‹ Histoire naturelle des mammifères [microforme] (volume 2)Chapitre 34 sur 96 · fo · texte numérisé non relu

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rentes chez ces deux sortes d'Animaux, et leurs habitudes offrent une égale diversité. Autant le jeune Mandrille est doux et paraît susceptible de se perfectionner par l'éducation, autant l'adulte, et surtout le vieux mâle, est sauvage et redoutable. L’extrême prépondérance que la partie faciale de sa tête à prise sur la partie crânienne proprement dite, la vigueur extraordinaire de ses membres, l'effrayant développement de ses dents canines supérieures, la nudité de certaines parties de son corps et la facilité avec laquelle elles s’injectent sous l'impression des sentiments impétueux qui l’animent, font du vieux Mandrille Choras non pas, comme on l’a dit, le moins intelligent des Singes, mais l’un des plus redoutables Animaux de cette famille, Aussi tient-on enfermés tous les individus arrivés à cet âge que l’on montre dans les foires ou dans les établissements publics, Leurs habitudes sont en général aussi révoltantes que leur aspect est hideux,

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ManontLer Cuonas, 1/10 de grand. nat.

Cependant leur pelage est assez élégant, et les parties nues de leur corps sont vivement colorées; leur face, en particulier, est comme enluminée par des bandes rouges, bleues et blanches, et les rides ou sillons qu'on y remarque semblent être l’effet d’un tatouage plutôt qu'une disposition naturelle, Toutes les parties supérieures de leurs cuisses et le grand espace nu de leurs fesses sont également colorés du rouge le plus vif avec un mélange de bleu qui ne manque réellement pas d'élégance, Ces couleurs ne sont pas le résultat d’ûn pigmentum , comme on le voit chez beaucoup d'autres espèces: elles dépendent d’une injection toute particulière de ces parties, et elles s’affaiblissent ou s’effacent lorsque l’Animal meurt ou même lorsqu'il est seulement malade, Ce Mandrille a encore deux des rides saillantes qui se trouvent de chaque côté du nez, colorées par le bleu le plus pur, et le nez lui-même devient d'un rouge brillant lorsque l'âge adulte commence ; mais, quoique ces couleurs aient beaucoup d'éclat, elles ne sont pas comparables à celles des cuisses ; on en voit même se développer de semblables chez d'autres quadrupèdes et sur des points différents du corps à l'époque où ils arrivent au terme de leur accroissement, telles sont les couleurs bleues, jaunes, etc., du scrotum chez le Malbrouk, le Grivet et quelques autres,

Pendant les années qui précédent le développement des canines, les Mandrilles ont la tête

large et courte ot le corps assez trapu: leur face est noire avec les deux côtes ou rides

maxillaires bleues; le derrière ne montre encore aucune couleur particulière, Dès que les canines commencent à pousser, leur corps et leurs membres s’allongent et prennent des proportions élancées, en même temps que la physionomie devient plus grossière par l'allongement du museau. Alors l'extréinité du nez rougit, les fesses se parent de leurs vives couleurs et le scrotum devient rouge.

Après deux ou trois ans, les canines ont pris un accroissement considérable ; les muscles des membres se sont fort épaissis; toutes les parties du corps ont acquis de l'ampleur, principalement les postérieures , et le museau s'est développé dans les mêmes proportions; de sorte que ce Mandrille à membies si grêles et à corps si mince, a pris des formes si trapues et si lourdes qu'on pourrait à cet égard le comparer à un Ours. Durant cette période, le nez devient rouge à peu près dans toute la longueur, et les brillantes couleurs des cuisses s'avivent, ainsi que le rouge des parties qui sont voisines de l'anus, Quant au pe lage, il n’éprouve aucun changement important : il est généralement d’un brun verdàtre,

plus clair sur la tête que sur le reste du corps, ce qui résulte de poils colorés ; dans toute leur longueur, par des anneaux alternativement noirs et jaunes sales; derrière chaque oreille se trouve une triche d’un blanc grisâtre; les côtés de la bouche sont d’un blanc sale, et le menton est garni d’une barbe jaunâtre. La région postérieure du ventre est blanchâtre, mais les autres parties inférieures du corps sont brunâtres, Dans les vieux individus, les poils de la tôte se relèvent quelquefois de manière à former une aigrette ; Piris est d’un brun clair; les oreilles et les mains sont noires,

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F. Cuvier ajoute que la voix de ces Animaux est sourde, comparable à un grognement, et qu'elle semble exprimer l’articulation aou! aou! Les femelles restent constamment plus pelites que les mâles, Leur peau ne se colore pas d'une manière aussi vive et aussi brillante ; leur nez ne devient jamais entièrement rouge; mais, par contre, à l'époque du rat, c'est-àdire chaque mois, leurs organes sexuels s’entourent d’une protubérance monstrueuse qui résulte d'une grande accumulation de sang dans ces parties, et qui a sphérique, Lorsque le rut cesse, cette protubérance s’efface petit vingt-cinq ou trente jours plus tard,

généralement une forme à petit, pour reparaître

Des variations, dont le détail est aujourd'hui bien connu, accompagnent les modifications plus profondes du crâne que nous avons déjà signalées et les changements considérables qui s'opérent dans tout le système osseux,

Le Mandrille Choras vit en Guinée; il se nourrit principalement de fruits; en captivité il mange à peu prés de tout,

Les Singes de cette espèce ont les désirs très-ardents, et on leur a souvent attribué un goût tout particulier pour les négresses, qui, dit-on, les redoutent extrêmement. Les récits faits à cet égard par les voyageurs qui ont été en Guinée semblent confirmés par la manicre dont les Mandrilles Choras se comportent dans nos Ménageries, G. Cuvier a même donné des détails sur ee point dans l'ouvrage intitulé La: Ménagerie du Muséum, qu'il a publié avec Lacépéde et E, Geoffroy : « Nous avons déjà eu l'occasion de parler, dit Cuvier, de l'amour des Singes pour les femmes; aucune espèce n’a donné des marques plus vives que celle-ci, L'individu que nous décrivons entrait dans des accès de frénésie à l'aspect de quelques-unes ; mais il s'en fallait bien que toutes eussent le pouvoir de l’exciter à ce point. On voyait clairement qu'il choisissait celles sur lesquelles il voulait porter son imagination, et il ne manquait pas de donner la préférence aux plus jeunes, I les distinguait dans la foule, il les appelait de la voix et du geste, et on ne pouvait douter que, s’il eût été libre, il ne se fût porté à des violences. Ces faits bien constatés, observés par mille témoins éclairés, rendent très-digne de foi tout ce que les voyageurs rapportent sur les dangers que les négresses courent de la part des grands Singes qui habitent leur pays, »

IL arrive parfois que certains Choras conservent plus longtemps que d’autves, en captivité, la douceur de leur jeune âge, et l'éducation peut dans certains cas tempérer leur brutalité jusqu’à permettre de les montrer sur la scène, sans qu'il en résulte ni au physique ni même au moral d’inconvénients pour les assistants.

On cite comme s'étant fait remarquer sous ce rapport un Choras que M, Cross montrait à ixeter-Change, à Londres, il y a déjà un certain nombre d'années. Ce Singe s'appelait Happy Jerry, et sa réputation n'était pas restée ignorée du souverain de la Grande-Bretagne, Georges IV, qui l’honora d'une invitation spéciale pour Windsor (a special invitation to Windsor). Jerry savait s'asseoir d'une manière trés-convenable sur une chaise, et, comme il avait à peu près la taille d’un homme (early five feet long), il y tenait une place assez respectable, I savait boire du porter avec autant d'aisance que les habitués d'une taverne et il se servait comme eux du classique gobelet d’étain (pewter mug). M. Adam White, du Muséum britannique, dont l'ouvrage sur les Mammifcres nous fournit ce récit, ajoute qu'à l’occasion Jerry fumait la pipe et qu’il apportait dans cet acte important une remarquable gravité, Le texte anglais dit en effet : Ressembling the gravity of a german philosopher.

Le MaxpRizLe LEucoPte (Mandrilla Leucophea), dont on doit la distinetion et une bonne description à Fréd, Guvier, a reçu de ce naturaliste le nom de Drrer. (Simia Leucophea), Le Leucophe ressemble beaucoup au Ghoras, seulement il est plus verdâtre aux parties supéricures et il a plus de blanc aux autres parties, Dans le mâle adulte, le dos, les côtés du corps, la tête, la face extérieure des membres et une bande au bas du cou, en avant des pattes antérieures, sont couverts de longs poils très-fins, gris à leur moitié inférieure et alternativement noirs et jaunes sur leur autre moitié, Ce sont ces deux dernières couleurs qui for

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ment la teinte verdâtre de l’Animal pour loutes les parties supérieures du corps. Dans la femelle ja nuance est généralement plus pâle. Le jeune mâle, qui a la tête bien moins allongée et les crôtes sourcillères encore

peu développées, a les couleurs

du pelage assez semblables à

celles de la femelle.

Ce qui distingue à la première vue le Mandrille Leucophe du Mandrille Choras, c’est la couleur entièrement noirâtre de sa face, qui n'acquiert ni Îles teintes bleues ni la rougeur terminale que nous avons signalées chez celui-ci, Malheureusement ces teintes changent avec la dessiceation, et les deux espèces de Mandrilles sont assez difficiles à distinguer d’après les exemplaires préparés de nos Durs 4/5 de grand. nut. collections : c'est sur le vivant qu'il faut constater leurs véritables caractères, Ge Leucophe à d'ailleurs les mœurs de son congénère et il vit dans les mêmes régions de l'Afrique,

GENRE GYNOC ÉPHALE (Cynocephalus). Getle dénomination est déjà employée par les auteurs de l'époque de la renaissance, et en particulier par Gessner, dans un sens analogue à celui qu'elle a de nos jours. Toutefois on attribue la distinction du genre Cynécophale à Brisson, naturaliste français, qui a publié vers le milieu du siècle dernier un volume relatif aux Mammifères sous le titre de Règne animal.

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