‹ Histoire naturelle des mammifères [microforme] (volume 2)Chapitre 70 sur 96 · FAMILLE DES HY ,TRICIDÉS · texte numérisé non relu

FAMILLE DES HY ,TRICIDÉS

GENRE AGOUTI (Dasyprocta, Illiger), Les molaires sont arrondies, soutenues à la couronne par des replis, des ellipses ou des cercles d'ivoire qui leur donnent assez de ressemblance avec celles des Pocas, des Porcs-Épies, des Acanthions et des Athérures; les poils sont annelés et le plus souvent variés de fauve et de verdâtre, ce qui a fait appeler les Agoutis Uhloromys, c’est-à-dire Rats verts, par F, Cuvier, Ces Animaux sont plus connus sous les noms d’Agouti et d’Acouchi,

L'AGourt AcOUcuI (Dasyprocta acuschy) où l'Acouchy de Buffon paraît être le Mus leporinus de Linné, Son pelage est brun piqueté de fauve; sa croupe est noirâtre et son ventre roux ; il n’a point de crête derrière la tête, On le trouve dans la Guyane; il paraît également originaire de plusieurs des Antilles,

L'AGOUTI HUPPÉ (Dasyprocta cristata) décrit par Desmarest, d'après G, Cuvier, a le pelage noirâtre piqueté de roux; les poils de son occiput sont allongés en manière de crête; son ventre est brun, On le rencontre dans la Guyane, et en particulier aux environs de Surinam,

L'AGOUTI AGUTI (Dasyprocta aculi) est brun piqueté de jaune ou de roussâtre ; sa croupe est rousse, IL vit à la Guyane et au Brésil,

Wagler a décrit deux autres espèces d'Agoutis sous les noms de Dasyprocta fuliginosa et de Dasyprocta prymnolopha, M. Gray fait remarquer qué le premier est peut-être le même que celui qu'il a nommé de son côté Dasyprocta nigra, et il ajoute encore deux autres espèces sous les noms de Dasyprocta punctata et Dasyprocta albida ; elles appartiennent à l'Amérique méridionale comme celles que l’on connaissait déjà,

Il y à dans les collections anatomiques du Muséum de Paris un crâne d'Agouti plus long que les autres et qui est peut-être d'une espèce encore différente; sa dimension indique un Animal plus grand et sa forme paraît plus allongée, Il à été envoyé de la Caroline du Sud par M. Lherminier, F, Cuvier lui avait imposé le nom de Chloromys caroliniensis. D'autre part le Mexique nourrit des Agoutis, mais je ne puis dire s’ils sont ou non semblables à celui que je viens de signaler, Cependant un Agouti qui avait été donné à la Ménagerie par M, de la Tour-Maubourg, comme provenant de cette partie de l'Amérique, m'a paru se rapprocher du CAloromys caroliniensis. Les poils de sa tête étaient annelés de jaune ainsi que ceux du dos et des épaules ; quelques-uns à l’occiput étaient entièrement noirs et un peu plus longs que ceux du garrot; ceux de la croupe plus longs encore étaient annelés de blanc. Longueur de la tôte et du tronc, 0,48; hauteur au garrot, 0,21 ; aux lombes , 0,30, L'organe mâle avait, comme dans les autres espèces de ce genre, une double lame dentée en scie, et il y avait aussi auprès de l’anus deux glandes de la grosseur d’une aveline, fournissant une matière grasse, odorante et de Couleur jaune chamois : la même sécrétion a lieu chez les autres Agoutis, M, Tiedemann à vu un de ces Animaux qui la lançait par jets aussitôt qu’on l’effrayait, Ce liquide était d’une teinte vert jaunâtre et il avait une odeur alliacée.

MM. Natterer et Wagner appellent Dasyprocta nigricans une espèce d'Agouti propre aux régions chaudes de l'Amérique méridionale,

AGOuTI nupré, 174 de grand,

TRIBU pes HYSTRICIENS

Cette tribu comprend, non-seulement le genre Porc-Épice, mais encore Ceux qu’on en 4

séparés sous les dénominations d'Acanthion et d’Athérure, GENRE PORC-ÉPIC (Hystrix)., On a réservé ce nom à quelques espèces assez peu distinctes les unes des autres, répandues dans le midi de l'Europe ot de PAsie, ainsi qu'en Ie PARTIE, 42

“est rudimentaire et les piquants sont longs: ceux

DES 2

330 ORDRE DES RONGEURS, Afrique ; elles ont pour caractéres principaux : le corps trapu, volumineux ; la tête grosse et plus où moins renflée dañs sa région fronto-nasale, qui est arquée et recouvre des cellules très-développées en communication avec l'appareil nasal, La queue

de la tête et du cou sont grêles, flexibles et disposés en crêtes ; ceux du dos très-forts et ceux de la queue moins longs et en forme de tubes, attachés à la peau par un pédicule grêle,

Plusieurs autres Animaux que Linné rangeait aussi dans le genre Porc-Épic en ont été séparés génériquement par les naturalistes à cause des caractères assez différents qu'ils présentent dans la nature de leurs piquants, dans la longueur ou la conformation de la queue, el en même temps dans la forme du crâne, Les vrais Porcs-Épies sont de gros Rongeurs dont les allures sont fort singulières, et que leur physionomie rend plus bizarres encore, Îls vivent isolés, se creusent de grands terriers dans les lieux déserts, et ne sortent guère de leur retraite que pendant la nuit, Ceux des régions tempérées tombent dans une sorte d'engourdissement pendant les moments les plus froids de l'hiver; ils cessent alors de prendre des aliments, mais ils recouvrent le mouvement et l'appétit dès que le temps est moins rigoureux, Leur régime est essentiellement végétal, et leur caractère assez calme; mais, lorsqu'on les irrite où qu'ils sont effrayés, ils redressent les longs poils et les épines qu'ils ont sur le dos, aux lombes et à la queue; les tubes de cette dernière partie battent les uns contre les autres et produisent un bruit particulier, Les Porcs-Épies trouvent dans cette tactique un moyen sûr de se soustraire aux attaques des Animaux carnassiers : aussi l'Homme est-il presque partout leur principal ennemi,

Ces Rongeurs ont une grande finesse dans le sens de l'odorat: la physionomie étrange et la singularité de leurs téguments ont suggéré aux anciens quelques erreurs qui se sont perpétuées jusqu’à ce jour, On a dit et l'on répète quelquefois encore que les Animaux de ce genre savent se défendre contre les agressions dont ils sont l'objet en lançant sur ceux qui les inquiètent les piquants longs et aigus dont leur corps est en partie recouvert, On y voit des espèces de javelots dont ils disposeraient à leur gré; mais c'est Ià une pure fable que Buffon a déjà suffisamment réfutée, Buffon rappelle à ce propos un passage extrait des A/4moires pour servir à l'Histoire des Animaux, Les anatomistes de l’ancienne Académie des sciences, en parlant des Pores-Épics qu'ils ont disséqués, avaient dit : «Ceux des piquants qui étaient les plus forts et les plus courts, étaient aisés à arracher de la peau, n’y étant pas attachés fermement comme les autres; aussi ce sont eux que ces Animaux ont accoutumé de lancer contre les chasseurs, en secouant leur peau, comme font les Chiens lorsqu'ils sortent de l’eau, Claudien dit également que le Pore-Épie est lui-même l'arc, le carquois et la flèche, dont il se sert contre les chasseurs, » Buffon ajoute avec beaucoup de sens : « La fable est du domaine des poëtes , et il n'y a pas de reproche à faire à Claudien; mais les anatomistes de l’Académie ont eu tort d'adopter cette fable, apparemment pour citer Claudien ; car on voit par leur propre exposé que le Porc-Épie ne lance point ses piquants, et que seulement ils tombent lorsque l'Animal se secoue, » Cependant les Pores-Épies ne se bornent pas toujours à une défense passive, et lorsqu'ils se sentent pressés de trop près, ils s'élancent avec impétuosité contre leurs agresseurs, en se dirigeant toujours de côté, de manicre à opposer les piquants les plus forts et les plus acérés et à s’en faire une arme offensive tout à fait redoutable, Ils peuvent encore se défendre au moyen des fortes incisives tranchantes dont leurs mâchoires sont garnies,

Les Pors-Épics aiment les fruits, mais il est faux que lorsqu'ils en ont une grande quantité à leur portée, ils se roulent au milieu d'eux pour en fixer le plus qu'ils peuvent à l'extrémité de leurs piquants,

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FAMILLE DES HYSTRICIDÉS,

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Ponc-Éric À cuêres, 1/8 de grand,

Dans la région méditerranéenne, c'est au mois de mai que ces gros Rongeurs se recherchent pour s'accoupler, et c’est au mois d'août que les petits naissent, après une gestation de soixante-dix jours, Les jeunes viennent au monde avec les yeux ouverts et déjà ils sont revêtus d’épines, mais les plus longues n'ont guère que sept lignes, A cette époque leur corps a lui-même deux décimètres; celui des adultes est de huit environ,

Ponc-Épic À cnères (Hystrix cristata, Linné), I est noirâtre sur toutes les parties couvertes de poils, et ses épines sont marquées d’anneaux alternativement blanes et noirs ; les tubes de sa queue sont blanchâtres ; sa hauteur au train de derrivre est de quatre ou cinq décimètres, et de trois environ au train de devant, Sa démarche est lourde et son museau obtus ; ses narines sont grandes, C'est un Animal singulier sous presque tous les rapports,

On rapporte à cette espèce les Porcs-Épics de la région méditerranéenne, soit ceux de l'Europe, soit ceux de l'Afrique septentrionale et des parties de l'Asie qui s’en rapprochent le plus, En Europe, il s'en trouve encore en Crimée et dans le midi de l'Italie (en particulier dans le royaume de Naples), en Sicile et en Espagne, Ils sont plus communs en Algérie, etils se rencontrent également en Égypte et dans l'Asie Mineure.

Le Sénégal, les environs du cap de Bonne-Espérance et plusieurs autres provinces de l'Inde, telles que le Bengale, le Nepaul et le Deccan, nourrissent aussi de véritables Porcspics; mais ceux-ci sont regardés par la plupart des auteurs comme formant des espèces distinctes de celle que nous venons de décrire, Cependant ces espèces s’en rapprochent considérablement.

CRANR ne Ponc-Fbit b ALGERIE, 1/3 de grand CRANE pe Forc-Eypic pu SÉNÉGAL, 1/4 de grand.

F, Cuvier séparait le Porc-Épie du Sénégal sous le nom d'Ayslrix Senegalica, Celui du Gap lui paraît également différent; c’est peut-être aussi l'Aystrix Cuvieri de M, Gray, qui à été rapporté de Gambie, Gelui de l'Inde a été aussi considéré comme offrant des caractères spécifiques, d’abord par A. Duvaucel, et, plus récemment, par MM, Sykes et Hodgson, M. Sykes l'appelle Æystrix leucura, et M. Hodgson Aystrix Nepalensis. Buffon en avait déjà donné la figure dans le tome XIT de son Histoire naturelle, On n’a pas encore reconnu dans le crâne de ces Animaux des caractères bien certains venant à l'appui de ces distinctions.

Les paléontologistes signalent quelques rares débris fossiles de Pores-Épics au Val d'Arno, près Florence, et dans les environs d'Issoire,

GENRE ACANTHION (Acanthion, F. Cuvicer). Les deux espèces de ce genre ne sont encore connues que très-imparfaitement, et il reste quelques doutes sur leur synonymie, Lune a été établie sur l'examen d’un squelette, et l'autre d'après une seule tête osseuse ; cependant les pièces que l'on possède au Muséum de Paris ont été recueillies il y a déjà longtemps, et Daubenton a parlé du squelette de l'espèce qui porte aujourd'hui le nom d'Acanthion de Daubenton. F, Cuvicr pense même que ce squelette avait été tiré de l’un des Pores-É pics disséqués par les académiciens et dont il est question dans les Mémoires pour servir à l'Histoire naturelle des Animaux qui ont été publiés par les soins de Perrault, T outefois, aucune observation nouvelle n’est venue faire connaître quels étaient au juste les caractères de ces Acanthions,.

Leur crâne montre une forme intermédiaire à celle des Pores-Épies et à celle des Sphiggures, La ligne supérieure, vue de profil, est aussi une ligne courbe à peu près uniforme, mais sa courbure est moindre, et en complétant par la pensée le cercle dont elle serait un are, on est conduit à donner à ce cerele un diamètre beaucoup plus grand qu'à celui fourni par le crâne des Pores-Épies, Cette différence est en rapport avec un développement des cellules olfactives, moindre chez les Acanthions que chez les Pores-Épics, Les os du nez ne font pas les deux cinquièmes de la longueur de la tête; les sinus sont extrêmement limités, et les cornets, assez simples, occupent un espace assez étroit,

AGANTHION DE JAVA (Acanthion javanicum, F. Guvier), Comme nous l'avons dit, i! n'a été connu de F, Guvier que par un crâne provenant de Java, d’où il a été rapporté par Leschenault, J'avais d'abord pensé qu'il ne différait pas suffisamment de celui du Porepie de Malacca pour qu’on en fit un genre à part ni même une autre espèce; mais un nouvel examen m'a montré quelques différences dans la forme générale, dans la disposition des sutures et dans à taille, qui est un peu supérieure à celle de l’Animal que je viens de citer, Cependant MM. Temminck et Schlegel, qui ont pu étudier les Animaux des îles de la Sonde d’une maniére très-complète, ne citent point à Java d'autre espèce d'Hystricien que lAystrr fasciculala, dont nous parlerons plus loin en même temps que des Athérures, L’Acanthion de Java est un Animal bien distinct,

Dans le Musée britannique ce nom est, en effet, appliqué à un Porc-Épie presque gros comme celui d'Europe, mais sans crête sur le cou et à piquants du dos cannelés au lieu d’être cylindriques, Les grands piquants de ses lombes forment des tiges cylindriques plus robustes que celles de l'espèce ordinaire et ayant plus de blane que de noir, Cet Acanthion a le corps long de 0,52,

Le même Musée possède un Métis de cet Acanthion et du Pore-Épic ordinaire, obtenu, à Londres, dans la Ménagerie de Surray.

L'AGANTHION DE DAUBENTON (Acanthion Daubentonii, F. Cuvier) est plus grand, à en juger par son crâne, qui a cent vingt millimètres ; il est aussi plus semblable aux vrais Pores-Épics par le renflement de son chanfrein, par la grandeur de son trou sous-orbhitaire , et sa mâchoire inférieure a aussi une forme un peu différente de celle de l'Acanthion de Java. Son squelette est mentionné dans le catalogue de Daubenton, F, Cuvier ignore sa véri-

table origine, mais comme Perrault et Réaumur supposaient les Pores-Épies originaires

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