‹ Histoire naturelle des mammifères [microforme]Chapitre 50 sur 96 · TL · texte numérisé non relu

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RHINOCÉROS DE SUMATRA A Piénere es Donruliernins

FAMILLE DES RHINOGÉRIDÉS.

et les naturalistes, qui se sont occupés récemment de ce groupe, ont pu ajouter des détails fort curieux à ceux que Buffon, Camper, Pallas , G. Cuvier et de Blainville avaient recueillis,

On doit distinguer les espèces actuelles de Rhinocéros en deux groupes,

Les meilleurs caractères que l’on ait indiqués à l'appui de cette division résident dans la dispositions des dents antérieures; ces caractères ont l'avantage de coïncider exactement avec la distribution géographique des différentes espèces. Pour ne parler ici que des espèces vivantes, on constate que chez celles de l'Afrique il n’y a de dents, en avant des molaires, que pendant le jeune âge, et qu'elles sont petites; au contraire, dans les Rhinocéros asiatiques, il y en a chez les jeunes, el aussi chez les vieux; elles sont même plus évidentes chez les seconds que chez les premiers, Des différences analogues se retrouvent chez les espèces éteintes. Chacune des divisions qu'elles ont permis d'établir a déjà reçu, en paléontologie comme en zoologie, plusieurs noms dont nous croyons inutile de rétablir ici la synonymie,

I. Les Rurwocénos à incisives non persistantes. Ils n’ont que des dents molaires pendant l'âge adulte, mais lorsqu'ils sont jeunes, on leur reconnaît une paire d’incisives supérieures et deux inférieures ; ces dents sont beaucoup plus petites que celles des Rhinocéros de l'Inde,

Le RuHINoOGÉROS À NARINES GLOISONNÉES (Rhinoceros antiquilatis, Blumenbach; Rhi-

noceros lichorhinus, Fischer), qui est fossile en Europe et en Sibérie, appartient à cette division, {1 était plus fort et plus trapu que ceux d'aujourd'hui, Ses ossements sont communs dans les alluvions, dans les atterrissements diluviens et dans les cavernes, J1 y en a beaucoup dans certaines parties de la France, et l’on en recueille, en particulier, dans le sol de Paris, Dans les régions du Nord, on # trouvé des Rhinocéros de cette espèce avec leurs chairs et leur peau enfouis dans les glaces, Nous en reproduisons ici une tête et un pied, TÊTE ET PIED DU RHINOCÉROS A NARINES CLOISONNÉES, Le RHINOGÉROS GA Fossiles décrits par Pallas et par M. Brandt (Musée de Suint-Pétersbourg), 1/6 de grand, MUS (Rhinoceros simus Burchell) a deux cornes; le nez raccourci, comme tronqué; les plis du corps peu marqués et les dents molaires assez peu différentes de celles du précédent, auquel il ressemble aussi par la forme de ses os; cependant il n’est pas de la même espèce. C’est un Animal encore rare dans les collections. Sa patrie est l'Afrique centrale, Le squelette qu’en possède le Muséum de Paris, et dont MM. de Blainville et Duvernoy ont donné des figures, est celui d’un exemplaire tué par le courageux voyagour Delgorgue. Les narines ne sont pas séparées, comme dans l’espèce fossile, par une cloison osseuse.

Ce Rhinocéros est le Mocouf des Nègres; sa longueur totale approche, assure-t-on, de quatre mètres,

Le Ruivocénos Brconne (Ahinoceros bicornis, Linné) est plus répandu en Afrique; on le signale dans la Nubie, dans PAbyssinie, en Mozambique, au Sénégal et dans une grande partie de l'Afrique australe. Son crâue est égalemeni court, mais de forme un peu différente, et ses

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molaires supérieures n'ont pas les doubles excavations en forme de puits disposées comme celles des deux précédents, Il est bicorne, c'est-à-dire pourvu de deux cornes nasales.

C'est le Hhinoceros Africanus de G, Cuvicr : les Cafres l'appellent Macaby, H était, it y a peu d'années encore, assez facile à rencontrer; mais la chasse active dont il a été l'objet l'a éloigné, presque partout, des endroits fréquentés par l'Homme,

Les Hhinocéros Ketloa, que M, Andrew Smith en a séparé comme espèce, n'ont pas été dlmis par les observateurs plus récents, et M, Wahlberg, qui à tué un assez grand nombre de Rhinocéros dans le sud de l'Afrique, fait remarquer qu'ils sont tantôt noirs, tantôt, au contraire, blanchâtres, mais, suivant lui du moins, d'une manière individuelle, gt que la lonaueur de leurs cornes est également assez variable, Celles des femelles sont plus longues, mais celles des mâles ont plus d'épaisseur,

On cite entre le Darfour et le lac de Tschad un Rhinocéros à une seule corne; mais il n'a pas encore pu être décrit, et les auteurs en ont dénommé plusieurs autres qui ne sont guère mieux connus ; tels sont les Ahinocéros de Bruce et de Gordon , indiqués autrefois par de Blainville qui les a lui-même rayés depuis lors de la liste des véritables espèces,

IH, Les Ruinocénos à incisives persistantes sont particuliers à l'inde, 1 y en a eu aussi des espèces en Europe, mais pendant une époque antérieure à l'existence du Rhinocéros qu'on appelle Rhinocéros à narines cloisonntes.

Ges Animaux ont le même nombre de molaires que les précédents, mais ils portent à la partie antérieure des mâchoires ? dents que l'on a décrites comme des incisives et dont les deux paires supérieures sont, en effet, implantées dans les os de ce nom, Des deux paires supirieures, l'antérieure, qui est seule persistante, acquiert un volume plus où moins considérable, et devient, avec l'âge, une sorte de grosse pince qui s'use en plan sur sa couronne, par suite de son frottement avec la plus forte des dents inférieures, Celle-ci est en cône allongé toujours implantée dans le squelette au moyen d'une forte racine; elle est couchée en avont et Cauiniforme ; on devrait sans doute la regorder comme canine véritable, Elle limite en dehors l’espace occupé par les deux paires de petites incisives antérieures, mais celles-ci sont claviformes, arrondies et habituellement caduques, Les deux grandes incisives supérieures et les deux grandes dents caniniformes de la mâchoire inférieure persistent seules ; elles sont surtout utiles à ces Rhinocéros pour arracher ou couper les branchages, les chaumes, les bambous et les autres parties végétales qui leur servent ordinairement de nourriture, Les espèces de cette division ont les plis de la peau bien marqués, On en cite une sans corne ; d’autres en ont une ou deux, et s’il fallait croire les figures d'un ouvrage chinois d'histoire naturelle, il y en aurait même une à trois cornes ; mais les cabinets européens ne possèdent aucune pièce qui puisse établir l'existence réelle de cette dernicre espèce, La premiére espèce, quoique moins douteuse, n'est pas non plus incontestable, Pourtant, de Blainville à vu, dans la collections de M. Lamarre-Piquot actuellement déposée à Berlin, un Rhinocéros des Îles de l'embouchure du Gange qui était tout à fait privé de corne, C’est le même que M. Lesson à nommé /hinoceros tnermis.

Les caractères distinetifs des trois suivants ont été mieux démontrés,

Le RiiNocéRos UNICORNE (Hhinoceros unicornis, Linné, où 4, Zndicus, G, Guvicr), n'a qu'une seule corne; les plis de son corps sont très-prononcés et les parties de la peau que ces plis séparent ressemblent aux piéces d'une armure; Son derme est mamelonné surtout vers la croupe, Ge Rhinocéros acquiert une grande tailles il est de couleur terreuse, C'est celui que lon amène ordinairement en Europe,

Vers la fin de la République, les Romains ont connu le Rhinocéros en nature, et Pompée ea montra un dans le Cirque, C'était un Rhinocéros indien de l'espèce unicorne, Il en parut également un lors du triomphe d'Auguste sur Cléopâtre, Le même genre est assez exactement figuré sur plusieurs médailles de la même époque, et on le retrouve parmi les Animaux de la mosaïque de Palestrine, Mais il faut esuite aller Jusqu'au seizième siècle pour trouver à son

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égard de nouveaux documents, et les premiers dont la science s'enrichit furent encore relatifs à l'espèce de l'Inde, Le roi de Portugal Emmanuel reçut un de ces Pachydermes en 1513 : c’est le même dont Albert Durer fit une gravure sur bois, d’après un dessin peu exact qui lui avait été envoyé de Lisbonne, Un autre fut amené en Hollande en 1741, et deux parurent à Londres, en 1686 et en 1739. De 1740 à 1750, un de ces Animaux fut montré dans la plupart des grandes villes de l’Europe. Bientôt après, sous le règne de Louis XVI, la Ménagerie de Versailles en acquit un dont la dissection a pu être faite par Mertrude et Vicq d'Azyr, en 1793, et dont il y à dans les vélins du Muséum de très-bonnes peintures dues à Maréchal, Depuis le commencement du sièele actuel, l'Europe à encore reçu plusieurs de ces gigantesques Mammifères, et, tout récemment, l'espèce indienne était également représentée dans les Ménageries de Paris et de Londres par de très-gros exemplaires,

Le Ruinocénos DE JAVA (Rhinoceros Javanus, G. Cuvier), qu'on a aussi appelé Rhinoceros sondaïcus, est particulier à l’île de Java, De même que le précédent, il n’a qu’une seule corne; mais on le reconnaît à la force moindre de ses plis cutanés, à la forme un peu différente de sa tête et aux tubercules serrés et anguleux de sa peau. Il est moins grand que l’Unicorne avec lequel on l’a confondu pendant longtemps.

Le Ruinocénos pe Sumarra (Æhinoceros Sumatrensis, G. Cuvier), que W. Bell avait décrit en 1793, constitue encore une espèce bien distincte des précédentes par ses deux cornes et par sa taille moindre; il est gros comme une Vache, mais moins élevé sur jambes, Son corps à plus de poils que celui des autres. (P/. AXXX1.)

Il paraît qu’il existe aussi des Rhinocéros à Bornéo, mais on ignore de quelle espèce ils sont,

On a d’abord confondu sous le nom de RHINOGÉROS A INGISIVES (Rhinoceros incisivus, G, Guvier), la plupart des Rhinocéros du même sous-genre que l'on découvre à l’état fossile; mais les auteurs actuels croient avoir reconnu parmi eux une quinzaine d'espèces, Les plus certaines, parmi celles de France, sont: le Rhinoceros leptorhinus de G. Guvier, fossile à Montpellier; le Ahinoceros incisivus, Blainville, qui paraît devoir être subdivisé; et le Ahinoceros minutus, @. Cuvier, Tandis que les deux précédents égalaient où même surpassaient le Rhinocéros des Indes, le dernier était à peine plus grand qu'un Tapir. C’est du Ahinoceros minutus qu'il faut rapprocher un Rhinocéros du Bourbonnais que M, Duvernoy supposait avoir eu deux cornes placées l’une d’un côté du nez et l'autre de l'autre côté, Ce Rhinoceros pleuroceros, Duv., à été établi sur l'examen du fragment fossile dont nous donnons ici la

figure,

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