CYNOCÉPHALES
Quoique le nom de Gynocéphale, en grec KuvoxeyxAos, indiquant une ressemblance avec la tête du Chien, ait été employé par Aristote pour désigner un Singe qui n’est très-probablement que le Magot dans un âge avancé, on s'en sert assez généralement aujourd’hui pour indiquer des Singes de l’ancien monde ayant, comme les Babouins et les Mandrilles , les narines terminales, la face très-allongée, les mœurs toujours grossiéres et les goûts sordides,. zeoffroy-Saint-Hilaire et G. Cuvier avaient cependant employé la dénomination de Cynocéphales pour désigner, dans leur nomenclature de 1795, le genre qu’on à depuis lors appelé Pithèque ou Magot (Pithecus, Inuus, Magus). M est vrai que acception donnée par Aristote au mot Cynocéphale n’est pas celle que lui ont conservée d’autres auteurs anciens, et que plusieurs s’en sont servi pour indiquer des espèces appartenant très-certainement au genre que l’on appelle actuellement du même nom de Cynocéphales, C’est ainsi qu’Agatharchides, dans son livre sur la Mer Rouge, et Pline, dans son Histoire naturelle, font venir les Cynocéphales et les Sphynx des parties de l'Afrique qui avoisinent l'Égypte; ce qui s'accorde trés-bien avec la patrie des Hamadryas, qui constituent l’une des espèces de la série des iynocéphaliens dont il a été le plus souvent question, Il est également probable que c’est à quelqu'un des Singes nommés Cy..océphales par les modernes qu’Aristote à fait allusion sous le nom de Chéropithèque, en grec Xotgortfexos, qui signifie Gochon-Singe, ou plutôt Singe à formes de Cochon, ‘e me‘ convient, en effet, sous tous les rapports, aux Cynocéphaliens, et de Blainville, qui a essayé de roformer la nomenclature des Singes, l’a employé pour désigner ceux dont nous allons parler, le nom de Cynocéphales prêtant à quelque confusion, si l'on se rappelle les diverses acceptions qu'on lui a successivement données, Les Cynocéphaliens ou Chéropithéciens répondent aussi, à peu de chose près, aux Babouins de Buffon, et ils ont encore reçu plusieurs autres dénominations.
Comme on le voit, la synonymie de ces Animaux était loin d’êlre claire avant que Buffon publiât dans son Histoire naturelle les chapitres qu’il leur a consacrés, et elle s’est encore notablement eompliquée depuis que ces chapitres ont paru. C’est là le mauvais côté de la nomenclature : elle traîne avec elle une quantité souvent considérable de dénominations devenues inutiles ou qu’on à appliquées de travers, et c’est au milieu de ce pêle-mêle de mots tombés en désuétude, changés dans leur signification ou diversement altérés, qu'il faut faire passer la véritable science. Aussi est-il parfois difficile de ne pas accorder à la synonymie plus d'importance qu'elle n’en mérite, et l’on doit également craindre, dans d’autres circonstances, de faire trop bon marché de ses exigences; dans ce dernier cas, la confusion ne tarde pas à obscurcir les résultats auxquels on croyait être arrivé,
Les Cynocéphaliens, avec lesquels on place fréquemment le genre Cynopithèque décrit plus haut, ont été divisés en deux genres principaux, savoir : les Mandrilles et les Cynocéphales, partagés eux-mêmes en plusieurs sous-genres dans les ouvrages récents de Mammalogie,
Les Animaux de ces deux genres atteignent une taille supérieure à celle des Singes que nous avons nommés Semnopithèques, Guenons et Macaques; mais ils ne deviennent pas aussi grands que les Orangs ou les Gorilles, Ils sont hauts sur jambes ; leur corps est fort et leurs membres sont robustes, Chez quelques-uns, la tête se modifie encore plus avec l’âge que chez les grands Singes que nous venons de nommer, et souvent on à embrouillé leur synonymie, parce qu'on a regardé les jeunes comme appartenant à d'autres espèces que les adultes, Les observations auxquelles ils ont donné lieu sous ce rapport montrent qu'on ne saurait plus se servir, comme on le faisait autrefois à l'exemple de P, Camper, de la mesure de l'angle
facial pour classer les Singes, Il y a, dans certains cas, entre la face ou le crâne des jeuues et des adultes, des différences en degrés bien plus considérables que celles qui séparent ailleurs des genres fort distincts, les Gibbons et les Macaques par exemple, En mème temps que la tête osseuse des Cynocéphales se développe dans sa partie faciale, leurs dents, et surtout les canines supérieures, prennent aussi une force plus considérable; celles - ci deviennent de longs crocs aussi redoutables que ceux des (Carnassiers les mieux armés, Aussi les blessures que les Gynocéphales font en se défendant ou même en atlaquant, ce qui leur est Dents be Cyvxocérnane Parion, 3/4 de grand. rat. assez habituel, surtout dans les ménageries, sont-elles profondes et par conséquent fort dangereuses. Le caractère de ces Singes devient encore plus farouche que celui des Magots ou de tous ceux que nous avons déjà signalés comme subissant des modifications analogues, et ils inspirent une telle crainte lorsqu'ils sont devenus adultes, qu'une de leurs espèces est souvent appelée par les Anglais Man-Tiger, c'està-dire l’'Homme-Tigre,
On les rencontre dans les grandes forêts, dans les lieux rocailleux ou sur des montagnes en général peu élevées, Ils sont essentiellement propres à l'Afrique, mais une de leurs espèces, l'Hamadryas, existe aussi en Arabie, La Cafrerie et les environs du Cap, les pays boisés du golfe de Guinée, la Sénégambie et l'Abyssinie, enfin la Nubie, nourrissent les diverses espèces connues de CGynocéphaliens, Il paraît en exister huit au moins, mais toutes ne sont pas également bien connues.
En captivité, ces Animaux se font remarquer par leurs instincts vicieux, et les habitudes grossières qu'ils contractent changent souvent en répugnance ou en dégoût la curiosité que leur intelligence inspirait d’abord, Nous parlerons en premier lieu de ceux qui ont la queue trèes-courte ; ce sont aussi les plus variés dans leur mode de coloration,
GENRE MANDRILLE (Mandrilla, Desmarest), Queue fort courte, comme perpendiculaire à l'épine dorsale ; face s’allongeant avec l'âge sous forme d’un long museau; narines terminales ; côtés du nez marqués de fortes rides plus ou moins vivement colorées, et soulevées, chez les sujets adultes, par des boursouflures longitudinales des o$ maxillaires, On en distingue deux espèces, toutes deux de la côte occidentale d'Afrique, Les anciens n'en ont probablement point eu connaissance,
Le Maxonizze GHoras (Mandrilla Mormon) répond aux Simia Mormon et Maimon des naturalistes linnéens et au Mandrille de Buffon, qui n’en à connu en nature que le jeune àge, C’est le Boggo des nègres de la Guinée, On ne l’a vu en Europe que depuis l'établissement des Portugais sur la côte occidentale d'Afrique, Gomme ses caractères changent notablement avec l'âge, on a, pendantun certain temps, considéré les jeunes comme étant d’une autre espèce que les adultes; Linné leur a donné le nom de Simia Maimon, et Buffon celui de Choras, Cette. crreur paraîtra toute naturelle, si l'on examine, sur les deux àges de cette espèce, les couleurs du corps, la forme générale, et surtout la grandeur proportionnelle de la face et du crâne, ainsi que je développement des canines, Ges diverses parties sont, en effet, trés-diffé-
Dépot
ren le j l'ad par nait de (
des on
far foir que
aues et ailleurs ts, les 1es par ps que ynocélans sa nts, et périeule force les - ci
Crocs e Ceux mieux essures font en me en eur est it dans t-elles encore comme levenus , C'est-
ntagnes spèces,
boisés liverses ne sont
bitudes ité que à queue
endicunarines | soule- Onen ’en ont
non des ne àge, sement lement espèce Choras.
ce, les 6e et du