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tions dans nulle l'infl Er Norn diver Ham publi
plus d L’e genre eliln
quelques bonnes observations qui viennent à l'appui de cette manière de voir, et l'examen
comparatif des Cochons de Siam ou de la Nouvelle-Guinée avec Ceux de n0s races européennes semble la mettre hors de doute,
Dans l’état actuel de nos Connaissances, il est encore impossible de retrouver avec certitude
l'origine des principales races de Gochons, et nous avons cru inutile d'énumérer ces dernières ! sous un litre différent de celui qui comprend les vrais Sangliers ou les Cochons sauvages, | Il importe cependant de rappeler d’abord que, dans certaines parties de l'Amérique, où les |
Cochons, abandonnés à eux-mêmes, sont redevenus sauvages, leur poil et leurs allures sont
maintenant fort analogues à ceux des Sangliers, Il est également vrai que, dans plusieurs
parties de l’Europe ou de l'Asie, la différence entre les individus sauvages et ceux qui sont tenus en domesticité est beaucoup moindre qu’on ne le croirait, et que certains Cochons ont les soies abondantes comme les Sangliers et l'apparence presque aussi sauvage, Leur principale différence consiste en ce qu'ils sont entièrement noirs, c'est-à-dire atteints de mélanisme, tandis que la plupart des Cochons qu’on élève dans les porcheries pour les vendre dans les grandes villes sont décolorés et presque albinos, et qu'ils ont les oreilles tombantes, ce qui est aussi une autre sorte d’altération due à la domesticité.
Et pourtant tous les Cochons domestiques sont aptes à reproduire entre eux, ce qui est
une preuve, entre cent, que la génération féconde n’est pas, comme le croyait Buffon, le critérium véritable de la communauté d'espèce. Il en est probablement des Cochons domestiques, et plus particulièrement de certaines de leurs races, comme de certains arbres fruitiers sur lesquels l'Homme a agi. Les caractéres par lesquels ils s’éloignent de leur type primitif sont dus à l'influence de la domestication; ils peuvent être considérés comme en constituant de véritables altérations tératologiques, A notre avis, r’est ce qu’on ne saurait mettre hors de doute pour les Cochons à jambes courtes, et pour ceux dont le poil ou la peau
sont décolorées en entier ou par parties, dont la graisse se développe surabondamment sous
l'influence d’un certain régime et dont les oreilles sont tombantes, Ce ne sont là des Animaux
tels que la nature nous les donne, et, aux yeux des zoologistes, les caractères exceptionnels
qu’ils nous présentent sont plutôt des altérations pathologiques que de véritables perfection-
nements; mais le cultivateur trouve son intérêt à les perpétuer ou même à les accroître
encore, el nous les voyons augmenter en intensité proportionnellement aux influences dont il
dispose, Cependant ce n’est pas là de la variabilité illimitée, car si ces altérations se perpé-
tuent ainsi dans les Animaux que l’on cultive, nous les voyons s’éteindre lorsque les condi-
tions exceplionrelles auxquelles on les avait soumis ont cessé, La même chose s’observe
dans les Moutons, dans les Bœufs, dans les Chiens et dans plusieurs autres genres; mais nulle part nous ne voyons ces modifications acquérir une valeur réellement spécifique, car l'influence de l'Homme ne saurait aliéner les droits de la nature.
En France, on distingue comme races ou variétés principales celles de Champagne, de Normandie, du Poitou et du Périgord, En Angleterre, les anciennes races sont également diverses ; elles portent aussi le nom des pays où on les élève : Yorkshire, Sussex, Essex, Hampshire , ete, Il en est question avec détail dans l'ouvrage de M. David Low et dans les publications ordonnées par le ministère de l’agriculture.
D'autres races s'observent dans la région méditerranéenne, Telles sont celles d'Espagne, de Parme, de Naples, de Malte et de l'urquie.
L’Asie en fournit encore d’autres et en particulier :
Le Cocnon DE Siam ou Porc CHINOIS, qui dérive certainement d'une autre souche que les nôtres ct se divise lui-même en plusieurs races et sous-races, Son corps, long d’un peu Plus d’un mètre, a les poils assez abondants et noirs, ainsi que la peau, (PI, L.)
L’exainen des nombreux avantages que l'Homme tire des Animaux domestiques de ce genre est plutôt du ressort de l’économie rurale que de celui de la zoologie proprement dite, el il ne saurait nous occuper longuement dans cet ouvrage,
210 ORDRE DES BISULQUES.
Le Cochon n’est pas seulement utile après sa mort, Dans quelques circonstances , il peut aussi rendre quelques services de son vivant, M. Grognier en rappelle plusieurs exemples dans sa Zoologie vétérinaire, Dans le Périgord, on emploie les Cochons à la recherche des truffes, En normandie on les attache souvent au pied des pommiers qu'ils cultivent en fouillant la terre tout autour. Dans certaines parties de l'Ecosse, principalement dans le Murray-Shire, le Porc travaille comme bête de trait, et il n’est pas rare d'y voir un petit Cheval, un Ane et un Cochon attelés à la même charrue. M. Grognier a vu en France de pareils attelages, et il rappelle qu'une loi les avait défendus au peuple juif, En Amérique on lâche les Cochons contre les Serpents venimeux dont ils font leur proie, On arrache aux Cochons vivants des soies pour faire des brosses, des vergettes et des pinceaux, Enfin le fumier de Cochon, quoique peu estimé, à aussi son utilité; dans le Nord on l'emploie principalement dans les champs de houblon,
Nous ne rappellerons qu’un seul point de l’histoire économique du Cochen; ce point est relatif à l'interdiction que plusieurs législateurs ont faite de l'usage de sa chair, Il n’est pas douteux que, dans les pays chauds, et, pendant l'été, dans les pays tempérés, la chair de celte espèce ne doive être mangée avec précaution, et que les parties envahies par les Hydatides, soit Échinocoques , soit Cysticerques, ne doivent être rejetées avec beaucoup de soin, car une cuisson incomplète et les diverses préparations qu’on lui fait subir ne réussissent pas toujours à lui enlever ses propriétés malfaisantes ; et elle peut devenir dans beaucoup de cas une cause d'infection vermineuse,
Lorsque les Hydatides du genre Cysticerque abondent dans la viande des Pores, on doit donc rejeter constamment toutes les parties de ces Animaux qui sont atteintes de la maladie hydatique, nommée ladrerie, car les recherches qu’on a faites au sujet des Entozoaires dans ces derniers temps ont mis hors de doute la transformation des Cysticerques en Vers solitaires. Le développement de ces espèces de Larves se continue dans les intestins des Animaux qui les mangent et le corps de l'Homme n’est point à l'abri de leurs ravages, C'est ce que des expériences toutes récentes paraissent avoir mis hors de doute.
Il est vrai que la cuisson des viandes infectées ne manquorait pas de faire périr les Cysticerques ; mais il n’est pas certain qu’elle agisse aussi bien sur les œufs d’où naissent les: Ténias, et, dans les viandes ladres qui n’ont été que fumées, ceux-ci doivent très-probablement conserver leur vitalité, Cette supposition semble confirmée par ce fait, d’ailleurs constaté par beaucoup de médecins, que les charcutiers sont plus fréquemment attaqués du ver solitaire que les gens appartenant aux autres professions.
GENRE BABIROUSSA (Babirussa , F. Cuvier). Les incisives sont au nombre de ? et les. molaires de +; les canines sont grandes, en forme de défenses, recourbées en haut; elles sortent de la bouche; les supérieures présentent cette particularité que leur alvéole se recourbe, et qu’au lieu de descendre, elles remontent le long des gencives et percent la peau, ce qui fait que les dents elles-mêmes semblent sortir comme une paire de cornes de chaque côté de la face, Rapprochées des inférieures, elles simulent alors quatre cornes curvilignes dont les supérieures décrivent, chez les mâles adultes, plus de la moitié d’un arc de cercle et meurtrissent souvent la peau du front par leur extrémité recourhée,
L'espèce unique de ce genre pourrait être l'Animal au sujet duquel Pline a dit : «Dans l'Inde se trouvent des Sangliers dont le boutuir est armé de deux dents recourbées, longues chacune d'un empan, et qui en portent deux autres au front, comme les jeunes Taureaux. » Cependant, comme le Babiroussa ne vit qu'aux îles Moluques, et que les anciens n’ont pés connu cet archipel, il est difficile d’affimer que ce soit bien du Barbiroussa que Pline ait voulu parler ici. On pourrait admettre néanmoins qu’à cette époque déjà quelques crânes de cette espèce, analogues à ceux que l’on prépare encore pour le commerce, avaient pu parvenir jusqu’en Europe comme objets de curiosité ; mais rien n’indique que cette supposition soit réolloment fondée, et comme la phrase de Pline pourrait à ia rigueur s'appliquer aux
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Sangliers, peut-être mieux encore aux Phacochéres, qui sont, il est vrai, piens, il paraît préférable de ne rien affirmer à cet égard, le Tetracère où Animal à quatre cornes d'Élien, m habitées par les Babiroussas ont été fré cette époque que ces Animaux ont é
des Animaux éthio- On dit aussi que cette espèce est ais ce n’est qu'au xvie siècle que les îles quentées par les Européens, et ce n’est aussi qu’à té mentionnés exactement dans les ouvrages d'histoire { naturelle, Le nom qu'ils y ont conservé est celui que leur donnent les Malais, Babi-Roussa | veut dire Cochon-Cerf, c'est-à-dire Cochon ayant des cornes qui rappellent celles des Cerfs ou Roussa, Les localités où on les trouve sont la grande île de Célébes et celle de Bœroë aux Moluques, C'est à tort qu’on les a indiqués dans d’autres lieux, Cette espèce, qu'on doit appeler BaABrroussA ORIENTAL l’Aper orientalis de Brisson et le Sus Babiroussa de celle des Cochons, mais elle est moins trapue; ses formes sont arrondies; son corps est d’un brun sale, parsemé de poils assez rares sortant de petits tubercules qui contribuent à donner à la peau la rudesse qui la distingue, MM. Quoy et Gaimard ont rapporté à Paris, au retour de leur voyage de circumnavigation à bord de l’Astrolabe, une paire de Babiroussas dont on à pu obtenir un petit. Les mœurs de ces Animaux ressemblent assez à celles des
Sangliers, et ils ont comme eux le régime omnivore, Aux Moluques , on les tient dans un état de demi-domesticité ; leur chair est fort estimée,
Plusieurs auteurs ont étudié les Babiroussas avec soin, MM. Quoy et Gaimard, F, Guvier, M, Roulin et M, Vrolick,
GENRE PÉCARI (Dicotyles, G. Cuvier), Les Pécaris sont des Porcins des contrées chaudes de l'Amérique, qu'il est facile de distinguer génériquement des autres Animaux du
même sous-ordre, Ÿ ! Es We à ne
(Babiroussa orientalis), est Linné, Son apparence extérieure est
Nous citerons particulitrement
PÉCant À LÈVRES BLANGUES, 1/10 de grand,
Ils ont le Corps couvert de soies assez dures, en partie annelées de deux couleurs, et l’on voit sur leur dos une glande odorante assez grosse que plusieurs auteurs ont regardée, à tort, comine un second ombilic. C’est à cette erreur que G, Cuvier a fait allusion lorsqu'il a donné à cos Animaux le nom latin de Dicotyles, signifiant double nombril,
IIS PARTIE, sl
242 ORDRE DES BISULQUES,
Les Pécaris ont la queue tout à fait rudimentaire; et leur dents sont en moindre nombre que celle des Sanglicrs : comme ils n’ont que deux paires d’incisives supérieures, et qu'ils manquent de la première avant molaire isolée des Saugliers, leur formule dentaire se trouve établie ainsi qu’il suit :
? incisives, { canines, £ molaires,
Une autre particularité distinctive de ces Animaux mérite aussi d’être signalée : c’est le commencement de soudure qui réunit la moitié supérieure des métatarsiens de leurs doigts principaux, aux pieds de derrière, et tend à les faire ressembler au canon des Ruminants,
Ce sont des Animaux propres aux régions chaudes de l'Amérique, qui vivent réunis par troupes plus ou moins considérables, Leur taille est moindre que celle des Sangliers, et ils ont aussi les dents canines beaucoup moins fortes, Il est facile d’apprivoiser ces Porcins, et dans beaucoup de lieux on en retient dans un état de demi-domesticité, Ils multiplient même en France, et il serait possible de les acclimater en Europe plus complétement qu’on ne l'a fait jusqu’à ce jour. Ils forment deux espèces différentes,
Le PÉcant À LÈVRES BLANCHES (Dicotyles labiales), ou le Tagnicati d'Azara, se distingue par la couleur blanchâtre de sa mâchoire inférieure; il n’a que trois doigts aux pieds de derrière par suite de l'avortement constant du doigt latéral interne,
Le Pécant À couter (Dicotyles torquatus, F, Guv.) répond au Sus tajassu de Linné. Il a une espèce de collier plus clair que le reste du cou, et ses pieds de derrière ont quatre doigts comme ceux de tous les autres Porcins. C'est le Tajassou de Daubenton et le Taytélou d’Azara,
Les terrains superficiels du Brésil et de Buénos-Ayres renferment des débris fossiles indiquant plusieurs espèces de Pécaris, dont une, plus grande que celles d'aujourd'hui, a reçu Île nom de Dicotyles major. Des Animaux analogues ont aussi existé dans l'Amérique septentrionale, Toutefois, MM. Le Conte et Leidy les regardent comme devant former des genres à part auxquels ils donnent le nom de Platygonus, Hyops, Protocheirus et Euchærus. On en trouve les débris dans la région des Illinois,
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alée : c'est le le leurs doigts uminants,
ut réunis par iers, et ils ont 5 Porcins, et tiplient même t qu'on ne l’a
a, 80 distingue pieds de der-
e Linné. Il à quatre doigts t le Taytélou
fossiles indihui, a reçu le ue septentriogenres à part On en trouve
ORDRE pes ÉDENTÉS
Animaux mammifères pourvus de quatre extrémités propres à la
marche, mais habituellement terminées par des ongles très-forts et pouvant principalement servir à fouiller le sol ou à grimper. Leurs dents, lorsqu'elles existent, sont établies d’après le type Homodonte, c'est-i-dire toutes sensiblement de méme forme et uniradiculées : les 0$ intermaxtllaires en manquent à peu près constamment, et la partie antérieure des mächoires est toujours édentée sur une étendue assez considérable. Les téguments présentent, dans certains groupes, des particularités tout à fait insolites, telles qu'un endurcissement osseux d’une portion considérable de la peau ou son recouvrement au moyen d'écailles onguiformes entuilées les unes sur les autres. Le
squelette, les orifices postérieurs, plusieurs viscères sont évideme |
ment dans une condition d'infériorité par rapport à ceux des Mam- |
mifères dits Hétérodontes, et l'on doit considérer les Edentés comme :
les moins parfaits de tous les Mammifères répandus dans l’ancien continent, où ils sont d'ailleurs rares. Quoique l'on fasse simplement de ces Animaux un ordre, ils mériteraient d’étre considérés comme une sous-classe véritable, et l'on pourrait établir plusieurs ordres distincts
TS mo TEE
8 pe de mme on
ou tout au moins plusieurs sous-ordres avec les familles, d'ailleurs peu nombreuses et peu riches en espèces que l'on distingue parmi eur.
Ces Quadrupèdes sont connus sous les noms de Parcsseux, de Tatous. d'Oryctéropes, de Fourmiliers et de Pangolins; ts ont des formes bisarres, une démarche lente et un naturel très-peu intelligent. Aucune de leurs familles n'est commune aux deux continents, et l'on n'en trouve aucune espèce en Australie. La Paléontologie nous a fait connaitre un certain nombre d'Edentés dont la race est maintenant anéantie et qui, pour la plupart, acquéraient des dimensions considérables. Plusieurs de ces anciens Animaux arrivaient à la taille du Bœuf ou à celle du Rhinocéros , et il y en avait dont la grandeur approchait méme de celle des Eléphants. Ce sont les Mégathériums, les Mylodons, /es Scélidothériums, les Glyptodons et d'autres encore. Ces anciennes et gigantesques espèces d'Edentés ont principalement vécu dans l'Amérique, et c'est aussi dans ce continent que vivent la plupart des Edentés actuels. L'Europe en « également possédé une espèce, qu'on avait d'abord considérée, mais à tort, comme un grand Pangolin, ef dont on a fait depuis le genre Macrothérium,
L'ordre ou plutôt la sous-classe des Mammifères édentés constitue la seconde des grandes divisions dans lesquelles on peut distribuer les Animaux mammifères , et cette division, tout en étant moins nombreuse que les autres en espèces, n’en est pas moins caractérisée par des dispositions bien tranchées. Tout, dans la structure des Édentés, indique qu'ils sont inférieurs aux Mammifères que nous avons appelés Hétérodontes, quoiqu'ils habitent comme eux l’ancien et le nouveau continents, et ils se rapprochent même des Vertébrés ovipares par quelques-uns de leurs principaux traits. C'est Ià ce qui explique plusieurs des particularités que l'on remarque chez ces Animaux, et ce qui les isole à la fois des autres Mammifères placenaires et des Marsupiaux, dont les nombreuses espèces peuplent essentiellement l'Australie.
Linné donnait aux Édentés le nom de Baures (Bruta), et il les caractérisait, comme presque tous les zoologistes l'ont fait depuis, par l'absence de dents incisives : Dentes primores utrinque nulli, disait l'auteur du Systema naturæ. Cependant F, Cuvier a constaté que, chez les Tatous du genre Encoubert, il y a une paire de dents réellement implantées dans l'os intermaxillaire, et, par conséquent, une paire d'incisives. La caractère indiqué par Linné n’est donc point absolu. D'ailleurs, lors même qu'il le serait, il n'aurait pas pour cela plus de valeur, tandis qu'il n’en est pas de même de ceux que l'on peut tirer de la composition du système dentaire et des autres particularités anatomiques qu'une étude approfondie fait découvrir dans les genres qui constituent le groupe naturel des Édentés.
Quelques auteurs ont continué à donner à l'ensemble de ces Animaux le nom de Brutes, mais toutefois en ayant bien soin d'en éloigner trois genres que Linné avait placés dans le même ordre, parce qu’il les croyait également dépourvus d'incisives. Ce sont les Rhinocéros, les Éléphants et les Trichechus, parmi lesquels Linné classait le Lamantin et le Dugong en même temps que le Morse. Non-seulement ces trois genres ne sont pas dépourvus
ce:
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de dents incisives, du moins à la mâchoire supérieure, mais ils n'ont, dans l'ensemble de
leurs caractères, aucun rapport avec les Édentés, Vicq d'Azyr et Blumenbach ont, les pre-
miers, apporté cette indispensable rectification à l'ancienne classification des Brutes. È
En 1792, Vicq d'Azyr fit des Éléphants et des Rhinocéros deux groupes à part, mais le second de ces groupes a dû être réuni à ceux qu'il nomme Tapiriens et Solipèdes. Quant aux espèces confondues par Linné sous la dénomination générique de T richechus, elies appartiennent à deux ordres différents des Mammifères marins, aux Phoques et aux Sirénidés, et elles n'ont avec les Édentés que des rapports assez éloignés,
Ces modifications ne sont pas les seules que l'ordre linnéen des Brutes ait dû recevoir, Linné en à lui-même apporté une qui est importante et qui mérite d'être signalée, lorsque, après avoir réuni pendant longtemps les Paresseux aux Primates, il a pensé qu'ils seraient mieux placés parmi les Brutes et les a éloignés des Singes pour les réunir aux Tatous et aux Fourmiliers,
De Blainville a aussi professé, au sujet des affinités des Paresseux, ces deux opinions si différentes l'une de l'autre. Après avoir associé longtemps ces Animaux aux Primates , il a reconnu, dans un de ses derniers ouvrages, que leur véritable place était avec les Édentés et non parmi les Mammifères du premier ordre. Au contraire, G. Cuvier n'a jamais varié dans son opinion au sujet des B adypes, et il a reconnu, dans le grand Animal fossile nommé par lui Mégatherium , un lien nouveau entre les Paresseux et les autres Édentés. Sn manière de voir est réellement préférable à celle que Linné d'abord, et plus tard de Blainville ont soutenue pendant une grande partie de leur vie, Le Mégatherium et d'autres genres d'Édentés également fossiles en Amérique, tels que les Mégalonyx, les Mylodon, les Scelidotierium, etc. paraissent avoir eu le même régime que les Paresseux, c'est-à-dire un régime végétal ; mais ils acquéraient de bien plus grandes dimensions ; ils étaient bien supérieurs au Tamanoir, au Tatou dit géant , et à l'Unau, qui sont maintenant nos plus grands des Édentés américains, et il y avait avec eux des espèces non moins gigantesques pour représenter la famille des Tatous. L'Europe a aussi nourri un genre de grands Édentés, le Macrotherium de M. Lartet, que G. Cuvier avait pris pour in Pangolin, mais qui différait notablement de ce dernier, ainsi qu'on l'a reconnu depuis, ét qui surpassait de beaucoup en dimensions les plus grands Oryptéropes de l'Afrique. Ses membres étaient proportionnellement beaucoup plus longs que ceux de ces Animaux ou des Pangolins.
Le caractère des Édentés ne consiste pas seulement dans le manque d'incisives et dans
“l'absence de dents à la partie antérieure de leurs mächoires, absence qui est cependant constante dans toutes les espèces connues ; il réside aussi, et d’une manière plus réelle, dans la similitude à peu près complète de leurs dents, qui sont uniradiculées et uniformes au lieu d'être diversiformes, comme le sont celles des Mammifères Hétérodontes. La structure de ces dents montre également certaines dispositions particulières. Quelques genres sont d’ailleurs édentés dans toute la rigueur du mot, puisqu'ils n'ont de dents ni à l'une ni à l'autre mâchoire; c'est ce que nous voyons pour les Pangolins et pour les Myrmécophagidés. Les dents des Oryctéropes, celles des Paresseux et celles des Tatous, sont, au contraire, plus ou moins nombreuses, et, suivant le genre de ces Animaux ou les habitudes qui les distinguent, elles présentent à leur couronne quelques particularités distinctives.
La forme générale de ces Animaux varie encore davantage d'un groupe à l’autre, les uns étant essentiellement grimpeurs, comme les Paresseux et les Myrmidons, et les autres principalement fouisseurs, comme les Tatous, les Tamanoirs et les Oryctéropes. Les Pangolins ont à la fois la faculté de fouiller le sol et celle de grimper aux arbres, mais ils
possèdent cette dernière à un moindre degré. Les poils des Édentés sont presque toujours assez peu serrés, secs au toucher et comme cassants; mais ceux du genre Myrmidon sont fort doux, et, dans les deux familles des Tatous et des Pangolins, ils sont en partie remplacés par un autre mode de tégument, C'est la peau qui s'ossifie sur la tête, sur le trone et à ln queue des Tatous pour fournir les nombreux compartiments endurcis qui donnent à ces singuliers Animaux des carapaces plus où moins protectrices, disposées par zones séparées ou soudées entre elles, suivant les parties que l'on examine ; ces pièces osseuses sont protégées à l'extérieur par une couche d'épiderme, Chez les Pangolins, le corps est recouvert de plaques cornées implantées dans le derme, comme le sont les ongles, poussant de même, et qui forment partout, sauf sous le cou et sous le ventre, une écaillure protectrice, imbri-
quée, tout à fait différente de ce que l'on voit chez les autres Animaux ; quelques poils | naissent dans les intervalles qui séparent ces écailles; il en part aussi quelques-uns, mais | en fort petit nombre, entre les compartiments osseux de la carapace des Tatous, Cependant il y a des espèces de cette dernière famille qui sont très-velues, surtout en hiver. | Les mamelles sont tantôt ventrales, tantôt pectorales. Les deux orifices postérieurs sont ! plus rapprochés l'un de l'autre que chez la plupart des Mammifères hétérodontes, et le mode ( de placentation paraît varier suivant les genres. Chez les Bradypes, qui sont pour ainsi dire S les Primates des Édentés, le placenta approche de la forme discoïde qui est caractéristique j des quatre premiers ordres de Mammifères, Enfin, le cerveau présente aussi quelques va- : riations dans sa forme générale. Celui des genres que nous connaissons a des lobes olfactifs ‘ assez volumineux, Ses hémisphères sont à peu près lisses chez les Tatous, tandis qu'ils sont l pourvus de circonvolutions dans le genre Pangolin, à en juger du moins par un cerveau portant cette dénomination, que l'on a conservé maintenant dans la galerie anatomique du È Muséum. Les Edentés sont des Animaux peu intelligents ; la plupart se font remarquer par 6 la lenteur de leurs mouvements, ce qu'on a expliqué, pour plusieurs d'entre eux, par la d singulière disposition anatomique que présentent les artères de leurs membres. p L'examen ostéologique des mêmes Animaux a donné lieu à plusieurs remarques fort cu- C ricuses, mais sur lesquelles nous ne saurions nous étendre malgré leur importance pour la 0 classification des espèces vivantes et plus encore des espèces fossiles qui rentrent dans cette tu curieuse catégorie de Mammifères. G. Cuvier a publié à leur égard de très-bons renseigne- il ments ; M. Richard Owen s'en est occupé depuis avec beaucoup de soin, et de Blainville pré- Ie parait activement son Ostéographie des Mammifères édentés lorsque la mort est venue le L surprendre. :
En étudiant l'ostéologie des EÉdentés, on reconnaît qu'ils doivent être nettement séparés de du reste des Animaux mammifères; et si l’on associe les caractères que cette étude fournit fo à ceux du mode de tégument, de la dentition, ete. , on n’est pas moins étonné de l'impor- fa tance des différences qui distinguent entre elles les diverses familles de ce groupe. Aussi d' est-on conduit à penser qu'il y a plusieurs sous-ordres, peut-être même plusieurs ordres at parmi ces Animaux; mais nous devons nous borner ici à exposer l’histoire de leurs diffé- el rentes familles.
Celles que l'on connait dans la nature actuelle sont au nombre de cinq, savoir : les Brady- : Q
pidés, les Dasypidés, les Oryctéropidés, les Myrmécophagidés et les Manidés.
or
'sque toujours lvrmidon sont rtie remplacés » tronc et à la ent à ces sins séparées ot sont protégées recouvert de ut de même, ctrice, imbrijuelques poils 1és-Uns , Mais us, Cependant l, stérieurs sont s, et le mode jour ainsi dire aractéristique quelques valobes olfactifs dis qu'ils sont 1 un cerveau natomique du emarquer par e eux, par la
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FAMILLE DES BRADYPIDÉS.
FAMILLE nes BRADYPIDÉS
Les Paresseux ou les Édentés qu genre Bradypus de Linné, sont plus connus encore sous les noms d'Af et d'Unau que leur a donnés Buffon. Quelques auteurs en font un ordre sous la dénomination de Tardigrades, Ce sont des êtres fort bizarres sans doute, qui paraissent difformes, si on les compare aux autres Mammifères, mais que leur apparence extérieure aussi bien que leurs habitudes grimpeuses semblent, jusqu'à un certain point, rapprocher des Singes, auprès desquels on les a même classés fréquemment, Cependant, en les examinant avec plus d'attention, on ne tarde pas à remarquer qu'ils différent de ces Animaux par plusieurs de leurs caractères principaux : ils ont la tête fort différente de la leur, et sans les poils dont les Paresseux sont recouverts ou la mobilité de leurs lèvres, on pourrait dire que leur figure tient presque autant de celle des Tortues que de celle des autres Mammifères, Ils n'ont, d’ailleurs, que des rudiments de Conque auditive; leur tête est petite et leur face sans intelligente, En outre, ils s'éloignent notablement des Singes et de tous les autres Quadrumanes où Primates par la conformation de leurs membres, Leurs doigts ne sont pas libres, et ils ne! sont pas susceptibles de s'écarter les uns des autres ; le nombre en est également différent ; jamais il n’y en a plus de trois, et, dans une espèce, les membres postérieurs n'en ont même que deux; mais, dans l'un et l’autre Cas, cos doigts allongés, n’ont que leur dernière phalange de mobile, et l'ongle qui les termine est fort grand, Les mouvements de ginglyme que la phalange onguiculée de ces doigts exécute leur permettent de faire un angle plus ou moins aigu avec le reste de la patte, ce qui transforme chacune des extrémités des Paresseux en un crochet puissant à l'aide duquel ils se suspendent aux arbres ou s’aident dans leurs mouvements au milieu des branches, En effet, ces Quadrupèdes sont essentiellement grimpeurs , et, quoiqu'ils soient lents ct embarrassés, ils sont bien loin d'être aussi défavorisés que Buffon’et divers autres naturalistes l'ont supposé, La Nature, en les créant les Bradypes, a été tout aussi prévoyante et tout aussi sagement inspirée que lorsqu'elle a produit les autres êtres organisés, Ce sont les naturalistes qui se sont mépris & ieur sujet comme ils l'ont fait dans tant d'autres occasions , et pour bien apprécier les singularités, incontestablement fort nombreuses, mais toutes motivées, qui distinguent la famille curieuse dont nous parlons en ce moment, il était iudispensable d’élucider préalablement le double probième de leurs affinités naturelles et de leurs conditions d'existence, Or, ce n'est qu'après de longues études et après bien des tAtonnements qu'on à pu arriver à ce résultat, Trompés par l’analogie apparente qui semble rattacher les Bradypes à la famille des Singes , quelques naturalistes célèbres, parmi lesquels nous avons déjà cité Linné et de Blainville, les ont réunis à l’ordre des Primates ; mais si le facies de ces Animaux paraît justifier ce rapprochement , il s'en faut de beaucoup que les données fournies par leurs caractères véritables, même par leurs caractères extérieurs, lui soient favorables, et l'examen de leurs principaux organes le repousse de toutes ses forces. Il est peu d'exemples qui démontrent » aussi bien que celui des Paresseux, l'importance qu'il faut attacher à une étude profonde et complète de l'organisation des Animaux lorsque l’on veut les classer d'une manière naturelle.
Les organes mâles et femelles des Paresseux ont plus d'analogie avec ceux des Édentés ; leurs dents sont uniradiculées et à peu près uniformes, comme celles de ces Animaux, et leur squelette est très-loin de ressembler à celui des Singes ou des autres espèces du même ordre; ila, au contraire, une grande ressemblance générale avec celui des vrais Édentés, et, S'ilen diffère, ce n’est que dans ses particularités secondaires et harmoniques, c'est-à-dire dans tout ce qui fait des Paresseux des Mammifères essentiellement grimpours, Les caractères généraux qui distinguent les Paresseux indiquent donc dès Animaux de l'ordre des Édentés, et aucune de leurs particularités secondaires ne se rencontrent réellement chez les Primates,
date à celle de F. Cuvier. Quoique
tribu distincte,
C'est bien aux Édentés que les Bradypes appartiennent , et s'ils différent à certains égards des autres familles que l’on classe parmi ces derniers, les dispositions qui les isolent parmi ces Animaux sans les on éloigner sont pour ainsi dire la conséquence des conditions extérieures dans lesquelles ils devaient passer leur vie. Les Bradypes sont des Édentés au même titre que les Tatous, les Fourmiliers, les Pangolins et les Oryctéropes; mais ce sont des Édentés herbivores et grimpeurs , à certains égards supérieurs aux autres, et qui répètent pour ainsi dire la forme Primates dans la sous-classe à laquelle nous les associons, C’est ce qui explique à la fois leur analogie, plus apparente que réelle, avec les Singes, et la supé-
riorité incontestable qu'ils ont sur les autres familles de leur propre catégorie, La curieuse conformation de leurs membres facilite leur station au milieu des arbres et leur permet d'y accomplir tous les actes de leur vie, La disposition remarquable de leur estomac, qui est multiloculaire et presque comparable à celui des Ruminants, est elle-même en harmonie avec leur mode d'alimentation, qui consiste en substances végétales, principalement en feuilles , que ces Animaux bizarres arrachent surtout aux cécropia, Malheureusement, les développements auxquels l’intéressante étude des Bradypes pourrait donner lieu nous conduirait trop loin, et nous devons nous borner à rappeler en quoi les particularités essentielles de ces Animaux peuvent servir à leur classification, Nous ne pouvons cependant omettre de rappeler que la complication de leur estomac a conduit G, Cuvier à se demander si les Tartigrades n'étaient pas sujets à une sorte de rumination,
Il y a deux genres de Bradypidés ou Édentés tardigrades , l’un et l’autre établis aux dépens des Bradypus de Linné, et qui ont reçu chacun un nom différent de celui-ci. Illiger a appelé Cholæpus les Bradypes qui n'ont que deux doitgs aux membres postérieurs, et, plus récemment, F, Cuvier a proposé la dénomination d’Acheus pour les Bradypes pourvus de trois doigts à chacune des extrémités, Cependant le mot Brad, ypus ne devait pas être abandonné, et il est convenable de lui conserver le sens restreint sous lequel Illiger l'a employé dans une publication antérieure en
tous les naturalistes qui ont écrit récemment sur les Tardigrades n’aient pas suivi cette règle, nous ne saurions nous y soustraire, et, dans les lignes qui vont suivre, nous donnerons au mot Bradypus la signification attribuée par F, Guvier au mot Acheus, Les caractères qui séparent ces deux genres ont une telle importance qu’on pourrait faire de chacun d'eux une
GENRE CHOLÈPE (Cholæpus, lliger). Les membres antérieurs ont trôîs doigts pourvus d'ongles trèslongs, mais les postérieurs n’en ont que deüx; les dents sont au nombre de + cylindriques, et celles de la paire antérieure, qui dépasse les autres en grandeur, prennent une apparence caniniforme, Toutefois, contrairement à ce qui a lieu pour les canines des Mammifères hétérodontes, c'est la supérieure qui passe en avant de
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certains égards qui les isolent des conditions des Édentés au ; mais ce sont et qui r'épètent cions, C'est ce es, et la supéie. La curieuse leur permet d’y tomac, qui est e en harmonie icipalement en reusement, les u nous conduiessentielles de ant omettre de er siles Tarti-
lis aux dépens i-ci, Illiger a ieurs, et, plus es pourvus de pas être abanzer l’a employé
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l'inféricure, et quoique leur usure se fasse en biseau , comme chez certains de ces derniers, le plan de détrition a ici une direction inverse, I est postérieur pour les dents caniniformes d'en haut et antérieur pour celles d'en bas. La couronne des autres dents s’use en chevron. Le thorax est allongé ;:on ne voit pas de trace extérieure de queue, et il y a un grand nombre de côtes au squelette (24 paires) : les clavicules sont complètes; enfin, l’humérus est pourvu d’un trou suscondylien,
Le CHoLÈPE UNAU (Cholæpus didactylus), où l'Unau de Buffon et le Bradypus didactytus de Linné, à 0,70 ou 0,80 de la longueur totale; il a la tête large; ses poils sont secs et assez longs, en général, brun grisâtres; ceux ces membres et de la tête sont noirâtres; les narines sont circulaires, L’Unau se tient sur les arbres; quoiqu'il ne soit pas actif, il n’a pas, à beaucoup, près la lenteur, qu'on lui avait supposée; il est même moins indolent que l’Aï, mais il voit mal pendant le jour, et il passe une grande partie de ce temps à dormir, Ses grands ongles lui servent à se retenir aux branches des arbres, qu'il ne quitte guère, Le plus souvent accroché par trois de ses pattes, il emploie la quatrième à saisir les objets dont il veut s'emparer et à les porter à sa bouche, Ses mains sont étroites, longues et recourbées comme des crocs, En captivité, on peut le nourrir de pain trempé dans du lait, ainsi que de légumes ou de fruits cuits où crus, Une mère et son petit vivent depuis quelque temps à la Ménagerie de Paris; un autre Unau existait aussi à Regent's-Parck, il y a un an, Les Paresseux-Unau sont indigènes des parties les plus chaudes de l'Amérique: on les rencontre au Pérou, au Brésil, à la Guyane et dans plusieurs parties de la Colombie,
GENRE BRADYPE (Bradypus), L'Aï de Buffon et les espèces du même genre ont trois doigts longuement onguiculés non-seulement aux pieds de devant, mais aussi à ceux de derrière ; ils ont un rudiment extérieur de queuc; leurs dents, au nombre de 5, sont cyliudriformes, moins grosses que celles de l’Unau, et un peu excavées à la couronne; celles de la première paire ne sont pas Caniniformes, et à la mâchoire supérieure leur dimension est même moindre que celle des quatre autres paires de dents, Leurs poils sont secs comme ceux de l'Unau, mais comme crêpés sur certains points du corps. Le squelette a un moindre nombre de vertèbres dorsales et par suite un moindre nombre de côtes (16 paires seulement), les clavicules sont rudimentaires et l'humérus manque du trou suscondylien, La région cervicale présente une particularité fort singulière dans le nombre de ses vertèbres, qui est de huit, ou même de neuf, tandis qu'il n'y en à constamment que sept chez les autres Maminifères, Les Paresseux du genre Aï ont les pieds de derrière encore plus écartés que les Cholèpes, et lorsqu'ils sont à terre, leur embarras est fort grand; au contraire, ils sont à leur aise sur les arbres et dans les lieux où il leur est possible de grimper,
La réputation de lenteur extrême que Buffon à faite à ces Animaux n’est done pas entière ment dépourvue de fondement, mais elle a été singulièrement exagérée; car, pour se faire une idée exacte de ces Édentés, il fallait les étudier au milieu des circonstances pour lesquelles la Nature les a créés; alors on les aurait peut-être trouvés singuliers, mais ils n'auraient paru ni ridicules et ni même disgraciés, Aussi, quelques voyageurs modernes, prévenus qu'ils étaient par les récits inexacts on exagérés des naturalistes du siecle dernier, ont-ils été fort étonnés, lorsqu'ils ont vu les Ais et les Unaus au sein des forêts vierges de l'Amérique, où qu'ils les ont placés à bord des bâtiments, Tous les ont également trouvés beaucoup moins embarrassés qu'on ne l'avait dit, parce que là encore les Paresseux pouvaient exercer leurs aptitudes grimpeuses,
Les Aïs vivent dans les mêmes régions que les Unaus, mais ils sont d'une taille un peu inférieure à celle de ces Animaux ; leur tôte est surtout plus petite et elle a une autre forme. IS constituent certainement plusieurs espèces, mais il est encore impossible d'en établir une bonne diagnose différentielle, Le nombre des vertèbres cervicales, qui est tantôt de huit, tantôt au contraire de neuf, la forme de la tête osseuse, la disposition des couleurs fournissent des caractères certains, que l'on peut employer pour la distiuction de ces espèces, Suivant
M. Gray, on devrait même partager ces Animaux en deux genres, l’un auquel il réserve le nom linnéen de Bradypus, et l'autre qu'il appelle Aretopithèque. Cette dernière dénomination avait déjà été employée pour indiquer l'Aï, Les caractères que M. Gray a reconnus jusqu’à présent dans chacun de ces deux groupes ne sont ni assez importants, ni assez faciles à saisir pour qu’on adopte sa nouvelle manière de voir.