MACAQUES
La quatrième division des Pithéciens comprend, indépendamment de l’Animal auquel les anciens donnaient le nom de Pithèque, plusieurs espèces asiatiques et un petit nombre d’autres qui sont africaines, On en a fait plusieurs genres distincts; les Macaques constituent l’un de ces genres et ils ont donné leur nom à tout le groupe. Ces Singes ont à peu près l’intelligence et le caractère des dernières Guenons, et comme elles ils deviennent plus difficiles à dompter à mesure que leur âge avance. Leur crâne, peu différent de celui des Guenons, s’en distingue cependant par une apparence plus robuste et par une épaisseur habituellement plus grandé de l'arcade sourcilière, qui a le plus souvent une saillie orbitaire interne très-saillante; leurs molaires sont mamelonnées à peu près de la même manière que celles des Guenons, mais la dernière inférieure a toujours un cinquième tubereule, ce qui n’a pas lieu dans les espèces de la tribu précédente,
Les Macaques ont des abajoues bien développées et dont on ne tarde pas à reconnaître la présence si on leur donne quelques aliments; ils n’ont plus les oreilles arrondies et bordées, mais un peu appointies à la partie supérieure; leurs formes , moins sveltes que celles des Semnopithèques, sont aussi moins gracieuses que celles des Guenons ; ils n’ont
Dents pt MACAQUE A AIGRETIF, grand: nüt. pas non plus la variété de couleurs qui distingue la plupart de ces dernières, et leur
queue, toujours moins longue que celle des Semnopithèques et des Golobes, est égale à celle des Guenons, où au contraire moindre, quelquefois même nulle ou presque nulle exté+ rieurement,
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On place en général à la fin du groupe les espèces qui sont dans ce dernier cas; c'est aussi la marche que nous suivrons, mais en faisant remarquer que le Magot, qui se trouve ainsi placé après les autres, ne leur est pourtant pus inférieur en intelligence, et que peut ôtre la série des espèces, telle qu'on l'établit alors dans la division générique des Macaques, devrait être intervertie, Leurs femelles sont, comme celles des autres Singes, sujettes à un flux qui revient périodiquement tous les mois, et qui est accompagné chez elles d'une tuméfaction plus ou moins grande des organes qui en sont le siége, Cette tuméfaction s'observe aussi dans les Mangabeys, Animaux longtemps classés parmi les Guenons, dont ils ont plusieurs caractères, mais qui sont mieux placés dans la division des Macaques et du Magot, Ces Mangabeys, le Magot et les Macaques, eux-mêmes divisés en plusieurs sous-genres , suivant la longueur de leur queue, composent le groupe des Macaciens, Nous allons décrire leurs différentes espèces,
GENRE MANGABEY (Cercocebus, KE, Geoffroy, Port uu peu plus lourd que celui des Gueuons, mais analogue au leur; queue assez longue, également relevée au-dessus du dos :
tels sont les caractères à l'aide desquels on peut distinguer les Mangabeys; leur taille est la mème que celle des Guenons et de la plupart des Macaques, et, comme les premiers de ces Singes, ils ont le continent africain pour patrie, Buffon a vu deux des trois espèces que l'on connaît dans ce genre, et il les a nommées Wangabey, parce qu'il croyait qu'on les trouve à Madagascar dans les terres voisines de Mangabey ; Linné avait déjà signalé la troisième sous le nom de Sinia æthiops.
Mavcagey Éruiors (Cercocebus æthiops).
Sa calotte rousse est bordée de blanc en arrière et le dessus de son cou est de la même couleur que son dos, c'est-à-dire gris-brun ainsi que la queue et la face externe des membres, On ignore quelle partie de l'Afrique ce Singe habite,
MANGABEY A COLLIER BLANG de Daubenton et de Fréd, Cuvier (Gercocebus collaris de MM, Gray ot Isid, Geoffroy). (Voyez la tôle, pag. 11.) Les joues et les teitpes , le tour du cou et la poitrine sont blancs ainsi que le veutre ; il y a une calotte rousse sur la tête; tout le dessus du corps, la queue et la face externe des membres sont gris-brun. Daubenton, après avoir décrit le Mangabey à collier blanc, et fait remarquer les caractères qui le distinguent du Maagabey enfumé, qu’il appelle le Mangabey simplement dit, ajoutait : « Ces différences ne peuvent venir que de l’âge et du sexe, ct sont trcp légères pour caractériser une espèce particulicre ; il faudrait pouvoir faire des observations sur les autres parties de cet Animal pour nueux juger de son espèce, » Co» observations ont été faites et elles ont contredit l'opinion que le savant collaborateur de
MANGAHEY À COLLIER BLANC, mains antérieure et postérieure, 1/2 de grand
Dents pu MANGAREY À COLLIER BLANC, grard. nat.
Buffon s'était faite du Mangabey à collier, sans toutefois détruire ce qu'il avait dit au sujet de la grande affinité qui rapproche cette espèce de la suivante,
MANGABES À COLLIER BLANC, DE de grand,
Le MANGABEY ENFUMÉ (Cercocebus fuliginosus, E. Geoffroy), dont il est surtout question dans le travail de Buffon et de Daubenton, n’a pas de roux sur la tête, qui est d’un gris enfumé ainsi que.toutrle dessus du corps, la queue et la face externe des membres, Son menton, ses joues, les côtés et'le dessous de son cou sont blanes, ainsi que la poitrine et le ventre,
Fr. Cuvier a parlé de cette espèce sous le nom de Mangabey. « Nous avons vu, dit-il, un très-grand nombre de ces Singes, et nous en avons possédé plusieurs; et, soit hasard, soit qu'en effet ils aient un naturel plus heureux que les autres, nous n’en avons pas rencontré un seul qui ne fût familier et doux, malgré la plus grande pétulance; et, à cet égard même, ils m'ont paru surpasser la plupart des Guenons; sans cesse en action, ils prenaient toutes les attitudes, et souvent les plus grotesques; on les aurait dit, à la variété et à la vivacité de leurs mouvements, pourvus d’un plus grand nombre d’articulations que les autres Guenons et de plus de force ; c'étaient surtout les mâles qui se faisaient remarquer, et ils mêlaient constamment à leurs sauts une grimace particulière, qui montrait leurs incisives, toujours très-larges, et qui ressemblait à une sorte de rire, Les femelles , plus calmes, étaient aussi plus caressantes, »
Dans son catalogue des Primates du Muséum, M. Is, Geoffroy regarde comme étant sans doute un Mangabey enfumé, le Singe albinos, qui est décrit et figuré par Audebert sous le nom d'Atys. Précédemment il avait cru y reconnaître un Semnopithèque doré; M, Ogilby en avait fait un Rhésus et Fischer un Macaque ordinaire, Ilest probable que l’exemplaire type de cet Atys, que l'on conserve au Muséum, est le même que Seba avait figuré dans son ouvrage sous le nom de Grand Singe blanc. L'examen de son cràne permettrait de résoudre les difficultés qui se rattachent encore à sa synonymie, Ce Singe est aussi le type du Cercocebus Atys d'E. Geoffroy-Saint-Hilaire,
GENRE MACGAQUE (Macacus). Les Portugais avaient donné à certains Singes de la côte occidentale d'Afrique le nom de Macaquo, emprunté à la langue des habitants du Congo, et Maregrave, dans son Histoire naturelle du Brésil, à parlé ainsi de l'espèce à laquelle ils appliquérent cette dénomination : « Cercopilhecus angolensis major, in Congo vocalur
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Macaquo. » Buffon attribua cette indication donnée par Maregrave à un Singe qu’on à su depuis habiter exclusivement l'Inde, et il à francisé le nom africain de Hacaquo, en le transformant en Macaque, L'article que Buffon consacre à cette espèce est accompagné d'une excellente figure et suivi d'une description longue et exacte due à Daubenton, Aussi les naturalistes ont-ils, à peu près tous, également bien reconnu l'espèce qui s'y trouve décrite, et, quoique incertains s’il faut ou non regarder comme en étant différents plusieurs Singes qui se rapprochent beaucoup du Macaque de Buffon sans en avoir tous les caractères, ils en ont fait un petit groupe auprès duquel sont venues se classer diverses autres espèces, telles que l'Aigrette et le Bonnet-Chinois.
Ces deux derniers sont aussi décrits dans l'Histoire naturelle générale et particulière,
L'Ouanderou, qui est dans le même cas, le Maimon, qui s’y. trouve aussi, le Rhésus et
quelques autres à queue moins longue et qu'on n’a connus que plus récemment, sont également regardés comme des Singes du même genre que le vrai Macaque,
E, Geoffroy-Saint-Hilaire et G. Guvier, dans un travail fait en commun, qu'ils publièrent, en 1795, dans le Magasin encyclopédique, admirent un genre sous ce nom, mais ils lappelérent en latin Pithecus, sans y rapporter toutefois le Magot ou le Pithèque des anciens, En 1799, Lacépède latinisa ce nom en l'écrivant Macaca ; mais presque tous les auteurs qui sont venus après l'ont écrit Macacus, à l'exemple de Desmarest, et c’est cette dernière orthographe qui a prévalu, Toutefois, quelques variantes ont encore été proposées à cette classification et acceptées plus ou moins longtemps, C’est ainsi que le Macaque de Buffon et de Daubenton est, pour E, Geoffroy-Saint-Hilaire, un Cercocèbe, ainsi que PAigrette, le Bonnet- Chinois, les deux Mangabeys de Buffon et même le Callitriche, Dans son Tableau des Quadrumanes, qui à paru en 1812, ce célèbre naturaliste classait ainsi ces Animaux, et le Rhésus ainsi que le Maimou étaient réunis par lui au Magot sous le nom d'/auus. La répartition dont nous nous servirons est celle qui est adoptée maintenant pour le rangement de ces Singes, M, Is, Geoffroy l'a admise dans les galeries du Muséum, et elle est aussi employée à Londres et dans plusieurs autres grandes collections.
Les espèces ainsi réunies sous le nom générique de Macaques sont des Singes à formes plus robustes que les Guenons, ayant, avec les Cercocèbes véritables et les Magots, toutes les analogies que nous avons signalées précédemment, et dont les caractères propres consistent, {1° dans l'épaisseur de leur arcade sourcilière, qui possède une forte échancrure orbitaire interne, tandis qu'il ny en à pas chez le Magot; 2° dans leur queue longue, moyenne ou nulle, mais qui, lorsqu'elle est longue, reste toujours tombante et ne se relève point audessus du dos, comme celle des Maigabeys ou des Guenons; 3° dans la forme du cinquième tubercule de leur dernière dent molaire inférieure , qui est-simple comme chez les Mangabeys, et diffère par suite de celui du Magot, Leur première molaire de la même màchoire acquiert aussi un plus grand développement que éhez le Magot, (Voyez la figure dela pag. 82.)
Ou peut établir trois divisions parmi les Macaques, en tenant compte de la longueur plus
ou moins considérable de leur queue, :
lo Espèces à queue longue, formant au moins la moilié de la longueur tulale,
Macaque DE DurFon (Macacus. Cynomolgus). On rapporte à cette espèce nou-seulement le Macaque de Buffon et de Daubenton, mais aussi l'Aigrette des mêmes naturalistes : il est douteux que ce soit le Sinia cynomolgos de Linné, et F, Guvier, qui a écrit sur le Macaque dans les Mémoires du Muséum, conteste même ce rapprochement, Aussi a-t-il proposé de substituer au nom spécifique qu'on vient de lire, et qui à cependant prévalu, celui d'Zrus (mendiant d'Ithaque, qui osa prétendre à devenir l'époux de Pénélope). Ge nom, dit Fréd, Cuvier, est assez convenable pour un Singe dégoûtant de saleté, d'impudeur et d’effronterie,
La sévérité avec laquelle le savant naturaliste, qui a si bien et si longtemps étudié les Mammifères, juge ici le Macaque, n'a rien d'exagéré, et un z0ologiste anglais s'est trop
écarté de la pensée de l’auteur en substituant au nom que nous venons de citer celui de Macacus Lris. Sans être aussi repoussant que le sont la plupart des Cynocéphales, ce Singe et ses congénères sont difficiles à contenir, et le plus souvent ils sont aussi sales au physique qu'au moral, Toutefois,-ils sont bien loin de manquer d'intelligence, et, sous ce rapport, ils ne le cèdent probablement ni aux Guenons, ni aux Semnopithèques; mais comme ils sont plus robustes et qu’ils ont les passions bien plus vives, l’âge agit d'une manière plus profonde sur leur naturel, et tous les soins qu’on avait pris pour leur donner une espèce d’éducotion ne peuvent triompher de la brutalité qu’ils acquièrent en se développant, Néanmoins les Macaques sont employés fréquemment par les bateleurs, qui savent tirer parti des bonnes dispositions qu'on leur reconnait dans le jeune âge, et que les femelles conservent même plus longtemps que les mâles,
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" Micaque be Burron, 1/6 de grand,
On distingue facilement les Macaques de Buffon à leur pelage assez court, brun olivâtre tiqueté de noir sur la tête et le corps, plus gris sur les membres et noirâtre sur la queue. On les amène communément dans nos contrées. Comme ils sont robustes sans être gros, ils supportent plus ou moins longtemps les rigueurs de nos hivers, et les corrections qu’on leur administre pour les rendre plus obéissants n’altérent pas sensiblement leur santé, Cependant ils périssent en général avant la vieillesse, souvent même avant d'être devenus adultes, Les Siuges de cette espèce, et presque tous ceux que l’on amène dans nos climats, succombent à des maladies de poitrine, Quelques-uns résistent cependant à l'humidité ou au froid, et, plus vigoureux que les autres ou moins impressionnables et mieux soignés, ils peuvent être conservés plus longtemps hors de leur pays.
Quelques Macaques ont produit en captivité; ils n'ont eu, comme les autres Singes de Fancien continent, qu'un seul petit à chaque portée, On a obtenu le Métis du Macaque ordinaire et du Macaque Bonnet-Chinois, et même celui d'un Macaque uni à une Guenon, est arrivé plusieurs fois que les femelles mères n'aient pris aucun soin de leur petit, ee qu'il faut sans
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celui de ce Singe physique port, ils ‘ils sont lus prod'éduconoins les s bonnes it même
olivàtre eue, On gros, ils on leur ependant ltes. Les suCCOMau froid , peuvert
s de Fanordinaire st arrive faut sans
doute attribuer aux changements considérables que la captivité, lorsqu'elle n'a pas été poussée jusqu'à la véritable domestication, apporte dans les sentiments des Animaux qui y sont assujettis, D'autres fois elles leur ont voué une affection illimitée, Pendant les premicres semaines, le jeune Macaque reste accroché à leur corps, tenant l’une ou l’autre des tétines entre ses lèvres, et ne remuant pour ainsi dire que les yeux, qu'il dirige avec curiosité dans tous les sens, Plus tard, la mère le laisse marcher; mais, tant qu'il n’est pas assez fort, elle ne lui permet point de s'éloigner, et au moindre signe d'inquiétude, elle le reprend et se dispose à l'emmener,
La démarche de ces Animaux à terre est assez différente de celle des Guenons, et comme leurs membres sont mieux proportionnés, ils ont aussi les mouvements moins roides et moins saccadés, En les voyant gambader dans les ménageries, on reconnaît qu’à l’état de liberté ils doivent se tenir moins souvent sur les arbres que les vraies Guenons. C’est d’ailleurs ce que confirment les récits des voyageurs, qui disent avoir le plus souvent rencontré ces Animaux et leurs congénères daas les lieux rocailleux, sur les petites montagnes, ou même à une plus grande hauteur, sur les montagnes de l'Inde,
Le Macaque de Buffon habite le continent indien et plusieurs des îles de la Sonde ou des Moluques, Les naturalistes hollandais ont constaté sa présence à Java, à Sumatra, à Banka, à Bornéo, à Gélébes et à Timor, On assure que des Singes de cette espèce se sont naturalisés à l’île de France (île Maurice), et l’on distingue parmi ceux de l'Inde ou des îles indiennes, que l’on conserve dans les collections publiques ou que l’on voit journellement, plusieurs variétés de taille, de teinte générale ou de figure, Mais il est encore impossible de dire s’il y a parmi ces différents Macaques plusieurs espèces, et quelle est au juste la valeur des caractères qui les distinguent de celles plus ou moins voisines que Fréd, Cuvier, M, Is, Gcoffroy-Saint-Hilaire et divers autres naturalistes séparent du Macaque ordinaire,
On à décrit les deux suivantes comme étant particulières :
MACAQUE ROUX DORÉ (Macacus aureus, Is. Geoffroy), du Bengale et de Sumatra, Son pelage est d’un fauve roux, composé de poils onduleux et striés; ses membres sont gris clair à leur face externe; de longs poils couvrent ses joues ainsi que les parties latérales de sa tôte,
MAaGAQUE ROUX boné, 1/3 ce grand, Macauur À FACE Noire, 1/3 de grand,
MAGAQUE À FACE NOIRE ( Wacacus carbonarius), de Sumatra, Il à été signalé par F, Cuvier, d’après des renseignements recueillis par Duvaucel; mais il reste des doutes à son égard, et nous nous bornerons à renvoyer le lecteur à ce que dit ce naturaliste dens son grand ouvrage, Nous ajouterons seulement que le catalogue des Animaux propres aux îles de la Sonde qui a été dressé par MM, Temminck et Schlegel d’après les collections de M, Salo=
mon Muller ne mentionne que l'espèce ordinaire, et que probablement le Macaque à face noire et le Macaque roux doré ne sont pas regardés par ces savants comme constituant des espèces réelles, 11 y a cependant quelques distinctions à faire parmi les Singes qui se rapprochent du Macaque de Buffon; mais, nous le répétons, ces distinctions ne sont pas encore faciles à établir d’une manière précise, et, comme on le verra pour beaucoup d'autres Animaux, on ne peut pas toujours séparer ici la simple race de la véritable espèce.
Nous avons déjà dit que l’Aigrette, dont Buffon et Daubenton nous ont ki issé la description, avait été regardée par plusieurs naturalistes comme une simple variété du Macaque ordinaire ; d'autres auteurs en ont fait une espèce différente, C'est le Simia ayqula des linnéens,
Le Tawny monkey de Pennant (Simia mulatla de quelques nomenclateurs) n’est peutêtre de son côté que le Macaque roux doré ou le Macaque à face noire, et il n’est pas encore certain que ces deux derniers soient eux-mêmes de race distincte, L'exemplaire type du
Macacus carbonarius n’est pas connu en nature; enfin certains Macaques, regardés par. P 2
M. Is. Gooffroy comme appartenant à l'espèce ordinaire, peuvent avoir, comme celui que nous avons décrit dans le Voyage de la corvette la Bonite, le pelage fortement lavé de roux et la face en partie noire,
Un autre Animal encore peu différent est le MAGAQUE DES PHILIPPINES ( Macacus philippinensis, 1s. Geoffroy), dont la description repose sur l'examen d'un exemplaire entièrement Albinos qui a été rapporté vivant de Manille (île Luçon). On le croyait originaire de cette Île, où existent d’ailleurs des Macaques d’une race’ particulicre, dont la coloration diffère un peu de celle du Macaque commun, En 1842, j'ai vu dans la riche Ménagerie de Régent’'s Parck, à Londres, un de ces Macaques de Luçon. Il avait le pelage de couleur olivacée un peu foncée ; sa face était noire, Je trouve dans le Supplément au catalogue des Mammifères de la Société zoologique de la même ville, que M. Waterhouse a publié en 1839, l'indication d'un autre exemplaire du Macaque olivacé de Luçon. Cet habile mammalogiste le regarde comme appartenant à l'espèce du Macacus carbonarius.
Indépendamment du Macacus philippinensis, on a vu d’autres Singes albinos appartenant aussi à la famille des Pithèques, mais ils se rapportaient à des espèces différentes, On en cite pour l'Ouanderou , et Seba en a figuré un autre dans son Thesaurus sous le nom de Simia magna alba. La véritable espèce de celui-ci n'a pas encore été reconnue, Audebert et E. Geoffroy l'ont admis comme distinct de tous les autres Singes, sous le nom spécifique d'Atys, et le second de ces naturalistes la rapporté au genre Cercocébe, en le plaçant entre l'Aigrette et le Bonnet-Chinois, Nous en avons déjà dit quelques mots en traitant des Mangabeys,
Le Macaque albinos des Philippines, que M. Is. Geoffroy a décrit, et dont il a donné une excellente figure dans les Archives du Muséum, évitait constamment l'éclat de la lumicre, qui le génait beaucoup; aussi se tenait-il le plus souvent, triste et mélancolique, dans un coin de sa cage, Les autres Singes le tourmentaient sans qu'il pût se défendre, et lorsqu'il se livrait à quelque mouvement, c'était presque toujours avec une gravité et une lenteur qui contrastaient avec la vivacité turbulente de ses compagnons,
On s'accorde, en général, à séparer du Macaque ordinaire le MacaQquE BOoNNET- 1HiNots dont il est question dans Buffon et Daubenton, et que Linné a nommé en latin Simia sinica ( Macacus sinicus de la nomenclature actuelle), Fest de linde, mais seulement
Macaoue pes Fuistrrines, 4/3 de grand,
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BONNET = en latin eutement
de l'Inde continentale, et si on le trouve aussi à l'état de liberté à l'Ile de France, c’est qu’il y a été importé depuis l'occupation de cette Île par les Européens, C’est le Toque de plusieurs naturalistes , et, en particulier , de Fréd. Cuvier. Ses caractères consistent non-seulement dans les poils rayonnants à peu près comme les rayons d’un cercle qui existent au-dessus de sa tête, mais aussi dans la nudité de son front et dans sa face également nue, allongée et ridée, La couleu: de ce Singe est en grande partie gris verdâtre ; sun poil est soyeux, On l’a aussi nommé Macacus s'adiatus. On le rencontre sur la côte
Macaoce BoxNez-cuixots (de Buffon), 1/1.
de Coromandel et au Malabar,
Un autre Singe voisin de celui-ci, et dont il est fait mention dans les Suppléments de >uffon sous le nom de Guenon couronnée, est appelé MAGAQUE GOURONNÉ (Macacus pileatus) par M, Is, Geoffroy. On lui à quelquefois transporté, mais à tort, le nom de Bonnet- Chinois, quoiqu'il ne réponde pas à l'espèce ainsi nommée par Buffon. Il a aussi les poils du dessus de la tête divergents; son corps est d’un brun roux vif plus ou moins doré, sur la tôte, le corps et la face externe des membres. Cet Animal est plus rare que le précédent, dont il ne diffère pas notablement par ses habitudes. Il reste quelque doute sur sa véritable patrie,
2 Espèces à aueue moins longue que la moitié du corps et n'en égalant guère que le liers.
Macaque Ouaxperou (Wacacus Silenus). C’est encore une espèce dont Buffon et Daubenton ont fait connaître les caractères avec soin , et dont ils ont donné la figure. Gomme elle a des caractères extérieurs fort tranchés, il est facile de la reconnaître dans les indications relatives aux Singes qui ont été laissées par plusieurs auteurs plus anciens, On l’a aussi décrite depuis d’une maniére trés-exacte, et elle est aujourd’hui fort bien connue, Le mot Ouanderou a été imaginé par Buffon ; il l'a tiré de Wenderu, qui est, dit-il, le nom de cet \nimal à Ceylan.
La Ménagerie de Paris a possédé assez fréquemment des Ouanderous , et elle en a dû en particulier de très-beaux exemplaires à M. Dussumier, Gomme tous les Singes de leur espèce, ceux-ci étaient noirâtres sur le corps, la tête et les membres , et leur face était encadrée de longs poils gris simulant une sorte de crinière; leur ventre était gris, ainsi que la poitrine : la face était noire. On donne Ceylan comme étant principalement la patrie de l'Ouanderou ; mais il existe aussi sur le continent, principalement dans la presqu'île de Pondichéry, C'est un des Singes qui s’avancent le plus dans le Nord, et, à certaines époqu:; de l’année, il s'élève, dit-on, dans les Himalavas, jusqu'à la région des neiges perpétuelles,
11 paraît avoir été connu des anciens, et l'on à pensé qu'il avait été ramené pour la premiére fois en Europe au retour des conquêtes d'Alexandre dans l'Inde; mais il ne faut pas preudre à la lettre tout ce qu'on à dit sur les résultats heureux que cette expédition avait eus pour l'histoire naturelle, car les détails qui ont été donnés à cet égard sont souvent bien plutôt du domaine du roman que de celui de l’histoire, Gtésias avait déjà parlé de Singes de l’Inde appartenant à une autre espèce que son Gercopithéeos. Il assurait qu'ils forment «une nation d'Hommes, habitant les montagnes de l'Inde, ayant une tête de Chien, des dents plus longues
ie PARTIE, 12
Macaore Ocaxperoc, 1/4 de grand,
que chez ces Animaux, des ongles comme eux, mais plus longs et plus arrondis, de couleur noire, se vêtant de peaux d’Animaux, ne parlant pas, mais aboyant, et que les Indiens nommaient Calystra, ce qui veut dire Cynocéphales, Les mâles, comme les femelles, ajoute-t-il, ont une queue comme les Chiens, mais plus poilue, »
Il en est de certaines synonymies des Animaux signalés par les anciens comme de quelques étymologies un peu trop forcées que tout le monde connaît; il faut beaucoup aider à l'interprétation pour admettre les rapports qu'elles supposent, Celle qui réunit les Calystres et les Ouanderous dans la même espèce de Singe a peut-être raison, mais son évidence laisse certainement quelque chose à désirer, Que dire de l'opinion des auteurs qui ont admis que ces Gynocéphales ou Calystres étaient de vrais parias arrivés au dernier point de la dégradation humaine, et de celle de Malte-Brun, qui s’est demandé sérieusement s'ils ne con 7 stituaient pas la souche des nègres océaniens ? Belin de Ballu avait cru, au contraire, qu’ils étaient de l’espèce des Orangs-Outans; mais l’absence de queue chez ces derniers et l'éloignement des deux îles qu'ils habitent montrent suffisamment le contraire, Il est done plus simple d'en revenir à l'Ouanderou; mais encore n'est-ce que par induction que nous admettrons son identité avec le Calystra, rien n'étant démontré à cet égard,
Les conquêtes d'Alexandre dans l'Inde procurèrent sans doute des Singes et d’autres Animaux aux médecins attachés à son armée; cependant il paraît bien certain que les ren< seignements qui furent alors recueillis restèrent, quoiqu'on en ait dit, inconnus à Aristote, En effet, celui-ci ne parle que du Pithèque, du Kèbos, du Gynocéphalos et du Chœropithécos, c’est-à-dire des Singes propres au nord de l'Afrique, I est vrai qu'il est question de Singes dans le XIXe livre du Aoman d'Alexandre ; mais cet ouvrage, qui prétend donner le récit des expéditions du roi de Macédoine, et qui a la prétention de nous apprendre ce qu'il à fait, est entièrement apocryphe; nous ne le citerons donc que pour faire voir avee quelle défiance il faut consulter certains des documents qu’on attribue aux anciens,
En parlant des proprielez des bestes qui ont magnitude, force el pouvoir en leur brutalilez, le traducteur du Pseudo-Gallisthène dit quelques mots des Satyres, «qui ont corps d’Hommes, vont droitz comme Hommes, branslans leurs testes telles quils les ont, » Puis il ajoute : « De ces bestes ey en fit prandre Alixandre V ou VI cens, que jeunes, que vieuls, de moyen eage et de Loutes sortes, masles et femelles et de petits, comme petits enffans, qui grognaient comme Poureeaux, comme Chiens, comme Marmolz, qui avaient de petites mains comme iynges, qui semblaient à petits enffans tant beaux que mervielles, De ces petits plusieurs en envoya Alixandre aux dames de Perse, aux dames de Macédone, singulièrement à sa mère, des plus beaux, pour la tenir toujours joyeuse, avec autres satires, grans et moyens
Macaque Ovaxvenrot, 1/12 de groil,
de di point anciet l'on si que M Un sur la teurs dont Singe:
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| d'autres e les ren< \ Aristote, opithécos, de Singes : récit des à fait, est léfiance il
rulalilez, Hommes, il ajoute :
de moyen rrognaient As COMME plusieurs nent à sa et moyens
FAMILLE DES SINGES, gt
de diverses sortes et contreffaites. » Mais c’est là le Roman des conquêtes d'Alexandre, et point du tout leur histoire, faite sur des documents authentiques, et pourtant certains auteurs anciens ont rapporté des fables analogues. Les personnes qui voudraient connaître ce que l'on sait relativement à l’origine de ce roman bizarre devront recourir à l’intéressant ouvrage que M. Berger de Xivrey a publié, en 1836, sous le titre de Traditions tératologiques.
Un compilateur grec du commencement du troisième siècle, Elien, a réuni dans son ouvrage sur la Nature des Animaux des détails d'autant plus précieux qu'ils sont souvent tirés d’auteurs qui ne nous sont pas parvenus ; il a donné sur les Singes de l’Inde des renseignements dont quelques-uns paraissent s'appliquer assez bien à l'Ouanderou. Il parle, en effet, de Singes vivant dans le Prase indien, qui ont la chevelure et la barbe blanches, tout le reste du corps noir et la queue (qu’il dit à tort longue de cinq coudées) terminée par un flocon de poils. Elien parle aussi des Singes que rencontra l’armée d'Alexandre, et il raconte à leur sujet, ce que l’on a souvent répété, qu’ils étaient en si grande abondance que les soldats crurent un moment que c'était l’armée ennemie,
C'est ce Singe du Prase indien que Strabon appelle Kercopithecos, S'il était sûrement de la même espèce que celui de, Gtésias, ce serait à tort qu’on aurait vu dans ce dernier un Semnopithèque; mais cela ne changerait rien à ce que nous avons dit sur la patrie probable du Singe à longue queue de Gtésias, l'Ouanderou existant aussi à Ceylan.
Le Macaque RHÉSUS (Macacus erythrœus) répond aux Macaque à queue courte de Buffon (nommé Simia erythræa par Schreber) et au Palas à queue courte du mème auteur, C'est un Singe plus fort que le Macaque ordinaire et que l’Ouanderou, Il a quelque analogie dans les couleurs avec le Magot, mais sa queue ost presque aussi longue que celle de l'Ouanderou, 11 n'a pas de criniére, et son pelage est tiqueté, caractères auxquels il faut ajouter que la partie nue de ses fesses se coloc vivement en rouge, principalement à certaines époques, C’est encore un Animal de l'Inde continentale,
MACGAQUE RIÉSUS MALE, {73 de grand MAUGAQUE RHÉSUS FEMELLE, 1/3 de grand
F, Cuvier a donné de longs détails sur un Rhésus né à la Ménagerie, Immédiatement après être venu au monde, ce jeune Animal s’attacha au ventre de sa mère, s’accrochant par les quatre mains à son pelage, et pendant quinze jours environ il ne quitta pas le mamelon, même pendant son sommeil, Dès le premier jour, il parut distinguer les objets et les regarder véritablement, Les soins de la mère, dans tout ce qui tenait à l'allaitement et à la sécurité de son nourrisson, annonçaient un dévouement parfait, Elle n’entendait pas un bruit, n’apercevait pas un mouvement sans que son attention ne fût excitée et sans qu’elle ne manifestàt une sollicitude qui se reportait entièrement sur son petit. Le poids de celui-ci ne paraissait nuire à aucun de ses mouvements ; mais tous étaient si adroitement dirigés que, malgré leur variété et leur promptitude, il n'en souffrait point. Jamais elle ne Fa heurté, même
légèrement, contre les corps très-irréguliers sur lesquels elle pouvait courir et sauter, Au bout de quinze jours environ, il commença à se détacher d'elle, et, dès ses premiers pas, il montra une adresse et une force qu’une longue préparation et des essais analogues à ceux que font les enfants n'auraient pas rendus plus parfaits, D'abord il s'accrocha aux grillages verticaux dont sa cage était garnie, et il montait ou descendait à sa fantaisie; mais sa mère semblait le suivre des yeux et des mains comme pour l'empêcher de tomber, et, après quelques instants de liberté, averti par un simple attouchement, il revenait se fixer sur elle, « D'autres fois, dit F. Cuvier, il faisait aussi quelques pas sur la paille qui leur servait de litière, et, dès ces premiers moments, je l'ai vu se laisser tomber volontairement du haut de sa cage en bas, et arriver avec précision sur ses quatre palles, puis s’élancer contre le treillage à une très-grande hauteur pour sa taille, et en saisir les mailles pour s’y accrocher, avec une prestesse qui égalait au moins celle des Singes les plus expérimentés. » Bientôt on vit la mère chercher de temps en temps à se débarrasser de sa charge, tout en conservant la même sollicitude, car ce n’était plus pour elle un fardeau dès que le moindre danger pouvait être à craindre. À mesure que les forces du petit se développaient , ses sauts et ses gambades devenaient plus surprenants, Je me plaisais à l’examiner, et je puis dire que jamais je ne lui ai vu faire un faux mouvement, prendre de fausses dimensions et ne pas arriver avec l'exactitude la plus parfaite au point vers lequel il tendait.....,.,. Ge n’est qu'après six semaines environ d'une nourriture plus substantielie que le lait lui est devenu nécessaire, el alors un spectacle nouveau s’est présenté à nous, Cette mère, que nous avons vue si pleine de tendresse, mue par une sollicitude si active, qui supportait son petit suspendu sans reläche à son corps et à sa mamelle, et qu'on aurait jugé devoir porter l'amour maternel jusqu'à prendre les aliments de sa propre bouche pour les lui donner, ne lui permit pas de toucher à la moindre portion de ses repas lorsqu'il commença à vouloir manger, Dès qu'on lui avait donné les fruits et le pain qui lui étaient destinés, elle s'en emparait, le repoussait aussitôt qu'il voulait approcher et s'empressait de remplir ses abajoues et ses mains pour que rien ne Lui échappât, Et qu'on ne cherche pas d’autre cause que la gloutonnerie à cette action singulière ; elle ne pouvait vouloir forcer son petit à teter : elle n’avait presque plus de lait; elle ne pouvait craindre non plus que ces aliments lui fussent contraires : il les recherchait naturellement, et il s'est toujours bien trouvé d'en avoir mangé, Aussi la faim le rendait-elle trèspressant , très-téméraire et très-adroit. Les coups de sa mére, qui, à la vérité, n'étaient pas très-violents, ne l’intimidaient point, et quelque soin qu’elle prît pour l’éloigner et s'emparer de tout, il parvenait toujours à dérober un assez bon nombre de morceaux, qu'il allait manger loin d'elle, en ayant toujours soin de lui tourner le dos; et cette précaution n'était pas inutile, car j'ai vu cette mère, plusieurs fois, quitter sa place et aller à l’autre bout de sa cage, Ôter des mains de son petit le morceau qu'il était parvenu à se procurer, Pour éviter les inconvénients d'un sentiment si peu maternel, on eut la précaution de placer dans la cage une beaucoup plus srande quantité d'aliments que celle qui leur était nécessaire et dont elle pouvait s'emparer; alors le petit put avoir une nourriture abondante sans trop faire d'efforts pour l'obtenir, »
3. Espèces à queue plus courte que le tiers du corps, à peine longue comme la main ou méme presque nulle,
Le MACGAQUE À QUEUE DE Cochon ou le Maimon de Buffon (Macacus nemestrinus) est plus fort et plus robuste que les précédents, mais il à la queue plus courte que celle d'aucun d’entre eux. Sa couleur est d'un brun noirâtre Macaote À quete ne Coco, 4/4 de gran sur ie dos, plus foncé sur ie dessus de la tête,
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plus clair sur les flancs et à la face externe des membres; son visage est à peu près de couleur de chair, un peu basané cependant ; sa queue n’a guère que quinze centimètres ; elle est un peu arquée, ce qui l'a fait comparer à celle du Cochon, Ge Macaque a toutes les mauvaises qualités de ses congénères , et elles acquièrent mème chez lui un bien plus grand degré de développement, C'est réellement un Animal dangereux , surtout lorsqu'il a pris tout son développement, Il en est question dans plusieurs auteurs du dernier siècle, et de nos jours on le voit assez souvent dans les Ménageries européennes , où il à mème reproduit, On le prend à Sumatra et à Bornéo,
Le MacaqQuEe unsin (Macacus ursinus, Is, Geoffroy), qui habite la Gochinchine, est sans doute le même Animal que le Macacus maurus de F. Guvier; sa queue est fort courte, Il arrive comme le précédent à une force assez grande, et il ressemble assez au Magot. Toutefois, son crâne et sa dernière molaire inférieure ont la forme caractéristique des Macaques ordinaires et l'éloignent du Magot, Son pelage est presque entièrement composé de longs poils assez rudes, présentant des anneaux alternativement roux et noirs, d'où résulte une couleur géuérale brun-roussâtre tiquetée de noir; le nez se détache par sa teinte noirâtre au milieu de la couleur de chair qui occupe le reste de sa face,
Macaque vnsix, 1/13 de grard.
L'Ursin a été découvert en Cochinchine par M. Diard, K. Guvier n'a connu son Wacacus maurus que par un dessin que lui avait envoyé Duvaucel, qui voyageait avec M, Diard.
Le MAGAQUE À FAGE ROUGE (Macacus speciosus), dont on doit la première description à l'réd, Cuvier, n’habite pas l'Inde comme on l'avait cru d'abord, mais le Japon, MM. Temminek et Schlegel en ont plus récemment donné une bonne description et de nouvelles figures, d'après des exemplaires rapportés de ce pays par le savant voyageur hollandais, M. de Siebold,
La face de ce Singe ct les autres parties nues de son corps sont d’un rouge clair, un peu rosé; ses poils sont très-doux, très-fins, et à peu près bruns-verdâtres ; c’est la seule espèce de Singe qui vive au Japon, et en même temps la plus éloignée des localités habitées par les autres Macaques,
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Macauuk à FacE touër, 1/10 de grand
Les Macaques à face rouge ressemblent au Magot, et surtout à l'Ursin par l'extrême briéveté de leur queue, Les bateleurs japonais les élèvent et leur apprennent, comme on le fait en Europe pour les Macaques ordinaires, certains tours qu'ils exécutent avec assez d'intelligence,
GENRE MAGOT (Pithecus des anciens). Le Magot est un Singe assez difficile à bien classer, mais qui paraît cependant être plus voisin des Macaques à queue rudimentaire que d'aucun autre groupe, Il a les formes trapues de ces Animaux et leur démarche lorsqu'il pose sur le sol par ses quatre extrémités; ses habitudes diffèrent assez peu, et son intelligence est à peu près égale à la leur, quoique cependant elle soit supérieure sous certains rapports. Comme les Macaques, il est doux et susceptible d'éducation lorsqu'il est jeune , mais il devient obstiné, hardi et méchant lorsqu'il a atteint l'âge adulte, et on est bientôt obligé de le tenir enfermé ou de l’attacher avec une forte chaîne, Sa force , qui s’est alors considérablement accrue, est mise par lui au service de ses mauvaises passions, et il semble que l’étroite captivité dans laquelle il faut alors le retenir ne fasse qu’exagérer encore ses dispositions vicieuses.
Il différe organiquement des Macaques en ce qu'il manque entièrement de queue , v'ayant, comme l'Homme et les Singes anthropomorphes, qu'un coccis rudimentaire qui est caché sous la peau, Il n'a pas non Dents pu Macor, grand. nut, plus d’échancrure orbitaire interne à la partie de l'os frontal qui recouvre l'œil, et le cinquième tubercule de sa dernière molaire inférieure au lieu d’être simple, comme l’est ordinairement celui des Macaques, est subdivisé en trois par deux petits sillons latéraux,
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Cmane bu Macor, 2/3 de grand, Cenveac bu Macor, 1/2 de grand
Les Singes de cette espèce vivent dans les montagnes boisées et sur les rochers dans} plusieurs parties de la région barbaresque, I y en a dans la province de Constantine, dans la Kabylie, dans la province d'Alger, et, dans le Maroc, à Ceuta; mais on n’en trouve point dans la province d'Oran, qui prend bien plutôt le caractère réellement africain que celles d'Alger, et surtout de Constantine, Un des lieux de l'Algérie que l'on cite le plus souvent comme nourrissant des troupes de Magots, est la région du Petit-Atlas que traverse la Chiffa, En allant de Blidah à Médéah, on s'arrête habituellement dans une petite auberge située sur les bords de la rivière, dans l'une des gorges qui y aboutissent ; c'est un lieu très-favorable pour observer ces animaux, car, à peu près tous les jours, il en descend un certain nombre des montagnes avoisinantes, pour venir boire, soit au ruisseau, soit à la rivicre,
En face Geuta, de l'autre côté du détroit, et par conséquent sur la pointe la plus avancée de la péninsule espagnole, il y a aussi des Magots, principalement sur le rocher de Gibraltar, Les naturalistes se sont quelquefois demandé si es Singes de Gibraltar, qui sont d’ailleurs peu nombreux, ne pr'ovenaient pas, comme les Macaques de l'Ile-de-France, d'individus échappés à la domesticité et que l'on aurait apportés d'Afrique ; mais il paraît qu'ils existent bien naturellement sur cette partie de l'Europe, qui possède d’ailleurs en commun, avec le nord de l'Afrique, un grand nombre d’autres espèces terrestres , eten particulier des Mammiferes, des Reptiles, des Insectes, des Mollusques, etc, ; aussi pense-t-on que l'Espagne était jointe au continent africain avant qu’une grande ouverture établie à travers les Colonnesd'Hercule eût fait communiquer l'Océan avec la Méditerranée, Quelques auteurs assurent même qu’il y a aussi des Magots sur d’autres montagnes de l’Andalousie et jusqu’en Grenade, À Gibraltar, ils seraient bientôt détruits si la garnison anglaise, qui occupe ce point, ne les avait pris sous sa protection, Leur chasse en est trèssévèrement interdite ; on la fait cependant quelquefois, et voici comment on s'y prend Macor p'AL@fnir, 4/9 dé grand
on place, sur les rochers où viennent les Magots, des calebasses dont on a rempli l'intérieur avec du vin et du pain, Un trou, ménagé à l'une des extrémités, est disposé de maniére à permettre à l'animat d'y fourrer sa tête sans pouvoir ja retirer, Pendant ja nuit les Magots sont attirés par la lumière qu'on a placée auprès de ces calebasses, et lorsque l’un d'eux a voulu en vider une, il s’en trouve coiffé sans pouvoir la retirer, et le vin qu'elle renfermait s'écoulant sur sa figure et dans ses yeux, le rend plus embarrassé encore, ce qui permet de le saisir,
Le Magot était-il plus répandu autrefois dans le midi de l'Europe qu’il ne l'est aujourd'hui ? c'est ce que les écrits des anciens auteurs ne nous disent pas, et, comme on n'en a nulle part encore observé de restes enfouis dans le sol, on ne peut pas répondre affirmativement à la question que nous venons de poser, On doit cependant rappeler que Procope, auteur grec du vie siècle, a écrit qu'il naissait en Corse des Singes presque semblables à l'espèce humaine , et que M, de Blainville, dans son travail sur les Singes connus des anciens, rappelle cette assertion sans la contredire, Aucun autre document n'a été recueilli à cet égard, et l’on n'a encore rencontré ni dans les bréches osseuses de la Corse, ni dans celles d'aucun autre point de la région méditerranéenne, une seule pièce qui puisse appuyer l'opinion que Procope a voulu parler du Magot comme d'un Animal autrefois propre à la Corse, Quant au Singe fossile qui a été découvert dans les dépôts probablement assez peu anciens de la Grèce, rien ne nous dit non plus que ce soit un Magot, Bien au contraire, le fragment de crâne qu'on en a trouvé au pied du mont Pentélicon, auprès d'Athènes, a paru à M. Wagner provenir d'un Animal intermédiaire aux Gibbons et aux Semnopithèques, et le savant professeur de Munich qui l'a décrit, en 1839, lui donne le nom de Mesopithecus pentelicus.
C'est à tort qu'on a mis fréquemment le Magot au nombre des Animaux de l'Égypte; les voyageurs qui ont si souvent parcouru ce pays depuis le commencement du xix£ siècle ne Fy ont point rencontré, On ne le trouve pas non plus dans les parties de l'Afrique autres que dans celles où nous l'avons signaié précédemment.
L'âge apporte de grands changements dans la physionomie extérieure des Magots aussi bien que dans leur caractère, et Buffon, qui a connu cette espèce en nature, qui l’a décrite et qui a joint à sa description une très-bonne étude anatomique du même Animal faite par Daubenton, consacre un article à part au Pithèque des anciens, qui n’est cependant que le même Animal que le Magot. Dans les Suppléments publiés, il est vrai après sa mort, par Lacépède, Buffon revient sur ce sujet et figure sous le nom de Pithèque un Singe qui n’est qu'un jeune Magot. La même erreur paraît avoir été commise par Aristote, dont le Cynocéphale n'est sans doute que l’âge adulte du Pithèéque, C'est ce que l’on est conduit à penser par la lecture de ce qu'il dit lui-même : « Le Gynocéphale est tout semblable au Pithèque, seulement il est plus fort et a le museau avancé, approchant presque de celui du Chien, et c'est de là qu’on a tiré son nom ; il est aussi de mœurs plus féroces et il a les dents plus fortes que le Pithèque et plus ressemblantes à celle du Chien, »
Le Pithèque est également cité par Galien, et, comme 1l le rapporte, c’est ce Singe que le célèbre médecin de Pergame a disséqué et sur l'étude duquel il a écrit son anatomie, On sait qu'anciennement, soit à l’époque d'Hippocrate, soit à celle de Galien ou même après, il était défendu de chercher à connaître l'Homme vivant par l'observation de l'Homme mort ; aussi les médecins m’ont-ils eu pendant longtemps d’autres notions anatomiques que celles qu'ils avaient tirées de l'observation des Animaux,
De toutes les espèces que l’on connaissait anciennement et que l'on pouvait employer avec quelque succès pour se faire une idée de Ja structure humaine, le Pithèque ou Magot était sans contredit la plus favorable; Galien ne manqua pas d'en profiter, Il rappelle qu'il avait vu les quelques os humains que l'on montrait dans l'école d'Alexandrie lorsqu'il s'y était rendu pour se fortifier dans ses études; il raconte aussi qu'il eut un jour l’occasion de faire des observations analogues sur le cadavre presque ‘entiérement décharné d'un voleur qu'un avait tué à pet de distance de Rome et qui était resté sur la grande route privé de
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sépulture; puis, il ajoute que ceux qui n'auront pas de pareilles occusions devront étudier, comme il l'a fait lui-même, l'anatomie du Pithèque, La lecture de son ouvrage prouve d'ailleurs qu'il n'a presque rien vu sur l'Homme, car beaucoup des détails trés-circonstanciés dans lesquels il entre sont contraires à ce que l'on voit dans l'espèce humaine, tandis qu'ils sont conformes à ce que l'on observe dans le Magot, Après Galien, la scionce anatomique resta longtemps stationnaire, et, jusqu'à l'époque de la renaissance, son anatomie, presque entièrement faite d'après le Pithèque, fut même prise par les médecins pour celle de l'Homme, quoique ce qu’il dit du larynx, du sternum, de l'os intermédiaire aux deux rangées du carpe, de certains muscles, de la forme du cœcum, de la communication de l'appareil nasal avec le crâne, etc., ete,, ne concorde point du tout avec ce que l’on voit dans notre espèce,
Canpe er méÉracanpe be Macot, grand, nu!
La cour de Rome maintint l'interdiction que les anciens législateurs avaient portée contre la dissection du corps humain, iependant , au xri® siècle, on reconnut l'utilité de mieux savoir l'anatomie, L'empereur Frédéric IF, roi des Romains et des Deux-Siciles, qui eut d'ailleurs de longs démêlés avec le pape, défendit d'exercer la médecine à quiconque ne serait en mesure de prouver qu'il avait étudié l'anatomie sur le cadavre; et, plus tard, en 1376, les docteurs de l'Université de Montpellier obtinrent de Louis d'Aragon, frère de Charles V et gouverneur du Languedoc, la permission de disséquer chaque année le corps d’un criminel supplicié,
Au xvi siècle parut enfin l'anatomie humaine de Vésale (De Corporis humani fabrica), dont les descriptions et les figures contredisaient si souvent le texte de Galien, Le célèbre médecin de Philippe Hf n'avait pas tardé à s'apercevoir, en faisant les nombreuses recherches nécessitées par celte immortelle publication, que Galien n'avait pas étudié sur l'Homme lui-même, mais le plus souvent sur des Singes, Toutefois, la plupart des médecins refusérent de se rendre à l'évidence, et quelques-uns, plus jaloux de leur confrère que désireux de connaître réellement la vérité, cherchèrent à démontrer que c'était Vésale qui se trompait. Le médecin d'Henri IV, Riolan, à qui son mérite personnel aurait dû éviter ce petit travers, et qui avait d'ailleurs appris l'anatomie sur ! Homme et sur le Singe, se joignit à Sylvius, à Eustache et à tous ceux qui se disaient les défenseurs des anciens contre le réformateur de l'anatomie, La vérité n'en fut pas moins du côté de Vésale,
Plus récemment, Pierre Camper à voulu retrouver , en se guidant par les descriptions ana tomiques de Galien, quelles étaient les espèces de Singes que ce dernier avait connues, Le mémoire qu’il a rédigé sur ce sujet a surtout pour but la réfutation des critiques de Vésale, publiées deux siècles avant par Eustache, célébre anatomiste italien, qui mourut en 1570 à Rome, où il était professeur.
Eustache, comme on vient de le voir, était du nombre des savants qui soutenaient que l'anatomie donnée par Galien était bien l'anatomie de l'Homme ; Camper fit voir qu’ellé reposait en grande partie sur l'observation du Magot; mais it lui sembla que peut-être aussi elle s'était inspirée de la dissection de l'Orang, ce qui à été contesté depuis par M, de Blainville, C'est sur la description donnée par Galien de l'organe de la voix que Camper se fonde principalement ; il ajoute cependant : « Nous verrons par la suite que les anciens n’ont absolument pas connu le Singe sans queue de Tyson (le Chimpanzé), mais que Galien a probablement vu l'Orang-Outan de Bornéo, ou plutôt que, pour examiner l'organe de la voix, il a disséqué quelque Singe d'Afrique-dont l'espèce nous est encore inconnue, » Peutl'é PARTIE, 13
être dira-t-on que c'était le Gorille qui a, comme l'Orang, d'énormes sacs laryngiens; mais nous nous garderons bien pour notre part d'émettre encore aucune opinion sur ce point,
Les récits qu'on a souvent reproduits au sujet des Singes maraudeurs ont été faits aussi à propos des Magots. Un botaniste français, qui avait parcouru, vers la fin du siècle dernier, une partie de l'Algérie, le savant Desfontaines, communiqua à Buffon quelques détails à cet égard, Ces détails ont paru dans le tome VII des Suppléments à l'Histoire naturelle ; is ont assez d'intérêt pour que nous les reproduisions en partie :
«Les Singes Pithèques, dit Desfontaines, vivent en troupes dans les forêts de l'Atlas, qui avoisinent la mer, et ils sont si communs à Stora, que les arbres des environs en sont quelquefois couverts (ils y sont devenus bien plus rares; cependant les Arabes en prennent encore daus le pays et les amènent de temps en temps au marché de Philippeville, où nous en avons vu), Ils se nourrissent de pommes de pin, de glands doux, de figues d'Inde, de melons, de pastèques , de légumes qu'ils enlévent des jardins des Arabes, quelques soins qu'ils prennent pour écarter ces Animaux malfaisants, Pendant qu'ils commettent leurs vols, il y en à deux ou trois qui montent sur la cime des arbres et des rochers les plus élevés, pour faire sentinelle, et dès que ceux-ci aperçoivent quelqu'un ou qu'ils entendent quelque bruit, ils poussent un cri d'alerte, et aussitôt toute la troupe prend la fuite en emportant tout ce qu'ils ont pu saisir, Le Pithèque n’a guère que deux pieds de haut lorsqu'il est droit sur ses jambes; il peut marcher debout pendant quelque temps, mais il se soutient avec difficulté dans cette attitude, qui ne lui est pas natürelle, Sa face est presque nue, un peu allongée et ridée, ce qui lui donne toujours un air vieux, Il à vingt-deux dents (l'adulte en a trente-deux comme l'Homme et les autres Singes Pithéciens). Gelui de tous les Singes avec lequel le Pithèque a le plus de rapports est le Magot, dont il diffère cependant par des ca ractères si tranchés, qu'il paraît bien former une espèce distincte, Le Magot est plus grand. Les dents canines supérieures du Magot sont allongées comme des crocs de Chiens; celles du Pithèque sont courtes et à peu près semblables à celles de l'Homme (ce ne sont là que des conséquences de la différence d'âge, et le Pithéque de Desfontaines, au lieu d’être une espèce particulière, n'est que le jeune de son Magot). Le Pithèque a des mœurs-plus douces, plus sociables que le Magot. Celui-ci conserve toujours, dans l'état de domesticité, un caractère méchant et féroce ; le Pithéque, au contraire, s'apprivoise et devient familier » (cette douceur dépend encore de l’âge). :
Un Pithèque, c'est-à-dire un jeune Magot que Desfontaines avait rapporté de son voyage, à fourni à Vieq d'Azyr le sujet d’un long travail anatomique (O£uvres de Vicq d'Azyr, tome V, page 295 à 320, et Encyclopédie méthodique, 1792). L'auteur y traite successivement des os, des museles, ainsi que des organes de la cireulation, de la respiration, de la sécrétion, de la sensation, de la sensibilité, de la génération et de la nutrition. Plus récemment, les Singes de cette espèce sont devenus assez coinmuns; on en à surtout reçu un grand nombre depuis l'occupation de l'Algérie, et tout le monde à eu occasion de les voir en vie, C'est pourquoi nous ne nous étendrons pas davantage à leur égard. Les détails que F, Cuvier à publiés sur leur compte ont d'ailleurs été reproduits fort souvent dans les ouvrages de compilation.
Les jeunes Magots aiment la société de l'Homme où des Animaux; ils sont faciles sur le choix de la nourriture, mais ils sont toujours plus ou moins sales, quelque éducation qu'on leur ait donnée, En grandissant, ils deviennent colères , et, comme plusieurs autres Animaux de la même famille, ils expriment l’état d'irritation qui leur est habituel par des mouvements très-précipités et comme convulsifs de la mâchoire inférieure, et ils les accompagnent d'un
fort claquement de dents, Quand ils ne sont pas encore assez méchants pour qu’on les prive de liberté ou qu'on les isole, ils donnent quelquefois des marques d’attachement aux personnes où aux Animaux dans le voisinage desquels on les tient, Ts aiment surtout à chercher dans les cheveux de leur maître ou dans le poil des Chats, des Chiens et des aulres compagnons qu'on leur à donnés, les moindres saletés qui s’yrencontrent, et, à mesure qu'ils les
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\la celui-( Magot transit aux G
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queue contra par le Le pléme uiger) Wan auteu) Cynoc aussi On ôtre d trois }
ens; mais point,
faits aussi le dernier, tails à cet le ; is ont
Atlas, qui sont quelent encore s en avons nelons , de s prennent en à deux aire sentiils pousqu'ils ont s jambes ; dans cette ridée, ce ux comme à Pithèque | tranchés , anines sumt courtes nces de la lière, n'est que le Maféroce ; le encore de
voyage, à ", tome V, ent des os, tion, de la les Singes ibre depuis t pourquoi publiés sur lation.
ciles sur le ation qu’on :$ Animaux iouvements ignent d'un n les prive it aux perà chercher res COMpae qu'ils les
ont saisies, ils les portent à la bouche, Is agissent de même entre eux, et les femelles con” sacrent beaucoup de temps à épouiller ainsi leurs petits; elles les soigneut avec tendresse, Les mêmes habitudes s’observent chez les Gynocéphales et chez beaucoup d'autres Singes, On dit que les Arabes mangent avec plaisir la chair des Magots,
Les anciens, comme nous l'avons vu, ont souvent parlé de cette espèce, qui est encore commune dans les parties nord de l'Afrique, qu'ils connaissaient le mieux.
Strabon lève tous les doutes qui pourraient exister au sujet du Pithèque lorsqu'il nous donne l'indication de la patrie véritable de ce Singe, Il rapporte, en effet, que Posidonius, en allant par mer de Cadix en Italie, avait longé la Lybie (Etats barbaresques) , et qu’il avait eu l’occasion de voir un très-grand nombre de Pithèques dans les forêts qui couvrent la côte de cette partie de l'Afrique, On le prouverait au besoin, comme l'ont fait Camper et de Blainville, par le texte de Galien,
\ la suite du Pithèque, c’est-à-dire du Magot, nous décrirons un Singe assez analogue à celui-ci par ses formes, mais qui vit dans un pays trés-éloigné de celui où l’on trouve le Magot véritable ; c'est le Cynopithèque nègre, que l’on peut regarder comme établissant la transition des Macaques aux Gynocéphales, comme les Mangabeys forment celle des Macaques aux Guenons.
GENRE GYNOPITHÈQUE (Cynopithecus, Is. Geoffroy). Point de traces extérieures de
queue; face médiocrement allongée ; oreilles
rondes et bordées ; dentition des Gynocéphales ,
mais avec un développement bien moindre des
canines et de la premitre molaire inférieure que
chez les autres espèces de ce groupe. Tels sont
les principaux caractères génériques que présen-
tent une curieuse espèce de Singe propre à Cé-
lèbes et à quelques îles voisines, Cette espèce
est entiérement noire, et sa taille est un peu
inférieure à celle du Magot, Son naturel est vif,
doux, intelligent, et elle semble relier encore plus
intimement les Cynocéphales aux Anthropomor-
phes que ne le fait le Pithèque lui-même, On
ne saurait cependant la séparer des premiers, et
elle est peut-être une preuve qu'il faudra en reve-
nir à classer les Singes comme le faisait Buffon,
c'est-à-dire à faire suivre immédiatement les
A So in oi espèces de la première catégorie par les Gynocé-
phales ou Babouins, et à reléguer les Singes à
queue longue après ceux qui l'ont courte ou nulle, Ge serait presque, comme on le voit, le
contraire de ce que nous avons dà faire pour nous conformer à la marche généralement suivie par les naturalistes actuels.
Le Singe type du genre Gynopithèque a d’abord été décrit par Desmarest dans le Supplément à son Traité de Mammalogie, sous le nom de CYNOGÉPHALE NÈGRE (Cynocephalus uiger); il est aussi indiqué par Fréd, Cuvier dans un des articles de son Histoire des Mammifères qui ont paru à la même époque; c'est maintenant le Cynopithecus niger. D'autres auteurs l'appellent Macacus niger, parce qu'il n'a pas les narines terminales des autres Cynocéphales, et qu'ils le considèrent comme une espèce du genre Macaque, Enfin, c'est aussi le Macacus malayanus de Desmoulins,
On à vu vivants à Paris et à Londres plusieurs Gynopithéques nègres, et cette espèce à pu être disséquée, Son intestin présente un cœcum ample comme celui des Macaques et long de (rois pouces; son gros Intestin, que nous avons mesuré sur l'exemplaire qui avait été figuré
vivant pour les velins du Muséum, en 1839, a deux pieds huit pouces de longueur, et l'intestin grêle cinq pieds. MM. Quoy et Gaimard ont parlé du Cynopithèque nègre dans la partie zoologique de la première expédition de l'Astrolabe commandée par Dumont d’Urville, Leur exemplaire provenait de Matchian, Il était familier et jouait avec la première personne venue sans jamais faire aucun mal. On assure
que la même espèce existe aussi aux Îles Sulu L la
ou Soloo, qui forment un petit archipel entre ble
Bornéo et Meudanao, et limitent au nord la po
mer de Célèbes. na
M. Temminck, dans son Coup d'œil sur les Ge
possessions néerlandaises de l'Inde, donne cé|
comine distincte du Gynopithèque nègre, mais Pi! ‘4 comme étant du même genre, une autre espèce tot j: dont le pelage est brun noirâtre au lieu d'être qu d d’un noir intense; c'est son Papio nigrescens : ye ‘l toutefois, ce n’est peut-être qu'une variété du | ch précédent, et il n’en est plus fait mention dans ; Cy
la liste des Mammifères propres aux mêmes tré
îles que MM. Temminck et Schlegel ont placée È Cy
plus récemment en tête de l'ouvrage de M. Sa- } à
lomon Muller, Le Cynopithèque nègre v est Ë # S0
seul indiqué sous son ancien nom de Cynoce- ones A de er Deus cs | Si
phalus niger, pl
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CYNOPITHÈQUE NEGRS, 1,8 de grand, nat.
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