COR AME
FAMILLE DES MUSTÉLIDÉS. 119
avant, où le second paraît soudé au troisième dans toute la longueur de la premiére articulation; ongles nuls ou très-petits; la molaire tuberculeuse supérieure très-grosse,
La LouTre SANS ONGLES (Lutra inunguis, G. Cuvier), ou l'unique espèce de ce genre, a été découverte au cap de Bonne-Espérance par Delalande et retrouvée depuis lors à la côte Mozambique et en Abyssinie, Son pelage est assez doux, fourni et épais; sa couleur est d’un brun châtain, plus foncée sur les membres, la croupe et la queue, gris brunâtre sur une partie de la tête, et blanchâtre aux parties inférieures ; sa taille est un peu supérieure à celle de la Loutre d'Europe; elle vit dans les grands étangs salés qui occupent les régions maritimes des côtes orientales et australes de l'Afrique, plonge trés-bien, se nourrit de Poissons et de Crustacés, et se retire dans les jones ou les broussailles pour y établir son nid,
GENRE SARICOVIENNE (Loutra, Gray). L'espace qui entoure les narines est velu au lieu d’être nu et muqueux ; les pieds sont à moitié nus, et les doigts ont des ongles ; le crâne, renflé dans sa partie cérébrale et plus étroit en avant des orbites, est assez allongé dans sa partie faciale,
Lesson à donné plus récemment à ce genre le nom de Saricovia. L'espèce type est
La SARICOVIENNE pu Bnrésir (Lutra Brasiliensis, Ray), dont Buffon à parlé sous le nom de Saricovienne de la Guyane. Cette espèce vit non-seulement au Brésil, mais aussi à la Guyane et peut-être dans des régions plus septentrionales, Elle à le pelage brun ou fauve, avec la gorge blanche ou jaunâtre; son Corps à au moins un métre de long, et sa queue 0,45, Elle se tient dans les grands fleuves.
GENRE PTÉRONURE (Pteronura, Gray). Région des narines velue; pieds larges ; queue allongée, subeylindrique, pourvue d’une dilatation en forme de nageoire de chaque côté de sa moitié terminale,
L'espèce encore unique et jusqu'ici incomplétement connue de cette division, est le Pteronura Sandbachii que M. Gray à briévement décrit d’après un exemplaire apporté de Démérara (Guyane), et qui fait partie du Muséum de Liverpool, C’est un Animal moins grand que la Loutre d'Europe,
GENRE ENHYDRE (£nhydris, Vleming). Ce genre, comprenant la Loutre de mer, a pour caractères une taille plus grande, mais avec une longueur de queue proportionnellement moindre; des pattes petites, plus natatoires que celles des autres Loutres, et dont les postérieures ont quelque analogie avec celles des Phoques. En outre, les incisives présentent cette particularité, unique chez les Carnivores, qu'il n'y en a que deux paires inférieures au lieu de trois, La molaire tubereuleuse d'en haut est large, et elle a les tubercules de sa couronne trés-émoussés,
L'ENNYDRE MARINE (Ænhydris marina), longuement décrite par Steller dans les Commentaires de l’Académie de Saint-Pétersbourg, a été signalée par la plupart des navigateurs qui ont visité la côte nord-ouest d'Amérique. Elle vit dans une grande partie de l'Océan Pacilique boréal, jusque dans les parages du Japon. C’est le seul des Mammifères appartenant à la catégorie des Géothériens où Mammifères terrestres qui soit exclusivement maritime, Ge beau el précieux Animal a le corps long d’un mètre et demi environ, et recouvert du poil le plus beau, le plus doux et le plus lustré que l'on puisse imaginer; sa couleur est brune où brun roussâtre, On le recherche activement, mais il en vient trés-peu en Europe; les navires russes où américains , qui chassent ces Loutres de mer où qui en font le commerce, les portent principalement en Chine, où leurs peaux sont employées comme ornement et comme signes distinctifs par les hauts fonctionnaires, Suivant leur degré de conservation et la finesse ou le lustré de leur poil, ces peaux valent aujourd'hui de 800 à 1,500 francs piece, mais l’on constate d'année en année que le nombre des Animaux qui les fournissent diminue dans les parages où on les prenait assez facilement autrefois; aussi leur prix tend-it considérablement à augmenter,
Du temps de Steller, l'équipage d'un seul navire avait tué huit cents individus dans une
seule campagne, Aujourd'hui il arrive quelquefois que les pêcheurs de Phoques, qui sont aussi des pêcheurs d'Enhydres, n’en prennent pas un seul, Sur les côtes du Japon, on ne
les voit plus qu'accidentellement, À Quelques auteurs ont cru devoir placer l’Enhydre dans la famille des Phoques , mais il est Es incontestable que c’est bien une espèce de la tribu des Loutres, quoique la conformation de son squelette et plusieurs autres points de son organisation indiquent une organisation plus profondément modifiée pour la vie aquatique que ne l’est celle des autres Loutres, 1 \ |
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ORDRE pes PROBOSCIDIENS
Animaux mammifères pourvus de quatre extrémités subongulées,
en forme de colonnes, ayant chacune cinq doigts cachés sous la
peau, et derrière eux une sorte de pelote élastique qui porte sur
le sol par une espèce de semelle aplatie; “eux sortes de dents,
savoir : des incisives en forme de défenses, et des molaires ap-
propriées au régime herbivore; deux mamelles pectorales: les hé-
misphères cérébraux pourvus de nombreuses circonvolutions ; le nez prolongé en une trompe considérable qui sert d'organe de préhension. Les Proboscidiens sont les plus grands de tous les Mammifères ter=
restres. C'est parmi eux que l’on place, indépendamment des Kléphants de lAfrique et de l'Asie, plusieurs espèces éleintes appar-
tent au mème genre et quelques autres qui constituent deux genres différents, sous les noms de Mastodonte et de Dinothérium.
FAMILLE nes ÉLÉPHANTIDÉS
Les Éléphants et les espèces éteintes, espèces d'ailleurs assez peu nombreuses, qui se rapportent à la même division des Mammifères, ne constituent qu'une seule famille, Ces Animaux ont avec les Rongours des analogies incontestahles dans la conformation de leur H° PARTIE, 16
système dentaire, mais ils en diffèrent à tant d'autres égards qu’on ne saurait les placer dans le même ordre, Quoiqu'on les associe en général aux Ongulés et qu’on les classe à peu près généralement dans un même ordre avec les Rhinocéros, les Chevaux, les Hippopotames et les Cochons, ce mode de distribution n’est guère préférable, Les Proboscidiens doivent être considérés comme constituant un groupe naturel bien distinct, ayant la valeur des autres ordres de la même classe et dont le véritable rang n’a pas encore été déterminé avec certitude, Ce sont peut-être les plus curieux des Mammifères par la bizarrerie de leur forme et par la singularité de leurs instincts, et de tous les Animaux de cette classe, ils sont certainement ceux qui méritent le plus de fixer notre attention, à cause de l'ambiguïté de leur nature et de la grande réputation qu'on leur a faite. Plus volumineux que les autres, ils ne sont cependant pas aussi lourds dans leur forme que beaucoup d’entre eux, et leur grosse masse n'est pas entièrement dépourvue d'élégance, Cependant, à la première vue, ils semblent lourds et disgracieux; mais on s’en fait bientôt une autre idée, si l’on constate la facilité avec laquelle ils exécutent la plupart de leurs mouvements, et l’on voit avec étonnement que leur course est loin d’être aussi embarrassée qu'on l'aurait cru d’abord. Les anciens ne se sont pas bornés à reconnaître la douceur des Éléphants, la facilité avec laquelle on les apprivoise, l'attachement qu'ils ont pour leur maître, leur ressentiment pour les injures, toutes qualités qu'ils possèdent en effet, mais qui leur sont communes avec le Chien; ils en ont exagéré notablement l'intelligence, et souvent ils leur ont prêté les raisonnements les plus subtils et même des sentiments religieux : un culte et des offrandes à la lune; l’adoration du soleil et des prières à la terre lorsqu'ils sont atteints de maladie; ils leur ont encore supposé une fidélité conjugale inaltérable, de la pudeur et une résistance invincible à se faire les ministres de l'injustice. Les Malais désignent les Animaux de ce genre par un nom qui leur est commun avec l'Homme et qui implique l’idée d’un être raisonnable, Les Indiens ont la prétention de pouvoir gouverner les Éiéphants en agissant sur leurs passions comme on agit sur celles des Humains, et il n’est pas jusqu’à la coquetterie et à l'amour des louanges auxquels ils ne les aient crus sensibles,
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lement les récits exagérés qu'ils avaient recueillis, mais il est maintenant plus facile de débarrasser l’histoire des Éléphants des erreurs qu'on y a mêlées, et telle que nous la connaissons aujourd'hui, elle en est encore assez étonnante, et, pour être devenue plus exacte, elle n’est pas moins susceptible de piquer notre curiosité,
Les observations qu’on a faites sur ces Animaux dans l'Inde, en Afrique et dans les ménageries européennes, nous les montrent doués d'une intelligence incontestable, mais qui, tout en étant différente de celle des Chiens et des premiers Singes, n’est cependant pas supérieure à la leur, Les études anatomiques dont ils ont été l'objet conduisent à les faire regarder comme organisés d’après un type assez particulier, plus analogue à celui des ongulés qu'à tout autre, mais qui reste isolé à tant d'égards qu'on doit séparer les Proboscidiens de tous les autres ordres, Ces Animaux appartiennent à la grande division des Mammifères qui sont pourvus d'un placenta diffus, et ils paraissent devoir y occuper le premier rang,
Leur trompe allongée fournit leur caractère le plus apparent, mais il y a dans leurs autres organes beaucoup d’autres dispositions qui peuvent servir à les caractériser, On peut dire cependant que la nature à complété la bizarrerie des formes chez ce genre d’Animaux gigantesques, et qu’en même temps elle en à assuré l'harmonie en leur donnant cette trompe, espèce de long prolongement tubiforme placé au-dessus de la bouche, et qui n’est pour l’ana-
tomiste qu'un énorme allongement du nez, La flexibilité de cet organe, sa force musculaire ,:
la facilité avec laquelle il saisit les corps les plus délicats, arrachant violemment ceux qui sont retenus au sol et soulevant ceux dent le volume est considérable; le petit prolongement
digitiforme et propre au tact dont il est terminé en font un précieux instrument dont les:
Éléphants disposent avec une extrême habileté. « La main, dit Buffon, est le principal organe de l'adresse du Singe; l'Éléphant, au moyen de sa trompe, qui lui sert de bras et de main, ct avec laquelie il peut enlever et saisir les plus petites choses, les vorter à la bouche, les poser sur son dos, les tenir embrassées ou les lancer au loin, a donc le même moyen d'adresse que le Singe. » On peut ajouter que la Wompe, jouissant d'une force prodigieuse, sert aussi à l'Éléphant pour sa propre sécurité, C’est principalement dans cet organe que réside sa puissance; il s'en sert pour arracher des arbres ou soulever des fardeaux qu’un Homme aurait peine à remuer, ou bien encore pour terrasser ses ennemis; et lorsqu'il les a abattus où maîtrisés à l’aide de sa trompe, il les écrase bientôt sous la masse de son Corps , soit qu'il les foule aux pieds, soit qu'il les serre entre quelque surface résistante et son énorme tête,
Les incisives supérieures qui s'allongent sous la forme de défenses sont aussi pour l'Éléphant des organes d'une grande utilité; il les emploie pour sillonner le sol lorsqu'il recherche quelques racines nutritives; lorsqu'il fond sur un ennemi dangercux , il le perce de ces terribles armes ; et si sa trompe est menacée, il la replie entre elles en même temps qu'elles lui servent à en repousser l’agresseur, Ces dents qu'on à prises pendant longtemas pour des cornes sont formés par livoire, Ce sont des cônes allongées, un peu recourbés, dont le poids pour chacune peut aller jusqu'à 60 kilogrammes dans les Éléphants d'Afrique, et s'élevait bien au-dessus de ce chiffre dans certains Éléphants appartenant aux espèces fossiles, Chez plusieurs sortes de Mastodontes, on remarque une bandelette d'émail étendue sur toute la longue «le leur face antérieure, ce qui rappelle l’ivoire que portent les incisives des Rongeurs,
Les défenses des Proboscidiens sont bien des dents incisives, attendu qu'elles sont comme celles des Rongeurs implantées dans les os de ce nom, Quelques espèces fossiles en avaient aussi, mais de moins grandes, à la mâchoire inférieure, Celles de la première dentilion tombent après la naissance, comme chez les Rongeurs, Leurs alvéoles sont séparées de celles des molaires par un espace vide ou barre, Les canines manquent à tous ces Animaux, Leurs molaires présentent plusieurs particularités dignes d'être signalées; toujours appropriées pour broyer leS substances animales, elles sont essentiellement composées d'ivore et d'émail, Ces doux substances forment à ia couronne do chaque dent un certain nombre de crêtes transversales
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ou collines plus ou moins mamelonnées qui, chez les Éléphants d'Asie, sont amincies en lamelles, restent longtemps disjointes, et sont de bonne heure empâtées dans de la substance cortisale ou cément qui s’interpose entre elles et en forme un tout, Leur surface triturante s’use au fur et à mesure de la maslication, comme la surface d’une meule, et montre alors des rubans transversaux d'émail, plus ou moins frisés à leurs contours; ceux-ci sont empâté dans le cément et renferment chacun une ellipse d'ivoire qui n’est autre chose que la coupe d'une des collines formées par cette dernière substance, Gette disposition alternante se voit très-bien dans les lames d'ivoire, faites avec des dents molaires que l'on prépare pour les arts. Les tablettes montrant des ellipses transversales fort allongées sont tirées des Éléphants d'Asie ou des Éléphants fossiles ; celles dont le dessin est en losanges proviennent des Éléphants africains. On ne pourrait faire des tablettes analogues avec les molaires des Mastodontes, parce que ces dents n'ayant pas de cément interposé entre leurs collines, celles-ci sont séparées par des vallées plus ou moins profondes et restent distantes les unes des autres faute d'un lien cémenteux qui les relie entre elles.
Quand on regarde la bouche d'un Éléphant soit africain, soit asiatique, on n’y voit qu’un petit nombre de dents molaires, parfois une paire seulement à chaque mâchoire; d'autrefois une paire à l’une des mâchoires et deux à l’autre; d’autrefois encore deux paires à chacune, et, à moins que l'on n'ait devant les yeux deux Éléphants absolument du même âge, on trouve que leurs molaires, même celles qui sont réellement correspondantes entre elles, n'ont ni la même apparence , ni le même nombre de laruelles où collines. Voici l'explication de cette singularité :
Il résulte des recherches des anatomistes, principalement de celles de Corse et de Blainville, que les Éléphants et même les Mastodontes ont six paires de dents à chacune des mâchoires. Ces dents augmentent de volume depuis la première jusqu’à la dernière ou sixième, et le nombre de leurs lamelles ou collines est aussi de plus en plus considérable, C'est dans les Éléphants asiatiques et dans ceux qui ont vécu pendant la période pleistocène que les lamelles sont en plus grand nombre, L'Éléphant asiatique a quatre collines à sa première dent, huit à la seconde, quinze à la troisième, dix-huit à la quatrième, dix-huit à la cinquième et vingttrois où même vingt-sept à la sixième, Ces vingt-quatre dents surchargeraient énormément la tête si elles existaient simultanément aux mâchoires, et le poids de cette tête serait encore augmenté par la grandeur plus considérable que celles-ci devraient nécessairement avoir, Elles ne se montrent done pas toutes ensemble comme chez la plupart des autres Animaux, et les premières sont déjà usées en entier et ont disparu lorsque celles du milieu se montrent et servent à l'Animal; les dernières eufin n'apparaissent qu'après que celles du milieu ont été mises hors d'usage, et les quatre dernières de toutes, c'est-à-dire une paire supérieurement et une paire inférieurement, restent seules et sont déjà près d'être usées lorsque l'Animal arrive à la fin de sa carrière et qu'il meurt de vieillesse, La succession des dents molaires s’opére ainsi par flots d'une manière lente mais réglée, et Pon en admet trois flots différents, c’est-à-dire trois apparitions régulières. Les dents se montrent deux par deux, de chaque côté de l'une et de l’autre mâchoire, Le degré plus ou moins avancé de l'usure de chacune d'elles détermine les différences que l’on remarque dans le nombre total des lamelles ou collines pour chaque flot. On sait en effet que les dents commencent toujours par user leurs lamelles antérieures, et que celles-ci disparaissent même; de sorte que les dents à 8, 10 ou 15 lamelles finissent par n’en avoir que quelques-unes lorsqu'elles ont servi pendant un certain temps, et même par les user toutes, de telle sorte que ce qui reste des dernières tombe sous la forme d'un chicot lorsque la propulsion d’un nouveau flot commence à se faire sentir, E: même temps, la partie antérieure du bord dentaire se resserre, s’amincit, et, pour la mâchoire inférieure, du moins, le prolongement en forme de bec de la partie symphysaire s'allonge concurremment. li est évident en effet que les dents ne viennent pas se placer l'une après l’autre au même point et la mastication s'opère successivement sur des lieux différents &i sne-
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FAMILLE DES ÉLÉPHANTIDÉS. 125
cessivement dilatés des os maxillaires, Chez les Mastodontes on voit souvent trois et même quatre paires de molaires qui fonctionnent en même temps: mais cela n'a lieu que pendant la jeunesse, époque durant laquelle les dents sont bien moins volumineuses que celles qui apparaîtront derrière elles,
Les Dinothériums n'ont que cinq paires de molaires en haut comme en bas. Ces dents sont moins fortes que celles des Mastodontes ou des Éléphants , et elles ont aussi moins de collines; aussi les trouve-t-on toutes ensemble sur les suâchoires de ces Animaux que l’on découvre dans le sol de plusieurs localités, La présence de cinq paires de molaires seulement chez les Dinotheriums constitue une présomption en faveur de l'opinion de quelques naturalistes, qui n’admettent en tout que cinq paires de molaires à chacune des mâchoires des Mastodontes ou des Éléphants, au lieu de six comme nous l'avons dit d’ après de Blainville qui a fait une étude attentive du système dentaire des Proboscidiens lorsqu'il a traité de ces Animaux dans son Ostéographie. |
Il est une autre question résolue dès à présent pour les Dinotheriums et les Mastodontes, mais pour la solution de laquelle l'étude anatomique des Éléphants n’a encore fourni aucune indication. Cette difficulté est relative aux molaires de lait, On constate que chez les deux genres éteints qui viennent d'être cités, les premières molaires sont chassées par des dents poussant au-dessous d'elles, comme les dents de remplacement des autres Animaux, et non en arrière comme celles des flots successifs chez les Éléphants : rien de semblable n’a encore été constaté chez ces derniers. Ils sont peut-être dans le cas de certains Rongeurs, dont nous avons précédemment parlé, qui perdent leurs dents molaires de lait pendant la vie intrautérine.
La gestation des Éléphants est de vingt mois; en venant au monde les petits ont près d’un mètre de hauteur; ils marchent assez facilement pour suivre leur mère, Aristote avait déjà dit qu'ils tettent par la bouche et non par la trompe, mais la plupart des auteurs qui s’ont venus aprés lui ont contesté son assertion, et Buffon, dans les belles pages qu'il a consacrées à l'Éléphant, leur a donné raison, « Le petit Éléphant doit, dit-il, teter avec le nez et porte, ensuite à son gosier le lait qu'il a pompé; cependant les anciens ont écrit qu'il tetait avec la gueule et non avec la trompe; mais il y a toute apparence qu'ils n'avaient point été témoins du fait et qu’ils ne l’ont fondé que sur l’onalogie, tous les Animaux n'ayant pas d’autre manière de teter, » Cette dernière considération aurait dû engager Buffon à se ranger à l'avis des anciens, mais ce ne fut que plus tard, en 1782, qu'il l’accepta comme vrai, ayant été informé du fait par une personne qui avait vécu près de trente ans au Bengale. L’allaitement dure cuviron deux ans, et ce n'est qu'à l'âge de quinze ou vingt ans que les Mammifères de ce genre sont aptes à engendrer,
Tant que les jeunes Éléphants sont encore faibles, les femelles en ont le plus grand soin, et ceux qui teltent encore s'adressent indistinctement aux différentes femelles de la troupe dont ils font partie,
Le système osseux des Éléphants présente plusieurs particularités assez notables, Leur crâne est volumineux, mais sa face est assez raccourcie, Son grand développement apparent tient à la présence d'un grand nombre de cellules interposées entre ses deux tables osseuses, principalement dans les frontaux, pariétaux, occipitaux, sphénoïdes et maxillaires, Ce vaste système de cavités reçoit de l'air, et diminue d'autant le poids de la tête, qui serait énorme s’il répondait à son volume, La mâchoire inférieure, qui manque de dents incisives, a sa symphyse terminée par une pointe simulant unc saillie en forme de bec, Le cou est court et ses vertébres ont leur corps aplati.
Les vertébres dorsales et les lombaires ont leurs apophyses épineuses longues et couchées en arrière; le nombre des premiéres est assez considérable, et les côtes qui s’y insèrent protégent non-seulement la cavité thoracique, mais une grande partie de la cavité abdominale, La queue ne descend pas plus bas que le jarret.
Voici le nombre des vertèbres propres à chaque région et celui des côtes :