OS HYOÏDE ET CARTILAGE THYROÏDE DU HUALEUR
2/5 de grand, nat,
Comme il est facile d'approcher les Hurleurs, on peut se nlacer au-dessous d'eux si l’on veut les Lirer; mais il paraît que la crainte les gagne bientôt, et elle est souvent assez grande pour qu'ils làchent leurs excréments, qui tombent alors sur les personnes ou sur les Animaux qui les inquiétent, C'est ce qui à fait penser qu'ils avaient recours à cette tactique pour éloigner leurs ennemis, et l’on à dit qu'ils prenaient même leurs ordures avee la main pour les jeter au visage de ceux qui les inquiètent,
La queue leur est trés-utile pour se maintenir sur les arbres; on rapporte qu’ils s’en servent si souvent et qu’une fois accrochée elle est si tenace que, lorsqu'on les à blessés ou mème tués, ils restent suspendus, et qu'il est assez difficile de se les procurer après qu'on les x tués, Dans quelques parties de l'Amérique on mange leur chair après les avoir fait rôtir à la broche ; mais Watterton rapporte que la ressemblance, que montre alors leur corps pelé
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avec celui d'un petit enfant qu'on aurait écorché, répugne aux voyageurs européens qui se refusent à manger d'un pareil mets, La peau des Hurleurs est employée pour la sellerie,
Ces Singes n'ont, comme tous ceux qui précèdent, qu'un seul petit à chaque portée, La femelle le porte sur son dos, et il s'attache à son cou à l'aide de ses bras, Lorsqu'elle est trèseffrayée, il arrive quelquefois qu'elle l'abandonne pour se sauver elle-même plus facilement, Quelques auteurs l'ont, à cause de cela, considérée comme n'ayant qu'à un faible degré les seutiments qui anment les femelles de presque tous les autres Animaux, et il en est qui ont eru en trouver la raison dans le moindre développement des parties postérieures du crâne; ce qui est, en effet, l'un des caractères des Hurleurs, On sait que c’est dans la partie du cerveau qui y est logé que Gall plaçant le siége des sentiments qui portent les parents à se dévouer pour leurs petits, Cet organe est nommé organe de la philogéniture par quelques phrénologistes, Mais la doctrine de Gali n’est qu'une exagération de la véritable phrénologie, et elle a reçu (le trop rudes atteintes pour qu'on là prenne encore au sérieux dans ses détails, Le fuit suivant, rapporté par Spix, est d’ailleurs assez loin de lui être favorable en ce qui concerne les Hurleurs,
Spix raconte que des femelles de ce genre, qui avaient 6t6 blessées, fuyaient en emportant leurs petits avec elles, et qu'au moment où leurs propres forces les abandonnaient, elles avaient encore assez de courage et en même temps assez de prévoyance pour lancer ces jeunes Animaux sur les branches afin de les ravir aux chasseurs qui les poursuivaient, L'indifférence des Hurleurs pour leurs petits est cependant attestée par Azara, mais lui-même ne donne pas pour certain tout ce qu'on lui avait rapporté à ce sujet, et, s’il raconte qe les Hurleurs femelles abandonnent leurs petits lorsqu'on leur erie des soltises, «cris au bruit desquels la mère arrache son pet son cou et le jette par terre, » il ajoute : «On applique le même conte aux Singes qi * décris après celui-ci (au Saï) ; néanmoins il n'est pas douteux que la mère n'abandonne petit que parce qu'elle est effrayée des éclats qu’elle entend, et que ce ne soit pour fuir avec plus de légèreté; car quel instinct lui ferait comprendre la signitication de l'injure qu'on emploie et qui ne saurait en être une pour elle? »
On distingue plusieurs espèces de Hurleurs, Les changements que leur couleur éprouve avec l’âge ou suivant le sexe en avaient fait d'abord établir un nombre plus considérable que celui que l’on accepte maintenant, et il faudra peut-être réduire aussi ces dernières lorsqu'on les connaîtra d'une maniére plus complète,
Le HURLEUR ROUX (Wyceles seniculus) est l'Alouate de Buf fon, le Sünia senicula de Linné, et le Mono colorado L. de Humboldt, IE a le dessus du corps d'un beau roux ; sa tête et ses extrémités sont d'un roux foncé trés-vil; sa face est nue ct noire, Le corps et la Lête ont quarante-cinq centimètres environ : la queue est un peu moins longue, Ge Singe vil principalement dans la Guyane.
HeunLecr ROUX, 13 de grand.
Le HuURLEUR À QUEUE DoRÉE (Myceles chrysurus, 1, Geoffroy) est de la Colombie, principalement sur les bords de la Magdelaine, dans le gouvernement de la Nouvelle-Grenade, Il porte le nom d'Araguato. La derniére moitié de sa queue et le dessus de son corps jusque vers les épaules, sont d'un fauve doré très-brillant; Pautre moitié de la queue est d'un roux marron assez clair, et le reste du corps est d’un marron foncé, principalement sur les membres, où il prend une teinte violacée,
Comme la plupart des Singes, le Hurleur à queue dorée vit par troupes, M, Roulin, qui à eu l’occasion de l'observer plusieurs fois, a remarqué que lorsqu'une bande d'Araguates doit passer d'un arbre à l'autre, tous les individus qui la composent agissent d'une manicre absolrment semblable, sautant successivement aux mêmes points, ct posant aussi leurs
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pieds aux mêmes places, comme si chacun d'eux était obligé d'imiter, jusque dans ces détails, celui qui la précédé, MM, Castelnau et Emile Deville ont retrouvé le Hurleur à queue dorée au Brésil, dans la province de Matto-Grosso, sur les bords du Paraguay,
Huneeur À QUEUE bouée, 1/6 de grand, nat
Le TunLeur OunsoN (Wyceles ursinus), où l'Aragualo de la Monographie publiée par de Humboldt, habite principalement les bords de l'Orénoque, en Colombie; mais on le trouve
aussi au Brésil dans plusieurs provinces,
HerLEUR Ounson, 1/3 de grand
Étienne Gcoffroy, qui l’a nommé Stentor ursinus, en a séparé, sous le nom de Slentor flavicaudatus et de 5, fuscus, deux autres Singes ‘ont le second répondrait à l'Ouarine de Buffon, qui est
OUARINE
be BUFFON, 1/8 de grand, nat,
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elle-même le Simia Belzebuth de Linné , ainsi qu'au Guariba de Margrave ; tandis que le flavicaudatus serait le Choro de M. de Humboldt, On ne les distingue plus de l’Ourson. La couleur de ces Singes est d’un roux doré, à peu près uniforme, avec la face en partie couverte de poils. Ils recherchent les contrées élevées et froides et se tiennent de préférence auprès des mares ombragées par les Sagoutiers,
Le HURLEUR AUX MAINS ROUSSES (Mycetes rufimanus de Kuhl) serait la quatrième espèce de ce genre. Son pelage est généralement noir, sauf sur les mains, qui sont rousses, Spix a nommé Mycetes discolor des Hurleurs ayant les mêmes caractères, On les rencontre dans le Brésil, principalement dans la région de l’Aragay, d'où le Muséum en a reçu par les soins de MM. de Castelnau et E. Deville,
Le HurLzeur Notr (Mycetes niger, E. Geoffroy), ou le Caraya d'Azara, est tout à fait noir dans les mâles adultes, et, au contraire, jaunâtre dans les femelles et dans les jeunes mâles ; aussi ces derniers ont-ils été décrits, comme formant une espèce à part, sous le nom de Séentor stramineus.
Les Hurleurs noirs sont de la Bolivie ainsi que du Brésil, et ils s'étendent jusqu’au Paraguay où Azara les a observés.
Dans unmémoire publié en 1845,
M. Gray signale comme nouvelles quatre espèces du genre d’'Hurleurs, sous les noms de Mycetes laniger, bicolor, auratus et villosus. Une espèce encore différente existerait au Pérou, d’après le savant voyageur M, Tschudi,
GENRE LAGOTHRICHE (Lagothrix, E. Geoffroy). Les Lagothriches ont les proportions moins robustes que les Hurleurs, et leur os hyoïde bien moins développé ; leur queue est également longue, prenante et calleuse en dessous vers son extrémité, Leur pelage est trèsfourni et très-moelleux, et il forme une épaisse fourrure,
L'AGOTHRICHE DE CASTELNAU (Lagothrix Castelnaui, Isidore Geoffroy et Deville), rapporté des bords du haut Amazone, au Pérou, par MM. Castelnau et E, Deville, On doit à M. Deville quelques observations relatives au Lagothriche de Castelnau qui peuvent nous donner EGOTBRICHE DE Castétrau, 48 de grook
HURLEUR AUX MAINS ROUSSES, HURLEUR NOIR, 1/3 de grand. nat, 14/3 de grand, nat,
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une idée des mœurs qui distinguent les Singes de ce genre, Ces Animaux sont fort intelligents, extrêmement gourmands et très-voleurs ; ils s’apprivoisent, du reste, facilement et sont affectueux pour ceux qui en prennent soin; ils se servent de leur queue, comme les Atèles, pour saisir au loin les objets qu'ils prennent ensuite avec leur main pour les porter à leur bouche, Lorsqu'on leur attache les mains supérieures derrière le dos, ils marchent debout avec une grande facilité, Si on les tourmente, ils font entendre un petit grognement et projettent, de même que les Atéles et les Orangs, leurs lèvres en avant,
On en a distingué plusieurs espèces, dont trois seulement paraissent être authentiques, Leur taille est moindre que celle des Hurleurs. et leur naturel est plus doux. On les trouve dans la Colombie, au Pérou et au Brésil, Voici les noms de celles qu’on a décrites :
LAGOTHRICHE GAPPARO (Lagothrix Humboldtii, E. Geoffroy), M. De Humboldt, qui l'avait observé sur les bords du Rio-Guaviare, l’a signalé sous le nom de Simia lagothri. A1 a été retrouvé à l'embouchure de l'Orénoque, en Colombie et au Pérou.
LAGOTHRICHE ENFUMÉ (Lagothrix infumatus de Spix, ou Lagothrix Poppigü de Schinz),
LAGOTHRIGHE GRISON (Lagothrix canus, E, Geoffroy), du Brésil.
GENRE ERIODE (Z£riodes, Is. Geoffroy). Queue longue, préhensile, en partie nue et calleuse sous son extrémité, À ce caractère par lequel les Ériodes ressemblent aux Hurleurs , aux Lagothriches et aux Atèles dont nous parlerons ensuite, ils joignent une forme générale, une longueur de membres et des proportions plus analogues à ce que l’on voit chez ces derniers, dont ils s’éloignent, au contraire, par d’autres points, pour se rapprocher des deux premiers, Aussi doivent-ils être considérés comme intermédiaires aux uns et aux autres , et c'est ce que confirment l’étude de leur crâne et celle de leur dentition, Il faut y joindre qu’ils ont les ongles presque aussi comprimés que les griffes des Ghiens et de quelques autres Carnassiers; que le pouce de leurs mains de devant est nul ou tout à fait rudimentaire (voyez page 4), et que leurs narines sont moins écartées que celles des autres Cébiens, et plus semblables, sous ce rapport, à celles des Pithéciens. Une des espèces d’Ériodes avait servi de type à Spix pour établir son genre Brachyteles, mais il en avait rapproché à tort un véritable Atèle,
« Ce genre Ériode, dit M. Is. Geoffroy, est, dans l’état actuel de la science, composé de trois espèces, toutes originaires du Brésil, et encore peu connues; aucune d'elles n’a jamais été, du moins à notre connaissance, amenée vivante en Europe, depuis un individu qu'Edwards vit à Londres, en 1761, et qu’il a mentionné sous le nomi de Singe-Araignée, sans nous transmettre à son sujet aucune remarque intéressante, Les Ériodes ont été également très-peu observés dans l’état sauvage, Spix, auquel on doit la découverte de l’un d'eux, nous apprend seulement que ces Singes vivent en troupes et font, pendant toute la journée, retentir l’air de
leur voix claquante, et qu’à la vue du chasseur, ils se sauvent très-rapidement en sautant sur le sommet des arbres, » :
L'ÉRIODE HÉMIDAGTYLE (Zriodes hemidactylus, Is. Geoffroy). Il est d'un fauve cendré qui passe au noirâtre sur le dos ; quelques poils roux existent auprès de l'anus. On en doit la découverte à Delalande; Desmarest en a parlé sous le nom d’Atèle hypoxanthe ; mais, d'après M. Geoffroy, ce n’est pas l'espèce que le prince de Neuwied appelle ainsi dans son ouvrage sur la Zoologie du
Énionr mémibacryce, 4/4 de grand, Brésil,
L'Énione À TUBERGULE (Zriodes tuberifer, Isidore
Geoffroy ) est le véritable Hypoxanthe,
Tandis que le précédent a un pouce extrêmement court, mais onguiculé, celui-ci a le tu-
bercule qui représente le même doigt absolument privé d’ongle, Son pelage est d’ailleurs à Ite PARTIE, 16
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peu près semblable au sien, C'est le Miriki des Espagnols établis au Brésil, et le Aupo des Botocoudes. Spix en a parlé sous le nom de Brachyteles macrotarsus.
La troisième espèce, ou l'ÉR10DE ARACHNOÏDE (Eriodes arachnoïdes, Is. Geoffroy), avait fté précédemment décrite par E. Geoffroy comme une espèce d’Atèle, On ne lui voit aucune trace extérieure du pouce en avant; son pelage est d’un fauve clair, qui passe au cendré roussâtre sur la tête et au roux doré sur l'extrémité de la queue et sur les mains, Les Bré siliens l’appellent Macaco vernelto.
ÉRIODE ARACHNOÏNDE, 1/8 de grand, nat.
GENRE ATÈLE (4feles, E. Geoffroy). Ce nom, qui signifie incomplet, fait allusion À l’état imparfait de la main chez les Singes auxquels il a été appliqué. Semblables, sous ce rapport, aux Colobes, les Atèles manquent, en effet, de pouce aux membres antérieurs ; ce sont des Singes à formes grêles, à menibres allongés, ayant la queue aussi longue que ceux des trois
DENTS D'ArèLze Cavos, ATÈLE Noin, ATèLe BELZÉBUrTH, grand. nat, main antérieure gauche, 1/4, sarpe at métacarpe, grand, nat,
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genres précédents , et, de même, nue et calleuse vers son extrémité, Ils s'en servent comme d'un cinquième membre pour saisir les objets et les rapprocher d’eux lorsqu'ils sont trop éloignés, où, ce qui est plus ordinaire, pour se suspendre et s’aider dans leur marche ascensionnelle, Dans tous leurs mouvements, les Atèles enroulent leur queue autour des corps qui sont à leur portée, comme s'ils voulaient se précautionner contre une chute dans le cas où le plan sur lequel ils s'appuient viendrait à leur manquer. On n’a pas constaté qu’ils portent à leur bouche, au moyen de cet organe, comme l'ont avancé quelques auteurs, et, en particulier, Brisson,
Les Singes de ce genre sont fort intelligents, Sous ce rapport ils sont même supérieurs à la plupart des autres Animaux de la même tribu, Leur crâne, surtout dans le jeune âge, est remarquable par sa forme arrondie et par l'élévation notable du front. Ils sont doux , lents dans leurs mouvements et très-faciles à apprivoiser, Les femelles ont dans la disposition de leurs organes externes de la reproduction une particularité qui se rapproche assez de celle qui caractérise le sexe mâle , et quelques voyageurs, trompés par cette singularité de conformation, ont dit que, dans le genre des Atêles, il n’y avait que des mâles et point de femelles, ce qui est, comme on le”pense bien, tout à fait erronné,
ATÈLE Cayou, 1/8 de grand nat
La gracilité des Atèles, la manière lente dont ils allongent leurs grandes pattes ou leur longue queue, les à fait comparer à des Araignées qui remueraient leurs membres grêles, et souvent on les nomme Singes-Araignées, ce qui se dit aussi des Ériodes, On les amène quelquefois vivants en Europe, et il n’est pas rare d’en voir dans les grandes ménageries, comme à Londres ou à Paris, Ce sont des Animaux caressants, qui aiment la société de l'Homme autant que celle de leurs semblables, et qui craignent beaucoup le froid, Ils sont iistes, mais confiants, Quoique leur os hyoïde ait son corps un peu excavé, il est très-loin de ressembler, par son développement, à celui des Hurleurs, et leur voix n’a pas le même retentissement, C'est une sorte de sifflement doux et flûté, qu’on a comparé au sifflement des Oiseaux,
A l'état sauvage, les Atèles vivent par réunions plus ou moins nombreuses et se tiennent dans les forêts; leur nourriture consiste en insectes; ils mangent aussi de petits Poissons, des
Mollusques et d’autres substances animales, Quand ils sont peu éloignés de la mer, ils descendent parfois sur la plage, et ils ramassent des coquilles bivalves, en particulier des Huîtres, dont ils savent, assure-t-on, se procurer le mollusque en brisant la coquille entre deux cailloux,
Dampierre et Dacosta rapportent que lorsque des Atèles veulent passer une rivière ou sauter d’un arbre à un autre sans être obligés de descendre à terre, ils s’attachent les uns aux autres par la queue et se font osciller jusqu'à ce que l'un d’entre eux, placé à l'extrémité libre de la chaîne, puisse atteindre le but auquel ils visent; mais il est plus probable que c’est là une de ces nombreuses exagérations auxquelles les Singes ont donné lieu,
Les naturalistes les plus modernes ont admis l'existence d'un nombre assez grand d'espèces dans le genre des Atéles, et ils en distinguent une douzaine environ par des noms différents :
L’ATÈLE CHaMEck (Ateles pentadactylus, appelé aussi subpentadactylus) était déjà connu du temps de Buffon, C’est un Singe du Pérou et de la Guyane, ayant le pelage généralement noir, mais qui diffère de ceux d’entre ses congénères , qui sont aussi dans ce cas, par la présence aux mains antérieures d’un court rudiment de pouce; c’est ce caractère qui l'avait fait ranger par Spix dans le genre Brachytèle,
AtèLe Cuamecx, 4/4 de grand. nat. ATÈLER Coaïra, 1/3 de grand, nat.
L’ATÈLE GoaïrA (Afeles paniscus), ou le Coaita de Buffon et le Simia paniscus de Linné, est, au contraire, entièrement dépourvu de pouce aux mêmes mains, ainsi que les autres Atèles dont nous parlerons ensuite, On le trouve dans les mêmes parties de l'Amérique que le précédent, et, de plus, au Brésil, Il est noir, avec la face colorée en brun, comine celle d’un mulâtre, L’ArèLe CGayou (4teles ater, Fréd, Cuvier) est également noir sur le corps et sur la face, Il à été rapporté de la Guyane, L’ATÈLE CHUVA (Ateles marginatus, E. Geoffroy), dont on doit la première indication à 5 M. de Humboldt, a, au contraire, la face encadrée de poils blancs, C’est aussi le Coaïta à front blanc de Fréd. Guvier et l’Ateles frontalis de Bennett, Il a pour patrie le Brésil,
ATÈLE Cuuva, 153 de grand, nat. ATÈLE BELzÉBUTU, 1/4 de grand, nat,
sn lo L'ATÈLE Beuzénur (Ateles Brissonit) a été décrit, en 1762, par le zoolugiste et physicien
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français Brisson, d’après un exemplaire appartenant au cabinet de Réaumur, et que l'on avait montré vivant à Paris sous le nom qui lui a été conservé. Son pelage est noir, sauf à la faca interne des membres et sous le corps, où il est blanc et plus où moins lavé de jaunâtre, Sa face est noire, mais le tour de ses yeux est de couleur claire, Dans la Guyane espagnole on l'appelle Marimonda, La même espèce existe au Pérou.
L'ATÈLE MÉLANOCHEÏRE (Ateles melanochir, Desmarest, E. Geoffroy, Kuhl) est gris, avec du noir sur la tête et aux mains, Les exemplaires qu’on en connaît ont été achetés à des marchands ou à des montreurs d'Animaux, et l’on n’a pu savoir de quelle partie de l'Amérique ils provenaient, F, Cuvier en donne une figure faite d’après le vivant,
L’ATÈLE Méris (Ateles hybridus, Is. Geoffroy) est certainement de la Nouvelle-Grenade; Arbtn mére: 1106 creMt il vit dans la plaine de la Magdeleine, où on l'appelle Mono-Zambo. Le premier de ces mots signifie Singe, et le second est celui que l’on donne aux métis nés du nègre et de l’Indien d'Amérique. L’Atèle Métis est, en effet, brun, et il rappelle un peu ie Zambo, Il a le dessous du corps plus clair que le dessus; son front est occupé par une grande tache blanche à peu près semi-lunaire, Dans les bois, la présence de ces Singes est indiquée par le bruit qu’ils font en se jetant d’une branche sur une autre.
Quand une mère, embarrassée de son petit, a un sant trop considérable à faire, un mâle se place sur la branche où elle-doit passer et la fait osciller de manière à l'amener à la portée de la femelle, qui profite d’un moment favorable pour s’y élancer, Si, au contraire, un jeune individu déjà fort, mais retenu par la peur, se refuse à passer dans un endroit analogue, sa mère fait devant lui le saut qu’il s’agit d'exécuter, recommence à plusieurs reprises et tâche de le décider par son exemple.
GENRE SAJOU (Cebus). Le sens du mot Cebus, tel que la plupart des auteurs récents l'ont arrêté, est beaucoup plus restreint qu’il ne l'était pour Erxleben ou pour M. de Blainville, ces deux auteurs l'ayant étendu à tous les Singes d’origine américaine, Il ne comprend également qu’une partie des espèces que Buffon proposait d'appeler Sapajous,
Ainsi délimités, les Sajous sont des Cébiens plus petits que les Atèles, moins grèles dans leurs formes, mais aussi moins vigoureux que Les Hurleurs. Leur queue est médiocrement volubile, et elle n’est ni calleuse ni même dénudée sous sa A) partie terminale, Les Sajous ont les dents molaires presque Sasov pnun, 1/3 de grand. nat. aplaties à la couronne, avec la dernière de l’une et de l’autre mâchoire sensiblement plus petite que les autres (voyez r'age 113). Leur os hyoïde est de forme ordinaire,
Ce sont, en général, des Animaux assez lestes, mais peu turbulents; leur taille est moyenne, et leur intelligence, leur douceur, leur familiarité curieuse, sans être importune, les rendent agréables et les font rechercher, On les connaît sous les noms de Sajous, Sapajous, Singes pleureurs, Singes musqués, etc. La Colombie, la Guyane, le Brésil et le Pérou en fournissent une grande variété, Ils vivent de fruits, de graines, d’Insectes, d'œufs, etc. On les trouve-dans les forêts, ot ils se réunissent par troupes, Les Occlots, les Chatis et d'autres
ATÈLE MÉLANOCHEÏRE, 1/3 de gr.
Garnivores propres aux mêmes régions qu'eux leur font la chasse, et ils doivent en détruire un nombre considérable,
Les Sajous s’habituent facilement à la domesticité, et l’on en porte dans toutes les parties du monde, Ils ne sont pas rares dans la plupart des grandes villes de l’Europe, où des musiciens ambulants les promènent avec eux et utilisent souvent la facilité avec laquelle ces Animaux grimpent. Les Sajous peuvent arriver, en suivant les tuyaux des gouttières, jusque dans les appartements, d'où ils redescendent bientôt pour porter à leur mattre quelque pièce de monnaie qu'on leur a donnée, Ils exécutent des tours souvent fort curieux, saluent , portent les armes, exhibent un papier en guise de passe-port, montent à cheval sur le dos des Chiens, et font, avec autant de calme que de douceur, mille autres farces dont tout le monde s'amuse,
Nous rappellerons seulement ici ce que nous avons dit ailleurs au sujet de l’un de ces Animaux qui à vécu au Muséum. Il CARPE ET MÉTACARPE bu SOC, ain aNrémieune pu Suor,
4 AE) F A à grandeur naturelle, 1/2 de grand, nat.
avait hérité du nom de Jack, qui était celui
de l’Orang-Outan, et il méritait par son intelligence , supérieure à celle de la plupart de ses congénères, l'intérêt que le public lui portait. Passait-on sans s'arrêter devant sa cage, il appelait en frappant, jusqu’à ce qu’on fût revenu à lui et qu'on eût satisfait son désir en lui remettant quelque friandise, Si on lui donnait des noisettes et qu’il Jui fût impossible de les casser avec ses dents, à cause de l'épaisseur du bois, il prenait une boule , et bientôt la coque était brisée, M, Is. Geoffroy a observé chez ce Singe un fait assez curieux qui doit lui faire supposer une faculté de comparaison toute particulière, Un jour, on avait jeté à Jack des noix qu’il cassait entre ses dents, mais il s’en trouva une beaucoup plus grosse que les autres, et il lui fut impossible de la faire entrer dans sa bouche pour la briser, Quoiqu'il fût grimpé en haut de sa cage, il descendit sur le parquet, vit un gros clou faisant saillie, et alors il brisa facilement la grosse noix qui lui donnait un si grand embarras. Ce Singe n’était pas moins intéressant à voir lorsqu'on lui donnait une de ces allumettes phosphorées d’un usage aujourd’hui si répandu, I la frottait, l’allumait et la regardait brûler entre ses doigts sans s’effrayer ni du bruit ni de la lumicre, Les personnes qui aiment les Singes préférent en général les Sajous à ceux de presque tous les autres genres et surtout aux Pithéciens,
La nomenclature de ces petits Animaux est fort difficile. Leurs dents et leur crâne n'offrent pas de caractères distinctifs bien certains pour les séparer en espèces , et les différences que la disposition ou la couleur de leurs poils présentent sont, en général, fugitives et presque individuelles. Aussi plusieurs naturalistes ont-ils admis l'existence, dans ce genre, d’un nombre assez considérable d'espèces , tandis que d’autres, supposant que la plupart de ces prétendues espèces ne méritent que le titre de races ou de variétés, préféreraient les réduire à quelques-unes seulement,
M. Is. Geoffroy a soutenu la première opinion, et il porte à quatorze le nombre des espèces de Sajous que possède actuellement la collection du Muséum; mais il fait en même temps remarquer qu'elles sont très-difficiles à distinguer en raison des variétés qu’elles présentent, nonseulement selon les lieux, mais selon les âges, les sexes et les circonstances individuelles set il ajoute même que c’est à regret qu’il a été conduit, par la publication de son Catalogue des Primates, à inscrire dès à présent dans Ja science quelques-unes d’entre elles sur l'existence desquelles il lui reste encore certains doutes.
Nous ne donnerons qu’une courte description de chacune des espèces de Sajous, et nous
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parlerons de préférence de celles que l'on possède dans la collection du Muséum ou que l’on voit habituellement à la Ménagerie,
La plus commune, et, par suite, la plus répanaue dans les différents musées d'histoire naturelle, est le Sasou BRUN de Buffon et de Fréd, Cuvier, Simia apella de Linné (aujourd'hui Cebus apella), Son pelage est brun roussâtre, passant au brun noir sur la ligne dorsale, la queue, les membres postérieurs, les avant-bras et les mains ; le dessus de la tête et les favoris sont noirs ou noirâtres; les bras, d’un jaune fauve ou grisâtre, contrastent avec la couleur foncée de l’avant-bras.
Sasou BRuN, 1/4 de grand. nat.
On améêne souvent:le Sajou brun de la Guyane, où son espèce est abondante ; il existe aussi dans d’autres parties de l'Amérique méridionale , principalement au Brésil, Voici les dimensions de ces Singes : tronc et tête, 0, 5; queue, 0,40.
Le Sasou noBusTE (Cebus robustus du prince Maximilien de Neu-Wied) est plus particu litrement du Brésil, Son pelage est roux assez vif , avec les membres et la queue noirâtres, les bras de même couleur que le dos, et la culotte noire. Ce Sajou devient plus fort que la plupart de ses congénères,
Le SasOU varié (Cebus variegatus, E. Geoffroy, ou C. æanthocephalus , Spix) a le front
et le dessus de la tête blanchàtres ou roussâtres ; les poils de son dos sont bruns à la racine, dorés dans une grande partie de leur étendue et terminés de noir à la pointe ; les bras sont, comme ceux du Sajou brun, C’est encore un Animal du CS Brésil, Sasou à rovper, 4/3 de grand, Le SAJOU À TOUPET (Cebus Sasow varié, 4/3 de grand.
cirrifer, E, Geoffroy} est du même pays et peut-être aussi de la Guyane. I a sur le front une espèce de double toupet; son pelage est brun châtain et sa poitrine rousse ou roux doré,
Le Sasou À FOURRURE (Cebus vellerosus, Is. Geoffroy) a la même origine, Son corps est couvert de très-longs poils brans et laineux, au milieu desquels sont épars quelques poils blancs encore plus longs, mais roides ; le tour de sa face est blanc, et, chez l'adulte, le toupet, qui est composé de poils noirs, est divisé en deux larges pinceaux.
Le Sasou coirré (Cebus frontatus, Kuhl) a des rapports avec les deux précédents, mais il est noir en dessus et gris brunâtre sale en dessous, et sans encadrement blanc à la face, Son toupet est formé de poils relevés sur le front et non divisé,
Sasou «a FOURRURE, {/3 de grand, Sasou corré, 1/3 de grand, + Sasou ÉLÉGANT, 1/3 de grand.
Le SAIOU ÉLÉGANT (Cebus elegans, Is. Geoffroy) vit au Brésil, où il a été trouvé par M. Auguste de Saint-Hilaire dans la province de Goyaz; on le rencontre aussi au Pérou, et MM. Castelnau et E, Deville l'ont rapporté des bords du haut Amazone, Il a de même un toupet noir, mais ordinairement ce tonpet est divisé en deux parties par une sorte de gouttière médiane ; sa couleur noire contraste avec la couleur généralement fauve du pelage; les membres et la queue sont plus foncés que le corps; la barbe est d’un blanc roux doré et
elle rappelle celle du suivant.
Le Sasou BarBu (C, barbatus, K, Geoffroy) a d’ailleurs le pelage presque uniformément fauve, avec le front blanchâtre; son occiput est plus foncé que le dos. C’est un Singe de la Guyane,
Le Sasou rAUVE (Cebus flavus, E, Geoffroy, d'après Schreber) a été rapporté de Bolivie par M. A. Dorbigny. Il a, comme presque tous les Sajous, une calotte noire; mais cette colotte est brune chez les jeunes sujets, brunâtre, au contraire, ou même simplement jaunâtre chez ceux qui sont plus ou moins albinos; le pelage est fauve brun chez les individus normaux.
Le Sasou caPpucin (Cebus capucinus, Is. Geoffroy) a la calotte très-petite, avec une pointe en avant, formée de poils noirs ou noirâtres qui se relèvent un peu en arrière ; les
joues, les épaules et le cou
sont gris tirant sur le blanc.
C’est l’espèce qu’on nomme habituellement le Saï; mais,
suivant M. Is. Geoffroy, il
est au moins douteux que
ce soit le véritable. Saï de
Buffon, et il est certain que
TR : ce n'est pas le Simia capucina de Linné, « Il serait,
Sasou carvein, 4]9 de grand, d’ailleurs, à peu prés impossible, ajoute ce savant, de
Sasou œmararx, 1/3 de grand.
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re] ] dar ] pla pré
ir le front roux doré, Son corps ques poils adulte, le
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de grand.
rouvé par Pérou, et même un » de goutelage; les ux doré et
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savant, de
M'AMILLE DES SINGES, 129
rapporter ces noms aux espèces qui les ont reçus primitivement, » Les Sajous Capucins paraissent être communs à la Guyane et au Brésil,
Le SAJOU GHATAIN (Gebus castaneus, Is. Geoffroy) est plus grand que le précédent ; son pelage est d’un châtain roux, plus ou moins tiqueté sur le corps, avec les membres postérieurs, le bas des avant-bras, la queue et la ligne dorsale plus foncées; ses épaules sont fauves roussâtres à teinte pâle; son front et les côtés de sa tête ont la même couleur; mais sa calotte est de plusieurs couleurs, rousse à l'occiput, noire au vertex et sur la ligne qui rejoint le front; les mains sont brunes, ”
Le Muséum doit cette espèce à feu M. Poiteau, botaniste distingué, qui l’a recueillie pendant son séjour à la Guyane, ainsi que beaucoup d'autres Mammifères fort curieux,
Le SAJOU VERSICOLORE (Cebus versicolor) a été décrit par M. Pucheran d’après un exemplaire rapporté de Colombie, 11 est remarquable par sa taille supérieure, comme chez le précédent, à celle de presque tous les autres Sajous, Sa tête est, en grande partie, blanche,
sans ligne noire médiane, et ses membres sont d’un beau roux marron, avec les mains noires, Il paraît qu’on le trouve jusqu’à la hauteur de Santa-Fé de Bogota, Le SAJOU A PIEDS DORÉS (Cebus chrysopus), que Fréd.
Saiov vensicozonr, 4/3 de grd, CUViET avait antérieurement décrit et figuré, est de plus petite dimension; sa face est largement encadrée de gris; sa queue est gris jaunâtre, son dos un peu lavé de brun, et ses membres sont entièrement de couleur dorée , depuis le coude ou le genou jusqu'aux doigts. Il est aussi de Colombie, où il a été trouvé par M. Plée, l'un des nombreux voyageurs qui ont payé de leur vie leur dévouement à l’histoire naturelle.
Sauou À pisos nonés, 1/3 de grand,
Le Sarou À conGE BLANCHE (Cebus hypoleucus, E. Geoffroy) déjà signalé per Buffon