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PATTES ANTÉRIRUR ET POSTÉRIEURE DE L'ORNITHORHYNQUE MALE 2/3 de grand,
M. J, Verreaux a aussi examiné quelles pouvaient être la fonction de l’ergot ou éperon corné, dont le talon des Monotrèmes est armé, et il a constaté que cet organe sert à faciliter l’accouplement, De son côté, M. Stannius a fait une nouvelle étude anatomique du même appareil, qui est sans analogie chez les autres Mammifères,
On avait cru pendant longtemps que la sécrétion qui en émane était venimeuse, il n’en est rien, La glande qui produit cette liqueur est située le long de la cuisse chez l’Ornithorhynque, et dans la région poplitée chez l'Echidné, où elle est beaucoup plus petite, Un conduit excréteur. sous-Cutané, large et à parois épaisses, s'étend le long de la jambe en arrrière, et aboutit à l'éperon, vers lequel il s'élargit en ane vésicule servant de poche de dépôt à l'humeur sécrétée, puis il se rétrécit et se termine dans une fente dont l'éperon est pourvu, Les femelles jeunes ont un rudiment de cet organe, mais il disparaît bientôt,
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ORDRE nes PHOQUES
Animaux mammifères inarins pourvus de quatre extrémités raccourcies,
comme empetrées el disposées en nageotres : à corps allongé, presque À l'usiforme, couvert de poils rudes habituellement courts et couchés : ayant de fortes moustaches, les yeux très-gros et les oreilles externes rudimentaires ou nulles; dont les müächoires sont armées de trois sortes de dents, savoir : des incisives en nombre variable, des canines : plus ou moins développées, et des molaires, peu nombreuses, à peu î près semblables entre elles : cerveau Pourvu de circonvolutions, ayant
ses lobes olfactifs semblables à ceux des Singes.
Les espèces de cet ordre ne sont pas très-nombreuses; cependant elles sont répandues sur presque tous les points de l'Océan, principalement à peu de distance des continents ou autour des archipels; elles se distinguent les unes des autres par des caractères assez tranchés ; ce qui à permis d'établir parmi elles différents genres et plusieurs familles ou tribus.
Elles nagent avec facilité et plongent également très-bien ; ce genre de locomotion leur est rendu facile par les sinus considérables qui dilatent une partie de leur Système veineux et leur permettent de retenir leur respiration perdant un temps assez long ; elles sont intelligentes et vivent généralement Par troupes plus ou moins nombreuses ; leur régime, qui est animal, consiste principalement en
St HE LE RSA
296 s ORDRE DES PHOQUES.
Poissons , en Mollusques, en Crabes, etc. Quelques-unes y joignent en plus où moins grande abondance des principes végétaux ; le Morse est particulièrement dans ce cas. Les Phoques viennent souvent à terre, mais ls y sont tous plus ou moins embarrassés dans leurs mouvements.
Quelques auteurs associent ces Animaux aux Mammifères carnivores et les classent dans le même ordre; cependant la forme des Phoques, leur mode de locomotion et leur structure interne s’accordent pour les faire éloigner des Carnassiers terrestres.
Les Phoques, que nous plaçons les.premiers parmi les Mammifères marins, sont de tous ces Animaux ceux qui sont le moins modifiés dans l’ensemble de leur organisme, et pourtant ils s’éloignent déjà des Mammifères terrestres à ce point qu'on ne saurait les réunir à aucun des groupes établis parmi ces derniers sans enfreindre d’une manière évidente les règles de la classification naturelle. Les Sirénides, qui viendront ensuite; les Cétacés, par lesquels nous terminerons cet ouvrage, semblent s'éloigner encore plus des Mammifères quadrupèdes , et si nous avions à traiter de l’ordre éteint des Zeuglodontes, nous constaterions encore de nouvelles différences.
Cependant, les Mammifères marins, c’est-à-dire les différents genres dont on a fait les trois ordre des Phoques, des Sirénides et des Cétacés, se rattachent, par la conformation de leur cerveau et ‘par leur développement placentaire, aux Mammifères monodelphes ; et c’est parmi ces Animaux, entre les Hétérodontes et les Homodontes, qu’il faudrait sans doute les ranger, si l’on ne tenait compte que de ce double caractère; mais la classification des Animaux en série linéaire ne saurait rendre compte de leurs différentes affinités, et quoique, dans le discours, nous soyons obligés de nous y confirmer, tous les naturalistes savent bien que les principales classes du règne Animal sont souvent composées de séries multiples, plus ou moins correspondantes, on, comme on le dit aujourd’hui, paralléliques entre elles; aussi bien, dans beaucoup de cas, la subordination hiérarchique que nous en établissons n'est-elle pas absolument exempte de tout artifice ni même de quelque arbitraire. L'ordre suivant lequel nous avons subordonné les cinq sous-classes de Mammifères est cel:i qui nous à paru se prêter le mieux aux considérations géographiques et paléontologiques, tout en concordant avec celles que fournissent l’organisation et les mœurs; c’est ce qui nous a fait préférer cet ordre à tout autre. Mais, comme on le pense bien, nous n’admettons nullement que les Mammifères marins, quoique placés ici après les Édentés, les Marsupiaux et même les Monotrèmes , soient inférieurs en organisation aux espèces non moins singulières dont chacune de ces trois catégories est composée, car, nous le répétons, ils se rattachent aux Monodelphes hétérodontes par un grand nombre de caractères, bien qu’ils s’en éloignent par leur forme et qu’ils leur soient en même temps inférieurs sous plusieurs rapports.
Les Phoques sont des Animaux aquatiques qui passent dans l’eau une bien plus grande partie de leur vie que les Castors, les Loutres ou les autres Mammifères nageurs dont nous avons eu l’occasion de parler jusqu’à présent ; ils sont donc essentiellement marins, particularité que le genre Enhydre, de la tribu des Loutres, nous avait seule présentée. Ce sont des
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Animaux carnassiers, mais qui diffèrent notablement de ceux que nous avons décrits en parlant de l’ordre des Carnivores. Leurs espèces sont distribuées avec une régularité remarquable entre les grands bassins maritimes qui recouvrent la plus grande partie de la surface du globe; elles y vivent de substances animales , principalement de Poissons, de Crabes ou de Mollusques nus, et elles se font remarquer par la facilité avec laquelle elles plongent et se meuvent au sein des eaux. Tout, dans leur organisation, est approprié à ce mode d’existence ; leur corps, en fuscau, est terminé en avant par une tête plus ou moins arrondie, et, en arrière, par une petite queue flanquée de deux nagcoires verticales qui sont formées par les pattes de derrière; leurs doigts sont allongés, surtout les latéraux pour les membres postérieurs, et dirigés dans le même sens que le corps ; leurs pattes de devant sont également raccourcies et disposées en forme de nageoires ; aussi ne peuvent-elles servir que trèsimparfaitement à la locomotion terrestre, et le plus souvent, lorsque les Phoques veulent se traîner sur le rivage, ils avancent au moyen des ondulations de leur corps et en appliquant leurs membres de devant contre leurs flancs. Cependant les Otaries ou les Phoques à oreilles sont moirs empôtrés que les autres: ils ont le cou plus allongé, et leur tête est plus mobile ; leurs pattes leur permettent aussi de marcher un peu, quoique péniblement, et ils peuvent se servir de celles de devant pour relever au dessus du sol la partie antérieure de leur corps, ce que ne sauraient faire les Phoques de nos régions.
Les Phoques ont le cerveau assez volumineux et pourvu de nombreuses circonvolutions à la surface de ses hémisphères.
Leurs lobes olfactifs sont gréles et ressem-
Cenveau De Pnoque Sremmaropr, 2/3 de grand,
blent à ceux de l'Homme et des Singes.
Les Animaux de cet ordre sont tous fort intelligents, et quelques-uns se laissent apprivoiser avec assez de facilité, On a même réussi À conserver pendant plusieurs années, en captivité, des Phoques, particulièrement ceux qu'on avait péchés dans la Méditerranée ou sur les côtes occidentales de l'Europe; mais il faut avoir soin de tenir à leur disposition de l'eau en «quantité suffisante pour leur permettre de nager, et surtout de les nourrir de Poissons qui soient frais et de leur goût. Leur douceur et leur obéissance sont parfois remarquables; elles contribuent, ainsi que l'élégance des évolutions qu'ils exécutent dans leur bassin, à les rendre véritablement curieux. Aussi en amène-t-on assez souvent dans les ménageries ou dans les foires, et on les y montre toujours avec succès. Leur cri, qui rappelle certains mots usités dans toutes les langues, et, en particulier, les syllabes pa-pa, font dire aux gens qui exhibent des Phoques que ces Animaux peuvent apprendre à parler.
Les habitudes sociales des Mammifères qui rentrent dans cet Ordre, leur incontestable intelligence et leurs formes bizarres ont de tout temps appelé sur eux l'attention des Hommes, aussi les Grecs .et les Romains ont-ils imaginé À leur égard un grand nombre de fables.
Qu'il nous suffise de rappeler celle qui fait garder par Protée les troupeaux de‘Neptune. Elle I PARTIE, 38
Bb
repose plus particulièrement sur l'observation imparfaite de ces Mammifères dont les bandes nombreuses se jouent dans certaines eaux, viennent ramper sur les plages désertes ou s'arrêtent sur les rochers à fleur d’eau pour y recevoir l’action bienfaisante des rayons solaires, Quelques naturalistes modernes ont pensé que cette fiction pourrait devenir une réalité, et qu'il ne serait pas impossible à l'Homme d'assujettir À sa puissance même ces fugitifs habitants de la mer. F, Cuvier, qui a fait des études si sérieuses sur la domesticité des Animaux, à écrit à cet égard une phrase que nous ne saurions nous dispenser de reproduire ici, € On peut s'étonner, dit-il en parlant des Phoques, que les peuples pêcheurs ne les aient pas dressés à la pêche, comme les peuples chasseurs ont dressé le Chien à la chasse. »
Les Phoques sont aujourd’hui moins communs dans la Méditerranée qu'ils ne l'étaient sans doute à l'époque des Grecs et des Romains ; mais il y en a cependant encore en assez grande quantité dans la mer Adriatique, dans les eaux de l'Archipel et sur certains points de la côte d'Afrique. Ils appartiennent à l'espèce type du genre Pélage, qui ne se trouve pas dans l'Océan. Très-rares dans les régions intertropicales, les autres Animaux du même ordre deviennent plus nombreux et plus variés en espèces à mesure qu'on se rapproche davantage des régions polaires; mais, comme nous avons déjà eu l'occasion de le dire, ils sont diffé rents pour l'un et l'autre hémisphère. Dans certains parages , ils sont assez nombreux pour qu'on puisse les prendre avec facilité, soit lorsqu'ils nagent, soit lorsqu'ils viennent à terre alin de s’y reposer ou d'y allaiter leurs petits. Leur chasse donne lieu à une branche assez importante de l’industrie maritime à cause de l'huile, des pelleteries, des cuirs et, dans certains cas, de l’ivoire que l’on tire de plusieurs d’entre eux. Les Américains, les Anglais et les Scandinaves sont les peuples qui se livrent avec le plus de succès à ce genre de chasse.
Nous diviserons les espèces de cet ordre en trois familles, en tenant compte de leurs caractères extérieurs et intérieurs. Ce sont les Morses ou Trichéchidés, les Phoques proprement dits où Phocidés, et les Phoques à oreilles ou les Otaridés.
FAMILLE ves TRICHÉCHIDÉS
Le Morse, dont Linné a fait le type de son genre Zrichechus, forme, à lui seul, la première famille des Phoques, celle des Trichéchidés, Ses caractères principaux justifient suffisamment cette distinction, Le Morse a la forme générale des autres Phoques; mais sa face est plus courte, son museau est élargi, ses molaires ont une apparence différente des leurs, Dans l’âge adulte, il manque d’incisives inférieures, et il n’en a qu’une seule paire supérieurement. Enfin ses canines supérieures sont fortes, allongées, et elles sortent de la bouche comme deux puissantes défenses,
GENRE MORSE (7richechus, Linné), Quoique les Morses adultes aient pour formule dentaire + incisives, { canines, et # molaires, on peut, en examinant des Animaux de ce genre, dans un âge moins avancé, leur reconnaître une dentition plus semblable, quant au nombre, à celle que nous verrons chez les Phoques proprement dits. Ainsi, quelques crânes de Morses, conservés depuis assez longtemps dans les collections anatomiques, montrent ane seconde paire d’incisives supérieures, placée en dedans de celle que l’on voit le plus habituellement, et plus petite qu’elle. Chez des sujets plus jeunes encore, on voit même, à peu de distance de la suture médiane des os incisifs, les deux alvéoles d’une troisième paire de ces dents, ou encore les dents elles-mêmes. En outre, M. Rapp a constaté qu'il y avait aussi dans le premier äge des ' races de trois paires d’incisives inférieures. Enfin on trouve, en arrière des
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DENTiTION bu Monse, 4/4 de grand
Sa longuour totale va jusqu'à vingt pieds, et sa circonférenc plus épais du corps. Il a le poil ras, assez rare et de couleur fauve roussâtre, Il v régions arctiques, où il se tient par troupes plus ou moins nomlr ou plus ou moins près des rivages, Il est facile de le tuer uneïgrande destruction, Cependant lorsqu'on le de précautions, car il arrive souvent que toute une troupe de Morse
FAMILLE DES TRICHÉCHIDÉS.
molaires persistantes, supérieurement, l'alvéolo d'une cinquième molaire, et, inférieurement, celle d'une quatrième, La canine inférieure ne diffère guère des dents molaires par sa forme, Cellesci sont uniradiculées, grosses, mais décroissantes d'arrière en avant et toujours émoussées à leur couronne.
Lo Morse, qui se sert de ses grandes canines pour arracher les herbes marines et racler lo sol submergé afin d'y chercher les Crustacés, les Oursins ot les autres Animaux invertébrés dont il fait sa nourriture habituelle, trouve aussi dans ces énormes dents uno arme puissante qui lui permet de lutter contre ses ennemis,
Cet Animal, que les naturalistes nomment MOonSE CHEVAL -MAnIN (Trichechus rosmarus, L.), ost trèsfort, et il atteint un poids considérable.
0 en à dix ou douze au point le it dans los 'euses, au milieu des glaces, , CL les pêcheurs du Nord en font
poursuit au large il faut prendre beaucoup
S se jette sur les embar-
cations, et l'équipage de celles-ci court alors grand risque d'être submergé,
Monse CHBVAL=MAnIs
133 de grand,
Le Morse est la soule espèce qu'on ait décrite dans ce genre remarquable, Ni les Grecs ni les Romains ne l'ont connue, et ce n’est que pendant le moyen âge que les naturalistes de l'Europe centrale ont obtenu des notions un peu certaines à son égard, Voici en quels termes M. Pouchet rappelle, dans son intéressant ouvrage sur Albert-le-Grand et son époque, ce que les naturalistes du moyen âge avaient recueilli au sujet de cette grande espèce de Mammifères :
« On doit à Albert-le-Grand d’avoir enrichi l’histoire naturelle du Morse de détails peu connus avant lui, et il a en outre contribué à en retrancher quelques erreurs, Chez les peuples du nord de l’Europe, la peau de cet Animal était précieuse pour la navigation; on la coupait en lanières dont on confectionnait des câbles d'une extrême force pour la marine, Il est souvent parlé de ceux-ci dans les Sagas scandinaves parce que l’on s’en servait au moyen âge, soit pour ancrer, soit pour lier étroitement ensemble les frêles bâtiments sur lesquels on combattait alors. Ils avaient une telle renommée que le commerce s’en était étendu jusque sur les marchés de Cologne, et l’on y attachait tant de prix, qu’à cette époque on en faisait parfois hommage aux souverains eux-mêmes, Mais nonobstant l'importance qu'avaient acquise les produits du Morse à l’époque d'Albert, on n'avait encore que de fort étranges notions sur cet Auimal, Quoique les Fennes le chassassent, non-seulement pour la confection de leurs câbles, mais encore pour en extraire de l'huile et des défenses, ces hommes, à demi-sauvages, ne l'avaient que fort grossièrement observé, On voit, en effet, dans le périple d'Other, que ses compatriotes prenaient les Morses pour une Baleine velue, et avec des pieds, ce qui les leur avait fait nommer Celus equinus. »
Dernièrement on a réussi à conduire jusqu’à Londres un Morse vivant, mais il n’y a malheureusement vécu que pendant quelques jours. On le nourrissait avec des Crabes.
FAMILLE pes PHOCIDÉS
Les Phocidés ou Phoques ordinaires constituent plusieurs genres qui différent à la fois des Morses, parce que leurs canines supérieures n’ont pas la forme de défenses, et des Otaires, parce qu’ils manquent des oreilles externes ou conques auditives qui caractérisent ces dernicres. Il y en a des espèces dans les mers des deux hémisphères; mais, en général, elles sont de genres différents dans l’un et dans l’autre, Toutes ont des dents incisives aux deux mâchoires, quoiqu’elles n’en aient pas toujours le même nombre, Les particularités qu’elles présentent, sous ce rapport, permettent de les diviser en trois tribus qui sont celles des Stemmalopins, des Pélagins, et des Callocéphalins, dénommées chacune d’après l’un de ses principaux genres.
TRIBU des STEMMATOPINS
Elle se partage en deux genres : les Macrorhines et les Stemmatopes, qui ont pour caractère : commun de ne porter que deux paires de dents incisives à la mâchoire supérieure, et une seulement à l’inférieure ; ces Phoques ont les molaires à une seule racine; leurs membranes interdigitales s'étendent au delà des ongles sous la forme de lobes arrondis : c'est ce dernier caractère qu’exprime le nom de Stemmatope imposé par F. Cuvier à l’un de leurs genres.
GENRE MACRORHINE (Macrorhinus, F. Guv.). Ce genre, que M. Gray appelle Morunga, repose sur une seule espèce vivant dans les mers australes, ainsi que dans le grand océan Pacifique : c’est l'Éléphant marin des navigateurs. Ce nom lui a été donné à cause du
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FAMILLE DES PHOCIDÉS. 301
prolongement des narines du mâle qui forment une sorte de petite trompe mobile, Ce Phoque devient très-gros, et comme il varie beaucoup avec l’âge, les naturalistes ont cru quelquefois y reconnaitre plusieurs espèces différentes, Ses canines ont leur racine très-forte et trèés-longue proportionnellement à leur couronne.
Le MAGRORHINE A rroMPE (Macrorhinus proboscideus) est à la fois le Phoca leonina de Linné, le Phoca elephantina de Molina et le Phoca proboscidea de Péron et Lesueur. Il atteint jusqu'à dix mètres. Lent et embarrassé lorsqu'il est à terre, ce Phoque est au contraire très-vif et très-agile dans l’eau, La femelle a pour cri une sorte de mugissement qui rappelle celui du Bœuf; le mâle produit un bruit plus rauque et que l'on a comparé à celui d’un homme qui se gargariserait, La chair de ces Animaux est bonne à manger; leur peau et leur huile peuvent aussi être utilisées, On les prend dans les environs du cap de Bonne-Espérance, sur les côtes de l'Amérique du Sud, et particulièrement sur celles du Chili et de la Patagonie, aux Îles Malouines, et dans les parages do la Nouvelle-Hollande ; ils ne sont pas sédentaires, MM, Quoy et Gaimard rapportent que, pendant le naufrage de l'Uranie (capitaine Freycinet), qui exécutait alors un voyage de circumnavigation, l'équipage s’empara d'un de ces Phoques dont la chair contribua, pendant plusieurs jours, à l'alimentation de cent vingt hommes,
GENRE STEMMATOPE (Stemmatopus, F. Cuvier).*Les dents sont moins fortes que dans le genre précédent, surtout dans leur partie radiculaire; le crâne a une forme un peu différente et qui est aussi moins variable suivant les âges ; le nez des mâles ne se prolonge pas en trompe, mais il apparaît au-dessus de Jui une sorte de grosse ampoule en forme de crête ou de casque, dont le développement est surtout considérable pendant la saison des amours: les molaires ont leur couronne raccourcie, faiblement crénelée sur son bord triturant.
MM. Nilsson et Gray nomment ce genre Cystophora, ce qui signifie porte-vessie et fait allusion à la caroncule nasale des individus mâles. L'espèce encore unique qu'on y range est souvent appelée Phoque à crête ou Phoque à capuchon. On l’a longtemps confondue avec le Macrorhine sous le nom de Lion marin, et c'est en particulier le Phoca leonina d'O, Fabricius. Cette espèce est maintenant
Le STEMMATOPE À GAPUGHON (Stemmatopus cristatus), Sa longueur totale est de sept où huit pieds dans l’âge adulte; ses couleurs varient un peu avec l’âge.
T esience
STEMMATOVE À CAPUCHON, 1/30 de grand,
On la trouve surtout dans les régions polaires , au Groënland, en Islande et en Norwége ; mais elle vient quelquefois jusque sur les côtes de la Grande-Bretagne, En 1843, on « pris, à l'Île d'Oleron, un Phoque encore assez jeune qui appartient au Phoque à crête ou tout au moins à une espèce très-voisine, mais certainement du même genre, J'en ai donné la description et la figure dans ma Zoologie française, La figure a été reproduite dans ce livre à la page 295,
|. Le Phoque à crête n'est pas rare sur certains points du littoral des États-Unis.
TRIBU pes PÉLAGINS
On doit y placer, à côté du Phoque moine de la Méditerranée, qui forme le genre Pélage de F, Cuvier, les Phoques des mers australes dont on a fait les genres Slénorhynque, Loboron, Leplonyæ et Ommatophoque, Tous ont pour principal caractère d'avoir deux paires de dents incisives à chaque mâchoire, Nos terrains tertiaires en ont fourni un autre genre, celui des Pristiphoques, dont nous dirons aussi quelques mots,
GENRE PÉLAGE (Pelagius, F, Cuv.). L'espèce type de ce genre à les incisives échancrées transversalement ; les molaires au nombre de cinq paires à chaque mâchoire et trilobées à la couronne; mais ces lobes sont surbaissés , sauf celui du milieu, et ils s'effacent plus ou moins avec l'âge; la tête est médiocrement allongée et le crâne a par suite une longueur peu considérable,
Le PÉLAGE MOINE (Pelagius monachus), dont Buffon parle sous le nom de Phoque à ventre blanc, et que Hermann « décrit sous celui de Phoca monachus, est la seule espèce de Phoques que nourrisse la Méditerranée, Cet Animal est encore assez commun sur certaines côtes, principalement sur celles qui sont hérissées de rochers à fleur d'eau ; il aime aussi les archipels, C’est lui que les anciens ont connu, et il joue un certain rôle dans la mythologie, Aristote, qui en parle au point de vue de l’histoire naturelle, lui donne le nom de Phoque, d'où vient la dénomination actuelle de Phoque, étendue par les naturalistes modernes à tous les Animaux du même ordre,
Le Phoque moine atteint jusqu’à deux mètres de longueur,
Le GENRE PRISTIPHOQUE (Pristiphoca, P. Gerv.) a pour type une espèce éteinte, dont on a découvert quelques rares débris dans les sables marins pliocènes de Montpellier. Il tient le milieu par quelques-uns de ses caractères entre les Pelages de la Méditerranée et les Sténorhynques des mers australes, C’est le seul Phoque fossile auquel il estencore possible d’assigner avec certitude un rang dans la classification naturelle.
GENRE STÉNORHYNQUE (Stenorhynchus, F, Cuv.), Incisives pointues ; molaires à trois denticules surélevés, surtout l’intermédiaire, et nettement séparés ; crâne allongé ; ongles petits, surtout aux membres posté rieurs,
Ces caractères s’observent dans une espèce de Phoque propre aux mers australes, que de Blainville a le premier décrite sous le nom de Phoca leptonyz ; et qui est maintenant a
Le STÉNORHYNQUE A PETITS ONGLES HALL NES trad (Slenorhynchus leptonyxæ). On la prend au
cap Horn, aux les Malouines, sur les côtes de la Nouvelle-Hollande, dans les parages de la Nouvelle-Zélande, etc,
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FAMILLE DES PHOCIDÉS,
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Ce Phoque acquiert trois mètres de longueur,
GENRE LOBODON (Zobodon , Gray). Il ne diffère guère du précédent que par la forme de ses dents molaires, qui ont, pour la plupart, cinq denticules en tout, un en avant du denticule principal et trois en arrière, Ceux-ci superposés les uns aux autres.
On n’en connaît également qu'une seule espèce,
Le LOBODON canciNornace (Lobodon Carcinophaga), découvert dans les mers australes par l'expédition au pôle sud que commandait Dumont-Durville,. MM. Hombron et
Jacquinot , qui étaient au nombre des médecins faisant partie de l'expédition, ont publié, il y a plusieurs années, de bonnes figures de ce
Phoque sous le nom de carcinophaga. Ils en avaient pris l'espèce sur les glaces entre les îles Sandwich et les Powels, à 150 lieues de chacun !
de ces deux archipels, Plus récemment, M, Owen Fan La dt roue
a décrit le même Phoque en l'appelant Steno- ;
rhynchus serridens, dénominations qui expriment à la fois les affinités des Lobodons avec le genre Sthénorynque et la forme en scie de leurs dents,
GENRES LEPTONYX et OMMATOPHOQUE (Leptonyæ et Ommatophoca, Gray). Les riches collections du Musée britannique, à Londres, renferment des débris de deux autres espèces de Phoques propres aux mers du sud; l’une, qui répond au LÉOPARD MARIN (Sea Leopard) du navigateur Weddel, est le type du genre Leptonyx, et prend elle-même le nom de Leptonyx Weddellii ; l'autre est l’'Ommatophoca Rossi, Les molaires de ces deux genres de Phoques ont la couronne encore moins denticulée que celles du Pelage moine; leur
crâne est à peu près aussi raccourci que chez co dernier, mais la mâchoire inférieure est moins forte.