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FAMILLE DES PTÉROPODÉS,. 189
cherche sa nourriture; mais elle établit sa retraite ailleurs : au lieu de se fixer, pour dormir, dans le creux des vieux arbres onu dans les rochers, elle préfère les grands arbres des forêts et se suspend à leurs branches,
ROUSSETTE VYULGAIRE, 1/9 de grand,
La RousseTTE PAILLÉE (Pteropus shramineus, E, Geoffroy) appartient à l’Afrique; elle est du Sénégal et du Sennaar, et non de Timor, comme on l’a dit souvent. M. P. E. Botta l’a rapportée de la seconde de ces contrées. C'est aussi une espèce de taille moyenne, mais à mâchoires assez allongées; elle est fauve châtain, avec la tête, la poitrine, le dos et le dessus des membres bruns ; son envergure est d'environ quarante-cinq centimètres,
2. Tête très-allongée, surtout dans sa partie faciale; dents faibles, courtes, surtout les postérieures ; nombre des dents molaires 5 ; langue longue et exsertile ; point de queue. GENRE MACROGLOSSE (Macroglossus, F. Guvier).
La seule espèce connue est la RousserTE K10DOTE (Pleropus minimus, E. Gcoffroy), d'abord trouvée à Java par le naturaliste français Leschenault de la Tour, et, depuis lors, dans les îles de Sumatra, Bornéo, Amboine, Banca et Timor, qui, toutes, dépendent de l'archipel indien, C’est la plus petite des espèces de cette famille; son corps n’a que 0,08, et son envergure 0,22. Elle est d’un fauve brun sur le corps, avec quelques places plus claires ou niême grises ; ses membranes sont fauves ; sa langue, remarquable par son allongement, n’a pas moins de deux pouces de longueur dans sa plus grande extension, tandis que la tête n’en a qu'un, Celle-ci a la face étroite et comme allongée en forme de rostre,
La Roussette Kiodote , que les Javanais appellent Lowo-Assu, est un Animal frugivore, très-redouté Dvee-pe SioRocuoain UE fn dans les plantations, parce qu’il attaque les fruits
199 ORDRE DES CHEIROPTÈRES,
les plus succulents : ceux de l’Eugénia, qui sont remarquables par leur odeur suave, rappelant celle de la rose, lui plaisent plus que tous les autres.
MacnocLossr, 1/2 de grand,
3. Face encore plus allongce ; molaires, +; lèvres supérieures tombantes, principalement dans le sexe mâle ; des bouquets de poils divergents aux épaules, également dans les müûles ; point de queue. GENRE EPOMOPHORE (Epomophorus, Bennett),
Les Roussettes qui présentent ces caracteres sont africaines, Quoiqu'on leur ait donné plusieurs noms spécifiques, et qu’elles paraissent être, en effet, de plusieurs espèces, il est certain. qu'on en a exagéré le nombre en le portant à quatre, savoir : Pleropus Whiteï, Bennett ; Pteropus macrocephalus , O'Gilby; Pteropus mMmegacephalus , Swainson; Pteropus labiatus, Temminck.
Les trois premières font double emploi entre elles, el il n’est pas même certain que la quatrième soit autre chose qu’une variété locale de la même espèce, Celle-ci a été recueillie dans le Sennaar par M. P. E, Botta, dont les voyages ont rendu des services importants à la zoologie, et qui s’est rendu célèbre par les belles découvertes qu'il a faites depuis lors sur les ruines de l’ancienne Ninive, Les exemplaires, décrits par les trois naturalistes anglais que nous avons cités précédemment, viennent de la côte occidentale d'Afrique , et particulièrement de Gambie. L'envergure de ces Roussettes ne dépasse guère 0,30, M. Peters en cite une autre espèce en Mozambique,
4. Les molaires sont au nombre de 4 dans certaines Roussettes, essentiellement propres à l'Afrique ; le crâne est plus long dans sa partie faciale et moins arqué au-dessus du cerveau ; le corps se termine aussi par une petite queue, C'est le GENRE ELE UTHERURE (£Ztetherura, Gray), aussi appelé Cynonycterus, Xantharpya, etc,
Dents pb Evouoruonx, 2/1 de grard.
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FAMILLE DES PTÉROPODÉS. 191
La Rousserre n'Ecyrre (Pleropus Ægyptiacus, E, Geoffroy), qui est une des Xan-
< tharpies de M. Gray, vit en Égypte et en Nubie; elle a 0,55 d'envergure, et a le poil gris brun, Elle a trés-probablement fourni le modèle des dessins assez exacts de grosses Chauve-Souris laissés par les anciens Égyptiens, et dont plusieurs sont reproduites dans l'ouvrage de Rosellini (Voy. pag. 187) ; la petite queue qui termine ie corps, l’absence presque complète de membranes interfémorales que les dessinateurs égyptiens ont eu soin de reproduire, conviennent mieux aux Roussettes d'Égypte qu’à toute autre Cheiroptère. Actuellement, les Animaux de cette espèce sont encore assez communs dans les mêmes lieux, et ils se retirent pour dormir DENTS DR LA Rousserre p'Écvpte, 3/4 de grand. dans les nombreuses ruines qui nous sont
restées de l’ancienne civilisation égyptienne : on en trouve jusque dans les chambres des pyramides.
La ROUSSETTE HOTTENTOTTE (Pteropus hottentotus, Erachii et collaris) est de l'Afrique australe; ses caractères différent peu de ceux de la précédente,
5. Diverses autres Roussettes sont également moins grandes que celles que nous avons citées les premières, et elles sont plus trapues ; leur tête est plus courte que ne l’est en général la leur, et leurs molaires sont au nombre de +, c'est-à-dire de quatre paires à la mâchoire supérieure, ef de cinq à l’inférieure ; elles différent aussi des Preniiers groupes par la présence d'une petite queue.
Le premier nom générique qu’on leur ait donné est celui de CYNOPTÈRE (Cynopterus, F, Cuvier) ; elles répondent aussi aux Pacnysomes (Pachysoma , E, Geoffroy), :
L'espèce la mieux connue est la ROUSSETTE MARGINÉE : (Pleropus marginatus, L. Geoffroy), appelée aussi Pteropus «nplericaudatus, E. Geoffroy ; Pteropus titthæcheilus, Temminck, et sans doute aussi de plusieurs autres noms, les auteurs ayant admis dans ce groupe plus d'espèces qu'il n'y en a réellement,
On a constaté la présence de cette Roussette à Java, à Sumatra, à Amboine et à Timor; elle n’a que 0,15 de lonsueur totale, et 0,55 environ d'envergure, Son pelage est en grande partie roussâtre ou même orangé dans la vieillesse; la femelle est plus grosse que le mâle,
Quelques Roussettes qu'on a rapportées du continent indien se rapprochent sensiblement de celle-là; on ne connaît pas encore assez leurs caractères pour dire s'ils en diffèrent réellement, ce qui est pourtant possible, Il y en a au Bengale et jusqu’à l'Himalaya, dans le Népaul, On leur à aussi donné plusieurs noms spécifiques,
6. M. Temminck nonune génériquement MÉGÈRE (Megera) une Roussette de Sumatra, qui a le corps et la tête des Cynoptères ou Pachysomes, et le méme nombre de dents que ces Animaux, mais qui manque de queue, C'est sa MÉGÈRE SANS QUEUE {Wegera ecaudata),
Nous parlerons en dernier lieu de deux espèces de Roussettes plus remarquables encore,
7. L'une et l'autre sont pourvues d'une queue rudimentaire, mais elles différent de toutes les autres parce qu'elles n'ont pas les deux paires de dents incisives que celle chäqte mûchoire,
ROUSSETTE MARGINÉS, 3/4 de grand,
s-ci montrent à
192 ORDRE DES CHEIROPTÈRES.
La première a quelque analogie avec les Pachysomes, mais les membranes qui s'étendent entre ses pattes s'insérent très-près de la ligne médiane ; et le corps est pour ainsi dire placé au-dessous d'elles; de là vient le nom générique d'HYPODERME (Æypoderma) que E, Geoffroy a consacré pour cette espèce,
C'est l'HyropenMe DE PÉRON (Hypoderma Peronii) décrit par le même naturaliste d'après un exemplaire que Péron et Lesueur avaient pris à Timor, On l’a retrouvé de nouveau dans la même île, ainsi qu'à Amboine et à Banda, L'Hypoderme de Péron n’a qu'une seule paire d'incisives à chaque mâchoire; l'inférieure très-petite; il montre quatre molaires supérieures et six inférieures ; son doigt indicateur manque de l’ongle que présentent tous les
autres Ptéropodés ; son envergure approche de 0,80.
HyYeOoDERME DE PÉRON, grand, nat. IARPYE CÉPHALOTE, grand. nat, La seconde espèce a servi à l'établissement du GENRE HARPYE (Harpya d'Illiger) ; elle est remarquable par sa tête arrondie, par ses narines trés-écartées et tubuleuses; son doigt indicateur est pourvu d'un ongle; elle n’a aussi qu'une paire d’incisives supérieures , et elle en manque même tout à fait inférieurement, Ses molaires sont au nombre de Il y ane bonne description de eette espèce donnée par Pallas, sous le nom de Véspertilio cephalotes ; c'est la HARPYE GÉPHALOTE (Harpya cephalotes ou Cephalotes Pallasii des ouvrages plus récents), Son envergure est de 0,040, La CGéphalote vit à Amboine et à Célébes,
FAMILLE oes PHYLLOSTOMIDÉS
La famille des Phyllostomes et genres voisins comprend des Chauve-Souris américaines, dont les narines sont percées dans une espèce d’écusson membraneux, à peu près demicirculaire et surmontées d'une feuille en fer de lance, Ges Animaux ont habituellement deux paires d'incisives à chaque mâchoire; toutefois, le Desmode fait exception sous ce rapport, La grandeur de leur membrane interfémorale est variable; leur queue est courte ou nulle; leurs oreilles ont un petit oreillon crénelé,
e sont ces espèces que l’on a nommées Fers de Lance, Vampire, Phyllostomes, ete.; toutes sont de l'Amérique et plus particuliérement des régions chaudes de ce continent, Leur régime est assez varié et leur système dentaire montre suivant les genres des différences importantes, Les unes préfèrent les fruits, d’autres les substances animales; mais lorsque la faim les presse, elles sucent le sang des Animaux mammifères ou des Oiseaux qu'elles trou-
Prreneemnemenn
vent endormis.
Buffon, qui n'a conpu qu’un très-petit nombre de ces Cheiroptères, a fait de l'un d'eux
i s'étendent si dire placé erma) que
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ns
FAMILLE DES PHYLLOSTOMIDÉS.
(le Vampire, p. 196), un portrait : f\ exagéré, et, par suite, peu exact, fl mais qui indique cependant quelques-unes des particularités qui
distinguent ces Cheiroptères de tous les autres, et en font les plus redoutable d’entre eux, « Le Vampire a, dit-il, le museau allongé; il a l'aspect hideux des plus laides Chauves-Souris ; sa tête informe est surmontée de grandes oreilles fort ouvertes et fort droites ; il a le nez contrefait, les narines en entonnoir, avec une membrane au-dessus qui s'élève en forme da corne ou de crète pointue, et qui augmente de beaucoup la difformité de la face, »
Les Phyllostomes et les autres Animaux de la même famille sont fort redoutés par les habitants de l'Amérique, et comme ceux de l'espèce à laquelle le nom de Vampire appartient en propre sont les plus forts et les plus carnassiers, ce sont aussi ceux dont on'a le plus souvent parlé, 11 en est question dans les premiers écrits relaiifs à l’histoire naturelle du Nouveau- Monde, Pierre Martyr rapporte, ce qui est d’ailleurs exact, que ces singulières Chauves-Souris sucent le sang des Hommes et des Animaux pendant qu'ils dorment, et il assure qu'ils les épuisent au point de les faire mourir, Jumilla, don Antonio de Ulloa et d’autres racontent les mêmes faits. La Condamine , qui visita l'Amérique pendant le siècle dernier, pour y faire des observations "d'astronomie et de géographie mathématique, rapporte aussi que les Vampires inquiètent l'Homme qu'ils tourmentent, et font même périr les Animaux. Il a constaté que ces Chauves-Souris sucent le sang des Chevaux, des Mulets et même des Hommes, quand on ne s’en garantit pas en dormant à l'abri sous une tente, Il y en a, dit-il, de monstrueuses pour la grosseur, et, en divers endroits, elles détruisirent le gros bétail que les missionnaires espagnols y avaient introduit et qui commençait à s’y multiplier,
Cependant il ne faudrait pas croire que l’action de ces Cheiroptères, quelque méchants qu'ils soient, ait été aussi funeste qu'on le supposerait en lisant ces récits, et-l’on trouve la preuve du contraire dans la grande multiplication des Chevaux et des autres Animaux d’origine domestique qui se sont acclimatés dans la plupart des contrées chaudes de l'Amérique. Azara et d’autres observateurs ont donné des détails moins effrayants au sujet des blessures que font certains autres Phyllostomidés. Ce que dit Azara s’applique aux Ghauves-Souris du genre Sténoderme, qui ont reçu d'E. Geoffroy le nom de Stenoderma rotundattm , mais qui paraissent d’ailleurs être moins redoutables que les Vampires et les vrais Phyllostomes.
« J'en ai vu, dit ce naturaliste, un grand nombre; elles étaient toutes entre elles d’une identité constante, mais elles différent de toutes les autres Chauves-Souris en ce que, posées à terre, elles y courent presque aussi vite qu'un Rat, et en ce qu’elles aiment à sucer le sang, Quelquefois elles mordent les crêtes et les barbes des volailles qui sont endormies et en sucent le sang; d’où il résulte que ces volailles meurent par ce que la gangrène s’engendre dans ces plaies, Elles mordent aussi les Chevaux, les Mulets, les Anes et les bêtes à cornes, d'ordinaire aux fesses, aux épaules ou au cou, par ce qu’elles trouvent, dans ces parties, la faculté de s’attacher à la crinière ou à la queue. Enfin l'Homme n’est point à l'abri de leurs attaques; et, à cet égard, je puis donner un témoignage certain, parce qu'elles ont mordu quatre fois le gros du bout de mes doigts de picds tandis que je dor- 1"e PARTIE, 25
STÉNODSRME A LUNETTES (Bouche ouverte), grossi.
mais en pleine campagne dans des cases, Les blessures qu’elles me firent sans que je les eusse senties étaient circulaires ou elliptiques, d'une ligne à une ligne et demie de diamètre, mais si peu profondes qu’elles ne percèrent pas entièrement ma peau, et l'on reconnaissait qu’elles avaient été faites en arrachant une petite bouchée, et non pas en piquant, comme on pourrait le croire, Outre le sang qu'elles sucèrent, je juge que celui qui coula pouvait être d’une demi-once (environ quinze grammes) lorsque leur attaque m'en tira le plus; mais, comme l’épanchement pour les Chevaux et les Bœufs est d'environ trois onces (près de quatre-vingt-douze grammes) et que le cuir de ces Animerw* est très-épais, il est à croire que les blessures sont plus grandes et plus profondes, Ge sang ne vient ni des veines ni des artères parce que la blessuré ne va pas jusque-là, mais des vaisseaux capillaires de la peau, d'où les Chauves-Souris le tirent sans doute en suçant ou en léchant, Quoique mes plaies aient été douloureuses pendant quelques jours, elles furent de si peu d'importance que je n’y appliquai aucun remède; à cause de cela, à cause que ces blessures sont sans danger et parce que les Chauves-Souris ne les font-que dans les nuits où elles éprouvent une disette d’autres aliments, nul ne craint ici ces Animaux, et personne ne s'en occupe, quoiqu'on dise d’eux que, pour endormir le sentiment chez leur victime, ils caressent et rafraichissent en battant leurs ailes la partie qu’ils vont mordre et sucer, »
Azara donne quarante-deux centimètres d'envergure à cette espèce de Phyllostomidé, Les véritables Vampires sont habituellement plus forts et aussi mieux armés, leurs canines étant bien plus vigoureuses et leurs molaires plus semblables à celles des Garnivores, ce qui indique des habitudes plus féroces,
Un voyageur qui a visité l'Amérique postérieurement à Azara, M. Tschudi, a eu l’occasion de voir ces Animaux au Pérou! fl résulte de ses observations que le sang qu'ils tirent n’excède pas une once ou deux, mais que la plaie continue quelquefois à saigner assez longtemps, et il dit qu'il n’est pas rare de retrouver le matin les Animaux qui ont été attaqués par les Phyllostomes dans un état assez déplorable et pour ainsi dire baignés de sang. M. Tsehudi a eu l’une de ses Mules blessée par ces Chauves-Souris, et il ne réussit à lui sauvef la vie qu’en Jui frottant le dos avec un liniment composé d’eau-de-vie camphrée, de savon et d’une huile particulière, M. Tschudi rapporte encore le cas d'un Indien ivre qui fut piqué pendant son sommeil par un Phyllostome. La blessure, petite, et en apparence fort légère, que cette grosse espèce de Chauve-Souris lui fit à la figure, fut suivie d’une telle inflammation et d’une telle enflure, que ses traits en devinrent méconnaissables.
La langue des Phyllostomiens est toujours plus ou moins singulière ; très-extensible chez les Glossophages, elle est garnie à sa face supérieure, chez d’autres, et en particulier chez
les Sténodermes et les Phyllostomes, de papilles qui paraissent destinées à faire l'office de ventouses,
Pour rendre plus facile la classification des espèces assez. nombreuses qui composent cette famille, nous les diviserons en quatre genres. sous les noms de Phyllostome, Glossophage , Sténoderme et Desmode, et nous parlerons, à propos de chacun des trois premiers, de quelques-unes des divisions qui en ont été séparées par divers auteurs sous des noms différents.
JENRE PHYLLOSTOME (Phyllostoma, E. Geoffroy et G. Guvier). Ce genre, dont les espèces ont été pendant quelque temps réunies aux Sténodermes et même aux Glossophages , à
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FAMILLE DES PHYLLOSTOMIDÉS. 195
maæimus des auteurs du dernier siècle). Cette grosse espèce de Chauve-Souris a des goûts sanguinaires, Ses dents molaires sont au nombre de vingt (cinq paires pour chaqua màchoire), À ce caractère se joint celui de la feuille nasale qui est hastiforme, et dont la partie basilaire est bien développée; la tête est médiocrement allongée ; la membrane interfémorale est grande et s'étend comme un voile entre les cuisses et les jambes ; il y a un rudiment de queue,
Cane pu PuyicostTome FEn be Lance, 1/3 de grand PuyLLOsTONE FEn DE LANCE, grand. nat.
Gette espèce, la mieux connue du genre, est le PayzLosrome FER pe LANCE (Phyllostoma hastatum). Elle vit au Pérou, au Brésil et à la Guyane, où on la redoute parce qu’elle attaque fréquemment les Animaux domestiques, et parfois l'Homme lui-même,
On trouve aussi des Anin:aux fort semblables dans la Colombie; mais l'examen d’un crâne rapporté de la vallée de la Madeleine par M. Roulin me fait regarder comme très-probable qu'ils y sont d’une autre espèce
Pour ne pas multiplier les divisions génériques nous énumérerons, en même temps que les Vampires, d'autres Chauves-Souris à mœurs également carnassières et à dents peu différentes de celles du véritable Phyllostome; de ce nombre est le plus redouté de tous les Phyllostomidés,
Le VAMPIiRE SPEGTRE (Phyllostoma spectrum), type du genre Vampyrus de Leach et de M. Gray. Il n’a pas moins de soixante-cinq centimètres d'envergure et il en atteint parfois soixante-dix; son corps et sa tête sont longs de dix-huit centimètres; sa tête est allongée; ses dents sont fortes, principalement les canines, et il a cinq paires de molaires supérieures et six inférieures plus semblables encore à celles des Carnivores que celles des autres Cheiroptères; son pelage est fauve. C’est le Vampire de Buffon, également signalé dans la plupart des auteurs plus anciens , tels que Brisson, Seba, ete. On le trouve dans plusieurs parties de l'Amérique méridionale : à la Guyane, au Brésil, etc,
Le LOPHOSTOME SYLVICOLE (Lophostoma sylvicolum, d'Orb. et P. Gerv.) est plus petit, mais il a les mêmes mœurs, On le voit dans les grandes forêts qui bordent le pied oriental de la Cordillière bolivienne, au pays des sauvages Yuracarès, Son envergure est de trente-cinq centimètres seulement ; ses ta mächoires ont cinq paires de molaires supérieurement et inférieurement,
VAMPIRE sPECrnr, grand, rat
196 ORDRE DES CHEIROPTÈRES,
Les deux espèces, que M, Gray appelle Corallie verruqueuse et Corallie brésilienne paraissent s'éloigner assez peu des Lophostomes, La seconde répond au Phyllostoma brachyotum du prince de Neu-Wied, Ces Phyllostomidés sont aussi de moindre taille que les Vampires et que les Phyllostomes véritables ; ils paraissent être un acheminement vers les Glossophages,
GENRE GLOSSOPHAGE ( Glossophaga, E. Gcoffroy). Il comprend des Chauves-Souris à feuille nasale moins grande que celle des Phyllostomes et des Sténodermes, mais à peu près de même forme ; leur tête est plus allongée; leurs dents sont petites et assez analogues pour l'apparence générale à celle des Macroglosses, mais, en réalité, elles sont établies sur un modèle peu différent de celui des Phyllostomes quoique leurs pointes soient moins relevées, On compte cinq, six ou peut-être même sept paires de molaires supérieures et six inférieures,
Le principal caractère des Glossophages consiste dans leur langue qui est longue, délice, très-extensible et dont la surface est garnie d’un assez grand nombre de poils, Leur nom signifie mange-langue et fait allusion à la facilité d'extension dont jouit cet organe qu'ils font souvent sortir et rentrer avec précipitation,
La queue de ces Animaux est courte ou nulle et leur membrane interfémorale médiocre ou même rudimentaire,
Les Glossophages sont des Ghauves-Souris insectivores ayant à peu près deux décimétres d'envergure, Les voyageurs qui les ont rapportées du Brésil et de la Guyane ne nous ont rien appris de particulier sur leurs mœurs, mais ils leur attribuent, comme aux précédents, l'habitude de sucer le sang de l'Homme et des Quadrupèdes.
L'une des espèces du genre Glossophage a été décrite par Pallas, sous 1e nom de Vespertilio soricinus ; c'est le GLOSSOPHAGE SORIGIN (Glossophaga soricina), que Vicq-d’Azyr a nommé la Feuille; son envergure est de 0,25; sa membrane interfémorale est large et sa queue nulle, Il est de la Guyane et de plusieurs des îles Caraïbes, D'antres animaux appartenant au même genre de Cheiroptères ont été plus récemment observés par les naturalistes, Nous citerons les suivants, dont la désignation est due à E, Geoffroy,
Le GLOSSOPHAGE AMPLEXICAUDE (Glossophaga amplexicaudata, E. Geoffroy), dont nous figurons ici la tête d’après nature, est du Brésil, Il est brun, a les ailes assez amples, la membrane interfémorale assez étendue et de moitié plus longue que la queue, qui y est incluse; son museau est peu allongé; il n’a que cinq paires de molaires supérieures.
C'est le type du genre Phyllophora de M. Gray, dans lequel ce naturaliste range deux autres espèces
GLossoPnAcE AuPLExIcAUDe, grand. not. Également brésiliennes, sous les noms de Ph, megalolis et de Ph, nigra.
Le GLOSSOPHAGE CGAUDATAIRE (Glossophaga caudata, E, Geoffroy) a la membrane interfémorale très-courte, et sa queue la déborde un peu, Il a été découvert au Brésil par Delalande; c’est peut-être la même espèce que Leach a nommée Monophyllus Redmani. Telle est du moins l'opinion émise à son égard par M. Gray, l'un des zoologistes contemporains qui ont le plus étudié les Cheiroptères.
Le GLOSSOPHAGE SANS QUEUE (Glossophaga ecaudata, E. Geoffroy), qui est devenu le genre Anoura de M, Gray, à la membrane interfémorale très-courte, seulement marginale
LOPUOSTOME SYLVIGOLE, grand, nat
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de M. Gray, atres espèces Ph. megalolis
a membrane au Brésil par lus Redmani, s Corntempo-
est devenu le nt marginale
FAMILLE DES PHYLLOSTOMIDÉS. 197
et sans aucune trace extérieure de queue; son corps est fauve clair et ses membranes pâles et transparentes,
On le rencontre au Brésil, particulièrement auprès de Rio-Janeiro,
GENRE STÉNODERME (Stenoderma, &. Geoffroy). Certains Cheiroptères américains ayant, comme les Vampires ou les Phyllostomes, unc feuille nasale hastiforme différent de ces Animaux par leur régime essentiellement frugivore, et ils ont les dents autrement conformées; leurs canines sont moins longues ; leurs molaires sont aplaties obliquement à la couronne, et manquent des tubercules relevés en pointes que l'on voit chez les Vampires; ces dents ont aussi une autre forme, et la dernière de celles qui garnissent la mâchoire supérieure est subarrondie au lieu d'être étroite et transversale, Ces Animaux ont quatre ou cinq paires de molaires supérieures et habituellement cinq inférieures. Un caractère non moins important des Sténodermes et qui leur a même valu ce nom (Stenoderma, c'est-à-dire membrane étroite). consiste dans le peu d'étendue de leur membrane interfémorale qui forme une simple frange entre leurs cuisses , au lieu de s'étendre en manière de voile, comme chez les Vampires; leur queue est petite où même nulle extérieurement; leur tête est courte et élargie; leurs lèvres sont garnies de verrues et leur langue est disposée pour la succion, Les Sténodermes ont aussi l'habitude de sucer le sang. des Animaux qu'ils trouvent endormis,
Les espèces de ce genre sont indiquées, dans le Cours sur les Mammifères d'E, Geoffroy, sous le nom de Phyllostomes proprement dits, et plusieurs de leurs espèces ont servi à l'établissement de genres particuliers sous les noms de PBrachyphylle, Madatée, Artibée, Histiophore et Diphylle. C'est Blainville qui les a remis sous la dénomination commune de Sténoderme, qui rappelle fort bien la pelitesse de leur membrane interfémorale, et qui n'a pas, comme le mot Phyllostome, l'inconvénient d'appartenir essentiellement aux Vampires, Ce nom générique est d’ailleurs emprunté aux travaux d’E, Geoffroy sur les Chauves-Souris, et si les remarques que Blainville et moi avons faites, sur l’Animal auquel il à d’abord été appliqué, sont exactes, il était convenable de lui donner, comme plusieurs zoologistes l'ont accepté, la signification que nous lui conservons ici.
L'espèce type et d’abord unique du genre Sténoderme est le STÉ- NODERME ROUX (Slenoderma rufum, E. Geoffroy), qui a 0,32 d’envergure; elle paraît n'avoir que quatre paires de molaires en bas comme en haui, et sa membrane inter- .
fémorale est si étroite, qu'elle borde à peine les cuisses inférieurement sans se rejoindre en arrière du coccyx.
E. Geoffroy a dit que son Sténoderme roux n'avait pas de feuille nasale; mais il m'a semblé, en revoyant l’exemplaire :
: Â FER Fi ; DU STÉNODERME ROUX, 2/1, d'après lequel il l’a décrit, que l’absence STÉNODERME ROUX, gr. nat, d'après E. Geoffroy. de ce caractère, qui existe au contraire
chez les Cheiroptères pourvus de dents de même forme que les siennes , était le résultat d’une mutilation,
Le pays dont cette Chauve-Souris provient n’est pas Connu; on peut cependant supposer, eu égard aux autres caractères de l'Animal lui-même, que c’est l'Amérique,
D'autres Cheiroptères assez souvent désignés sous le nom générique de Phyllostomes doivent être réunis au genre de ce Sténoderme, Tel est d’abord le STÉNODERME À LUNETTES (Stenoderma perspicillatun) , que Linné a signalé sous le nom de Vespertilio perspicillatum, et Buffon (Supplément, t, VI, p. 252), sous celui de grande Chauve-Souris Fer de Lance de la Guyane; il à quatre paires de molaires supérieurement et cinq inférieurement, la cinquième de la mâchoire inférieure étant fort petite et subarrondie, Sa membrane interfémorale est médiocre et fortement échancrée; sa queue ne paraît point extérieurement ; sa membrane