‹ Histoire naturelle des oiseaux de paradis et des épimaques; ouvrage orné de planches, dessinées et gravées par les meilleurs artistes;Chapitre 26 sur 63 · RE · texte numérisé non relu

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DES PARADISIERS. mn I toilette artistique et réparatrice des injures du temps. Une gracieuse tête de jeune femme, pure encore , et non ternie par l'expérience de quelques années de mariage, paraît enlaidie par un oiseau de Paradis, car le regard flotte incertain entre les traits qui le captivent et une parure qui

. attire impérieusement. Nous ne savons si c'est

une peinture réelle avec couleur locale qu'a tracée M. Eugène Suedansson roman delaigiede Koat- ven(t.IV, p.287), lorsqu'il dit: «Au-dessus du trône » d’'Hyder-Ali, un umai (oiseau de Paradis ) » de grandeur colossale et d'or massif, étendait » ses ailes. Mais ces ailes, couvertes d’opales, de » rubis et d'émeraudes, étaient si admirable-

» ment travaillées, qu'on retrouvait dans cette

» imitation jusqu'aux nuances les plus délicates » de ce plumage éblouissant. »

Les anciens ont-ils connu les oiseaux de Paradis, surtout l'espèce la plus répândue, celle dont nous nous occupons dans cet article? Nous répondrons par l'affirmative. Ils colonisèrent la plupart des archipels de la Malaisie. Car les Égyptiens et les Indiens y ont laissé des traces évidentes de leur passage en s'avançant jusque au sud des terres de la Papouasie. Les oreillers en bois des Papous, leurs idoles, leurs bracelets, semblables en tout aux armulla des Égyptiens et des Gaulois, et diverses coutumes tradition-

iMe ie HISTOIRE NATURELLE nelles ne permettent pas de douter que les Grecs et les Romains n'aient confondu sous le nom

d'Arabie les terres océanes et indiennes qui

constituent les archipels de l'est.

Ptolomée pensait d’ailleurs que les extrémités de l'Asie se réunissaient à une {erre inconnue qui joignait l'Afrique par l'occident (r). Certes ce que les anciens ont dit du phœnix d'après Hérodote, ce père de la géographie historique, a dû primitivement se rapporter à l'oiseau de Paradis, et les récits fabuleux que l'on retrouve dans tous les livres d'histoire naturelle de la renais sance des lettres, font-ils autre chose que d'amplifier cette phrase d'Hérodote : « On trouve » chez les Persans ( qui les recevaient par le com- » merce des navigateurs malais et autres) un

|» petitoiseau nommé rhyntaces, dont l'intérieur

» est sans excrémens , mais seulement rempli de » graisse ? Il en ét qui disent Fe se nourrit » exclusivement d'air et de rosée». N'est-ce pas

un oiseau de ce genre dont parle fr “a en lui donnant l’épithète de cirnamomus ou cinnamulgus, qui faisait son nid dans les grands arbres avec des rameaux de cannelle et que les naturels

tuaient pour avoir cette | plus fine + ,

1 Châteaubriand, voy. aux États-Unis, Discours preliminaire.

ne | uv .

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celle des autres branches ? Pline, recueillant dans sa vaste encyclopédie les traditions égyptiennes, rapporte ce qu'elles consacraient relativement au phœnix, puis il résume les rêveries mystiques d'un certain Manilius, sans y ajouter un mot de réfutation, et tout en louant au contraire la sagacité de cet écrivain. Pline dit donc (lib. X, cap. Il) : « Les oiseaux d'Éthiopie et de » l'Inde sont remarquables par l'éclat et la variété » de leurs couleurs. Mais le phœnix d'Arabie est » le plus admirable d'entre eux: il a la taille d'un » aigle , le cou de couleur d'or, le plamage pour- » pre, la queue bleuâtre avec du rose, ayant un » fanon sous le gosier et une huppe sur la tête. » Or,qui ne voit dans cette description, aussi exacte que lon pouvait la faire alors, que lestyle descriptif en histoire naturelle n'existait pas, qu'il s'agit du faisan doré encore très-rare, mais transporté des régions montueuses du Caucase et de lmdo-Chine, et dont l'éclatant plumage, en

séduisant les yeux, consacra la tradition d'un

oiseau beau entre les plus beaux, nommé le phœnix ? Le premier qui fut montré au peuple, parut l'an 800 de la fondation de Rome sous

l'empereur Claude.

Manilius ajouta que le phœnix n'avait jamais été vu par personne prenant de la nourriture, mais qu'en Arabie il avait vécu 660

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