‹ Histoire naturelle des mammifères [microforme]Chapitre 86 sur 96 · CIDRE · texte numérisé non relu

CIDRE

TRIBU pes CALLOCÉPHALINS

Presque toutes les espèces de cette tribu appartiennent à la mer polaire arctique et aux régions boréales de l'Octan atlantique, Elles ont constamment trois paires d’incisives supérieures et deux paires inférieures, Nous les diviserons en Callocéphales et Halichères.

GENRE CALLOCÉPHALE (Gallocephalus, F, Cuvier). Tête subarrondie ; dents de grandeur moyenne; molaires biradiculées, sauf celles de la première paire, découpées à la couronne par plusieurs dents en festons, inégales, de faible dimensivn , plus nombreuses inférieurement que supérieurement ; membrane interdigitale ne dépassant pas les ongles,

Ce sont les espèces de Fhoques qui atteignent les moindres dimensions. On en connaît plusieurs espèces, toutes propres aux régions boréales, à l'Océan atlantique et à l'Océan glacial arctique, Il y en a une dans la mer faspienne, et l’on assure que lo lac Baikal en nourrit une autre, M. Gray en cite également une aux Antilles, mais elle est encore bien douteuse, Les Phoques de ce genre reçoivent souvent le nom de Veaux marins, qui appartient plus particulièrement à l’un d’entre eux,

Le CALLOGÉPHALE VEAU-MARIN (Callocephalus vilulinus où Phoca vitulina de Linné). C’est le Phoque que l’on prend habituellement sur nos côtes de l'Océan et de la Manche. Il à les soies des moustaches ondulées et le pelage gris jaunâtre, passant au brun en dessus. Il ÿ en a des troupes Mocainrs nt CaLLOCÉPHALE VBAU-MARIN, dans la baie de la Somme, D'après M. Nord- APEAERIPEE mann, la même espèce ou une autre très-voisine existerait dans la mer Noire,

On prend accidentellement sur nos côtes le Pnoque mArBré (Phoca discolor), qui n’est peut-être qu'une variété du précédent, et le PHOQUE LÉPORIN (Phoca leporina de Lepéchin)

Puoque mannré,

ot, ant

et le guer leur:

sont men tout chan palat les e et or au n

Le sur | emba de le huile

Ce de hu famil les c mer, cap d d'un.

ue et aux pe

ves supé-

es, ‘1

dents de ipées à la >mbreuses igles, n connaît à l'Océan Baikal en icore bien

ARIN, 4

PR Pau rm

qui n’est Lepéchin).

FAMILLE DES OTARIDÉS. 305

Le Puoque De LA CASPIENNE (Callocephatus caspicus), sur lequel M, Nilsson a donné de nouveaux détails, était considéré par Pallas comme une simple variété qu Veau marin,

Parmi les autres espèces du même genre, nous Citerons 16 CALLOGÉPIALE GROENLANDAIS (Phoca groënlandica, Mull,) et le GazsocépnaLe panBu (Phoca barbata, Fabricius), qui sont des mers du Nord.

Une espèce de Phoque regardée comme étant aussi un Callocéphale vit dans les mers du Japon. Il en est déjà question dans les écrits de Pallas, et récemment M. Schlegel l’a de nouveau décrite, C’est le Phoca rnummalaria,

GENRE HALICHÈRE (Halichærus, Nilsson }, Tôte renflée à la région frontale ; museau élargi; dents assez fortes; les molaires à couronne aiguë et à racine unique, sauf aux deux dernières paires supérieures et à la dernière inférieure,

Ce genre pourrait devenir le type d'une tribu distincte,

L'HaLIGHÈRE gris (Halichœrus gryphus, où le Phoca g'yphus d'O. Fabricius), est à peu près de la taille du Phoque commun, Il vit dans l'Océan atleniique boréal et ne s’avance pas au delà des côtes de l'Islande.

Son crâne ressemble déjà un peu à celui des Otaries,

MM. Hornschuch et Schelling admettent trois espèces boréales dans le genre Hilichére, et, suivant M, Peale, il ÿ en aurait une autre dans les mers australes; c’est son Halichœrus antarcticus, Ces indications ont encore besoin d’être vérifiées,

FAMILLE pes OTARIDÉS

Les Otaries sont des Phoques pourvus d’une petite orcille externe, tandis que les Morses et les Phocidés sont toujours dépourvus de cet organe, Elles sont, en outre, faciles à distinguer du reste des Animaux du même ordre, par leurs poils en général plus fournis; par leurs membres moins empêtrés, ce qui leur permet des mouvements plus faciles, lorsqu’elles sont à terre; par la condition rudimentaire ou par l'absence des ongles ; par les prolongements en lanières que forment leurs palmatures au delà des doigts; enfin, par la disposition tout à fait particulière de leur crâne, qui est allongé, rétréci entre les yeux, élargi au chanfrein, raccourci dans la région nasale, et en forme de gouttière prolongée dans sa partie palatine, Leurs dents sont établies sur un modèle assez particulier : il y à Sinsicives, dont les externes supérieures habituellement caniniformes ; les canines proprement dites sont fortes, et ont leur partie radiculaire très-développée ; les molaires sont uniradiculées, habituellement au nombre de Ÿ, el à couronne cuspidée,

Les Otaries sont des Animaux ichthyophages, qui s’élo sur es plages plus de temps que les autres espèces embarrassés à terre que les Phoques proprement de les approcher, et c'est en général à coups de huile les font également rechercher,

Ces Animaux deviennent quelquetois assez gr

ands : il y en a dont la longueur totale est de huit ou dix pieds; d’autres ne sont guère plus gros que nos Phoques de la Manche, Leur famille est essentiellement propre

aux mers australes, mais le grand océan Pacifique, qui a les caractères fauniques des régions maritimes australes, en nourrit jusqu’au Japon et à la mer, de Berhing, Dans l’octan Atlantique, les Otaries ne dépassent guère les parages du cap de Bonne-Espérance ou de la Patagonie, Gependant, M. Valenciennes possède le crâne d’un Animal de cette famille, qui a été trouvé sur Ja plage dans le département des Landes,

Ie PARTIE, 39

ignent peu des côtes, et passent du même ordre, Quoiqu’ils soient moins dits ou les Morses, il est cependant facile bâtons qu'on les abat, Leur peau et leur

Ce crâne provient-il d’un individu mort dans les environs et queles courants y auraient apporté ou bien a-t-il été pris &ans le sud et rejeté sur nos côtes par quelque navire? C’est ce qu'il a été impossible de décider,

Ou conserve dans les collections de Paris et de Londres, qui sont les plus riches en objets de cette nature, des pièces démontrant l'existence de huit ou dix espèces. Elles ont été rapportées du cap de Bonne-Espérance, des côtes de l'Amérique méridionale ou de la Nouvelle-Hollande, et de la mer du Japon. F. Cuvier avait proposé d’en faire deux genres, sous les noms d’Ofaries où Platyrhynques et d'Arctocéphales.

GENRE OTARIE (Ofaria, Péron; Platyrhynchas, F. Cuv.). Insicives pointues; molaires pourvues d'une saillie épineuse en avant de la pointe principale: région cérébrale assez élevée; museau élargi,

L'OTARTE à CRINIÈRE (Olaria jubata), appelée aussi Lion marin (Otaria leonina, Péron), a le pelage de couleur fauve, développé en forme de crinière sur les parties antérieures du corps dans le sexe mâle, Dans cette espèce, les mâles sont polygames; les femelles n’ont qu'un seul petit à chaque portée,

Ces Phoques sont indolents; on les dit susceptibles de s'attacher à l'homme; ils fréquentent les grandes plages désertes de l'Amérique méridionale, depuis le Pérou et l'embouchure de la Plata jusqu’au cap Horn, Une des îles situées à l'embouchure de la Plata doit son nom de Zobos à la grande quantité d'Otaries ou Loups de mer qu'on y tue chaque année, principalement en octobre et en novembre, Les animaux de cette espèce sont plus communs encore sur les côtes de la Patagonie, et on les y voyait, il y a peu d’années, en si grand nombre presque partout, que les Américains ayant été obligés de renoncer à poursuivre les espèces du nord qui étaient devenues rares, se dirigérent en 1821, vers ces parages, et réussirent parfai- *ement dans leur nouvelle entreprise, On évalue à quinze ou vingt mille le nombre de peaux d’Otaries qu’un seul de leurs navires, mouillé à l'embouchure du Rio-Négro, put se procurer pendant un séjour de deux mois, Les naturels eux-mêmes qui n’avaient jusqu'alors donné que peu d'attention à ces animaux, se mirent à les poursuivre, et ils contribuèrent à en diminuer l'espèce dans plusieurs localités,

En général, les Lions marins vivent par petites troupes, presque toutes composées de femelles. Ces troupes sont conduites par un mâle vigoureux qui dispute leur possession aux autres individus de son sexe, Les mâles moins forts ou plus vieux restent isolés jusqu’à ce qu’ils aient réussi à se procurer un semblable entourage,

Ces animaux, comme tous ceux de la même famille, passent beaucoup plus de temps hors de l’eau que les autres Phoques, et quoiqu’ils soient moins empêtrés qu'eux, il est cependant trés-facile de les atteindre, On les tue à coup de lances, à coup de barres, ou simplement à coup de bâtons. Leurs peaux sont salées immédiatement, et c'est après les avoir ainsi préparées qu’on les charge sur les navires,

L'OraRtE DE STELLER (Olaria Slelleri), sur laquelle MM. Temminck et Schlegel ont publié de nouvelles données dans leur Faune japonaise, appartient, au contraire, aux régions boréales du grand Océan, et on la rencontre depuis les côtes de la Californie jusqu’au Japon. IL paraît qu'elle remonte vers le Sud jusqu'au Chili et au Pérou, et qu'il faut lui réunir les Olaria Chilensis et Lamariü de M. J. Muller,

GENRE ARCTOCÉPHALE (4rctocephalus, F, Cuv.). Ge genre, dont le nom veut dire tête d’Ours, comprend des Otaridés qui ont les incisives, sauf les deux externes supérieures, échancrées transversalement à leur couronne, et dont les molarres sont pourvues d'une saillie basilaire en arrière aussi bien qu’en avant ; leur tête osseuse a, comme celle des Otaries, une cerlaine ressemblance avec celle des Ours, mais leur museau est un plus allongé,

On en distingue plusieurs espèces, parmi lesquelles nous citerons :

L'ARCTOCÉPHALE Ours Manix (Aretocephalus ursinus où Phoca ursine, Linné}, du Nord de l'Océan Pacifique, et particulièrement du Kamtschatkn :

Ni # # «1

aient apporté ’est ce qu’il

hes en objets Elles ont été le ou de la leux genres,

es; molaires ébrale assez

ina, Péron), térieures du melles n’ont

fréquentent oouchure de oit son nom année, prinnuns encore ombre press espèces du irent parfaire de peaux se procurer s donné que en diminuer

mposées de session aux jusqu’à ce

temps hors st Cependant mplement à ainsi prépa-

Schlegel ont aux régions u’au Japon.

ii réunir les

m veut dire upérieures , d’une saillie des Otaries, illongé,

Linné}, dt

er

FAMILLE DES OTARIDÉS, L'ARCTOCÉPHALE DES FALKLAND (4ret, Falcklandicus ou Phoca L'ARGTOGÉPHALE CENDnt (Arcet, cinereus

de l'Australie, et revu par MM, Quoy et G

M. de Lalande, en diffère peu,

Enfin, l'ARCTOCÉPHALE AUSTRAL velle-Hollande,

Falklandica de Shaw); ), signalé par Péron et Lesueur sur les côtes aimard; l’'Olaria pusilla, rapporté du Cap par

(4rct, australis, Quoy et Gaimard), aussi de la Nou-

ARCTOCÉPHALE Ours Mari,

ORDRE pxs SIRÉNIDES

Animaux mammifères vivant presque exclusivement dans l'eau: ayant le Corps à peu près pisciforme et la queue élargie en une forte rame natatoire , qui diffère , d'ailleurs , de celle des Poissons en ce qu'elle est transversale et qu’elle n'est soutenue par aucune partie dure autre que les os des vertèbres coccygiennes; les os pelviens rudimentaires et cosliformes ; point de membres postérieurs ; les membres antérieurs en forme de rames, servant à la natation; les mamelles rapprochées des aisselles; point de conques auditives ; des dents de deux sortes : incisives et molaires.

Les Sirénides vivent habituellement dans les eaux marines, mais on en trouve dans certaines eaux douces ; ils sont herbivores , se tiennent à peu de distance des côtes et dans les endroits où l'eau a peu de profondeur; leurs espèces sont peu nombreuses. La nature actuelle n'en possède que de trois genres. Ce sont les Rylines, Les Dugongs et les Lamantins. Un quatrième genre ne réunit que des espèces éteuntes. Nous en parlerons sous la dénomünation d'Halithérium.

Les Mammifères dont nous nous occupons dans ce chapitre, peuvent être cités comme l’un des exemples les plus frappants de l’admirable variété avec laquelle la Nature, tout en restant fidèle aux grandes lois d'unité qui la régissent, a su modifier dans ses détails chacun des principaux types de l’organisation animale, pour arriver à la création des différentes espèces qui peuplent le globe, C’est là ce qui lui à permis de donner à chacune d’elles un ensemble de caractères à la fois approprié aux conditions physiques au sein desquelles elle devait fonctionnor, et au rang qu'elle occupe dans la série des êtres créés. Comme les Cétacés, les Sirénides ont l'apparence extérieure des Poissons, et ils sont presque aussi complétement aquatiques que ces derniers, C’est dans l’eau qu'ils accomplissent toutes leurs fonctions, celle de la nutrition comme celles de la sensibilité ou de la reproduction, et tout, dans leurs organes profonds, aussi bien que dans les parties les plus superficielles de leur corps, est en rapport avec ce mode d'existence, Cependant ils sont bien éloignés de ressembler aux Poissons véritables, et si l'on veut examiner attentivement l’ensemble de leurs particularités, on reconnaît bientôt que ce sont des Mammifères, qu'ils ont les principaux traits distinctifs des Animaux de cette classe, et que leur apparence extérieure, c’est-à-dire leur facies, les rapproche seule des Poissons, tandis que leurs véritables caractères doivent les en faire éloigner, Une étude détaillée des organes des Sirénides a même fait penser à de Blainville que ces Animaux pouvaient être associés À l’un des groupes dont nous avons déjà traités; et, dans sa classification, il les réunit en un seul et même ordre avec les Proboscidiens . sous le nom de Gravigrades; ce sont ses Gravigrades aquatiques, tandis que les Proboscidiens

ayant le ne nal«celle est utre que 8 CL COSteurs ent prochées

sortes :

es, MAS se liena peu de actuelle gongs el éleintes.

omme l’un en restant hacun des Les espèces isemble de t fonctionftacés, les nplétement fonctions , dans leurs corps, est mbler aux ticularités,

distinctifs ur facies, s en faire Blainville jà traités ; oscidiens , boscidiens

ORDRE DES SIRÉNIDES, 309

sont ses Gravigrades terrestres, Il ÿ a, en effet, entre eux et les Mammifères à trompe, à peu près les mêmes rapports qu'entre les Phoquos ct les Garnivores, mais dans l’un comme dans l'autre cas, ces incontestables analogies ne justifient pas suffisamment la réunion dans un même ordre d’Animaux, dont les uns passent leur existence à la surface du sol, et dont les autres sont appropriés à la vie maritime, En effet, la plupart des particularités par lesquels les Phoques et les Sirénides ressemblent aux Carnivores ou aux Proboscidiens ont subi chez eux certaines modifications, qui trahissent une incontestable infériorité des premiers de ces Animaux par rapport aux seconds, et il est facile de constater que, sous presque tous les autres rapports, les Sirénides, qui vivent constamment dans l’eau, sont aussi très-différents des Proboscidiens, et qu'ils s’en éloignent par des caractères fort importants,

Le nom de Sirenia, qu'lliger a imposé dès 1811 au groupe des Sirénides, rappelle l'opinion émise par plusieurs naturalistes de la renaissance ou plus récents, que les fables imaginées par les anciens au sujet de leurs Sirènes , reposent sur une notion incomplète de ces Animaux. En effet, quoique les Sirénides manquent à la Méditerranée et aux autres mers qui baignent l'Europe, ils peuvent bien avoir été connus dans l'antiquité, puisqu'il y en a des espèces au Sénégal, dans la mer Rouge et dans la mer des Indes; mais, en réalité, rien dans ces Animaux ne confirme ce que l'on a autrefois écrit au sujet des Sirènes de la Mythologie, et on ne voit ni chez eux, ni chez les espèces d'aucune autre classe , CES associations bizarres de particularités hétérogènes, empruntées par l'ignorance à des êtres si différents les uns des autres, et si arbitrairement associées que dans les Sirènes de la mythologie, où dans tant d’autres êtres fantastiques que les artistes se plaisent encore, on ne sait top pourquoi, à reproduire dans leurs compositions,

Chez les Animaux, tels que la nature nous les présente, toutes les parties sont en harmonio les unes avec les autres; elles sont toutes dans une corrélation parfaite et elles semblent se Commander réciproquement, telle modification importante présontée par l’une d'elles comportant des changements analogues dans toutes les autres, Il en est si bien ainsi, que, dans certains cas, nous pouvons conclure de l'existence de telle particularité à celle de telle autre, et que le plus souvent, nos prévisions se réalisent, Le pied du Bœuf ne saurait se trouver attaché au corps d’un Lion, et la queue d'un Poisson ou les membres d'un Phoque ont mauvaise grâce et contrarient le goût si on les associe aux formes plus pures et si parfaites qui distinguent l’espèce humaine, De toutes les particularités que.présentent les Sirénides, il n’en est peut-être pas une seule qui puisse laisser confondre ces Animaux avec ceux des autres groupes, et toutes sont si bien en rapport, qu’on a peine à les supposer possible ailleurs, bien qu'en réalité les parties qui nous les présentent soient formées des mêmes éléments que chez les autres mammiféres.

Si l'on ne peut, à l’exemple de Blainville, associer les Sirénides aux Proboscidiens ni aux autres Ongulés, il n’est pas plus convenable de les réunir aux Morses, comme le voulait Linné, ou aux Célacés, comme l’a fait G. Cuvier; ce sont bien des Animaux d’un ordre particulier,

Les trois groupes qu'ils constituent aujourd’hui, sont assez différents entre eux, pour qu'il soit possible d’en faire autant de t'ibus séparées ; mais comme ils ne forment qu'un seul genre chacun, nous nous bornerons à les étudier dans leurs caractcres génériques sans insister sur les principes do teur classification, GENRE RYTINE (/ylina, Iliger), Nommé plus récemment SreLLène (Stellerus) par

CNANE DE RYTiINA,

310 ORDRE DES SIRÉNIDES.

G. Cuvier, Il comprend une espèce propre à l'océan Pacifique boréal, qui a pour principaux caractères : son corps allongé, sa queue échancrée; ses nageoires petites et inonguiculées; sa tête également petite, allongée, garnie sur les lèvres de soies en forme de pointes courtes et grossières; ses mâchoires, qui sont en outre dépourvues de dents, au moins dans l’âge adulte, et sa région incisive garnie de fortes plaques cornées,

Cest le RyriNE BonÉAL (Aytina Lorealis où Stellerus borealis), que Steller a fait connaître en détail dans un Mémoire publié en 1751, parmi ceux de l'Académie de Saint- Pétersbourg. M. Brandt a donné, en 1846, de nouveaux renseignements sur le même Animal : ils sont insérés dans la même collection, Quelques auteurs disent que cette espèce est maintenant anéantie; mais il est très-probable qu’il n’en est point ainsi, Elle est cependant devenue si rare, que les voyageurs n’ont pu s’en procurer aucun exemplaire depuis le voyage de Steller, Le Rytine arrive à 22 ou 24 pieds de long.

Rairina BonéaLis, 1/50 de gra,

GENRE DUGONG (Halichore, Illiger). Les Dugongs ont le corps moins allongé et la queue moins échanerée ; 11s manquent également d'ongles, au moins dans l'état sous lequel nous les connaissons; leur museau est obtus, aplati et garni d’une grande quantité de soies courtes et rudes; leur bouche est presque inférieure, et leur crâne est remarquable par le grand développement des os intermaxillaires , qui sont presque à angle droit avec les maxillaires et la ligne du front. Ils logent une paire de fortes dents incisives ayant près de deux décimètres de long, mais dont on ne voit que la pointe, la plus grande partie de ces dents restant cachée dans les alvéoles. La face palatine des os intermaxillaires porte contre une grande’ plaque cornée qui recouvre la face antérieure de la symphyse, très-grande et très-forte, de la màchoire inférieure, Sous cette plaque existent quatre paires d’alvéoles, dont plusieurs, plus particulièrement celles d'en bas, logent chacune une dent grêle, qui n'apparaît jamais au dehors, Ces dents incisives sont, aussi bien que celles de la mâchoire supérieure , séparées des molaires par un intervalle considérable, On a constaté la présence de cinq paires de molaires, mais elles n'existent pas simultanément, et dans l’âge adulte, leur nombre est réduit à deux pour chacune des mâchoires. Ces dents sont toutes à une seule racine, et leur fût est plus ou moins en forme de colonne ; les postérieures sont les plus grosses; leur aspect rappelle assez bien celui des molaires de certains Édentés. :

Le Düuconc marin (Halichore Dugung), qui est le frichecus Dugong dès Linnéens, est

DENTS LE DUGONG JEUNE, 1/2 de grand,

SURFACE MENTONNIÈRE pt Ducone, la plaque qui la recouvre et deux des dents qu'on y trouve,

r principaux uiculées ; sa ntes courtes s dans l’âge

eller a fait e de Saintme Animal ; est maintet devenue si e de Steller,

longé et la sous lequel museau est ne grande rudes ; leur 1e, et leur r le grand naxillaires , droit avec u front. lls dents incidécimètres nts restant ne grande”

GONG, qu'on ytrouvc.

moins en bien celui

méens, est

ORDRE DES SIRÉNIDES.

souvent regardé comme l'unique espè grand archipel indien, depuis Sing:

Guinée, Il est commun dans Je détroit de Torrès, qui sépare cette terre de la Nouvelle- Hollande, et fréquente aussi plusieurs des côtes de cette dernière, On le rencontre encore dans la mer Rouge, et quelques auteurs le considèrent comme étant le Z'aschasch de l'Écriture, dont la peau fut employée à Ja Construction du tabernacle, Les Arabes modernes l’appellent Naqua, ce qui, d'après ant M. Ruppel, le Dugong

M, Botta, signifie Chamelle de mer, Suiv de la mer Rouge formerait une espèce différente de celui des Indes, et qu’il le nomme Halichore me mer, l'existence de deux espèces distinctes

tabernaculi, M. Ebrenberg admet, dans la mt de ces Animaux, ce sont ses Halichore Hempri-

chii et Lottum. D'après M. Owen, le Dugong de la Nouvelle-Hollande serait aussi d'une espèce à part : Halichore Australis. C'est là ce qui a engagé quelques auteurs à nommer Halichore Indicus, l'espèce qu’on regarde comme particulière à l’archipel indien, Ces espèces supposées de Dugongs différent à peine les unes des autres, Ce sont des Animaux marins qui fréquentent les récifs, où ils recherchent les plantes marines. On les recherche pour leur peau et à cause de leur chair qui peut servir d’aliment,

Les Dugongs sont remarquables entre tous les Coscn be Dréoxe, Mammifères par la conformation de leur cœur dont les deux ventricules ont leur pointe distincte, Dans les ouvrages d'anatomie comparée, on cite avec raison cette particularité comme une preuve que le cœur des Animaux supérieurs résulte luismême de l’accollement de deux cœurs primitivement distincts, dont l’un sert de centre d'impulsion au sang rouge, tandis que l’autre prés

GENRE HALITHÉRIUM ( Halitherium , Halianassa de M. H, de Meyer, et Melaæytherium de M, Ghris-

ce de ce genre; il vit principalement dans les mers du

ide à la circulation du sang noir.

Kaup, ou Pugmeodon du même auteur ;

ÜRANE PRESQUE ENTIER D'UN HaLtrÉaEUM, trouvé à Montpellier, 4/4 de grand,

Sapoore et Sumatra jusqu'aux Philippines et à la Nouvelle- |

naine ae ce #

312 ORDRE DES SIRÉNIDES.

tol), Il ne renferme que des espèces fossiles, dont les débris sont surtout communs dans les terrains miocènes de certaines parties de l'Europe, principalement dans les endroits qui répondent aux petits bassins, aux baies et aux archipels de l’ancienne mer, qui a déposé nos bancs de molasse, nos faluns, ete, Le pliocène et l'éocène proprement dit, en renferment aussi,

Ce sont, le plus souvent, des côtes, remarquables par leur structure compacte et comme pierreuse, caractère qu'on retrouve dans les côtes des Sirénides actuels,

J'ai constaté que ces Animaux formaient certainement plusieurs espèces; ils joignaient à une forme de tête et à une formule dentaire peu différentes de celles des Dugongs, une conformation des molaires assez semblable à celle que vont nous présenter les Lamantins,

GENRE LAMANTIN (WManatus, Rondelet). Le grand Océan et les mers qui en dépendent possèdent les Rytines et les Dugongs; c'est au contraire dans l'océan Atlantique, que vivent les Lamantins, Animaux pisciformes comme les précédents, à tête également très-singulière, el qu'il est facile de distinguer par un assez grand nombres de caractères, parmi lesquels nous citerons : la forme arrondie et non échancrée de l’aplatissement caudal; la présence d'ongles rudimentaires; le moindre allongement de la région intermaxillaire, qui n'est pas déclive comme chez les Dugongs; une forme assez différente de la mâchoire inférieure et la présence d'un plus grand nombre de dents molaires, huit ou neuf paires à chaque mâchoire, Les molaires supérieures ont la couronne mamelonnée et sont pourvues de trois racines; les inférieures n'ont que deux racines, et elles présentent à leur couronne l'apparence de deux collines transverses,

Ces dents ont de l'analogie avec celles de certains Bisulques omnivores, mais elles sont en plus grand nombre que chez eux et toutes sont à peu près de même forme, On voit, cependant, en avant d'elles, mais dans les jeunes sujets seulement, une fausse-molaire gemmiforme, et, sur la partie déclive du menton qui répond au plan symphysaire des Dugongs, six paires de trous alvéolaires, où l’on peut découvrir des dents comme chez ceux-ci, lorsqu'on en fait l'examen avec soin et sur des individus encore jeunes, C'est ce dont M, Stanpius a eu l’occasion de s'assurer, Il y a aussi une paire d’incisives supérieures, mais elle est tout à fait rudimentaire, et paraît, de plus, ne pas se reproduire après la chute des dents de lait,

On assure que les Lamantins, tout en étant essentiellement aquatiques, peuvent cependant sortir momentanément de l’eau pour venir ramper sur le rivage, où ils vont même chercher des herbes pour les manger, Ges Animaux sont propres aux pays chauds; ils vivent auprès des archipels et à l'embouchure des grands fleuves. Certains d’entre eux s’établissent aussi dans les fleuves mêmes, et à une distance quelquefois très-considérable de la mer, C'est ce que Lacondamine avait déjà remarqué pour les Lamantins de l'Amérique, et ce fait a été observé de nouveau par MM. de Castelnau et Deville,

Les Lamantins ont des habitudes paisibles; ils se nourrissent de substances végétales, et l'on peut tirer un bon parti de leur chair, de leur graisse, ainsi que de leur peau, La longueur de leur corps atteint jusqu’à quinze et vingt pieds; mais ils sont, en général, moins grands que cela, Ils constituent plusieurs espèces, qu’on pourrait même partager en deux genres, celui des Lamantins africains et celui des Lamantins américains, Quoique le nom de ces Mammifères ne figure pas sur les listes qui ont été dressées des Animaux encore sauvages, que l'Homme pourrait s'approprier, je crois qu'il devrait ÿ être placé préférablement

DENTS MOLAIRES De Lamanrix, 4/4 de grard,

à [Ni tins con mat en f un & des dent cont four diffé trali M Ros 1 que ( rique mer fleuv tienn d'Afr

dans les i réponis bancs aussi, comme

nuient à xs, une nantins, pendent e vivent gulitre, lesquels )résence est pas re et la Achoire, racines ; de deux

em

i, lors- I, Stanelle est lents de

pendant e chers vivent blissent la mer, { ce fait

ales, et La lon- , Moins en deux nom de

encore blement

ORDRE DES SIRÉNIDES, à celui de beaucoup d’autres os lins un excellent parti,

Il sorait très-facile, en effet Comme ils le sont naturellement le long de plusi maritimes en Afrique et dans l'Amérique; leur en fait de domestication, il ne faut

ùces, et qu'avec quel ues soins, on pourrait tirer des Loman- Il {uelq ,

, de les Parquer dans des lacs d’eau douce ou d’eau salée,

ours grands fleuves ou prés des côtes transport offrirait seul des difficultés, D'ailleurs Pas songer uniquement à l'Europe, et ce serait déjà faire un grand pas que de donner aux autres parties du monde, le moyen de profiter plus utilement des Animaux qui y vivent encore à l'état de liberté, et dont beaucoup, faute de soins, tendent déjà à disparaître devant les progrès de l’agriculture et de la civilisation, qui devraient, au contraire, chercher à les utiliser,

Le LaAMaANTIN ou SÉNÉGAL (Manatus Senegalensis, Desm, ) fourni de bons renseignements, et dont G.

diffère par quelques caractères inc lralis, Tilesius),

M. Harlan a distingué, peut-être av ROSTRE (Manatus latirostris) que de la première par

Il y a des Animaux «

» Sur lequel Adanson à Cuvier et de Blainville ont écrit l'ostéologio,

ontestables du Lamawrin D'AMÉRIQUE (Manatus Aus.

ec raison, une troisième espèce, le » CSpèce américaine comme la sec ses Caractères principaux,

de ce genre sur une grande rique, depuis les Florides jusqu'au Brésil, ls mer des Antilles, et, comme nous l'avons déj fleuves, particulicrement dans l’Oré tiennent à l'embouchure du Sén d'Afrique,

L'AMANTIN Larronde, et plusrapprochée d'elle

partie de la côte occidentale de l'Amé- Sont commun dans certains Parages de la à dit, ils remontent très-haut dans certains noque et dans l’Amazone, Les Lamantins africains se

égal et sur quelques autres points de la côte occidentale Ils deviennent Plus grands que ceux de l'Amérique,

NH PARTIE,

ORDRE pes CÉTACÉS

Animaux essentiellement aquatiques, ayant l'apparence jisciforme, mais se rapportant cependant , par l'ensemble de leurs particularités anatomiques, à la classe des Mammifères ; leur corps, plus ou moins en fuseau, est lerminé en arrière par une queue élargie en nageoire transversale, musculo-cutanée, plus ou moins échancrée, et sans autre partie osseuse que les vertèbres coccygiennes qui lui servent d'ace ; point de membres postérieurs; les antérieurs transformés en rames natatoires, toujours inonguiculés; le dos fréquemment surmonté par une nageoire de nature cutanée qui est située sur la ligne médiane ; mamelles placées auprès de l'anus ; narines disposées en évent simple ou double ; point de conques auditives ; poils rares ou méme nuls dans la plupart des cas; dénts en général nombreuses, coniques, d’une seule sorte et uniformes ; cerveau dépourvu de lobes olfactifs ou n’en ayant que de faibles rudiments, très-développé dans ses hémusphères, qué sont raccourcis, renflés et pourvus de nombreuses circonvolutions ; os de nature plus où moins spongieuse ; tous les tissus, mais surtout le tissu cellulaire sous-cutané, étant imprégnés d'une quantité plus ou moins considérable de graisse qui approche de la consistance oléagineuse.

On connait les Cétacés sous les noms de Dauphins, Cachalots eé Baleines. Leurs mœurs sont fort curieuses à observer, mais elles ne sont encore connues que d'une manière fort incomplète.

Les Cétacés acquièrent souvent une grande taille, et c'est parmi eux que se rangent les plus volumineux de tous les Mammifères. Habitant constamment dans l’eau, ils s'y meuvent avec une extrême facilité, y vivent réunis par troupes souvent nombreuses, s’y reproduisent, y allaitent leurs petits, y cherchent leur nourriture ct peuvent plonger pendant un temps assez considérable. Leur respiration est néanmoins aérienne, comme celle des autres Animaux de la même classe ; leur sang est chaud, et 1ls sont vivipares. Aucun d'eux ne peut venir à terre, même pour y ramper, et lorsque, par suite de quelque fausse manœuvre où de quelque gros temps, ils se sont échoués, il leur est presque toujours impossible de se remettre à flot. Ce sont des Animaux intelligents, mais très-voraces, et dont le régime est essentiellement carnassier. Leur nourriture consiste surtout en Poissons, en Mollusques nageurs, en petits Crustacés, dont ils font, dans certains cas, une énorme consommation.

, mais analoins en geoire :

autre l'axe ; rames lé par diane :

simple s dans d’une un'en ières, LION ; tutout é plus déagi-

lots et Iles ne

gent les meuvent duisent, n temps res Anine peut uvre Ou le de se gime est ques nanation.

FAMILLE DES PHYSÉTÉRIDÉS. 31 L'étude de leur organisation a fourni de que sur quelques-unes d'entre elles.

C'est à tort que plusieurs naturalistes ont regardé la peau des Cétacés comme recouverte à sa surface par des poils agglutinés, Certaines espèces de cet ordre ont de véritables poils, et l'on en trouve même quelques-uns sur les Marsouins et sur les Baleines lorsqu'ils sont encore jeunes. D'ailleurs l'épiderme de ces Cétacés, de même que celui de tous les autres, ne diffère point véritablement de celui des autres Animaux de la même classe, La couche épaisse de graisse qui se dépose sous leur derme est le but principal de la pêche des Cétacés, Chez les Balcines véritables, elle a plus d'un pied d'épaisseur, Le larynx des Cétacés présente une apparence assez particulière en rapport avec les conditions dans lesquelles se passe toute leur vie. L'allongement de cet organe en forme de cône et la facilité qu'il a de s’introduire dans les arrière-narines permettent à ces Animaux de respirer sans que l'eau qui est dans leur bouche ou les aliments qu'ils Y Ont amassés se mélent à l'air qui doit entrer dans leurs pou- Mons; Mais l'eau et l'air se réunissent à Ia sortie et peuvent être rejetés ensemble par les évents ou narines extérieures, ce qui produit des jets d'eau plus où moins élevés, tantôt simples ou doubles, selon la disposition qu'ont eux-mêmes les évents,

Les Cétacés manquent de membres postérieurs, On ne leur trouve, même sous la: peau, aucune trace de ces organes à partir du fémur. Ils ont cependant un rudiment du bassin, mais ce rudiment reste cortiforme , COMME on le voit aussi chez les Sirénides.

La capture des grands Célacés, Cachalots et Balcines, à une grande importance, paree qu'elle fournit à l'industrie des matières grasses, de la baleine, de l'ivoire, des os dont on fait du noir animal, et quelques autres substances également fort utiles; elle donne lieu, chaque année, à des expéditions nautiques que l'on désigne par le nom de péche à la Baleine. Les autres Cétacés fournissent aussi des produits analogues ; mais, comme ils ont toujours des dimensions plus où moins inférieures à celles des Cachalots et des Balcines franches, que leurs produits sont moins abondants et que leur capture est plus difficile, ils ne sont l'objet d'aucun armement. Les pêcheurs ordinaires cherchent seuls à détruire les Dauphins, parce que ces Animaux font fuir le poisson et qu'ils brisent fréquemment les filets tendus pour le prendre.

On à décrit près d'une centaine d'espèces de Cét quatre-vingts dont l'existence soit maintenant certaine. Tous ces Mammifères sont marins, sauf une ou deux exceptions. On peut les partager en quatre familles auxquelles nous donnerons les noms de Physétéridés, Ziphidés, Delphinidés et Balénidés.

s remarques très-curieuses, Nous n'insisterons {ci

acés, mais il n'y en à guère plus de

FAMILLE pes PHYSÉTÉRIDÉS

Pline indique, sous le nom de Physeter, des Cétatés ayant une très-grande taille, Il les donne comme vivant dans la mer des Gaules, où, dit-il, ils élevent au-dessus des voiles des navires les jets d'eau qu'ils lancent par leurs narines, Linné a donné le même nom à des Animaux également gigantesques, que l’on appelle en français Cachalots, et dont on voit accidentellement quelques individus dans les mêmes parages, Mais on est loin d’être certain que ce soient bien les PAyseters de Pline; quoi qu'il en soit, les Cackialots comptent parmi les plus gros d’entre les Cétacés, et, par conséquent, parmi les plus gros Animaux dont le globe

est peuplé, Les Baleines et les Rorquals peuvent seuls leur être comparés sous ce rapport, mais les Cachalots en différent à beaucoup d'égards,

La tête énorme des Cachalots est aussi renflée en avant qu'à l'occiput; leurs narines sont

placées antérieurement sur cette partie de la tête, qui est le point culminant de tout le corps, Ce n’est ni le développement de la cavité buccale, ni celui des os qui l'entourent qui déterminent cot accroissement de volume, et les Cachalois, tout en étant des Cétacés macrocephales, c'est-à-dire à trés-grosse tête comme les Baleines, la sont d'une tout autre manivre, Le dessus de leur crâne est, en effet, aplati en avant et très-excavé en arrière; et lorsqu'il à été décharné, il ressemble à une sorte de cirque ouvert en avant, et dont les parois, qui s'accroissent à mesure qu'on approche de la région occipitale, sont formées par le redressement en carène de la moitié supérieure des maxillaires et de la portion frontale des os incisifs appliquée contre la partie également redressée des os crâniens.

Les Cachalots ont la mâchoire inférieure beaucoup moins large dans sa partio dentaire que le crâne, rétrécie en avant, où elle forme une longue symphyse, et pourvue de grosses dents {Coniques, similaires, dont le nombre varie de vingt à vingt-cinq paires environ, Ces Animaux ont aussi des dents supérieures, mais elles sont caduques et encore mal connues,

Ce sont ces grands Cétacés qui fournissent le blanc de Baleine, appelé aussi spermaceti Ou céline, qui est une substance fort employée dans les arts (1). Ils donnent aussi l'ambre gris, et leurs dents sont recherchées pour l'ivoire, 11 y a deux genres dans leur famille, celui des Cachalots, qui se compose de plusieurs espèces , atteignant des dimensions colossales ,et celui des Aogia, dont l'unique espèce devient beaucoup moins grande, et doit être regardée comme reliant les vrais Cachalots aux Ziphidés et, à certains égard& aux Delphinidés,

GENRE CACHALOT (PAyseter, Linné). Les Cachalots sont caractérisés comme genre : par la grosseur de leurs dents inférieures, par la longueur de la symphyse de leur mâchoire et par leur grande taille, Ces Animaux sont un des exemples les plus remarquables de l’état d’imperfection dans lequel est encore l’histoire haturelle en ce qui concerne quelques-uns des êtres les plus volumineux dont le globe est peuplé, Bien qu'ils soient nombreux dans certains parages, et que les baleiniers en détruisent chaque année une très-grande quantité, ils ne sont encore représentés, dans les collections les plus riches, que par quelques débris incomplets ; on ignore même quels sont les caractères distinctifs de leurs différentes espèces, Aussi plusieurs auteurs soutiennent-ils qu'il n'y en a qu'une seule, tandis que, suivant d'autres, il y en aurait une dizaine et qu’ils seraient même susceptibles d'être divisées en trois genres différents, Mais ces espèces ont été trop incomplétement décrites, même celles dont il a échoué, à plusieurs reprises, des exemplaires sur les côtes de l'Europe, et les caractères que l'on assigne à leurs différents genres sont inexacts ou de peu de valeur, Ainsi, le genre Physalus , que Lacépède avait établi pour y placer le Cachalot cylindrique, reposait sur une indication fautive d’un naturaliste du xvre siècle, Clusius, qui attribuait aux Cachalots dont il a parlé d’avoir l’évent placé sur le cou, et l’on ne cite, pour appuyer la distinction du genre Physeter proprement dit d'avec les Catodons, également regardés comme un genre à part par Lacépède, que la présence d’une nageoire falciforme sur le dos des premiers et l'absence de la même nageoire ou plutôt sa petitesse chez les seconds.

Cependant les recherches ostéologiques dont les Cachalots ont été l'objet de la part de G. Cuvier, de Blainville et des autres naturalistes n’ont encore fourni, pour la démonstration de ces différents genres, que des caractcres presque insignifiants, C'est ce qui a fait dire à l’auteur des Recherches sur les ossements fossiles, en terminant l'analyse des travaux dont les Gachalots avaient été l'objet avant lui de la part des naturalistes : « Ne scra-ce pas mainte-

(1) La céline est logée dans la grande excavation que présente le dessus de la tête des Cachalots. Elle se compose d'une substance blanche cristallisable tenue en dissolution dans l'huile qui existe chez ces Animaux comme chez les autres Cétacés. On l'a aussi extraite de l'huile du Dauphin, et il est probable qu'elle se retrouve en plus où moins grande quantité dans l'excavation de la tête des Ziphidés, des Platanistes, ete.

Au point de vue chimique, la cétine doit être considérée comme du palmitate de cétyle, c'est-à-dire comme une Combinaison de l'acide palmitique, que fournissent aussi certains Palmiers, avec de l'éthal ou alcool étylique. Un savant chimiste, M. Chevreut, à, le premier, saponifé ie blane de Baleine et il en a séparé l'éthal.

na de ôti épi | me ain me vo} che on Cac Mu:

mèêr la b repr mc E choi dent BI qu'il (PL, comi différ ne te Le de D:

enfin aussi de ce qu'ils GE mers

(1) € (2) € l'embor Somme comme Les c Voici qu de son à l'embe en enre, périrent Je n'e du gran d'autres

0 COrps, i déterlacrocénanière, squ'il à ds, qui ‘dresseincisifs

ire que »s dents nimaux

rmaceli l'ambre e, celui ales, et ogardée

e genre âchoire le l’état uns des ‘ertains ne sont nplets ;

Aussi tres, il 18 difféchoué, ue l’on ysalus , lication a parlé hyseter ‘épède,

même

, de G, tion de à l’auont les jainte-

Elle se Animaux 'ouve en

comme tylique.

D cmt

FAMILLE DES PHYSÉTÉRIDÉS, 317

nant uno grande témérité à Moi, après avoir exposé les idées de tant de sav de prétendre qu'il n'ya, encore aujourd'hui (1), qu'une seule être considérée comme vraiment connue, Je spermaceti? »

Dans une note publiée en 1838, et qui avait pour ments qui sont onregistrés dans lu science, de Blainville disait à son tour «,,, En inscrivant ainsi tous les Cachalots que les zoologistes ont, à lort où à raison, considérés comme cspèces, nous convenons qu'aucun, peut-être sauf le Cachatot macrocéphale, n'est suffisumment caractérisé pour être décidément üdmis comme tel :

; Mais, dans le doute, nous ne Voyons pas davantage de raison pour les rejeter, et il faut même ajouter que, dans les mà-

choires armées de dents que nous possédons à la collection du Muséum d'histoire naturelle, on remarque deux ou trois formes assez distinctes, »

Une des espéces soupçonnées par de Blainville üppartient aux mers d'Europe ; elle répond au Cachalot macrocéphale, On doit lui rapporter le squelette conservé dans une des cours du Musée de Paris, et qui fut acheté à Londres en 1821 même Musée, Ce crâne provient de l'un des trente la baie d'Audierne, sur le rivage de la commune de Primelin, en basse Bretagne,

La seconde espèce vivrait, au contraire, dans les régions australes, et aurait eu pour représentant principal dans nos Collections, lors du travail de de Blainville, une portion de mâchoire inférieure rapportée du cap Horn (G, Cuv, Oss, foss.,t, V, pi, NIV, fig, 8)

Enfin, la troisième espèce serait connue änatomiquement par un autre fragment de màchoire inférieure offrant quelques particularités dans sa forme e dents,

ants hommes, espèce de Cachalot qui puisse veux dire le Cachalot vulgaire, l'Animal du

objet la révision des principaux docu-

, ainsi qu’un crâne appartenant au -deux exemplaires échoués en 1784 dans

t dans la disposition de ses

Blainville n'ose pas décider si c'est à une quatrième espèce ou tout simplement à la seconde qu'il faut attribuer une autre portion de mâchoire inférieure déjà signalée par G, Cuvicr (PE, XXIV, fig. 9), et qui paraît, en effet, avoir des caractères assez particuliers ; müis, comme le dit le même auteur, il est encore impossible de rapporter ces pièces sans doute différentes du Cachalot macrocéphale aux espèces que les autres naturalistes ont décrites en ne tenant compte que des formes extérieures,

Le parti que l'on tire des Cachalots par l'extraction de leurs dents, de leur de Baleine (2) et de leurs os, qui sont fort compactes, surtout ceux de la mâchoire inférieure, enfin la recherche de l'ambre gris donnent à la pêche de ces Animaux une grande importance, aussi, chaque année, des bâtiments assez nombreux partent-ils des ports de l’Ang de ceux des États-Unis pour s’y livrer, C'est vers les mers qu'ils se dirigent de préférence,

GENRE KOGIA (Xogia, Gray) mers du Cap par M, Verreaux, est lor

cétine où blanc

leterre ou australes et sur le grand Océan

. I a pour type une espèce dont le crâne rapporté des 13 seulement de quatorze pouces et demi, ce qui indique

(1) Ce passage a été imprimé en 1825.

(2) On cite deux autres échouages de Cachalots sur nos côtes, mais tous deux individuels, savoir : l'un à l'embouchure de l'Adour, près de Bayonne, en 1741; l'autre à peu de distance de Saint-Valery, dans la baie de ln Somme, en 1769. M. Baillon inscrit ce dernier dans son Catalogue des Animaux du département de Ja Somme comme étant le Physeter trumpo, mais il n'y a rien de certain à cet égard.

Les côtes de la Hollande, du Hanovre et de l'Angleterre ont reçu plus souvent des Animaux du même genre, Voici quelques indications à ect égard : Albert le Grand parle du blanc de Baleine d'après deux Cachalots échoués de son temps, l'un auprès d'Utrecht et l'autre sur les côtes de la Frise, Ambroise Paré en signale un échoué à l'embouchure de l'Escaut, à peu de distance d'Anvers, en 1577. Clusius, aussi connu sous le nom de l'Écluse, en enregistre deux, l'un en 1601, l'autre en 1605. En 1735, il en vint un à l'embouchure de l'Elbe; en 1788, douze périrent à Walderwich, sur la côte de Suffolk.

Je n'en trouve qu'un exemple pour la Méditerranée, encore est-il contesté

par quelques zoologistes : c'est celui du grand Cétacs qui se perdit auprès de Nice, en 1726, e

t dont Risso fait son Delphinus Bayeri, tandis que d'autres auteurs Le considèrent comme étant véritablement un Cachalot.

énand éénnsni ttonue = >

un Animal n'ayant guère plus de dix ou douze pieds de long; sa forme est, en général, celle du crâne des grands Cachalots, mais avec quelques particularités dans les détails : sa Sym physe maxillaire est proportionnellement un peu moins longue, et ses dents sont plus fines. ’est de Blainville qui a décrit ce crâne, et il a donné à l'espèce qu’il représente le nom de Physeler breviceps , n'ayant pas jugé que les caractères qu'il lui assigne aient assez d'importance pour la séparer génériquement des vrais Cachalots. M, Gray professe une opinion contraire et il a fait de cette espèce un genre sous le nom de Æogia.

Le KoGiA À TÊTE courte (Kogia breviceps) n’est encore connu que par la pièce unique que nous venons d'indiquer,

On devra en rapprocher, peut-être même lui associer, comme étant de la même espèce , un Cétacé de même grandeur observé à Sidney par M. Wale, et dont le squelette a été décrit récemment par ce naturaliste sous le nom d’£uphyseler Grayii.

FAMILLE vs ZIPHIDÉS

La famille des Ziphidés ou Cétacés Ziphioïdes ne réunit qu'un assez petit nombre d’espéces qui sont, pour la plupart, des Animaux d’une assez grande taille, presque toujours égaux ou même supérieurs aux plus grands Delphinic‘s, Ges Animaux sont d'excellents nageurs, et, . Comme ils se tiennent essentiellement dans la haute mer, on ne connaît encore chacun d'eux que par un ou quelques individus seulement qui sont venus échouer sur différentes plages pendant leur vivant ou dont la mer a rejeté les cadavres après quelque tempête ; et, comme ils fournissent tous une huile abondante, leurs débris ont constamment excité la cupidité des gens qui les ont aperçus, ce qui a rendu plus difficile encore de les étudier d’une manière complète, Heureusement, on en a le plus souvent conservé des pièces osseuses, et comme leur squelette fournit de très-bons caractères distinctifs, on possède dès à présent quelques bons renseignements à leur égard,

Les Ziphidés sont intermédiaires aux Cachalots et aux Delphinidés à long bec; leur crâne, toujours plus ou moins bizarre dans sa conformation, se prolonge en un rostre étroit et solide, et ils sont presque entièrement dépourvus de dents. A part quelques petites dents rudimentaires qu'on ne connaît encore que chez deux espèces, ces Animaux ne présentent qu’une ou deux paires de dents ayant un volume considérable et enfoncées dans des alvéoles ; elles sont placées à la mâchoire inférieure et en occupent, soit la partie terminale, soit le milieu,

Sans compter les Ziphidés fossiles, qui sont au nombre de trois ou quatre, nous connaissons maintenant six espèces de cette famille dans les différentes mers. La diversité de leurs caractères oblige d’en faire cinq genres distincts sous les noms de Hyperoodon, Ziphius, Berardius, Dioplodon et Mesoplodon. Nous dirons quelques mots de chacun d’eux.

IäNRE HYPEROODON (/yperoodon, Lacépède), Une paire de dents terminales assez grosses existe à la mâchoire. inférieure; les autres dents sont rudimentaires et caduques; front renflé par l'accumulation d’une grande quantité de substance huileuse, qui est, en grande partie, située en avant des narines et soutenue bilatéralement par une double crête osseuse des os maxillaires qu'on à comparée à une muraille ; vertèbres cervicales soudées entre elles par leur corps et par leurs apophyses épineuses,

L’HYPEROODON BurzKkoPr ( Hyperoodon butzkopf, Lacépède) arrive à la longueur de huit ou dix mètres, C'est un Animal de l'Océan atlantique et de la mer du Nord, qui vient accidentellement sur les côtes de l'Europo, soit sur colles de la Grande-Bretagne, soit sur celles de la France ou de la Hollande, Hunter en a observé, en 1787, un exemplaire échoué

mio sen, nou dan de € etq avoi m'o natu cavi bien prét D.

D Et ot qi de C Gi et j'a par ( A mc prove trace:

les u l’iden qu'il quelle GE ziphio Méso} chiru alors Hyper dans 1 du Mu

néral, celle S; Sa Sym plus fines, > le nom de ez d'imporne opinion

ar la pièce

me espèce, a été décrit

e d'espèces s égaux ou ageurs , et, acun d'eux ntes plages el, comme upidité des ne manière

et comme nt quelques

leur cräne, re étroit et s dents ruprésentent s alvéoles ; ale, soit le

1S COunaisté de Icurs , Ziphius,

nales assez ques; front en grande te osseuse entre elles

1 longueur , qui vient :, soit sur ire échoué

FAMILLE DES ZIPHIDÉS., 319 à l'embouchure de la Tamise ; deux autres, échoués Baussard, et, depuis lors, on en Calvados, Le Muséum de P Sénéchal,

MM. Vrolich et Eschricht ont publié, il y a quelques années, de très-bons détails sur les Animaux de ce genre dont le premier de ces anatomistes remplace le nom par celui de Chœænocetus.

GENRE ZIPHIUS (Ziphius, G. :uv.). Mâchoire inférieure pourvue d’une paire de dents terminales assez fortes : point de crôtes osseuses des Maxillaires pour maintenir latéralement la masse buileuse du-front; les cinq premières vertèbres cervicales réunies par leur corps; taille inférieure à celle de l’'Hyperoodon,

ZiPuius caAvinosrRe (Ziphius cavirostris, G. Cuv.). La première indication qu'on ait eue de cet Animal, a été donnée par G. Cuvier, d’après une tête mutilée qui avait été trouvée sur la plage à Fos-lès-Martigues (Bouches-du-Rhône), en 1804, et qui a été généralement regardée comme fossile; aussi, le Ziphius cavirostre est-il inscrit dans tous les ouvrages de paléontologie, comme une espèce éteinte, et on l’a successivement attribué aux Faunes miocène ou éocéne, Cependant, ce crâne ne nous paraît pas réellement fossile, dans le sens ordinaire de ce mot, et nous le croyons de la même espèce qu’un autre recueilli par nous en mai 1850, avec quelques autres débris d'un squelette, sur la côte des Aresquiers, dans le département de l'Hérault, entre Villencuve-lès-Maguelonne et Frontignan, Les débris de cet autre Ziphius provenaient d’un exemplaire rejeté quelque temps auparavant par la mer, et que les gens du littoral avaient dépecé et mutilé pour en extraire l'huile, Ce Cétacé pouvait avoir Cinq ou six mètres de longueur, Les recherches auxquelles son examen m'a conduit, m'ont fait penser que d'autres Animaux de la même espèce avaient été signalés par les uaturalistes, mais sans qu'aucun d’eux en eût reconnu la similitude d'espèce avec le Ziphius cavirostre, Il est probable, en effet, que l'on retrouve les mêmes caractères dans les détails bien incomplets, il est vrai, mais néanmoins suffisants, qu’on a publiés au sujet des trois prétendues espèces de gros Dauphins méditerranéens, qui ont été nommées :

Delphinus Desmaresti par Risso , d’après un Animal échoué auprès de Nice;

Delphinus Philippi, par M. Cocco , d’après un Animal échoué dans le détroit de Messine ;

Et Æyperoodon Doumetii, par M. Gray, d'après un Animal échoué sur la côle de la Corse, et qui a été décrit en 1842 par M. Doumet, qui en possède le squelette dans son riche musée de Cette,

Grâce à l’obligeance de M. Doumet, j'ai pu examiner ce dernier squelette de Ziphius, et j'ai reconnu que sa: crâne, qui est un peu mutilé, est encore plus semblable à celui décrit par G. Guvier, que celui que j'avais moi-même signalé comme appartenant à la même espèce. À mon avis, l’âge, sans doute aussi le sexe, el surtout les mutilations dont les trois crânes provenant des individus de Fos, des Aresquiers et de la Corse, portent malheureusement les traces, sont plus que suffisants pour justifier les faibles différences qui semblent les distinguer les unes des autres, Je dois, cependant, faire observer, que M, Duvernoy n’'admettait pas l'identité que je crois avoir reconnue entre le Ziphius de Fos et celui des Aresquiers, et qu'il a considéré le second, comme constituant une espèce particulière d'Hyperoodon, à laquelle il avait bien voulu donner mon nom; C’est son Hyperoodon Gervaisii.

GENRE BÉRARDIE (Berardius, Duvernoy). En terminant. le Mémoire sur les Cétacés ziphioïdes, dans lequel j'ai décrit le crâne du Ziphius des Aresquiers et établi les genres Mésoplodon et Dioplodon, je donnais l'indication suivante : «M. Arnoux, qui a fait, comme chirurgien-major, la campagne de la corvette Le Rhin, commandée par M. l'amiral Bérard, alors capitaine de vaisseau, à recueilli sur les côtes de la Nouvelle-Zélande, le crâne d’un Hyperoodon, qui paraît différer de celui de l'océan Atlantique, et dont je compte m'occuper dans un autre travail, » M, Duvermnoy, qui a rotrouvé ce crâne dans les magasins d’ostéolo

au Havre en 1789, ont été décrits par à vu plusieurs autres, particulièrement sur les côtes du aris en possède un squelette préparé, en 1842, par M. le docteur

gie du Muséum de Paris, l’a décrit avant moi el y a reconnu non-seulement une espèce nouvelle,

A mn me PT Red

comme je l'avais indiqué d’après M. Arnoux, mais un genre nouveau, auquel il a donné le nom de M, Bérard, en en dédiant l'espèce à M, Arnoux.

Le BÉRanDtE p'AnNoux (Berardius Arnouxii, Duv.) est intermédiaire à l'Hyperoodon véritable et au Ziphius par les dimensions, et il porte vers l’ectrémité de la mâchoire inférieure, deux paires de fortes dents, ayant quelque analogie avec celles des Cachalots. Ce Gétacé atteint des dimensions intermédiaires à celles des Ziphius et des Hypérodons,

GENRE DIOPLODON (Dioplodon, P, Gerv.), Le caractère principal de ce genre consiste dans la forme assez singulière de sa mâchoire inférieure, dans la paire de fortes dents dont elle est pourvue vers son milieu, et dans la solidité de son rostre, qui a une grande analogie avec celui des Cétacés réellement fossiles que G. Cuvier avait rapportés au même genre que le Ziphius cavirostre, J'en ai observé deux espèces :

Le DiopLobon pexstrosrre (Dioplodon densirostris) qui a été autrefois signalé par de Blainville, sous le nom de Delphinus densirostris, d'après un bout de rostre encore aujourd'hui conservé dans les collections 20ologiques de la Faculté des sciences de Paris. On en possède maintenant au Muséum un crâne à peu près complet; il a été rapporté des îles Seychelles par M. Leduc, capitaine de la marine marchande.

CRANE pu DiOPLODON DENSIROSTRE,

Le DIOPLODON EUROPÉEN (Dioplodon europœus) qui a été cité par moi, d’après un crâne que M, E, Deslongchamps a déposé dans les collections de la Faculté des sciences de Caen, et qui provient d’un individu harponné dans la Manche, Ses deux dents en défenses sont moins grandes que celles du Densirostre, et la portion de la mâchoire qui les supporte est moins élevée au-dessus du niveau de la symphyse. Ce Cétacé doit avoir une douzaine de pieds de longueur totale,

GENRE MÉSOPLODON (Wesoplodon, P. Gerv.). Le rostre est long, mais plus large que haut, ce qui est le contraire dans le genre précédent, et la mâchoire inférieure présente de chaque côté, vers son milieu, une paire de fortes dents, accompagnée de quelques autres dents beaucoup plus petites et caduques.

Le MÉsoPLoDox be SowEnBY (Mesoplodon Sowerbensis), que de Blainville a autrefois nommé Delphinus Sowerbensis, d'après un exemplaire échoué en Angleterre, est le même Animal que Sowerby avait rapporté à tort à l'Hyperoodon décrit par Hunter. C’est aussi le Dauphin microptère de G. Cuvier,

Les noms génériques d'Aodon et de Nodus signifiant sans donts, qui avaient été donnés

dans gran de si Le

a donné le

Iyperoodon \ mâchoire Chalots. Ce 8,

) ce genre e de fortes qui à une pportés au

signalé par tre encore s de Paris.

rté des îles

l'après un ciences de n défenses s supporte > douzaine

plus large > présente ues autres

| autrefois t le même

st aussi le

té donnés

FAMILLE DES DELPHINIDÉS, par Wagler à ces Cétacés, ne pouvaie par celui de Dioplodon, supérieure de ce Cétacé,

Le Mésoplodon de Sowerby est v mais aussi sur celles d'Ostende,

S-nous remplacés arnissent la mâchoire

nt leur être conservés, aussi, les avon qui rappelle les deux armes dentaires qui g

enu échouer non-seulement sur les côte

s de l'Angleterre, en Belgique, et du Havre

ainsi que du Calvados, en France.

nano

FAMILLE oes DELPHINIDÉS

Les Animaux de cetto famille Soi les Dauphins véritables et tous les Cétacés qui leur

ressemblent; leurs caractères consistent dans l'ouverture unique de leurs évents qui est placée sur le milieu de leur tête; dans l’amincissement en forme de bec qui termine habituellement celle-ci, ainsi que dans leurs dents, en général, assez nombreuses, coniques et existant à l’une et à l’autre mâchoire. Ils n'ont jamais la tête aussi grosse que les Baleines ou les Gachalots; ils manquent toujours des fanons qui caractérisent les premiéres, et lorsque leur rostre est allongé, il so distingue de celui des Ziphidés par sa forme, aussi bien que par les dents persistantes qui en garnissent alors les os maxillaires,

Les Gétacés Delphinidés sont les moins gros de tous les Gétacés, et en même temps ceux pèces, À part une ou deux, toutes sont marines. Leur utilité est ou des Cachalots ; cependant, on peut toujours tirer leur cervelle, et surtout de la graisse dont ils sont amplement uns, plus particulièrement ceux dont le volume est le plus considérable, sont même recherchés sous ce dernier rapport,

Les caractères secondaires des nombreuses espèces de cette famille, permettent de les partager en un assez grand nombre de genres,

qui peuvent être divisés eux-mêmes en plusieurs tribus bien distinctes, dont nous

rorlerons successivement, sous les noms de Plalanistins , Delphinins , Orcins, Monodontins et Phocénins.

dont il existe le plus d'es loin d'égaler celle des Baleines quelque profit de leur chair, de fournis; quelques-

TRIBU pes PLATANISTINS

Nous réunissons provisoirement dans une même tribu, plusieurs Dauphins à Corps assez allongé et à bec grêle et étroit, qui répondent aux Delphinorhynques proprement dits de quelques auteurs, Ils ont le rosi. aminci, prolongé, mais solide, quoique plus ou moins différent de celui des Ziphidés: leur symphyse mandibulaire est plus longue que dans aucun autre groupe, et chacune de leurs mâchoires est pourvue de nombreuses dents, ce qui n’a pas lieu chez les Ziphidés, Il ÿ Eu à trois genres distincts, les Platanistes, les Inies et les Slénodelphes.

Ces Dauphins vivent aux embouchures des grands fle ils détruisent une grande quantité de Poissons égards celui des Gavials, leur permet de saisir avec facilité,

GENRE PLATANISTE (Plalanista, G. Cuv.), Les caracteres ré allongée et comprimée du museau, qui les dents sont comprimées et implant dans le sens antéro-postérieur, La ré grande cavité, assez comparable à de substance huileuse, On ne

Le PLATANISTE sou-sou

uves ou dans les fleuves eux-mêmes :

» que leur bec allongé et l'appelant à certains

sident ici dans la forme s’infléchit dans une partie de son étendue, et es dans les mâchoires par des racines tré gion frontale est remarquable par la présence d’une celle des Cachalots, et qui protége un amas considérable connaît qu'une espèce de Plataniste :

(Platanista gangelica) à été décrit par 1

dont s-développées

ææbeck sous le nom

322 ORDRE DES GÉTACGÉS.

de Delphinus gangeticus, et l'on pense que c’est le Platanista dont il est question dans l'Histoire naturelle de Pline, Ce Cétacé atteint des dimensions intermédiaires à celles du Marsouin et du Dauphin vulgaire; il nage avec élégance, ot diffère à la fois des Dauphins par sa forme extérieure et par des caractères ostéologiques, Il n’est pas rare à l'embouchure du Gange.

GENRE INIA (/nia, d'Orb.). Le corps est assez épais, mais le museau est encore long et il est velu; la nagcoire dorsale est surbaissée ; les dents sont épaisses, grenues à leur surface, et pourvues, pour la plupart, d’un gros talon externe,

L'Inta pe GEorrnoy (/nia Geoffrensis) à d'abord été signalé par de Blainville et Desmarest, sous les noms de Delphinus Geoffrensis et Geoffroyii, d'après un exemplaire empaillé que E. Geoffroy avait obtenu du musée de Lisbonne pour le musée de Paris, mais dont on ignorait l’origine, Depuis lors, il a été rencontré par M. A. d'Orbigny, et plus récemment encore par MM. de Castelnau et KE, Deville dans les rivières des provinces de Moxos et de Chiquitos en Bolivie, et dans tous les affluents supérieurs de l’Amazone, à plus de sept cents lieues de la mer, Cette curieuse espèce dépasse deux mêtres en longueur.

M. A. d'Orbigny en a fait le sujet d’une Notice intéressante publiée dans le tome IIE des Nouvelles annales du Muséum, et nous lui avons aussi consacré quelques nouveaux détails dans la partie mammalogique du Voyage de ce naturaliste, principalement pour en rétablir la synonymie et en donner de bonnes figures. L'Inie de Geoffroy n’est pas la seule espèce de Dauphins réellement fluviatiles. MM. de Castelnau et Deville en ont découvert une autre dans le haut Amazone, et celle-ci, qui n'égale guère que la longueur du Marsouin, est bien plus semblable aux Dauphins ordinaires que l’Inia de Geoffroy; son bec est encore assez grêle, mais la forme de son crâne en fait un Animal de la tribu des Delphinins.

Dans une notice que nous avions préparée au sujet de cette espèce avec feu M. E. Deville, nous lui avions donné le nom de Delphinus fluviatilis, On en trouvera la description dans la partie mammalogique du Voyage de MM. Castelnau et Deville, dont le premier de ces naturalistes a bien voulu nous confier la rédaction, Le Delphinus fluvialilis appartient au genre des Dauphins véritables,

GENRE STÉNODELPHE (Stenodelphis, P. Gerv.). Ge genre, dont M. Gray a remplacé le nom par celui de Pontoporia, n’a encore qu’une seule espèce, qui est de petite dimension, a le corps assez grêle, le bec fort allongé et les dents petites, fines et nombreuses; c'est le STÉNODELPHE DE BLAINVILLE (Stenodelphis Blainvillii, P, Gerv.), dont il n’a encore été observé que deux individus, l’un sur la côte de Patagonie, par M. A. Dorbigny, et l'autre à l'embouchure de la Plata, par M. de Fréminville, qui en a recueilli le crâne, Ge Dauphin ne dépasse pas 1" 20 de longueur totale.

TRIBU pes DELPHININS

Les Delphinins sont les Dauphins les plus ordinaires, Leurs dents sont toujours nombreuses, plus ou moins fines et aiguës; leurs dimensions sont inférieures à celles des Orcins, mais, en général, supérieures à celles des Phocénins, et leurs espèces bien plus nombreuses que celles des deux tribus précédentes, Certains d’entre eux tiennent habituellement la haute mer; d'autres approchent davantage des côtes, et il en est une espèce qui paraît exclusivement fluviatile, C’est celle dont nous avons parlé plus’ haut sous le nom de Delphinus fluviatilis,

Il y a différents genres dans cette famille, Les uns ont la tête moins longue et ressemblent encore assez aux Phocénins ou aux derniers Oreins par la brièveté de leur crâne, Ceux que nous classons les derniers ont, au contraire, le rostre allongé, et ils ont plus d’analogie avec les Sténodelphes que nous avons déjà signalés. Voici le nom des genres que l'on à

à em UE mat

estion dans les du Marphins par sa e du Gange.

core long et eur surface,

lainville et exemplaire Paris, mais ny, et plus rovinces de one, à plus ongueur!.

ome III des eaux détails n rétablir la e espèce de autre dans st bien plus assez grêle,

E. Deville, iption dans mier de ces )partient au

a remplacé dimension, euses; c’est | n’a encore y, et l’autre Ce Dauphin

1ombreuses, ‘cins, mais, breuses que haute mer; ciusivement luviatilis,

et ressemcrâne, Ceux s d’analogie s que l'on à

FAMILLE DES DELPHINIDÉS. 323 distingués parmi les Delphinins : Lagénorhynque, Delphinaplère, Tursiops, Dauphin et Delphinorhynque.

GENRE LAGÉNORHYNQUE (Lagenorhynchus, Gray), réunit quelques espèces à tête encore assez large, n'ayant pas le museau beaucoup plus long que la partie crânienne, et dont les dents sont au nombre de 25 ou 30 environ à chaque mâchoire, Il fournit plusieurs espèces aux régions boréales de l'océan Atlantique et à l'océan Pacifique. Celles des côtes septentrionales de l'Europe sont encore incomplétement connues et ont été souvent confondues avec lo Tursio, quoiqu’elles aient le crâne plus court, plus élargi dans sa région frontale, et les dents plus petites, On en prend jusque sur les côtes de Belgique, et M. Vanbened en possède à Louvain deux squelettes de l’une de ces espèces, que les pêcheurs d'Ostende connaissent sous le nom de Temninck. C'est peut-être le LAGÉNORHYNQUE LEUCOPLEURE (Lagenorhynchus leucopleurus, établi par M. Gray d’après Rasch et Nilson), qui visite les Orkneys et le golfe de Cbristiana, Le Delphinus pseudodelphis de M. Schlegel est aussi un Lagénorhynque, et il en est de même du Dauphin albirostre de M. G 'oy (D, pseudotursio, Reichenbach, et D, Jbsenii, Eschricht),

GENRE DELPHINAPTÈRE (Delphinaplerus, Lacépède), On a d’abord réuni dans un seul genre plusieurs espèces de Delphinidés, qui sont faciles à distinguer de toutes les autres par l'absence de nagcoire dorsale ; mais en comparant ces espèces entre elles, on a vu qu’elles différaient beaucoup par leurs principales particularités, et il a paru convenable de les placer dans des genres différents, C'est ainsi que le Leucas ou Béiuga a été rapproché des Grampus, et le Phocénoïde des Phocénins, dont il a les dents, Ainsi modifié, le genre Delphinaptère ne possède plus qu'une ou deux espèces, qui joignent au caractère de manquer de nageoire dorsale, celui d’avoir trente-huit ou quarante paires de dents à chaque mâchoire, L'une de ces espèces est le

DELPHINAPTÈRE DE PÉRON (Delphinapterus Peronii, Lacépède), que l'on rencontre sur les côtes de l'Amérique australe et dans quelques autres parages,

Une seconde espèce serait le DELPHINOPTÈRE BORÉAL (Delphinopterus borealis, Peales) de l’océan Pacifique boréal,

GENRE TURSIOPS (Tursiops). Afin d'éviter toute méprise, nous appellerons Tursiops et non Tursio le genre auquel le Nésarnack ou Tursio sert de type, quoique M. Gray l'appelle Tursio, mais sans faire attention que le genre Tuwrsio, proposé antérieurement par Wagler, à pour unique espèce un Animal tout à fait différent, le Delphinaptère de Péron, Les Tursiops ont environ vingt-cinq paires de dents à chaque mâchoire ; leur cou est assez allongé et leurs dents sont plus fortes que celles des Dauphins,

Il y en à deux espéces bien constatées,

Le Tunsiops NÉSARNARK (Tursiops tursio), qui est le Delphinus lursio de Fabricius, et le grand Dauphin ou le Souffleur; il a jusqu’à douze pieds de long, C’est un Animal des côtes européennes de l'Océan; il vit aussi dans la Méditerranée, et jusque dans la mer Noire d’après M, Ratké,

Le Tunsiops ABUSALAM (Tursiops aduncus), où l'Abusalam du docteur Ruppel et le Delphinus aduncus de M, Eherenberg, n'a encore été observé que dans la mer Rouge.

GENRE DELPHINORHYNQUE (Delphinorhynchus). Si l’on s'accorde pour séparer des Delphinorhynques, tels que de Blainville et G. Cuvier les ont définis, le Dauphin de Geoffroy, qui est devenu le type du genre Inia, le Dauphin du Gange, dont nous avons parlé sous le nom de Plataniste, et le Dauphin microptère, qui est le même Animal que le Mésoplodon de Sowerby, il reste encore une espèce, qu'on ne saurait associer aux Dauphins véritables, et qui diffère même de ceux que nous venons de nommer et de tous ceux dont nous parlons ailleurs dans cet ouvrage : c’est le Delphinus rostratus de G,. Guvier, qui a lui-même donné lieu à quelque confusion, mais dont on à pu enfin établir les véritables caractères et reconnaître la patrie. Van Breda, professeur d'histoire naturelle à Gand, en avait envoyé un crâne décharné à

ere

G. Guvier, et celui-ci, qui en ignorait la provenance, avait d'abord cru y reconnaître le Dauphin de Geoffroy, c'est-à-dire l'Inia, C'est ainsi qu'il le décrivit dans son ouvrage sur les Ossements fossiles; mais déjà dans le Règne animal, il rectifia cette erreur, et il ajouta que le Dauphin couronné de Fréminville appartient aussi à la division des Delphinorhynques , ce que Desmarest avait également établi, Le Delphinus plumbeus de M. Dussumier ou D, malayanus de Lesson, nous paraît devoir être également rapporté au même groupe, ainsi que les diverses espèces dont M, Gray fait son genre Sténo. Tous ces Delphinins sont Delphinorhynques, en ce sens qu'ils ont le rostre allongé et sillonné dans sa partie osseuse, et que leur symphyse est plus longue que celle des Dauphins ordinaires, Ils n’ont pas un très-grand nombre de dents, et ces dents sont un peu plus grosses que celles des Dauphins, et quelquefois granuleuses à leur surface, L'histoire de ces Animaux est encore fort incomplète, car l’on ne connaît le crâne que d'un petit nombre d'entre eux. Il y en avait déjà pendant l'époque miocène, telle est en particulier l'espèce éteinte dont on trouve les débris dans les molasses et les marnes bleues du Languedoc, et que nous avons décrite ailleurs sous le nom de DelpPhinorhynchus sulcatus.

Le DELPHINORUYNQUE LONG-BEC (Delphinorhynchus rostratus, G. Cuvier) appartient bien certainement aux mers d'Europe, et on le prend de temps en temps sur les côtes de la Hollande, de la Belgique, de la France et de l'Angleterre, Ses dents sont au nombre de vingtet-une partout et finement grenues à leur surface; sa taille est un peu supérieure à celle du Delphis ; sa tête est plus allongée.

Le DELPHINORHYNQUE PLOMBÉ (Delphinorhynchus plombeus, Dussumier) est de l'Océan indien, Ses dents sont lisses, plus fortes que celles du Delphis, et au nombre de trente-sept paires à chaque mâchoire; son museau est aussi plus allongé,

Ce genre comprend encore quelques autres espèces, mais elles sont moins bien connues.

GENRE DAUPHIN (Delphinus). Après que l’on a retiré de l’ancien genre linnéen des Delphinus les espèces qui différent notablement du Dauphin ordinaire, il y reste encore une vingtaine d'espèces assez peu différentes de celui-ci pour que les naturalistes modernes aient cru devoir les laisser dans la même division générique. Ces espèces, qui sont dispersées dans presque toutes les mers, sont habituellement confondues avec le Dauphin proprement dit : la plupart ont comme lui deux mètres environ de longueur ; leur forme est sensiblement la même ; leurs dents sont fines et nombreuses, et leur rostre est en forme de bec séparé de la saillie qui porte les évents par une rainure en chevron. Les recherches des derniers navigateurs ont permis d’en caractériser les différentes espèces avec plus de précision qu'on ne l'avait fait jusqu’à ce jour. Quatre ou cinq de ces espèces fréquentent les côtes de la F 'ance, mais parmi elles une seule y est réellement commune :

C'est le DauPHiN DeLpuis (Delphinus Delphis, Linné), ou le D. vulgaire que les pêcheurs nomment souvent Bec-d'Oie et Oie de mer, par a:lusion à la forme de son rostre, Un des caractères ostéologiques qui permettent de reconnaître le plus sûrement cette espèce, consiste dans le double sillon, d’ailleurs recouvert par la peau, qui existe sur son palais; ses dents sont au nombre de quarante-cinq paires à l’une et à l’autre mâchoire, On prend cette espèce dans les mers de la Grande-Bretagne et sur les côtes occidentales de la France; elle est également commune dans la Méditerranée et va jusque dans la mer Noire, C’est celle que les Grecs ont nommée Delphis.

L'intelligence du Dauphin, sa forme singulière, ses habitudes bizarres, son genre de vie analogue, sous certains rapports, à celui des Poissons, tandis que sa cireulation, son mode de reproduction ne différent pas de ce que l’on voit chez les Quadrupèdes vivipares, ont de tout temps attiré l'attention sur ce curieux Animal, et les anciens nous ont laissé à son égard quelques faits exacts, mais aussi beaucoup d'erreurs ou de fables, Le Daupln joue un grand rôle dans la mythologie ; plusieurs villes l'ont pris pour emblème, et beaucoup de médailles anciennes en portent la représentation, S'il fallait en croire les écrivains grecs et latins, le

] Car par

bre bea

Ils

Gra [e app bées régi enct Océ, diag cinq chen agile harp qui:

G] les d par « Gi Scort arriv il en

anaître le ze sur les jouta que hynques , umier ou ainsi que Jelphinoe, et que ès-grand quelque- , Car l’on l'époque molasses \ de Del-

ppartient tes de la le vingtcelle du

l'Océan nte-sept

*onnues.

iéen des °ore une 1e$ aient ‘es dans ent dit :

ment la éparé de 'S naviqu’on ne France,

Ôcheurs Un des consiste :s dents > CSpèce est égaque les

» de vie n mode ont de n égard b grand édailles tins, le

bee

FAMILLE DES DELPHINIDÉS. 325

Dauphin serait sensible à Ja musique ; il affectionnerait la société de l'Homme, et, dans cer-

tains cas, il pourrait lui rendre des services, On parle, en effet, de Dauphins qui ont porté des hommes sur leur dos, et on en cite un qui n'ayant plus revu l'enfant qu'il affectionnait mourut bientôt de chagrin, I] n'y à rien de vrai dans ces récits, Les Dauphins, quoique intelligents échappent par leur genre de vie à l’action de l'Homme, et s'ils s’en rapprochent à l’occasion, c'est pour essayer de saisir du poisson dans les filets qu'il a tendus ou pour recueillir, à la manière des Squales, quelque aliment derrière les navires,

Le DaUPHiN DE Teruys (Delphinus Tethyos, P, Gerv.) est un peu supérieur en grandeur au précédent, a les dents un peu plus fortes et manque des deux larges cannelures palatines du Delphis, Je n’en connais qu'un seul exemplaire, échoué en décembre 1852, auprès de Valras, à l'embouchure de l’Orb (département de l'Hérault), et dont j'ai pu recueillir le crâne. Voici le nombre et la répartition de ses dents #

Le DaAUPHIN DourEux (Delphinus dubius, G.

mais sur laquelle on a eu d’abord que

Guvier) est une espèce aujourd'hui certaine, lques doutes, ce qui lui a valu le nom qu’elle conserve ; Sa taille est moindre que celle des précédentes; son palais manque de sillons; sa tôte est un

peu plus effilée, et ses dents, petites, lisses et aiguës, sont au nombre de 36 à 38 de chaquo

cÔté et à chaque mâchoire, C’est un Dauphin de l'océan Atlantique, qui a été souvent rapporté de la côte occidentale d'Afrique et que l'on prend accidentellement sur nos côtes de la Bretagne.

TRIBU pes ORCINS

La tribu des Orques, comprend les Bélugas et quelques autres Delphinidés, ayant des Caractères et des dimensions plus ou moins semblables, la tête grosse, raccourcie dans sa partie maxillaire, plus où moins renflée au-dessus des yeux, et garnie de dents peu nombreuses, mais grosses et en forme de cônes, Ge sont des ! -Maux pélagiens qui fournissent beaucoup d'huile et dont quelques-uns sont, à cause de cela, recherchés par les baleiniers. Ils se partagent en quatre genres différents, savoir : les Orques, les Globicéphates, les Grampus et les Belugas.

GENRE ORQUE (Orca, Gray d’après Rondelet), Différent da genre Orca de Wagler, qui appartient aux Ziphidés, il est caractérisé par ses dents très-grosses, coniques, un peu courbées, obtuses à leur sommet, et au nombre de onze ou douze paires à chaque mâchoire. La région frontale n’est pas très-renflée, Ces Orques sont les plus gros de tous les Delphinidés.

L'OnQuE érauLanp (Orca gladiator) répond au Delphinus orca de Linné, On confond encore sous Son nom plusieurs espèces répandues dans l'Océan Atlantique, dans le grand Océan Pacifique, dans la mer des Indes, ete., et dont nous rappellerions ici les noins si leur diagnose n’était pas restée jusqu’à ce jour aussi incertaine, Ces Animaux ont vingt, vingtcinq et jusqu'à trente pieds ou plus de longueur totale; ils vivent au large et ne se rapprochent qu'accidentellement des côtes; ils fournissent une grande quantité d'huile, Ils sont si agiles qu'on est le plus souvent obligé de les tuer à coups de fusil au lieu de chercher à les harponner, Anderson assure qu'ils poursuivent les Balcines pour leur dévorer la langue, ce qui mériterait d'être confirmé,

GENRE GLOBICÉPHALE (Globicephala , Lesson), Comprend d’autres Orcins, qui ont les dents moins fortes, mais en même nombre, et dont le front est considérablement renflé par de la matière grasse , disposition qui rend leur tête comme globuleuse,

GLOBIGÉPHALE MÉLAS (Globic melas) ou le Delphinus melas de Traill, le Deductor de Scoresby, le Globiceps de G, Guvier, etc, C’est un Animal de l'Océan Atlantique boréal ; il arrive à quatre ou cinq môtres de longueur, On le prend quelquefois sur nos côtes, et, en 1812, il en échoua soixante-dix individus en même temps auprès de Paimpol (Gôtes-du-Nord)

| Des Cétacés peu différents ont été observés auprès des États-Unis et dans les environs du | cap de Bonne-Espérance,

GENRE GRAMPUS (Grempus, Gray). Ce troisième groupe a les dents supérieures caduques et les inférieures réduites au nombre de cinq ou six paires ou même de deux seulement. Sa tête est sensiblement renflée,

Le Gnampus De Risso ( Grampus Rissonius ) ou le Dauphin de Risso, décrit par par G. Cuvier, est dans le premier cas, C’est un Animal de la Méditerranée qu’on n'a encor observé que sur les côtes de Nice.

Lo GRaupus Gris (Grampus griseus ou Delphius griseus, G. Cuv.) est dans le second cas,

On l’a pris à La Rochelle, à Brest et à Aiguillon, sur la côte de Vendée, en France, ainsi qu’à l’île de Wight et sur la côte du Hampshire, en Angleterre. M, Gray l'appelle Grampus Cuvieri; on le connaît aussi sous le nom de Marsouin de Dorbigny.

GENRE BÉLUGA (Beluga, Rafinesque). Dents en grande partie caduques; point de nageoire dorsale,

Le BÉLUGA LEUucAS (Beluga leucas), ou le Delphinus albinus et leucas des auteurs, est une grosse espèce de Delphinidés qui vit dans les mers boréales et vient quelquefois jusque sur les côtes d'Écosse, M. Gray en rapproche, sous le nom de Beluga Kingii, un Dauphin également assez volumineux dont le crâne a été rapporté des côtes de la Nouvelle- Hollande par le capitaine King.

TRIBU pes MONODONTINS

Le Narval, gros Dauphin des mers arctiques, ayant dans sa conformation ostéologique une grande analogie avec le Béluga, et qui est, comme lui, privé de nageoire dorsale, forme à lui seul une tribu particulière ; il se distingue, en effet, de tous les autres Gétacés par la présence d’une grande dent droite qui sort de sa bouche et lui fournit une arme puissante dont il perce, dit-on, le corps de ses ennemis.

GENRE NARVAL (Monodon, Linné), La grande dent que nous venons de signaler es! implantée dans une alvéole commune à la partie extérieure de l’os maxillaire et à l’incisif de l’un des deux côtés ; elle est cannelée spiralement à sa surface, et dépasse queique‘ois deux mètres, ce qui fait plus de la moitié de la longueur du corps de l’Animal, La dent correspondante, c'est-à-dire celle qui est placée de l’autre côté, n'atteint que très-rarement les mêmes proportions ; dans la majorité des cas, elle reste cachée dans la partie osseuse de la mâchoire.

Le Nanvaz MoNocÉRos (Monodon monoceros, Linné), ou l'unique espèce de ce gene, ne se montre jamais dans nos parages, mais il vient quelquefois jusqu'aux îles Schetland, près de Boston, en Angleterre, Ses dents étaient autrefois aussi rares que recherchées. Nonseulement on en faisait un objet de curiosité, mais on leur attribuait aussi des propriétés extraordinaires. Ainsi que F. Cuvier en fait la remarque, tout le charme qui les environnait a disparu dès que le Narval a été mieux connu; et du cabinet des curieux, comme de l’officine des apothicaires, ces prétendus médicaments ont passé dans le musée des naturalistes,

TRIBU pes PHOCÉENINS

Les Marsouins ou Phocènes sont de petil: Cétacés longs de quatre ou cinq pieds, qui se distinguent par leur tête renflée, leur museau très-court et leurs dents comprimées et dilaiées en palettes. Iis constituent les deux genres des Phocènes et dos Néomeéris.

virons du

apérieures eux seule-

décrit par n'a encor"

le second

nce , ainsi Grampus

point de

auteurs, uelquefois fingii, un Nouvelle-

éologique

dorsale , xs Cétacés rme puis-

gnaler esl incisif de fois deux 0rrespones mêmes màchoire. ce gen’e, chetland , iées, Nonpropriétés nvironnait de l’offiralistes.

Is, qui se es et dila-

FAMILLE DES BALÉNIDÉS, 325

GENRE PHOCÈNE (Phocæna, G, Cuvier), Porte, comme la plupart des Cétacés, une nageoire dorsale falciforme, On n'en à distingué qu'une seule espèce,

Lo PnocÈ\e MansouiN (Phocœna Rondeleti, Willougby), qui vit par petites troupes sur les côtes occidentales de l’Europe, entre dans les ports et remonte parfois les rivières assez haut pour qu'on l'ait pris dans Paris même, 11 mange des Poissons et des Mollusques nus, et s’approche des filets des pêcheurs pour y saisir les poissons qui s’y sont embarrassés: mais il s’y prend lui-même et ne tarde pas à être asphyxié, faute de pouvoir revenir à la surface pour respirer, Beaucoup d'auteurs disent qu’il est aussi de la Méditerranée ; cependant je ne l'y ai jamais observé, et je doute qu'il y existe, du moins sur nos côtes et sur celles de l'Algérie, Aristote, qui ne connaissait point le Phocène de l'Océan, donne néanmoins pour patrie à l’animal qu’il nomme ainsi, la mer du Pont, c’est-à-dire la mer Noire, où M, Nordmann signale, en effet, le véritable Marsouin, Cette espèce va jusque dans la mer d'Azof.

GENRE NÉOMÉRIS (Neomeris, Gray). Établi pour une espèce qui ne diffère guère de la précédente que par l'absence de nageoire dorsale, G. Cuvier, qui en a donné la première indication , la plaçait parmi les Delphinaptères, mais en ajoutant toutefois qu’elle a la tête ronde et les dents comprimées du Marsouin, et il l’appelait Delphinus phocænoides.

C'est maintenant le Néoménis PnocéNoipe (Neomeris Phocænoïides), Ce petit Cétacé fréquente les parages du cap de Bonne-Espérance, où il a été découvert par M. Dussumier; il faut lui réunir ou tout au moins lui associer génériquement le Delphinaptère melas, décrit par M. Temminck, d'après des exemplaires pris dans la mer du Japon.

CnaNe De Pnocénoinr, 4/3 de grand

FAMILLE pes BALÉNIDÉS

Les Baleines proprement dites, qui ont donné leur nom à cette famille, et les Rorquals, appelés aussi fausses Baleines ou Baleines à ventre plissé, à cause des larges rides en forme de cannelures ou de plis qui sillonnent longitudinalement la partie inférieure de leur corps, sont des Cétacés gigantesques, dont les espèces, sans doute plus nombreuses qu’on ne le croyait autrefois, sont réparties entre les principales mers, Leurs troupes sont surtout nombreuses dans les régions polaires et dans quelques parages encore peu fréquentés du grand Océan. C'est là que les baleiniers vont aujourd’hui leur donner la chasse, Autrefois, on pêchait ces énormes Mammifères dans les mers des régions tempérées de l’Europe, aussi bien dans la Méditerranée que sur nos côtes de l'Océan ou sur celles de l'Angleterre, et s’il fallait en croire les auteurs qui ont écrit sur ce sujet, non-seulement on y prenait des Rorquals qui s’y montrent, en effet, de temps en temps, même de nos jours ; mais on y capturait aussi des Baleines franches, c'est-à-dire des Baleines proprement dites.

Lacépède parle d'une Baleine de cette espèce qui aurait été prise autrefois sur les côtes de la Corse, et on lit dans beaucoup d'ouvrages que, jusqu'au xne siècle, il y en avait assez dans le golfe de Gascogne pour qu’on çn fit régulièrement la pêche. Les Basques s’y adonnaient avec succès, et co ne fut que plus tard que l'on fui obligé de poursuivre ces Ani-

re enr mn me

mm ns

ii gr

maux sur les côtes de l'Espagne ou dans des parages plus éloignés, Linné dit à propos de son Balæna myslicetus, qui est la Baleine franche :

Caplura jam Isidori et Vincentii lempore nolissima, teste Guilichno Britone, poela sœculi duodecimi ; eo tempore ad littora Galliæ tucrosa et vulgata,

Divers écrivains rapportent qu'à l'époque de l'invasion des Normands en France, les Baleines se montraient encore en grand nombre dans la Manche, Ce qui se passe ailleurs sous nos yeux, et la nécessité dans laquelle sont aujourd'hui les Baleiniers d'abandonner successivement les lieux où ils pêchaient précédemment à mesure que les Baleines diminuent ou se déplacent, nous fait comprendre comment les premiers progrès de la navigation ont dù chasser de la Méditerranée et des côtes occidentales de l'Europe les grands Cétacés qui y pullulaieat autrefois, ou tout au moins en diminuer considérablement le nombre, Cependant ce que les recherches des naturalistes modernes nous ont appris au sujet de la distribution géographique des

CRANE D'es Forres be Baceine, grand, rat. vu on dessus et en dessous,

grands Cétacés, nous porte également à supposer que les Balcines que l’on chassait autrefois si près de nous appartenaient plutôt au genre des Rorquals, qui se montre encore dans les mêmes eaux, qu’à celui des Baleines franches que nous n’y voyons jamais venir,et dont les espèces atlantiques sont confinées dans les régions arctiques ou antarctiques de cette mer, Les anciens historiens, et, après eux, les chroniqueurs du moyen âge, n’apportaient pas dans leurs citations la précision zoologique que la science moderne aurait seule pu leur permettre, et l'on doit croire que, sous des noms qu'on a depuis lors traduits par Celui de Baleine, ils ont surtout entendu parler des Rorquals, dont la pêche, sans être aussi productive que celle des Baleines franches, donne cependant de bons résultats. Sans doute aussi ont-ils désigné par le même nom les autres grands Cétacés, tels que les Cachalots, les Hypéroodons , les Ziphius, les Épaulards, etc., Animaux qui donnent de l'huile comme les Baleines, et que le vulgaire désigne le plus souvent de la même manicre lorsqu'il s’en fait quelque capture importante ou quelque échouage,

Ainsi que je l'ai fait remarquer ailleurs, c’est probablement dans ce sens collectif, qu'il est dit dans les chroniqueurs qu’on mangeait de la Baleine dans les monastères du littoral ; que les églises de Saint-Bertin et de Saint-Omer prélevaient un droit pour chaque Baleine ; que l’abbaye de Caen avait la dime sur les Baleines prises à Dives et l’église de Coutances, sur les langues de Baleines amenées à Merri,

De nos jours, la pêche des Baleines véritables a déjà, dans le Nord, beaucoup moins d'importance qu’elle n’en avait il ÿ à cent ans, ces Animaux y devenant de plus en plus rares et s'étant retirés dans les parages glacés du pole boréal, au delà de l'Islande, au Groënland et jusqu’au Spitzherg, Aussi les armateurs européens et américains ont-ils dirigé leurs expéditions vers le Sud ou dans les régions boréales du grand Océan, La côte ouest d'Afrique, la baie de Lagoa, l'embouchure de la Plata, les côtes de la Patagonie, la

RTS

er Dr

à propos de

poela sæculi

France, les asse ailleurs

et en dessous,

partenaient lui des Bant confinées , et, après a précision ‘roire que, endu parler s franches, 1e nom les les Épauire désigne ou quelque

peu EH e

tr

f, qu'il est ral ; que les que l’abes, sur les

EE ARTE re at ne

Page 1