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FAMILLE DES HYÉNIDÉS, 97
Les Hyènes actuelles et celles dont on trouve les débris dans les terrains diluviens sont A
susceptibles d’être partagées en deux sous-genres , si l’on tient compte de la forme de leurs dents tuberculeuses,
1. Les CROGOTTES (Crocolta, Kaup) ont la tuberculeuse qui suit la carnassière supérieure tout à fait rudimentaire, et ‘ar carnassière inférieure a son talon peu compliqué, Il n’y en a maintenant qu’une seule espèce, L'Hyène fossile, dont les ossements sont le plus communs dans les cavernes de l'Europe, s’en rapprochait beaucoup,
L'HYÈNE racuETÉE (Hyena maculala, Erxleben) est d’un brun fauve avec de grosses taches pleines d’un brun plus foncé sur le corps et sur la face externe des membres:
ses poils sont assez longs et peu serrés, mais ils ne forment qu'une faible crinière sur le cou et sur la partie antérieure du dos, Le devant du PENFIRION OR L'vkse t\cuerée, 9/5 de grand. cou est fauve sale,
Get Animal atteint la taille d’an grand Chien; il habite l'Mfrique australe et intertropicele ; on le rencontre jusqu’en Abyssinie,
2. Les HYÈNES proprement dites ont la tuberculeuse assez grande, disposée transversalement; leur carnassière inférieure a son talon plus fort et relevé par une ou deux petites pointes,
L'HYÈNE PRUNE (Hyæna fusca, E. et X. Geoffroy) a été aussi appelée Hyènre velue, à cause de la longueur considérable de son pelage, qui est d’un brun plus foncé et marqué, sur le Corps et sur les pattes, de larges bandes encore plus obscures, Sa face est fauve, ainsi que sa orge ; le bas et les côtés du cou sont gris sale, ainsi que le haut de sa poitrine,
Elle habite l'Afrique australe , depuis la Mozambique et la Sénégambie jusqu'au cap de Bonne-Espérance, Elle n'est pas rare aux environs de Port-Natal. Elle se tient principalement dans la région maritime; sa nourriture consiste presque exeélusivement en débris rejetés par la mer,
Dans beaucoup de localités
, l'office des Hyénes tachetées est de faire disparaitre les restes des Animaux qu'a tués le
Lion dans les bois ou dans la plaine, Celui de l'Hyène brune est de purger le rivage des immondices que la mer y apporte à chaque marée ou aprés les tempôtes, Les débris de toute espèce qu'elle rejette de son sein, et parmi lesquels sont d'innombrables crustacés dont les carapaces forment en certains points des amas hauts de quatre à six pieds ; l'Hyène brune en est friande, Quoique n'ayant pas la facilité d'aller saisir sa nourriture au
sein des eaux, elle est done, en grande partie, carcinophage, Delegorgue rapporte que ses traces se croisent partout sur les sables du rivage:
ge; chaque nuit elle en fréquente les bords, circulant au milieu des débris amoncelés qu'elle inspecte avec minutie, C'est ce qui fait que les boers ou colons hollandais de la Cafrerie ne
redoutent pas pour leurs bestiaux son voisinage qu'ils 11 PARTIE,
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considèrent comme parfaitement innocent, Cependant, au dire du même voyageur, il ne faudrait pas croire qu'elle rebutàt la chair des Mammifères dont elle rencontrerait les cadavres ; elle est, à cet égard, comme la Loutre, qui, tout en se nourrissant principalement de Poissons, mange aussi d’autres Animaux, des Quadrupèdes ou des Oiseaux, et saisit fréquemment des couveuses dans leurs nids; mais ses appétits ichthyophages ia dominent au point de ne pas lui permettre de s’écarter du littoral,
L'HYÈNE RAYÉE (/yæna siriata, Zimmermann) répond au Canis Hyæna des Linnéens , tandis que l'Hyène tachetée est leur Canis crocuta, Elle a les poils longs, principalement sur le cou et sur le dos, où ils forment une ample crinière flottante ; sa couleur est d’un gris fauve, zébré de brun, noir sur le corps et les membres; une grande plaque noire se voit sur le devant de son cou et remonte sur les joues, où elle se décompose en ponctuations; sa poitrine et son ventre sont gris blanchâtre,
C'est l'espèce propre à l'Asie méridionale, à l'Arabie et au nord de l'Afrique: elle est encore abondante dans la région du Nil et dans les États barbaresques; au Midi, elle ne remonte pas au delà du Sénégal, Sa taille est inférieure à celle de la précédente, et sa molaire tuberculeuse plus forte, ainsi que le talon de sa carnassière inférieure, Ce double caractère est plus marqué dans l'Hyéne rayée que dans l'Hyène brune,
On n’a encore observé aucun signe certain qui permette de distinguer comme espéce les Hyènes rayées d'Asie de celles d'Afrique où d'Arabie, I vient des Hyènes rayées jusque sur les bords de la mer Noire, et il est bien possible qu'autrefois elles aient vécu dans quelques parties de la Russie méridionale et de la Turquie d'Europe; mais les Hyênes, ayant une dentition analogue, dont on trouve des débris en Auvergne et dans les cavernes de Lunel-Viel, près Montpellier, appartenaient à d’autres espèces,
GENRE PROTÈLE (Proteles, Ls, Gcoffroy), L'espèce unique de ce genre ressemble beaucoup aux Hyènes par ses caractères extérieurs; ses proportions sont à peu près les mêmes, quoique sa taille soit sensiblement moindre; les poils de son dos sont aussi allongés en crinière, et son pelage est rayé de manière à rappeler celui de l'Hyène ordinaire, Cependant le Protèle à cinq doigts aux pieds de devant, tandis que les tlyènes n’en ont que quatre; ses pieds de derrière sont d'ailleurs tétradactyles comme les leurs, et il a l'humérus établi sur le même modèle que celui de ces Animaux et des Chiens, c'est-à-dire pourvu d'une perforation dans la fosse olécrânienne, mais sans trou suscondylien, Le principal caractère du Protèle consiste dans l'état tout à fait rudimentaire de ses dents molaires, qui sont au nombre de quatre paires à chaque màchoire, fort distantes les unes des autres, et réduites chacune à un simple tubercule irrégrilier et uniradiculé.
Le PRorÈLE HYÉNOÏDE (Proleles hyœænoïdes) à Gé signalé d'abord par G. Cuvier, qui dit dans son ouvrage sur les Ossements fossiles :
« Pour ne rien négliger de ce qui peut éclairer l'histoire des Hyénes, nous devons parler ici d'un Animal fort singulier, nouvellement rapporté du Cap par M, Delalande, et qu'au premier coup d'œil tout le monde serait tenté de prendre pour une jeune Hyène rayée, tant il ressemble à cette espèce par les couleurs et par la eriniére ; mais il a cinq doigts devant, et doit plutôt appartenir à la famille des Civettes...,,, Les crânes de cette espèce que nous possédons n'ont que des dents de lait petites et usées, parce que leurs dents persistantes ont été retardées, comme il arrive souvent aux Genettes, en sorte que nous ne pouvons en donner de description caractéristique ; mais nous ne doutons pas que, dans leur état normal, elles ne ressemblent à celles des Civettes et des Geneltes. Aussi croyons-nous pouvoir nommer provisoirement cet Animal Genetle hyénoïde. » (T. IV, page 388, édition de 1825.)
Peu de temps après la publication du grand ouvrage de G, Guvier, M. Is, Geoffroy a donné une description détaillée de cette Genette hiyjénotde, et Ha montré qu'elle devait constituer un genre à part, pour lequel il a proposé le nom aujourd'hui consacré,
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FAMILLE DES HYÉNIDÉS. 99 à une Hyène qu'à un Animal du grand genre des Canis; sa couleur est grisâtre, un peu fauve et rayée de noirâtre sur le dos et à la face externe des membres. Les poils de son dos et d’une partie de son cou s’allongent comme ceux qui forment la crinière des Hyènes,
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Sa tête osseuse a une forme assez particulière ; elle est déprimée, proportionnellement plus dilatée dans sa partie cérébrale que celle des Hyènes, et dépourvue des grandes crêtes sagit-
tale et occipitale qui caractérisent ces dernières; sa surface palatine est très-élargie, et les Ë deux branches de sa mâchoire infek rieure sont notablement écartées l’une
de l’autre. Tous les crânes de cette espèce qu’on à pu examiner ont montré la même imperfection des dents molaires que celui observé d’abord par G. Cuvier et par M. Is. Geoffroy, et il n’est plus permis de douter que és mer . . ce ne soit bien là un des caractères dé propres à ce singulier Animal, même pendant son état adulte, La dentition de lait montre de son côté une forme parfaitement analogue; cependant les molaires qui la composent sont encore moins nombreuses, De Blainville à donné plusieurs figures de la dentition du Protèle, ainsi que de l'ensemble du squelette, Pour lui ce Carnassier se rapproche du grand genre Canis, c'est-à-dire de la famille des Ganidés.
Le Protèle vit au cap de Bonne-Espérance et dans une grande partie de l'Afrique australe, On le trouve aussi à la côte Mozambique et de l'autre côté de PÉquateur, en Abyssinie et on Nubie, Voiei coment M. Geoffroy en a acquis la certitude, M, de Joannis, officier de la
DENTITION De PROTÈLE ADULTE, grand, adul'e,
marine française, à dessiné en Nubie un Animal trouvé mort, et c'est sur cette figure que le savant professeur du Muséum a reconnu le Protèle, Le Protèle de Nubie, aussi bien que le Protèle du Gap, était, dit M. Is. Geoffroy, rayé transversalement comme l’Hyène d'Orient ; il était sensiblement de même taille que les individus adultes tués au Cap par M. Verreaux, et il avait le même système dentaire. Le dessin que M. de Joannis a bien voulu me remettre représente, outre l'Animal figuré d'ensemble et sa tête dessinée à part, le côté droit de chacune des mâchoires ; la supérieure portait quatre molaires coniques, très-simples, dont les trois antérieures assez rapprochées les unes des autres, la postérieure un peu plus éloignée de la pénultième, En bas, le dessin ne présente que lrois molaires, soit que la postérieure fût restée cachée dans la gencive, soit qu’elle manquât réellement : deux cas que j'ai constatés par moi-même chez les Protèles de de Lalande, »
On est resté jusque dans ces derniers temps sans notions sur les mœurs des Protèles, ct on ne les connaît pas encore très-bien, La singularité, unique chez les Carnivores, de leurs molaires rudimentaires, devait cependant faire supposer qu'ils mâchent encore moins leurs aliments que ne le font la plupart des Animaux du même ordre, et elle devait en même temps faire admettre que, moins bien armés que les Félis et les-Hyènes, ils ont aussi un moindre goût pour la chair ou le sang. C'est ce qu'on a constaté, et M. Geoffroy rapporte, dans son second travail sur ce genre, que, suivant l'observation de M. E. Verreaux, les Protéles vivent en partie de la chair tendre des petits ruminants, principalement de celle des trèsjeunes Agneaux, en partie de la substance graisseuse qui entoure, comme une énorme loupe, la queue des Moutons africains, et augmente d’une manitre si considérable le poids de cet organe, À propos de ce goût tout particulier des Protèles, M. Is, Geoffroy rapporte l’anecdote suivante, que nous reproduisons d’après lui, à cause de l'importance de la question qui S'y trouve incidemment engagée :
Lorsqu'il communiqua ses nouvelles remarques au sujet du Protèle à l'Académie des sciences, un célébre géologue appartenant à cette compagnie, mais dont M. Geoffroy ne nous fait pas connaître le nom, lui exprima qu'il était très-facile de concevoir le rapport qui-existe entre un système dentaire aussi imparfait que celui du Protèle et l'habitude qu'a ce singulier
Yarnivore de poursuivre les Moutons pour se nourrir de la graisse à demi-fluide de leur queue, cet aliment n’exigeant, en effet, aucun travail de mastication. Mais, ajoutait le même académisien, sans aucun doute naturaliste en même temps que géologue, comment vivait le Protéle avant que les soins et la culture de l'Homme eussent naturalisé (d’autres auraient dit produit), dans l'Afrique australe, ces races domestiques de Moutons à grosse queue? « La réponse à cette objection est simple, dit M. Geoffroy. Le Protèle vivait alors comme il vit encore aujourd’hui; quand lui manque la proie qu’il recherche de préférence, il se rabat alors sur les jeunes ruminants, à leur défaut, sur les petits Animaux, dont il peut, mais avec plus
de peine, déchirer la chair à la manière des Ours, et, sans doute aussi sur les chairs dès
cadavres, déjà amollies par la putréfaction, » Les Protèles sont des Animaux fouisseurs; ils se creusent des terriers à plusieurs issues, et n'en sortent gucre que lorsque l'obscurité leur fait espérer l'impunité pour leurs niéfaits,
FAMILLE ves MUSTÉLIDÉS
Les Carnivores qui rentrent dans le même groupe naturel que la Belette (Muslela des Latins) sont nombreux en espèces, Ge sont des Animaux de taille moyenne ou même petite, si on les compare à ceux des autres familles du même ordre, Ils ont des teintes plus ou moins uniformes, en général brunes ; leur pelage est doux ct susceptible de donner de bonnes
Par