICA.
Coléoptères. Tome IX. 23
FSC BE. . ITR
TRoDERA) qui est propre à l'Amérique, tous habitent les Indes orientales; parmi ces derniers il s'en trouve un (Barocera) qui, à travers l'océan indien, s'est répandu jusqu'en Afrique.
I. Saillie mésosternale lamelliforme, recourbée en arrière, tuberculeuse ou non en avant.
a Epaules des élytres épineuses, ou au moins granuleuses ; joues courtes. La à b Elytres régulièrement convexes; lobes inférieurs des yeux très-grands, rétrécissant le front.
© Art. 3-10 des antennes non bi-épineux au bout. Antennes plus ou moins scabres à leur base: Batocera. — lisses partout : Apriona.
ce Art, 3-10 des antennes munis au bout de deux petites épines opposées : Megacriodes.
bb Elytres planes sur le disque, déclives et tronquées en arrière.
Leurs bords latéraux carénés dans leurs ?/; antérieurs : Potemnemus.
— non carénés dans leurs ?/; antérieurs : Periaptodes.
aa Epaules des élytres obtuses, ni épineuses, ni granuleuses. d Cicatrice du scape carénée au côté interne. Tête semi-cireulairement concave en dessus : Metopides.
— triangulairement — : Orsidis.
dd Cicatrice du scape obtusément et faiblement limitée : Plectrodera.
IL. Mésosternum vertical, fortement tuberculé en avant. Bord antérieur des élytres très-saillant en avant : Calloplophora.
— à peine saillant en avant: Trenelica.
BATOCERA.
De Casreun. Hist, nat. d. Col. IX, p. 470 (1).
Mûles : Tète fortement et triangulairement concave entre ses tubercules antennifères ; ceux-ci médiocres, robustes ; front étroit, plus haut que large; joues courtes. — Antennes robustes, au maximum deux fois aussi longues que le corps; leurs articles basilaires corrodés, s0abres ou épineux, parfois, ainsi que quelques-uns des intermédiaires, dentiformes à leur sommet externe : 1 nettement cicatrisé au bout, beaucoup plus court que 3, 4-11 moins longs que celui-ci, décroissant
(1) Syn. Cenampyx Linné, Oliv., etc. — Lamia Fab,
BATOCÉRIDES. 355
peu à peu. — Lobes inférieurs des yeux très-grands, en carré transversal. — Prothorax transversal, déprimé sur le disque, ridé transversalement en avant et à sa base; ses tubereules latéraux épineux, très-&igus au bout. — Ecusson plus ou moins allongé, arrondi en arrière. — Elytres amples, médiocrement convexes, peu à peu rétrécies, assez étroitement tronquées et très-souvent bi-épineuses en arrière ; granuleuses à leur base ; leurs épaules saillantes en avant et brièvement épineuses. — Pattes longuës, les antérieures plus qué les autres; cuisses linéaires ou peu à peu atténuées à leur extrémité, les antérieures scabres en dessous; jambes de la même pairé arquées, denticulées ou âpres au côté interne; tarses courts, les antérieurs élargis, à article | —Hépineux à son sommet externe, le 4 de tous égal aux précédents réunis. — 5° segment abdominal en triangle assez long, largement échancré au bout. — Saillies mésosternale et prosternale médiocrement larges; la 4° recourbée en arrière , la 2e arquée panérieurement. — Corps allongé, pubescent.
Femelles : Antennes plus courtes et plus lisses ainsi que les dites; celles-ci plus égales entre elles; 1% article des tarses antérieurs souvent sans épine à son sommet "externe.
Le plus remarquable de tous ïes genres des Lamiides sous le rapport de la taille, ses espèces les plus petites étant fortement au-dessus de la moyenne et les plus grandes n'ayant de rivales'à cet égard que les plus gigantesques Prionides. Quant à leur livrée, elle n’a rien que d'assez vulgaire, se bornant, lorsqu'elle n’est pas uniforme, à des taches blanches ou fauves sur un fond gris ou verdâtre. Les nombreuses modifications qu'éprouvent ces taches et l'homogénéité de la forme générale rendent les espèces difficiles à limiter, et il est probable que parmi celles décrites en ce moment (1), un assez grand nombre ne
(1) M. J. Thomson, après en avoir donné un Synopsis (Archiv. entom. I, p. 447), en a publié (Arcan. nat. p.66) une Monographie accompagnée de super bes figures, et comprenant 30 espèces, dont voici l’énumération avec quelques modifications synonymiques empruntées à M. Pascoe, Longic. Malayan. p.
B. Wallacei, J. Thoms. Archiy. entom. I, p. 447, pl. 18, f. 1; Arou; la plus
rande espèce du genre, atteignant jusqu'à 80 mill. — Cer. Thom, Voet, Col. IL, pl. 14, £. 57; N....— Cer. armatus, Oliv. Entom. IV, 67, p, 121, pl. 19, f. 14; Nouvelle-Guinée. — B. una, À. White, Proc. of the Zool. Soc. 1858, p; 399, pl. 53, £. 6; Nouvelles-Hébrides.— ZLœnu, J. Thoms. Archiv. entom. I, p. 450; Arou, — œneonigra, J. Thoms. Arcan. Nat. p. 71; Nouvelle-Guinée, — Bdisdubant, Hope in Charlesw. Mag. Ser. 2, IL, p. 231, pl. 2; Australie. —awvoodlarkiana, Montrouz. Faun. d. Pile Wooul: p. 61. — magica, humeridens, 3. Thoms. Arcan. Nat. p. 72; Java. — celebiana, 3. Thoms. Archiv. entom. 1, p. 453; CGèbes: — Chevrolatit, J. Thoms. Arean. Nat, p. 74; Indes- Or. — Roylii, Hope, Trans. of the Zool. Soc. J, p.103, pl. 15, f. 1 (princeps, Koll. u, L, Redtenb. in Hügels Kaschm, IV, 2, p. 551); Himalaya. — Lam. oc-
sont que de simples variétés. Ces insectes sont répandus depuis l'Afrique jusque dans la Polynésie et le nord de la Chine.
APRIONA.
Cuevroz. Rev. et Mug. à, Zool. 1852, 414.
Ce genre ne diffère des BarocerA que par les caractères suivants : Antennes lisses, de 1/4 à 1/3 plus longues que le corps, presque égales dans les deux sexes ; leur scape présentant à son extrémité, au lieu d'une cicatrice, un espace déprimé, rugueux et non limité par une-carène. — Cuisses et jambes antérieures lisses dans les deux
sexes,
Le type du genre est la Lamia Germari de Hope (1). Ses espèces n'arrivent pas à la même taille que quelques Barocera et ont un habitat moins étendu ; on n’en connaît pas qui soient étrangères aux Indes orientales.
tomaculata, Fab. Syst. El. II, p. 283;tlesde la Sonde, Malaisie. — B. lineolata, Chevrol, Rev. et Mag. d. Zool. 1852, p. 417 (chinensis, J. Thoms. Archiv. entom. I, p. 470); Chine bor, — adelpha, J. Thoms. Archiv. entom. I, p. 77; Indes-Or. — sarawackensis, 3. Thoms. ibid. p. 452; Borneo. — Tomsonii, Javet in J. Thoms. Archiv. entom. I, p. 412; Borneo.—Mniszeckii, J. Thoms. Arcan. Nat. p. 79; îles Philippines. — gigas, Drapiez, Ann. génér. d. Sc. phys. p. 273, pl. 42, f. 1 (Dehaani Dej.); Java.— Chlorinda, 3. Thoms. Archiv. entom. L, p. 171; Indes-Or. — Cer. rubus, Linn. Syst. Nat. I], p. 625 (nec Fabric.); Afrique or., Continent et Archipels indiens. — B. Hector, I. Thoms. Archiv. entom. 1, p.455; Java.— victoriana, 3. Thoms. Rev. et Mag. d. Zool. 1856, p. 529; Borneo.— Lam. Hercules, Boisduv. Faun.d. l'Océan. II, p.495; Java, Amboïine. — B. titana, 3. Thoms. Arcan. Nat. p. 82; Indes or. — ferruginea, 3. Thoms. Archiv. entom. I, p. 456; Ceylan. — javanica, J. Thoms. Arcan. Nat. p. 83; Java. — Wyliei, Chevrol. Rev. et Mag. d. Zool. 1858, p. 54; Gabon. — albertiana, J. Thoms. Archiv. entom. I, p. 457; Gabon.
Depuis ce travail ont été publiées: B. Proserpina, Arou; plutonica, Nouvelle- Guinée; leonina, Menado; Lacordairei, Malaisie; Gerstœckeri, Soula; Helena, Siam; J. Thoms. Syst. nat. p. 531. — Wieneclei (Lam. rubus, Fab. Syst. El. 11, p. 224; nec Linné), Rosenbergei, Flores; Whitei, Gélèbes; Kaup, Einig. Ceramb. d. Sammi. Z. Darmst. pl. 2 et 3, — metallescens, Macassar; pulverosa, Timor; Orpheus (æneonigra? Thoms.), Batchian, Ternate; Orcus, Geram; Ammon, Amboine; Meleager, Bourou; cinnamomea, Soula; Atlila, Sumatra, Java; Pascoe, Longic. Malayan. p. 264.
(1) In Gray, Zool. Miscell. [, p. 17; Sylhet.—Aj. : À. cinereu, Chevrol.loc. cit. p. 416; archipel de la Nouvelle-Guinée. — gracilicornis, Buquet, Ann. d. 1. Soc. entom. 1859, p. 632, pl. 14, f. 2; Java. — plicicollis, Motsch. Etud. entom. Ano. Il, p. 48; Chine bor. — A. punctatissima, Célèbes; flavescens, Sumatra, Mysol; Deyrollei, Sylhet; humeralis, Moluques; Kaup, Einig. Ceramb. d. Samml z. Darmast, pl. 3.
BATOCÉRIDES. 357
MEGACRIODES.
Pascog, Longic. Malayan. p.271.
Je ne sépare ce genre des Apriona qu'avec hésitation. Son unique espèce (1), dont on ne connaît que le sexe femelle, ne diffère en effet de ces dernières que par ses antennes plus robustes, dépassant faiblement les élytres, avec la cicatrice de leur scape un peu plus distincte et leurs articles 3-10 munis à leur extrémité de deux petites épines opposées.
C'est un grand insecte de Sumatra, d'un noir assez brillant en dessus, voilé par une fine pubescence grise, avec une grande tache annulaire sur le prothorax, quatre grandes également alignées sur chaque élytre, et les côtés du corps en dessous, à partir de la tête, d'un blanc crétacé qui, pendant la vie, paraît être remplacé par du jaune éclatant; les poils qui forment ces taches sont tellement denses qu'ils ont l’aspect d’un enduit.
POTEMNEMUS.
J. Tuows. Syst. Cerambyc. p. 81 (2).
Tète fortement concave (3) entre ses tubercules antennifères; ceux-ci médiocres, très-robustes, échancrés au bout, parfois (lima) tubereuleux à leur sommet interne; front relativement étroit, subéquilatéral; joues médiocres. — Antennes peu densément ciliées en dessous, deux fois aussi longues que le corps, à articles 4 nettement cicatrisé au bout, beaucoup plus court que 3, 4-11 moins longs que ce dernier, subégaux. — Lobes inférieurs des yeux grands, presque aussi hauts que larges (scabrosus) ou (lima) transversaux. — Prothorax transversal, muni de deux sillons transversaux médiocrement marqués, parfois (scabrosus) tubereulé (les tubercules petits) sur le disque; ses tubercules latéraux épineux et très-aigus. — Ecusson arrondi en arrière. — Elytres amples, allongées, parallèles, planes sur le disque et carénées latéralement dans leurs 2/3 antérieurs, leurs épipleures verticales; obliquement déclives et largement tronquées en arrière avec leur angle externe épineux; leurs épaules saillantes et épineuses. — Pattes longues, subégales ; cuisses linéaires; tarses égaux. — 5° segment abdominal grand, sinué ou légèrement échancré au bout. — Saillie mésosternale médiocrement large, triangulaire, déclive et tuberculée.—
(1) M. Saundersii, Pascoe, loc. cit. p. 272, pl. 12, £. 1.
(2) Syn. Proremnewus, Pascoe, Longic. Malayan. p.280. — Ceraupyx Oliv.
(3) Cette concavité est tantôt (scabrosus) triangulaire, comme dans le majorité des genres du groupe actuel, tantôt (lima) à bords parallèles, ce qui lui donne l'aspect d’un canal,
Saillie prosternale arquée en. arrière. ; — Corps massif, allongé, pubescent.
Je ne connais pas bien les sexes; d'après la grandeur de leur 5°segment abdominal, il est probable que les épais que j'ai sous les yeux sont des femelles.
L'un des genres les mieux caractérisés du groupe actuel et composé de trois grandes espèces (1) originaires des parages de la Nouvelle-Guinée, dont une a été connue d'Olivier. Leur livrée est d'un fauve à peu près uniforme ou présente en dessus un mélange confus de cette couleur, de brun et de gris; leurs élytres sont munies sur le disque, les côtés et leurs carènes latérales de petits tubercules épineux, écartés et qui disparaissent à une plus où moins grande distance de leur extrémité. Ces insectes paraissent ne se rencontrer que rarement dans leur pays natal.
PERIAPTODES.
Pascor, Longic. Malayan. p. 282 (2).
Comme le dit M. Pascoe, ce genre ne diffère rigoureusement du précédent qu’en ce que ses élytres sont moins aplaties et privées de carènes sur les côtés, leurs épipleures restant toujours verticales.
Autant que je puis en juger d'après l’unique exemplaire mâle du lictor que se savant entomologiste a bien voulu me communiquer, on peut ajouter à ce caractère des joues plus courtes , des tubercules antennifères plus longs et à peine échancrés au bout, les lobes inférieurs des yeux plus grands et plus hauts que larges, enfin l'absence de tubercules épineux sur les élytres.
Quoique fort au-dessus de la taille moyenne, les trois espèces (3) que décrit M. Pascoe sont, sous ce rapport, bien inférieures aux Po- TEMNEMUS. La livrée de toutes trois est d'un gris plus ou moins fauve parfois rembruni autour de l’écusson et sur les côtés des élytres. Elles habitent la Nouvelle-Guinée ou les Moluques.
METOPIDES.
Pascog, Proceed. of the Zool. Soc. 1866, p. 248.
Femelle? : Tète débordant fortement le prothorax, profondément et largement échancrée en arc de cercle entre ses tubercules anten-
(1) Cer. scabrosus, Oliv. Entom. IV, 67, p. 8, pl. 10; Saylie, Dorey. — P. lima, Goram; pristis, Arou; Pascoe, loc, cit. p. 282.
(2) Syn. Poremnemus, J, Thoms. Syst. Cerambye. p. 55.
(3) 2. lictor, testator, Dorey; luctator (Potemn. Olivieri,J.'Thoms. loc. cit.), Ceram; Pascoe, loc. cit. p. 283; avec une figure de la première, pl. 14, f. 8.
BATOCÉRIDES. 359
nifères; ceux-ci assez saillants ; front transversal, peu à peu rétréci en bas avec son bord antérieur lobé dans son milieu, le lobe échancré. — Antennes de 4/3 environ plus longues que le corps; à articles 4 un peu plus court que 3, nettement cicatrisé au bout, 2 relativement long, 3-11 décroissant peu à peu. — Yeux médiocres, leurs lobes inférieurs allongés. — Prothorax subtransversal, cylindrique, un peu inégal en dessus, traversé par deux sillons peu profonds assez distants de son bord antérieur et de sa base, fortement tuberculé latéralement. — Ecusson en triangle curviligne allongé. — Elytres assez allongées, subparallèles, déprimées dans leurs 2/3 antérieurs, fortement déclives etarrondies en arrière. — Pattes assez longues, les antérieures un peu plus que les autres; cuisses linéaires, canaliculées en dessous; tarses égaux. — 5° segment de l'abdomen en triangle curviligne transversal. — Saillie mésosternale étroite, triangulaire, recourbée en arrière, tuberculée en ayant. — Saillie prosternale très-étroite entre les hanches antérieures, arquée postérieurement. — Corps assez allongé, massif; sa pubescence dense, formant une sorte d'enduit.
M. Pascoe a hésité sur la place à assigner à ce genre ; la cicatrice du scape de ses antennes et ses autres caractères résolvent cette question en fafeur du groupe actuel.
Il ne comprend qu'une assez grande espèce (1) de la Malaisie, d'un gris jaunâtre, avec une grande tache sur le vertex, une au milieu de la base du prothorax, l'écusson, une petite liture basilaire sur chacune des élytres et une tache nuageuse en arrière de leur milieu, d'un noir velouté.
ORSIDIS.
Pascor, Longic. Malayan. p. 307 (2).
Mûles : Tête fortement et assez largement concave entre ses tubercules antennifères, ceux-ci médiocres, en général pas tout à fait contigus à leur base; front carré, au moins aussi haut que large. — Antennes de deux et demie à trois fois aussi longues que le corps, à articles À beaucoup plus court que 3, étroitement cicatrisé au bout (3), 441 subégaux. — Prothorax cylindrique, muni de trois étroits sillons transversaux plus ou moins marqués, un en avant, deux près de sa base, fortement tuberculé sur les côtés. — Ecusson variable. — Ely-
(4) M. occipitalis, Pascoe, loc. cit. p. 249, pl. 27, f. 5; Poulo-Pinang.
(2) Syn. Cypriota, J. Thoms. Syst. Cerambyc. p. 16; ce nom à près de deux ans de priorité sur celui de M. Pascoe, que je conserve néanmoins provisoirement. —Monouammus Pascoe (olim).
(3) Dans sa formule du genre, M. Pascoe va mème jusqu’à direque la cicatrice est nulle, ce qui est un peu exagéré; chez les plus petites espèces (par ex. dispar) on la voit très-distinctement. Elle est ouverte, comme chez toutes les espèces du groupe.
tres médiocrement, allongées, peu convexes, peu à peu rétrécies en arrière, avec leur extrémité arrondie, étroitement tronquées ou (par ex. prolelarius) isolément acuminée; leurs épaules très-obtuses, — Pattes médiocres, égales; cuisses peu à peu épaissies en une massue fusiforme ; tarses à article 4 relativement court. — 5° segment abdominal assez long, sinué au bout. — Saillie mésosternale recourbéa en arrière, rarement (proletarius) verticale en avant, inerme, — Saillie prosternale des précédents. — Corps médiocrement robuste, pubescent.
A ces caractères s'ajoute la sculpture des élytres qui consiste uniquement en points enfoncés tantôt disposés sans ordre, tantôt régulièrement alignés; le prothorax est irrégulièrement ponctué ou lisse; la livrée n’a rien de remarquable et le plus souvent est d'un gris ou d'un fauve uniforme. Ces insectes sont, au maximum, de taille médiocre, parfois fort petits, mais, du reste, présentent tous les caractères essentiels du groupe actuel. Ils sont propres aux Indes orientales (1).
Sauf les élytres munies chacune d’une assez forte épine à leur extrémité, le genre CyprtoA de M. J. Thomson, placé par lui dans le groupe des Acanthodérides, ne diffère en rien de celui-ci. Ce caractère me paraît n'avoir qu’une valeur de section. M. J. Thomson ignorant la patrie de l’unique espèce (acanthocinoides) du genre, l'indique avec doute comme étant du Pérou; son facies est celui d’un insecte des Indes orientales.
PLECTRODERA.
(Des.) J. L. LE Conte, Journ. of the Acañ. of Philad. Ser. 2, Il, p. 151 (2).
Mâle : Tête assez largement concave entre ses tubereules antennifères, ceux-ci médiocres, non contigus à leur base; front transversal; joues médiocres. — Antennes presque glabres, munies de quelques rares et courts cils en dessous, de 4/4 plus longues que le corps, à articles 4 un peu pius court que 3, sa cicatrice imparfaitement limitée, 3-11 décroissant peu à peu. — Lobes inférieurs des yeux assez grands, transversaux. — Prothorax plus large que long, lisse, traversé par deux sillons peu-marqués; ses tubercules latéraux robustes, coniques, aigus. — Elytres amples, convexes, parallèles, arrondies en arrière, lisses à leur base; leurs épaules obtuses. — Pattes médiocres, robustes, égales; cuisses sublinéaires; jambes intermédiaires sans sillon ;
(1) Mon. sobrius, Chine bor., Borneo; proletarius, Macassar ; Pascoe, Trans. of the entom. Soc. Ser. 2, IV, p. 246. — O. oppositus, Borneo; hepaticus, Batchian; dispar,cariosus, Bornco; incomptus,Makian ; Pascoe, Longie. Malayan. p. 307. £
(2) Syn. Lana Fab., J.L, Le Conte (olim) — Cenaunyx Oliv.
BATOCÉRIDES. 361
tarses égaux, les antérieurs un peu dilatés. — 5° segment de l’abdomen en triangle curviligne fortement transversal. — Saillie mésosternale recourbée en arrière, inerme. — Saillie prosternale arquée postérieurement. — Corps allongé, massif, partiellement pubescent.
Femelle : Antennes dépassant un peu moins le sommet des élytres. — Tarses antérieurs simples. — Dernier segment abdominal plus long.
On n’en connaît qu'une espèce (1) qui semble, au premier coup-d'œil, appartenir aux Derrarmis du groupe des Monohammides, mais que l'imperfection de la cicatrice du scape de ses antennes montre devoir rentrer dans celui-ci. Elle est d’un noir assez brillant, tacheté partout de blanc crétacé; sur les élytres cette couleur forme de nombreuses bandes transversales plus ou moins interrompues dans leur milieu ; la ponctuation de ces organes est très-fine, éparse et visible seulement à la loupe. Ce bel insecte est de grande taille et commun dans les parties méridionales des Etats-Unis. Par sa vestiture, sa livrée et la sculpture de ses élytres, il a des rapports réels avec les CALLOPLO- PHORA qui suivent. F
CALLOPLOPHORA.
J. Taows. Syst. Cerambyc. p. 76 (2).
Tête forte, assez profondément concave entre ses tubercules antennifères; ceux-ci médiocres, contigus à leur base; front ample, trèsplan, équilatéral. — Antennes robustes, pubescentes, un peu plus longues que le corps, à articles 4 égal à 3, muni d’une faible cicatrice non limitée par une carène, 3-4 égaux, 3-11 un peu plus courts, décroissant faiblement. — Yeux subfortement granulés, leurs lobes inférieurs médiocres, subobliques. — Prothorax transversal, déprimé, muni sur le disque d’un tubercule arrondi flanqué de deux renflements irréguliers, traversé loin de son bord antérieur par un profond sillon en arc de cercle, et, près de sa base, par un autre moins marqué ; ses tubercules latéraux forts et spiniformes. — Ecusson-cordiforme, aigu en arrière. — Elytres amples, convexes, parallèles, arrondies en arrière, munies chacune à leur base d'un large prolongement en triangle très-obtus. — Pattes longues, robustes, égales; jambes intermédiaires sans sinus ni sillon; cuisses sublinéaires ; tarses égaux, à article 4 plus court que 1-3 réunis. — 5° segment de l'abdomen transversal, rétréci et largement tronqué en arrière. —
(1) Lam. scalator, Fab, Syst. EL. II, p. 295 (Cer. id. Oliv. Entom. IV, 67, p.67, pl. 22, f. 172; Lam. Bellii, J. L. Le Conte, Boston Journ. of nat. Hist. V, p.209; figurée sous le nom de scalator, pl. 18).
(2) Syn. Orcopxora, Hope, Trans. of the Linn. Soc. XVIII, 1841, p. 438; nom depuis longtemps employé, avec une autre désinence, pour des Poissons (OrLornonta Rafinesque) et des Crustacés (OpLopnonus Milne-Edwards),
362 LONGIGORNES.
Mésosternum horizontal, prolongé antérieurement en une forte saillie obtuse, — Saillie prosternale fortement arquée en arrière. — Corps très-massif, partiellement pubescent. — Sexes inconnus (1).
L'unique espèce (2) de ce genre est un très-grand et magnifique insecte de l’Assam, noir, avec les élytres d’un yért métallique éclatant et ornées d'un grand nombre de petites taches pubescentes d'un beau vert tendre, couleur qui se retrouve sur toutes les parties du corps ; les antennes sont annelées de noir et de gris bleuâtre. A peine à l’aide d’une forte loupe distingue-t-on quelques très-petits points enfoncés sur les élytres. Cet insecte est à tous égards un des plus beaux de la sous-famille. e
TRENETICA.
J. Tuows, Physis, Il, p.180 (3),
Mâle : Tête largement et médiocrement concave entre ses tubereules antennifères; ceux-ci très-divergents, médiveres, contigus à leur base; front transversal ; joues médiocres. — Antennes robustes, pubescentes, subeylindracées, un peu plus longues que le corps, à articles 1 en cône régulier, non cicatrisé au bout, un peu plus court que 3, celui-ci à peine plus long que les suivants, 5-10 égaux, 11 un peu plus grand que 10. — Lobes inférieurs des yeux presque aussi hauts que larges. — Prothorax subtransversal, muni do chaque côté du disque de deux fortes callosités déprimées et limitées par de profonds sillons, fortement sillonné le long de sa base; ses tubercules latéraux assez forts, obtus au bout. — Ecusson en triangle curviligne. — Elytres assez convexes, allongées, parallèles, arrondies en arrière, légèrement trisinuées en avant; leurs épaules très-obtuses. — Pattes courtes, robustes, égales; cuisses sublinéaires ; tarses larges, égaux. — 5° segment de l'abdomen transversal, rétréci et largement subtronqué au bout. — Mésosternum vertical, prolongé inférieurement en une forte saillie conique et obtuse. — Saillie prosternale arquée postérieurement. — Corps allongé, massif, partiellement pubescent.
Femelle : Antennes un peu plus courtes que le corps. — Dernier segment abdominal plus grand.
M. J. Thomson a fondé ce genre sur un grand et bel insecte du Laos décrit primitivement par lui sous le nom de Calloplophora lacrymans. Sa livrée est d’un noir profond assez brillant, avec la tête, le
(1) L’exemplaire de la collection de M. J. Thomson, que j'ai sous les yeux, est rigoureusement conforme à la description et à la figure que Hope a données de l’espèce; par la grandeur de la tête il semble être un mâle, mais par la brièveté de ses antennes c’est une femelle.
(2) 0. Sollii, Hope, loc, cit, pl, 30, f, 4,
(3) Syn. Cazcorcornora, J. Thoms. Syst. Cerambyc. p, 553; olim.
GNOMIDES. : 363
br et les élytres tachetés du blanc le plus pur; su chacune de ces dernières il existe une douzaine de taches de grandeurs inégales; même vus à Ja loupe, ces organes sont imponctués; le dessous du corps est revêtu d'une pubescence fauve uniforme. Par suite de l'absence complète de cicatrice au scapo des antennes, cet insecte n'appartient pas même à ia cohorte actuelle; mais il est impossible de l'éloigner du genre précédent.
GROUPE IV. Gnomides.
Scape des antennes à peine plus long que la tête, robuste, en cône renversé ; sa cicatrice fermée, grande, oblique. — Tête saillante, non rétractile ; front rectangulaire ; tubercules antennifères divergents. — Antennes non ciliées en dessous, parfois munies de touffes de poils. — Yeux finement granulés, — Prothorax en général extrêmement allongé ainsi que le prosternum en avant des hanches antérieures. — Elytres pas beaucoup, le plus souvent pas plus longues que la tête et le prothorax réunis. — Pattes variables ; jambes intermédiaires pourvues d’un sillon et d'un tubercule. — Métasternum allongé. — Mésosternum et saillie prosternale variables.
Les caractères de ce groupe ne me paraissent pas avoir été bien compris jusqu’à présent, Ils consistent, d’une part, dans la réunion de ceux qui précèdent et qui lui est propre, puis (et c'est là le plus essentiel) dans la brièveté de l’arrière-corps relativement au prothorax et à la tète pris ensemble. La longueur du prothorax, si remarquable chez les GNoma et les PSECTROGERA, n’a qu'une importance secondaire, attendu qu’elle n'offre rien d’exceptionnel chez les Imanro- GERA qui sont incontestablement voisines de ces deux genres.
Sauf un genre (AmPaœcus) mentionné plus loin, il n’y a pas d’autres Lamiides, à ma connaissance, qui possèdent le caractère en question, Il suit de là que non-seulement il limite exactement ces insectes, mais qu’en outre il exclut de leurs rangs les Mecoragus et les Pox- CHODES qu'on leur associe ordinairement (1) et qui sont de vrais Monohammides. Il prouve en dernier lieu que le groupe actuel, établi par M, J. Thomson et récemment supprimé par M. Pascoe, doit être conservé.
Les Gnomides sont propres aux Indes orientales; de taille médiocre
(1) Voy. J. Thoms. Syst. Cerambyc. p. 81. Antérieurement M. J. Thomson (Essai, etc. p. 1284), en fondant le groupe actuel, lui avait donné plus d’extension; il y comprenait à titre de sous-division, les GYLINDREPOMUS, OLENEcAmPTUS, GERANIA, etc., qui appartiennent à la division suivante. Ainsi que je l'ai dit précédemment (p. 241, note), M. Pascoe, après avoir d’abord admis uoe Sous-Famille des Gnominæ, a fini par la réunir à celles des Lamiinæ,.
pour la plupart et, en dehors de leur facies singulier, n'ont rien de bien remarquable. Ils constituent les trois genres suivants :
I. Prothorax de longueur normale, (uberculé sur les côtés ; Imantocera.
Il, — très-long, inerme latéralement.
Antennes munies de touffes de poils : Psectrocera, — sans —— : Gnoma.
Genre incerlæ sedis : Amphæcus,
IMANTOCERA.
Der.) J. Tuoms. Archiv. entom. 1, p. 188 (1).
Mâles : Tête assez fortement concave entre ses tubercules antennifères, ceux-ci médiocres, non contigus à leur base; front transversal; joues assez allongées. — Antennes presque glabres, de 1/4 environ plus longues que le corps, à articles 1 rugueux, près de trois fois plus court que 3, celui-ci noueux au bout, beaucoup plus long que les suivauts, 4 renflé à son sommet externe en une grosse saillie obtuse accompagnée d'une touffe de poils, 5-11 décroissant à peine. — Lobes inférieurs des yeux transversaux. — Prothorax en général subtransversal, rarement (plumosa) allongé, un peu inégal en dessus, traversé par deux sillons, l'un antérieur, l'autre basilaire, bien marqués, bisinué à sa base; ses tubercules latéraux assez forts, coniques. — Ecusson en triangle curviligne. — Elytres un peu plus longues que la tête et le prothorax réunis, planes sur le disque, subparallèles, déclives, rétrécies et plus ou moins tronquées en arrière, munies chacune à leur base d’une côte arquée, obtuse, saillante en avant.—Pattes médiocres, les antérieures plus longues que les autres; leurs jambes un peu arquées et munies d’un tubercule interne, leurs tarses dilatés et frangés sur leurs bords ; cuisses en massue fusiforme. — 5° segment de l'abdomen en triangle eurviligne transversal, légèrement échancré au bout. — Mésosternum vertical, obtusément saillant en avant. — Prosternum pas plus long en avant des hanches antérieures que sa saillie. — Corps pubescent.
Femelles : MM. J. Thomson et Pascoe se taisent sur ce sexe, et parmi les assez nombreux exemplaires que j'ai sous les yeux, il n’en est pas qui puissent Ôtre regardés comme lui appartenant.
Par suite de la brièveté relative du prothorax, ce genre n’a pas l'aspect singulier des deux suivants et peut être considéré comme rattachant le groupe actuel à ceux qui précèdent (2).
(1) Syn. Himanrocena, Pascoe, Longic. Malayan. p. 288. — CEnamayx Oliv. — Lamra Hope.
(2) M. Pascoe (loc. cit.) l’a placé entre les Leproera et les PsaroMAIA à une grande distance des Gnoma ct des PSEGTROCERA,
GNOMIDES. 365
Il se compose d’un petit nombre d'espèces (1) de taille médiocre et qui se ressemblent beaucoup sous tous les rapports. Leur livrée, toujours nuageuse, à un aspect général fauve ou grisätre dans la même espèce, avec une petite tache de la première de ces couleurs au sommet de chaque élytre; les côtes qui limitent la dépression discoïdale des élytres sont plus ou moins granuleuses à leur base.
PSECTROCERA.
(Der.) PascoE, The Journ. of Entom. I, p. 345 (2).
Mâle : Tète des Imanrocera, avec les tubercules antennifères contigus à leur base. — Antennes munies de quelques cils à leur base en dessous, de 1/3 plus longues que le prothorax, à articles 4 trois fois au moins plus court que 3, celui-ci un peu plus long que 4, 5-10 décroissant peu à peu, 11 plus grand que 10; 3-5 munis d’une touffe de poils à leur sommet en dessous. — Lobes inférieurs des yeux assez grands, trausversaux. — Prothorax deux fois et demie aussi long que large, cylindrique, un peu évasé à ses deux extrémités, bisinué à sa base. — Elytres à peine plus longues que la tête et le prothorax réunis, subelliptiques, déprimées sur le disque, isolément arrondies en arrière, trisinuées à leur base avec les épaules obtuses. — Pattes médiocrement robustes, les antérieures beaucoup plus longues que les autres ; leurs jambes un peu flexueuses, leurs tarses dilatés et frangés sur leurs bords; le 4° article des postérieurs égal à 2-3 réunis ; cuisses peu à peu et légèrement épaissies. — 5° segment abdominal assez long, un peu rétréci et largement échancré au bout. — Saillie mésosternale recourbée en arrière, obtusément tuberculée. — Saïllie prosternale arquée postérieurement. — Corps aïlongé, assez $veite, pubescent.
Genre intermédiaire entre les ImANTroCERA qui précèdent et les GNomA qui suivent, mais plus voisin de ces dernières. Son unique espèce (3) égale presque les plus grandes de celles-ci et sa livrée est d'un brun ferrugineux, avec des lignes longitudinales d’un jaune soyeux sur la tète, le prothorax et les élytres, lignes interrompues sur ces dernières qui ont, en outre, dans leur milieu, une tache commune et médiocre
(1) On peut, comme l’a fait M. Pascoe (The Journ. of Entom. I, p. 345), les partager en deux sections d'après la forme du prothorex. À. Prothorax subtransversal : Lam. penicillata, Hope, in Gray. Zool. Miscell, I, p. 17 (/mant plumosa ? J, Thoms. loc. cit. et Syst. Cerambyc. p. 82); Assam.—- Him. arenosa, Pascoe, loc. cit. p. 344; Camboge. — B. Prothorax notablement plus long que large : Cer. plumosus, Oliv. Entom. IV, 67, p. 98, pl. 20, f. 152; Java, Borneo, Singapore.
(2) Syn. Goma? Westw.
(3) Gnom.? plumigera, Westw. The Cabin. of or. Entom. p. 14, pl. 5, f. 8 o" (Psectr. scopulicornis, Dej. Cat. éd. 3, p. 371).
d'un noir velouté; la dépression discoïdale de ces organes est limitée de chaque côté par une cète très-obtuse, plus saïllante et granuleuse en avant, simplement ponctuée en arrière, Cet insecte habite Java,
GNOMA. = Far. Syst. El. IX, p. 315 (1).
Mûles : Tète des PsecrrocerA. — Antennes presque glabres, munies de cils courts et peu serrés en dessous, de deux et demie à trois fois aussi longues que le corps, à articles 1 rugueux, quatre fois au moins plus court que 3, 410 moins longs qué celui-ci, subégaux ou décroissant peu à peu, 11 plus grand que 10. — Yeux des PsECrROCERA. — Prothorax formant un angle avec les élytres, de trois à quatre fois plus long que large à sa base, largement rétréci dans son milieu, couvert de fines rides transversales. — Elytres médiocrement convexes, pas plus ou un peu plus longues que la tôte et le prothorax réunis, peu à peu rétrécies et arrondies en arrière, rectilignes à leur basé, avec les épaules obtuses et non saillantes. — Pattes plus allongées que celles des PsecrrocEerA, du reste pareilles. — 5e segment de l’abdomen en triangle curviligne transversal. — Le surplus comme chez les PSECTROCERA.
Femelles : Antennes de 1/4 à 1/3 plus longues que le corps. — Prothorax moins long. — Elytres subparallèles. — Pattes antérieures un peu plus longues seulement que les autres, leurs tarses simples. — 5e segment abdominal plus allongé.
Les espèces de ce genre singulier et bien connu se sont notablement accrues dans ces dernières années (2), mais la validité de la plupart d’entre eiles n’est rien moins que certaine (3). Leur livrée varie du
(1) Syn. Cerampyx Fab. (clim), Oliv., Schreib.
(2) Cer. longicollis, Fab. Entom. Syst. II, p. 265; Moluques. — Cer. giraffa, Schreib. Trans, of the Linn. Soc. VI, 1802, p. 198, pl. 21, f. 8 (Q?C. longicollis, Oliv. Entom. IV, 67, p. 49, pl. 11, f. 63). — G. albotessellata, Blanch. Voy. au Pôle Sud; Entom. p. 297, pl. 47, f. 8; Arou, Nouvelle-Guinée. — slicticollis, J. Thoms. Archiv. entom. 1, p. 297; Java. — clenostomoides, Nouvelle-Guinée; agroides, Batchian, casnonioïdes, Indes or.; albovittata, Batchian; J. Thoms. Essai, ete, p. 105. — dispersa, Pascoe, Proc. of thé entom. Soc. 1866, p.252; Singapore, iles de la Sonde, Moluques. — propinqua Makian ; ongitarsis, Sicgapore, Borneo; pulverea, Macassar; Pascoe, Longic. Malayan. p. 313.
13) M. Pascoe, qui en à examiné un grand nombre d'exemplaires, dit (Longic. Malayan. p. 312) qu'il est absolument impossible de distinguer les unes des autres les femelles des diverses espèces. Il ajoute, en ce qui concerne ces déruières, qu’à peine est-il un de Jours caractères qui soit constant, et que les exemplaires vus par lui se rapportent à deux types (giraffa, sticticollis) qui pourraient être considérés comme constituant deux espèces très-variables.
MÉSOSIDES. 367
noir brillant au brun mat et leur livrée, quand il en existe une, consiste sur les élytres en taches fauves plus ou moins confluentes, remplacées assez souvent par des taches blanches; ces organes sont plus ou moins granuleux à leur base et ponctués sur le reste de leur surface, Le genre est répandu dans la plus grande partie des Archipels indiens et jusqu'ici ne paraît pas s'étendre à l’est plus loin que la Nouvelle-Guinée. er Note.
Quoique le genre suivant possède le caractère essentiel des Gnomides, je doute qu’il doive en: faire partie; si la figure de son uniqué . espèce estexacte, elle a le scape des antennes trop long pour le groupe
actuel et il ne paraît pas être cicatrisé au bout.
AMPHŒCUS.
Monrrouz. Ann, d. l. Soc. entom.1861, p. 274.
Dernier article des palpes maxillaires légèrement dilaté, échancré obliquement en dedans. — Tête munie en arrière d’une sorte de cou. — Antennes presque aussi longues que le corps, à article 4 gros, plus long que la tête, les suivants filiformes, décroissant peu à peu. — Yeux sensiblement échancrés, mais n’entourant qu’en partie la base des antennes. — Prothorax cylindrique, pas plus large que la tête, beaucoup plus étroit que les élytres. — Celles-ci convexes, arrondies au bout. — Toutes les cuisses à peu près de même grandeur.
La longueur du prothorax n’est pas indiquée dans cette fommule incomplète. On voit par la figure donnée de l’unique espèce (4) du genre qu'il a la même forme et la mème grandeur que celui des Gnoma. Cette espèce est petite (7Zmill.), d’un bleu métallique brillant, avec le prothorax lisse et les élytres striées-ponctuées. Montrouzier la dit rare dans l’île d'Art (Nouvelle-Calédonie) où il l’a découverte.
GRouPE V. Mésosides.
Cicatrice du scape des antennes ouverte, de grandeur variable, limitée par une carène distincte. — Tète ( Æmocta excepté) plus ou moins rétractile, tantôt largement, tantôt nullement concave entre ses tubercules antennifères : dans le premier cas ceux-ci médiocres et divergents, dans le second nuls; front rectangulaire. — Antennes toujours ciliées ou frangées en dessous. -— Yeux le plus souvent finement granulés, — Elytres très-souvent courtes et larges, mais toujours notablement plus longues que la tête et le prothorax réunis. — Jambes intermédiaires sans sillon ni sinus externe (Æmocia et ANAMERA Cx-
(1) A. metallicus, Montrouz. loc. cit. pl. 5, f, 6.
ceptés). — Métasternum médiocrement allongé chez la plupart, — Corps plus ou moins court et large.
Le genre MEsosa qui, ayant des représentants en Europe, est bien connu des entomologistes, peut donner une idée exacte du facies de la plupart de ces insectes. Abstraction faite de quelques éléments qui me paraissent leur être étrangers (1), ils constituent un groupe assez bien limité, mais qui ne s'intercale naturellement nulle part dans la section actuelle. Leurs analogues se trouvent plutôt dans la Division suivante (2).
Le scape de leurs antennes est généralement plus grêle et plus long que dans les genres qui précèdent; leurs mandibules sont souvent minces et leur taille est assez rarement au-dessus de la moyenne; plusieurs même (Heuxea, Sonsia, MNEMONE, etc.) sont fort petits.
Sur les 21 genres qu'ils constituent, 18 sont exclusivement propres aux Indes orientales, À (Coprors) leur est commun avec l'Afrique, 4 (Mesosa) est répandu dans la plus grande partie de l’ancien continent, le dernier (SynarxœærA) est particulier à l'Amérique du Nord.