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égale à celle du tronc, Ce dernier conserve une certaine élégance dans ses proportions, et tandis que les espèces dont nous venons de terminer l'histoire ont la queue plus ou moins tombante, les Guenons tiennent la leur redressée le plus souvent au-dessus du dos, Ils ont la face encore plus allongée, mais pourvue latéralement d'abajoues très-prononcées, et dans lesquelles ils amassent une partie de la nourriture à mesure qu'ils la recueillent ou qu'on la leur donne, Is ne manquent pas d'intelligence, mais ils sont trés-remuants et même fort turbulents, défaut qui ne fait qu'augmenter avec l'âge, Leurs canines prennent un allongement considérable , surtout chez les 7 mâles, et leurs dents molaires, au lieu d'avoir la couronne surmontée de petites collines transverses , résultant de la jonction des tubercules deux par deux, ont ces tubercules émoussés et distincts, et ceux de la dernière dent inférieure ne sont jamais au nombre de plus de quatre, Les Cercopithéciens ont, comme les Semno- 2 pithéciens et tous les Singes qui suivent, le sternum étroit, au lieu d'être élargi à la manière de celui des Anthropomorphes; le bord supérieur de leur orbite n’a pas le crochet interne du frontal distinct ; leurs vertèbres lombaires sont au STERNUM nombre de sept, comme dans la section précédente et dans celles qui DE GUENON CALLITRICHE, + : M + PC ee suivent, tandis qu'il n’y en à que quatre chez les Singes du premier groupe. Ils ne constituent qu'un seul grand gènre dont » comme nous allons le montrer, toutes les espèces sont africaines. Ce genre a conservé en propre le nom de Cercopithecus, qui est emprunté aux anciens, mais auquel on donne aujourd’hui un sens différent de celui qu'il avait autrefois.
GENRE CERCOPITHÈQUE (Cercopithecus, Krxleben). Sous ce nom, qui signifie Pilhèques à queue, et que l'on trouve employé par les anciens pour une espèce qui n’a pu encore être reconnue exactement, on réunit maintenant les Singes de l’ancien continent, qui ont la tête arrondie ou peu allongée, les oreilles non appointies, le museau médiocrement saillant, des abajoues, enfin des formes gracieuses et légères, sans être grêles ; le pouce de leurs mains antérieures est bien prononcé, et leur queue est longue, sans égaler celle des Semnopithèéques ou des Golobes, dont elle diffère aussi parce que l'animal la redresse audessus de son corps. Il faut ajouter à ces caractères que les Gercopithèques ont les deux incisives supérieures du milieu habituellement plus larges que les autres et que leurs canines supérieures prennent, comme nous l'avons déjà vu, un allongement considérable, disposition qui les rend souvent très-dangereux,
On connaît maintenant près d’une trentaine d'espèces de Cercopithèques, toutes appartenant au Continent africain, Ces Animaux sont intelligents, mais la mobilité de leur caractère est extrême, et, quoiqu'ils soient assez doux lorsqu'ils sont jeunes, ils sont souvent aussi peu éducables que les Macaques. D'ailleurs, ils n'ont pas tous les mêmes aptitudes, et s’il en est qui conservent plus de gentillesse que les autres, on ne saurait trop se défier de quelquesuns d’entre eux, qui, avec l’âge, et surtout dans le sexe male, prennent un caractère tout autre que celui qu’ils avaient d’abord, et essentiellement différent de celui des Singes américains, Une extrême défiance remplace alors la gentillesse dont ils avaient fait preuve ; à la confiance succède la méchanceté, et bientôt ils deviennent aussi intraitables que des Animaux féroces, Cependant les femelles conservent toujours une douceur plus où moins
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grande, et même de la timidité, La vivacité de ces Animaux dans les ménageries où on les retient captifs peut nous donner une idée de leur pélulance lorsqu'ils sont en liberté, Dans les immenses forêts qu'ils habitent en Afrique, ils sont presque constamment sur les arbres, grimpant avec facilité jusqu'à leur cime, et s'élançant aisément de l’un à l'autre, On les rencontre par troupes, Ils se nourrissent de fruits, et, lorsque l’occasion s'en présente, ils entrent dans les terrains cultivés, et ne tardent pas à y commettre des dégâts considérables, surtout lorsque c’est l'époque de la récolte, On affirme qu'ils mettent à cette maraude la plus grande prudence, et que les plus âgés, placés en arriére ou en avant de la bande qu'ils conduisent, veillent à sa sûreté, s’exposent les premiers aux coups de l'ennemi lorsque le danger est pressant, et assurent ainsi la retraite lorsqu'elle devient nécessaire,
On dit aussi qu’à leur arrivée sur le lieu du pillage, les Cercopithèques et d'autres espèces de Singes ont bien soin d'établir d'abord des sentinelles sur les points les plus élevés, afin d’être avertis à temps , et que les fruits qu’ils recherchent sont jetés par les individus qui les arrachent ou les ramassent à ceux dont ils sont le plus rapprochés, Ces derniers, ajoute-ton, les font à leur tour passer à leurs voisins, et ainsi de suite, de main en main, de telle sorte qu’en peu de temps les fruits de toute une plantation sont tombés en leur pouvoir,
Le Talapoin, et, après lui, la Mone, l’Ascagne, la Diane, le Moustac, le Hocheur, le Blanc-nez, sont les Cercopithèques qui ont le caractère le plus doux, et qui se montrent les plus traitables en captivité, même lorsqu'ils sont devenus adultes, Les autres le sont beaucoup moins, et cette différence d’aptitudes est en rapport avec une plus grande force physique, et en même temps avec un moindre développement de la partie frontale de leur cerveau ou un allongement plus grand des canines supérieures, Tels sont, en particulier, le Malbrouck , le Grivet, le Callitriche, le Patas et le Nisnas,
Ce sont là autant de particularités qui doivent être prises en considération, lorsqu'on veut établir la série naturelle des espèces de ce genre. Celles dont le museau est un peu plus long et qui ont les formes plus trapues se rapprochent assez des Macaques par leurs habitudes et même par leur structure,
« Comme oux, dit M. Is, Geoffroy, mais non toutefois au même degré, ces Gercopithèques sont, dans l’âge adulte, d’une méchanceté qu'il est fort difficile de vaincre, Les caresses et les bons traitements n’ont que peu de pouvoir sur eux pour les adoucir, et la crainte du châtiment , toute puissante dans le moment, est bientôt oubliée, Nous ne connaissons guère qu’un moyen de dompter rapidement un Cercopithèque adulte, c'est la section de ses énormes canines, aussi longues à elles seules que la série des dents d’un côté, et dont les supérieures sont tranchantes en arrière, à légal d’une lame de couteau; armes terribles à l’aide desquelles ces Singes font de profondes plaies, et parfois causent des hémorragies artérielles d’une extrême gravité, Une fois désarmé, un Gercopithèque change immédiatement de naturel : il a la conscience de sa faiblesse, et, loin d'attaquer, il évite ceux qu'il poursuivait Gnave où Guivur, 2/5 de grand naguère, »
C’est dans le groupe des Guenons que rentrent les Singes dont le pelage est le plus vivement et le plus élégamment coloré. Un grand nombre d’entre eux ne le cèdent pas, sous ce rapport, au Douc lui-même, et l'on apporte quelquefois d'Afrique, principalement de la côte occidentale, des peaux de Guenons qui sont employées comme fourrures : le roux éclatant, le verdâtre, le fauve, le jaune, le blanc s’y marient fréquemment aux nuances noires, grises ou gris tiqueté dont leur robe est parée, Leurs poils prennent aussi par endroits, et principalement aux joues ou au menton, un développement plus ou moins considérable, Ces variations at cellas des couleurs constituent autant de caractères utilement
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employés par les naturalistes à la distinction des espèces, D'autres Guenons portent una tàche blanche ou noire sur le nez, une bande blanche sur le front ou d'autres signes également susceptibles de servir à les caractériser, Le Muséum de Paris ne possède pas encore toutes les espèces connues dans ce groupe, mais il en a déjà réuni le plus grand nombre, et plusieurs d’entre elles ont été vues vivantes à la Ménagerie ou s'y voient encore,
MM, O'Gilby, Waterhouse et Gray en ont décrit plusieurs qu'on ne possède encore qu'à Londres, et M, Peters, après son voyage sur la côte Mozambique, en a rapporté au Musée de Berlin trois autres encore qu'il nomme Cercopithecus erythradus, ochraceus et flavidus,
Nous devons également citer le Cercopithecus alboqularis de M, Sykes, que l'on avoit d'abord rangé parmi les Semnopithèques, et que l'on avait supposé, mais sans plus de motifs, avoir pour patrie l'Île de Madagascar, quoique ce pays n'ait fourni jusqu'à ce jour aucune espèce de la famille des Singes,
Les Guenons sont au nombre des Animaux étrangers à nos climats que l'on est parvenu à faire reproduire dans les ménageries européennes, et, en particulier, dans celle de Paris, Dans plusieurs ouvrages, on a figuré, d'après un vélin du Muséum, une femelle avec le petit qu'elle a mis bas dans les conditions que nous venons d'indiquer, Gette même femelle a produit trois fois, et l’un de ses petits a pu être élevé, Comme le font aussi les Macaques et les Cynocéphales, elle le portait constamment pendu après elle, et elle le soutenait dans une position telle qu'appliqué ventre à ventre contre elle, il avait la bouche tout près de l’un de ses mamelons, Plus tard, au contraire, ce petit savait se tenir lui-même à sa mère en s’accrochant à son pelage à l’aide de ses quatre mains, Elle semblait alors ne plus s'en occuper; elle sautait avec la même agilité que si elle avait été entièrement débarrassée de son fardeau et en conservant la même aisance que si elle ne l’eût jamais porté, Le mâle, loin de partager avec la femelle l'éducation du petit, était fort indifférent pour l’une et pour l’autre, et parfois il leur cherchait querelle ou mème il les maltraitait, Aussi fut-on obligé de l’isoler,
M. Is, Geoffroy, qui a recueilli ces détails, rapporte aussi le fait suivant : « Par un contraste remarquable et qui intéressait vivement les visiteurs, on voyait, il y a quelques années (en 1837), dans l’une des loges de la Ménagerie, la femelle du Grivet, seule avec son petit, qu’il avait fallu dérober aux tracasseries et aux mauvais traitements du père; et, dans une loge immédiatement contiguë, on contemplait avec un vif intérêt plusieurs Cynocéphales Papions et un Gynocéphale Chacma, entourant deux femelles et leurs deux petits, caressant les deux mères avec les plus vives démonstrations de tendresse, les serrant entre leurs bras, les embrassant presque à la manière humaine, et se disputant le plaisir de porter les petits, qui, après avoir passé de’bras en bras, étaient fidélement rendus chacun à sa véritable mère, »
Nous avons déjà dit que le nom de Guenons S'appliquait à ces Singes presque à l'exclusion de tous les autres, Le mot Gnome serait, suivant les étymologistes, la racine du mot Guenon, que, dans le langage figuré, on emploie souvent pour signifier une face laide, grimacière et grippée, En effet, les Animaux qui portent cette dénomination sont souvent grimaciers à l’excès ; presque tous sont également sales, et leur caractère est irascible et querelleur, Ils sont fort gourmends et très-voleurs. On doit même éviter de les irriter trop fortement, car, au dire de certaines personnes, leur rancune pour les mauvais traitements se prolongerait souvent pendant des années entières, On sait aussi que le plus souventils ne font pas attendre leur vengeance, et qu'un bon coup de croc châtie la main imprudente qui à voulu les contrarier, quelquefois même les caresser, Mais tous ne sont pas aussi méchants, et il y a plusieurs catégories parmi eux, Les Cercopithèques, que l’on place les derniers dans la série des espèces de ce genre, sont aussi les plus grossiers et les plus à craindre, Les premiers sont, au contraire, plus caressants, et ils ont en même temps plus de délicatesse dans les formes, Sous ces différents rappoits, les premières espéces de Guenons ont plus d'analogie avec les Cébiens,
Voici la liste de ces petites sections :
Le Talapoin commence; la Mone vient ensuite, puis la Diane et quelques espèces voisines ; le Grivet, le Calitriche et plusieurs autres forment le groupe suivant; et les derniers sont le Patas et le Nisnas, qui ont déjà une analogie notable avec les Mangabeys, des Animaux du même groupe que les Macaques. Les Mangabeys ont été fort souvent réunis par les auteurs aux véritables Guenons, mais ils s’en distinguent par plusieurs caractères, et principalement par la présence d’un cinquième tubercule à ieur dernière dent molaire inférieure ; et, Sous ce rapport, comme sous plusieurs autres, on doit les associer aux Macaques.
M. Is. Geoffroy Saint-Hilaire a classé de la manière suivante les Guenons dont les dépouilles sont conservées dans les galeries du Muséum de Paris. Le Talapoin n’est pas mentionné dans la liste que nous lui empruntons , parce qu'il forme, dans la classification de ce savant naturaliste, un genre à part, sous le nom de Hiopithèque.
io Espèces à museau court, à forme plus svelle :
A, Le nez velu et blanc ;
CERGOPITHÈQUE HOCHEUR (de Guinée), — CERCOPITHÈQUE BLANG NEZ (aussi de Guinée) ;
B. Le nez n’est pas blanc, et il n'y a pas de bande sourcillière blanche :
GERCOPITHÈQUE MOUSTAG (de la côle occidentale d'Afrique). — GERCOPITHÈQUE MONOÏDE (du même pays) — CERCOPITHÈQUE AUX LÈVRES BLANGHES (de Port-Natal, sur la côte orientale d'Afrique). — CencopiTnÈque Mone (de l'Afrique occidentale).
C, Une bande frontale blanche :
CERGOPITHÈQUE DIANE (de Guinée et de l'ile de Fernando-Po), — CEencoriTÈqne A DIADÈME (de Guinée).
2° Espèces à museau un peu plus long et à formes un peu moins sveltes :
À, Le pelage est vert ou teinté de vert :
CERCOPITHÈQUE DELALANDE (de l'Afrique australe), — CERcOPITHÈQUE VERVET (de l’Afrique ; région encore indéterminée), — Cencorirnèque MALBRoUcCK (de l'Afrique occidentale). — GERGOPITHÈQUE GRIVET (d’Abyssinie et de Nubie), — CERCOPITHÈQUE ROUX VERT (d'Afrique; région indélerminée). — CEncoPiTHÈQUE CALLITRICHE (de l'Afrique occidentale), — Gencoprruèque WERNER (d'Afrique ; région indéterminée).
B, A pelage d’un roux vif :
CERCOPITHÈQUE Paras (du Sénégal), — GERGOPITHÈQUE NISNAS (de Nubic).
M. Is. Geoffroy a aussi donné, dans son Mémoire sur les Singes, qui à paru dans les Archives du Muséum et dans l'article Cercopithèques, qu'il a rédigé pour le Dictionnaire universel d'histoire naturelle, de fort bons documents relatifs aux espèces dont il vient d’être question, et à quelques autres dont nous exposerons les principaux caractères dans les alinéas suivants, Plusieurs des espèces décrites par les naturalistes anglais ou allemands manquent seuls à la collection de Paris,
1. Le Gencopirnèque TALAaPoin (Cercopithecus talapoin), dont nous parlerons d’abord, est une jolie espèce que la douceur de son caractère, son intelligence et sa taille moindre que celle des autres Singes de l’ancien continent rendent éminemment intéressante, Son peiage est verdâtre avec les parties inférieures du corps et la face interne des membres blanches; les poils de son front sont relevés et forment une sorte de huppe large et courte; son nez est noir, ce qui l’a fait appeler Melarhine par F, Cuvier, M, Is, Geoffroy, en tenant compte du développement cérébral qui distingue le Talapoin, de la brièvelé de son museau, de l'élargissement de sa cloison internasale plus considérable que chez les autres Pithéciens, et de la petitesse de ses dernières dents molaires, dont l'inférieure n’a même que trois tubercules, l’a séparé génériquement des autres Guenons. 11 a donné à ce nouveau genre le nom de MI10PITHÈQUE (Miopithecus). Buffon et Daubenton avaient publié une bonne description du Talapoin, et de
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