‹ Histoire naturelle des oiseaux exotiquesChapitre 2 sur 116 · DES · texte numérisé non relu

DES

GENEE CÛTINGüL

AMPELIS. lin»

Les Cotingas , l’un des genres les plus remarquables de Tordre des passereaux, se rapprochent beaucoup par leur forme comme par leurs habitudes des Gobes-Mouches, à la suite desquels ils sont placés par Cuvier.

Leur bec est déprimé, court, arqué, large à la base et très fendu ; les narines sont courtes et rondes ; leurs ailes, d’une moyenne étendue, varient cependant de proportion , selon les espèces, ce qui apporte de grandes différences dans le vol et dans les habitudes de chacune d’elles; les pâtes sont courtes et les deux doigts externes réunis jusqu’au milieu de la deuxième phalange.

Les mâles, dans la plupart des espèces de ce genre, se distinguent par l’éclat et la vivacité de leurs couleurs ; le plumage des femelles, au contraire, est toujours terne, d’une teinte grise ou rougeâtre ; la livrée des jeunes s’en rapproche beaucoup.

Ces oiseaux habitent l’Amérique méridionale et particulièrement la Guyane et le Brésil. Ils vivent dans les lieux humides et dans les bois, et se nourrissent d’insectes et de quelques fruits mous. Ils nichent dans les arbres à des hauteurs variables suivant les espèces ; le nombre de leurs œufs est de quatre ou cinq ; leur voix est généralement faible et peu agréable ; leurs voyages , qui ont lien deux fois l’aimée, ne sont que des changemens de canton

à mesure que leur nourriture devient moins abondante dans la localité qu’ils quittent, et se renferment dans des limites très peu étendues.

Rassemblés d’abord par Linnée , sous le nom de Cotinga , ils sont divisés aujourd’hui en plusieurs sous genres; les Cotingas proprement dit, les Piauhaus, les Tersines, les Procnias, etc.

C’est au premier de ces sous genres le plus remarquable et le plus varié, qu’appartiennent les quatre espèces figurées dans cette première livraison.

COTINGA GUETTE, ampelis carnifex. lin.

levail. PL 37 et 38. — Cotinga rouge de Cayenne, buff. PL 378.

Ce Cotinga auquel les naturels de la Guyane donnent le nom d’Apira et les créoles celui de Ouette qui n’est autre chose qu’une imitation de son cri , est un des plus beaux oiseaux de l’Amérique méridionale.

Une large huppe d’un rouge vif, soyeux et éclatant, couvre tout le dessus de la tête. Un rouge presque semblable, mais dépourvu d’éclat, se montre encore sous le ventre, sur la queue , et sur la partie inférieure du dos; les côtés de la tête, le cou, le dos et les bords des plumes qui forment les couvertures des ailes sont d’un beau brun mordoré velouté, plus foncé et passant presqu’au noir derrière le cou. Les ailes sont courtes, dépassant à peine l’origine de la queue ; elles sont composées de dix pennes digitales, dont la troisième est la plus longue ; leur couleur est un brun peu foncé ; les pennes cubitales, au nombre de neuf, sont du même brun, mais largement bordées d’une teinte marron vif qui finit par dominer complètement sur les dernières; les plus longues, comme chezîes alouettes, dépassent un peu les pennes digitales; la queue légèrement arrondie, se termine par une large bande brune plus ou moins foncée, suivant l’âge de l’individu ; le bec est d’un rouge brun ; l’œil de couleur noisette ; les pâtes d’un jaune terne ; la partie postérieure du tarse est garnie de petites plumes jusqu’à la naissance des doigts.

Une particularité remarquable qui ne se rencontre que dans cette espèce, c’est que pendant la saison des amours, la4œe et la 5me penne digitale sont plus courtes que les autres , surtout la 4me qui est arquée et terminée par une palette étroite; l’échancrure que cette disposition forme dans l’aile, permet à l’oiseau de s’accrocher à l’aide des trois premières pennes, et lui sert probablement dans l’accouplement.

Le Cotinga Ouette est à peu près de la grosseur d’un merle. Il est commun dans les forêts de la Guyane , et s’approche même souvent des habitations.

COTINGA QUEREIVA. ampelis cayana. lin.

buff. PL Enl. 624. — LEVAILL. PL 27 a 30.

La couleur dominante du Cotinga Quéreiva est un beau bleu , que tous les auteurs appellent d’aigue-marine, mais qui pour nous, est véritablement celui de la turquoise. Cette couleur qui n’existe que sur la partie visible des plumes, dont toute la partie recouverte est entièrement noire , s’étend sur tout le corps.

La gorge est d’un beau violet, les plumes des ailes, ainsi que celles de la queue , sont noires et liserées du même bleu.

Les pennes digitales , dont les deux premières sont très étroites et terminées en pointe, se prolongent jusqu’à la moitié de la queue qui est légèrement échancrée. Cet oiseau , ainsi que l’indique la conformation de ses ailes , a le vol rapide du loriot.

La femelle n’a que des teintes grises; le jeune dans sa première année est d’un brun clair en dessus; les plumes du ventre d’un brun plus pâle , sont bordées de roussâtre. Ce n’est qu’à la seconde mue que la couleur bleue commence à paraître ; la gorge à cette époque est entièrement violette.

Les pâtes et le bec sont noirs ,* l’iris est d’une couleur brune.

Ainsi que le Cotinga Ouette , le Quéreiva habite la Guyane. Une variété un peu plus petite se trouve au Brésil.

COTINGA BLEU, ampelis cotinga. un.

LEVAILLANT. PL 34, 35 et 36.

Le Cotinga bleu ressemble pour la forme et la disposition des couleurs au Quéreiva, mais il est un peu plus petit.

Un bleu d’outremer éclatant, à reflets violets, couvre la tête et toute la partie supérieure du corps.

La gorge et la poitrine sont d’un beau violet velouté qui se prolonge en pointe jusque sous le milieu du ventre, dont les côtés sont, ainsi que les couvertures inférieures de la queue , du même bleu que le dessus du corps ; les pennes des ailes et de la queue sont noires ; celles-ci , ainsi que les moyennes des ailes ont le bord extérieur liseré de bleu ; le bec et les pieds sont bruns ; l’œil est rougeâtre.

Cette espèce qui vit à Cayenne, a long-temps été confondue avec le Cordon bleu , espèce fort différente , dont nous donnerons plus tard la figure et la description, et qui, d’ailleurs, ne se rencontre pas dans le même pays. La femelle a tout le dessus du corps d’un brun noir à reflets verdâtre le dessous plus pâle; toutes ses plumes sont bordées de blanc, ce qui leur donne l’aspect d’écailles.

Le jeune mâle ressemble à la femelle jusqu’à la première mue, époque à laquelle des plumes bleues et violettes commencent à se mêler à sa livrée aux endroits qui , plus tard , offriront ces couleurs dans tout leur éclat.

COTINGA POMPÀDOUR. ampelis pompadora. lin.

Pacapac ou Pompadour.'BVTT. PL 279.— levaill. PL 31, 32 et 33.

Les naturels de la Guyane donnent à cet oiseau le nom de Pacapaca. Il y est très commun , surtout à Cayenne.

Tout son corps est couvert de plumes longues, soyeuses , à barbules non réunies, d’un beau poupre lie de vin lustré dans toute leur partie découverte, mais blanches à leur naissance.

Les ailes sont longues composées de plumes blanches , les six ou sept premières terminées de brun. Le caractère le plus remarquable de cette espèce est d’avoir les plumes des grandes couvertures des ailes longues , étroites et roides , arquées en dehors, à barhules détachées et disposées en toit , et se réunissant en dessous comme dans une jeune plume qui n’est pas encore sortie de son enveloppe. La queue du même rouge que le corps, mais plus pâle en dessous, est carrée et ne dépasse les ailes que de 7 à 8 lignes , le bec est rougeâtre , les yeux d’un marron foncé et les pieds noirs.

La femelle un peu plus petite que le mâle, est d’un brun cendré en dessus, plus pâle et teinté de blanc en dessous; le jeune mâle a tout le corps gris nunacé de lie de vin , les plumes des ailes d’abord brunes , commencent à blanchir à la deuxième mue, mais ce n’est qu’à la troisième année, à l’époque des amours, qu’elles deviennent entièrement blanches.

Cette espèce paraît à Cayenne , en mars et en septembre ; elle habite dans les grands dois le long des rivières, et niche sur les plus hautes branches ; elle pond quatre œufs blancs.

GENEE TAIGâRA.

TANAGRA. lin.

De même que les Cotingas, les Tangaras appartiennent à Tordre des passereaux. Ils ont le bec conique, pointu, plus ou moins arqué, légèrement échancré à son extrémité ; les narines latérales , arrondies ; les ailes courtes , les pattes moyennes, les deux doigts externes réunis jusqu'au milieu de la première phalange. Leur queue varie de forme et de longueur selon les espèces. Quoique leurs couleurs soient en général extrêmement brillantes et variées, elles ont ce caractère remarquable qu’elles n’offrent jamais de reflets métalliques. La femelle est ordinairement semblable au mâle; dans ce cas, le jeune n’a pas de livrée, et ne se distingue des adultes que par des couleurs moins prononcées. Les Tangaras se trouvent dans toute l’étendue du nouveau continent , mais principalement dans les parties méridionales auxquelles appartiennent presqu’exclusivement les plus belles espèces. Ils se nourrissent de graines et de baies de différens arbres ainsi que d’insectes , et vivent en général comme les moineaux auxquels iis ressemblent sous beaucoup de rapports. Comme eux ils ont le vol court et peu élevé, se rassemblent en troupes considérables, et ne se séparent que dans la saison de l’accouplement ; comme eux encore , ils fuyent les lieux humides, recherchent les endroits secs et peu couverts, et s’approchent fréquemment des habitations. Iis nichent dans les buissons, ou par familles et souvent réunis en grand nombre sur un même arbre. Leur nid est composé d’herbes sèches. Ils font deux pontes par année. Leurs œufs d’un fond blanc, taché de brun diversement nuancé, sont ordinairement au nombre de trois ou quatre. Ces oiseaux sont très faciles à prendre et à élever en domesticité. Leur voix est généralement peu agréable ; cependant il est quelques espèces auxquelles la douceur et la variété de leur chant ont fait donner le nom d’Euphones.

Ois. Ex.

2® LlV.

Les tangaras sont divisés par Cuvier en plusieurs sous-genres, qui varient de taille, depuis la grosseur du sénegali jusqu’à celle du merle : les tangaras euphones, les tangaras gros bec , les vrais tangaras , les tangaras loriots , les tangaras cardinaux et les ramphocèles.

TANGARA TRICOLORE, tanagra tricolor. gmel.

BUFF. PI. E/il. 33. — TEMM. PI, Col. 215. Fig. 1.

Cet oiseau, assez improprement nommé tricolore, puisqu’il offre réellement quatre couleurs distinctes, n’est pas le tangara que Buffon a décrit sous ce nom. ïl ressemble beaucoup plus à celui que le même auteur a appelé tangara varié à tête bleue. Par une bizarrerie singulière, ce dernier nom est généralement donné aujourd’hui au tangara tricolore de Buffon , tandis que son tangara varié à tête bleue, qu’il supposait être la femelle du précédent, a conservé celui de tangara tricolore. C’est l’espèce que nous décrivons.

Cette espèce qui se trouve au Brésil, où elle est très commune, et non à Cayenne, ainsi que l’ont indiqué quelques auteurs, a la tête d’un vert bleuâtre très vif, la nuque d’un vert doré , les scapulaires et la gorge noirs , le ventre et la poitrine vert de Béril , et le dos d’un jaune orangé vif et soyeux ; les petites couvertures des ailes sont bleues ; les grandes pennes ainsi que celles de la cpieue sont noirâtres et bordées de vert; les couvertures supérieures et inférieures de ces dernières sont d*un vert plus clair, le bec et les pattes sont de couleur noirâtre, l’iris estbrun; la femelle a les mêmes couleurs que le mâle, mais elle sont beaucoup moins vives; le jeune n’a pas de livrée.

Le tangara tricolore est de la taille du friquet.

TANGARA DIABLE ENRHUMÉ, tanagra mexicana. linn Tangara tacheté de Cayenne, buff. PL Enl. 290.

Le diable enrhumé , ainsi nommé par les créoles de Cayenne , où habite cette espèce, vit en grand nombre dans les plantations et sur les montagnes. ïl est de la grosseur du tangara tricolore, mais d’une forme un peu plus allongée. Une belle couleur d’un bleu violacé, couvre le front, les joues, la gorge, la poitrine et le dessus de la queue de cet oiseau. Les pennes des ailes et de la queue sont noires. Les premières des ailes sont bordées de vert, et toutes celles de la queue de bleu violet. Les petites couvertures des ailes sont d’uis

bleu de Béril. Le ventre est jaunâtre. Chaque plume des flancs est largement tachée de noir et terminée de bleu. Le bec et les pieds sont noirs. La femelle est entièrement semblable au mâle. Le chant de ce tangara est très faible.

On trouve aussi cette espèce à la Trinité, ou ses couleurs sont beaucoup plus vives et plus belles qu’à Cayenne.

Une variété très commune au Brésil , a , au contraire , des couleurs plus pâles ; le bleu est comme glacé de blanchâtre et le milieu du ventre est entièrement blanc.

TANGARA CITRÏN. tanagra citrinella.

TEMM1NCK. PI. COL 42. Fig. 2.

La couleur jaune orangé à laquelle cet oiseau doit son nom couvre sa tête et se retrouve encore sur les bords des plumes noires qui revêtent la partie supérieure de son corps. Une bande étroite du même jaune traverse, très près du dessous du bec , une plaque noire qui occupe la gorge ; le bec est entouré de plumes d’un noir velouté ; le dessous du corps est d’un bleu vif passant au vert sur le ventre dont la ligne médiane est blanche ; les pennes des ailes et de la queue sont noires et largement bordées de vert.

Ces oiseaux habitent le Brésil où on les rencontre à certaines époques dans les lieux élevés. Ils se rassemblent sur les mêmes arbres, et il est facile d’en tuer plusieurs d’un seul coup de fusil.

Le tangara citrin est de la même taille que le tricolore.

TANGARA S Y AC O U. tanagra punctata. gmel.

Tangara tacheté des Indes, bitff. PI. Ënl. 1 33. Fig. 1.

Ce tangara se distingue par l’aspect particulier que lui donne l’apparence écailleuse de ses plumes. Toutes celles de la tête , de la partie supérieure du dos et de la poitrine sont noires et largement bordées d’un vert très vif dans les premières et se dégradant presque

jusqu’au blanc dans les dernières. Les flancs et la partie inférieure du dos sont du même vert qui borde aussi dans leur longueur les pennes des ailes et de la queue; le ventre est blanchâire; le bec et les pattes sont d’un brun foncé.

Le nom de Syacou qu’a reçu cet oiseau, n’est autre chose qu’une contraction ou une corruption de celui de Sayacou que lui donnent les naturels des provinces du Brésil où il est très commun ainsi dans que presque toutes les parties de l’Amérique méridionale.

Ce tangara est un peu plus petit que le citrin.

TANGA R A A PLASTRON, tanagra thoracica»

TEMMINCK. PL COL 42. Fig. 1.

Ce tangara se distingue par la plaque d’un jaune orangé, marquée d’une tache noire de forme carrée , qui couvre sa gorge et sa poitrine, et à laquelle il doit son nom. Le reste de son plumage est très brillant. Le dessus du corps, malgré les larges taches noires longitudinales qui couvrent le milieu de chaque plume, paraît d’un vert chatoyant à reflets dorés ; le dessus de la tête et le tour des yeux sont d’un beau bleu turquoise, celui du bec d’un noir velouté. Les ailes et la queue sont brunes, largement bordées de vert; l’épaulette est d’un jaune orangé , le milieu du ventre d’un jaune pâle. Chacune des plumes de cette dernière partie est terminée de vert-clair. Celles des flancs sont d’un vert-foncé prenant une teinte turquoise. La femelle est presque absolument semblable au mâle. Le jeune n’a pas de livrée distincte.

Cette espèce est très abondante au Brésil , d’où on l’apporte en grandes quantités.

TANGARA SEPTICOLORE. tanagra talao. gmel. buff. PL Enl. Pl. 129. Fig. 2.

Le septicolore est, sans contredit, de tous les tangaras, le plus remarquable par la beauté et la disposition de ses couleurs. Il offre en effet , ainsi que son nom l’indique , sept couleurs bien distinctes

Le dessus de la tête , recouvert de plumes , dont la forme écailleuse donne à cette partie l’aspect d’une peau de lézard , est d’une belle couleur verte; un noir pur velouté couvre l’occiput, la partie supérieure du dos, celle inférieure du ventre, le dessus des pennes des ailes et toute la queue ; le dos est d’une belle couleur de feu ; le dessus du croupion d’un jaune orangé très brillant. La partie supérieure de l’aile , appelée communément épaulette, réunit à. elle seule trois couleurs , le vert et le bleu violacé, coupés par une bande étroite de vert aigue-marine; cette dernière couleur recouvre encore la poitrine et la partie supérieure du ventre, de même que le bleu violacé se retrouver su les bords postérieurs des remiges ; le dessous des ailes est d’un gris cendré. Le septicolore, dont la forme est aussi très élégante et qui conserve dans toutes les saisons ses couleurs brillantes , serait le plus bel ornement de nos volières si l’on prenait la peine de l’acclimater. La femelle ne diffère du mâle que par des teintes moins éclatantes.

Ces oiseaux arrivent en troupes à Cayenne vers le mois de septembre, et y restent environ trois semaines; ils reparaissent encore en mai: le reste du temps, ils habitent l’intérieur de la Guyane où ils nichent. Ils se nourrissent d’insectes et de jeunes fruits de l’un des plus grands arbres du pays.

Leur voix n’a que deux inflexions , l’une très aig uë, l’autre très faible.

TANGARA ÉVEQUE. tanagra episcopüs. gmel.

buff. PL Enl. N. 1 et 1.

Buffon, en décrivant cet oiseau , lui a conservé le nom de Bluet qu’on lui donne vulgairement à Cayenne.

Son corps est d’une teinte bleu-cendré très pâle , toute la partie supérieure des ailes d’un bleu vif , le côté interne de chaque penne et le dessous des ailes de couleur grise , et leurs petites couvertures lilas clair. Tout le plumage de ce tangara est luisant et comme glacé de violet selon la manière dont il reçoit les rayons lumineux. C’est à

ce reflet qu’il doit le nom d’évêque que lui avaient donné les anciens auteurs, et que, malgré l’autorité deBuffon, les modernes lui ont rendu. La femelle est d’une couleur générale olivâtre également glacée de violet ; les ailes seulement ont leur partie supérieure d’un vert pâle et les pennes brunes à l’extrémité. Lejeune n’a pas de livrée particulière.

Le tangara évêque se trouve communément à Cayenne et dans les îles voisines ; il est toujours d’une couleur plus vive à la Trinité.

Ces oiseaux vivent par paires au bord des forêts et des plantations et se nourrissent de petits fruits ; ils nichent dans le bas des buissons. Leur nid , que nous avons eu occasion d’observer, est formé de larges feuilles de graminées réunies par des brins de racine et des filamensd’écoreedepalmier, et dontles principaux intervalles sont remplis de mousse et de coton. Les œufs , assez allongés, d’un fond blanc moucheté de gris, marqués, surtout au sommet, de larges taches brunes, sont ordinairement au nombre de trois ou quatre.

La voix de ce tangara ressemble beaucoup à celle de nos moineaux.

RAMPHOCELE BEC D’ARGENT, tanagra jacapa. gmel. buff. PL Enl. 178. N. 1 et 2.

Ce tangara doit son nom à la couleur de la mandibule inférieure de son bec qui paraît en effet argentée; cette mandibule est encore remarquable par son prolongement qui s’étend jusques sous les yeux en une plaque large et arrondie.

Sa couleur générale est un pourpre obscur très velouté qui devient plus clair sous la gorge. Les ailes sont en dessus d’un noir brun et en dessous d’un gris cendré argenté. La queue arrondie à son extrémité offre la même disposition de couleurs, moirées transversalement par l’effet de la structure des plumes. La couleur argentée du bec est très peu sensible chez la femelle, dont le plumage est d’un brun terne devenant sous le ventre un peu rougeâtre.

Cette espèce se trouve dans la plus grande partie de l’Amérique méridionale, mais elle est surtout très abondante à Cayenne. Elle

vit par paires dans les forêts et les plantations, et semble préférer les endroits découverts ; elle se nourrit de graines et des fruits de goyavier et de bananier; son nid, placé sur des arbres peu élevés, est arlistement construit avec des pailles et des feuilles de balisier; il est d’une forme cylindrique et a son ouverture placée en dessous. La femelle pond deux œufs d’un fond blanc, tachetés au gros bout de rougeâtre et de brun.

C’est à tort que quelques auteurs ont appelé cet oiseau Cardinal , nom d’une espèce toute différente qui appartient à l’Amérique septentrionale.

RAMPHOCELE SCARLATTE , TANAGRA BRASILIENSIS. GMEL. buff. PL Enl. 129. Fig . iV. 1.

La couleur générale de cet oiseau, ainsi que l’indique le nom de Scarlatte qui lui a été donné par les auteurs anglais , est un rouge écarlate fort vif qui devient cramoisi sur le dos. Les pennes des ailes sont d’un noir fuligineux et la queue d’un noir parfait.

11 est de la grosseur et de la forme du bec d'argent , avec lequel il a beaucoup de rapports de ressemblance, mais il en diffère surtout en ce que la mandibule inférieure de son bec se prolonge beaucoup moins postérieurement, et se termine par un renflement d’une teinte blanche rosée. La femelle et le jeune mâle ont la tête et la partie supérieure du corps d’un brun rougeâtre, et le ventre d’un jaune sale teinté de rouge. Lejeune mâle prend quelques plumes rouges à sa première mue.

Le scarlatte habite le Brésil, le Pérou et le Mexique ; il vit en grandes troupes, et s’apprivoise facilement ; sa voix est assez agréable.

Il est d’autant plus recherché par les chasseurs que sa chair est bonne à manger, et que son plumage sert à faire des garnitures de robes et d’autres parures.

EUPHONE TEITÈ , tanagra viol a ce a . gmel.

biiff. Pl. Enl. 114. Fig. 2.

L’Euphone Téité a tout le dessus du corps d’un bleu violacé très foncé* Les pennes de ses ailes sont noires , bordées de violet , et ont leur côté interne blanc à sa naissance. Les pennes de la queue sont également noires , bordées de violet. Les deux latérales sont aussi marquées de blanc , mais vers le milieu de leur côté interne. Le front et tout le dessous du corps sont d’un beau jaune souci.

La femelle est d’une couleur verdâtre en dessus , et d’une teinte plus pâle en dessous.

Cet oiseau vit à Cayenne et à la Guyane. Il se nourrit de graines et fait beaucoup de tort dans les champs de riz.

Il construit un nid de forme hémisphérique composé d’herbes très fines.

Sa voix douce, semblable à celle du bouvreuil , le fait rechercher des colons qui l'élèvent en cage , en le nourrissant avec une graine nommée au Brésil Paco.

EUPHONE ORGANISTE , pipa musica. gmel

buf. Pl. Enl. 809 , Fig. I .

Ainsi que nous l’avons dit , on a réuni sous le nom d’Euphones plusieurs petites espèces de tangaras à queue et à ailes courtes , dont la voix est assez agréable pour leur avoir mérité ce nom.

Parmi ces espèces il en est une qui se fait remarquer par un chant tellement varié et étendu que quelques auteurs n’ont pas hésité à le mettre sous ces rapports au-dessus de celui du rossignol. Celle opinion n’aurait cependant rien d’exagéré, si, comme on l’assure, la voix du Tangara organiste réunit toutes les notes de la gamme et donne même l’octave de quelques-unes.

L’Organiste est presque entièrement semblable pour les couleurs

Ois. Ex. 5e Liv.

au Téité. Il ne s’en distingue guères que par une tache d’un bleu clair qui lui couvre tout le dessus et le derrière de la tête.

Cet oiseau se trouve aux Antilles et à Cayenne, et dans quelques autres îles voisines du continent. Il porte à Saint-Domingue le nom de Musicien.

Il se nourrit et niche de la même manière que le Téité.

Il est très sauvage et très défiant, et il est d’autant plus difficile à tuer que , comme les grimpereaux , il se cache en tournant autour des branches à mesure que le chasseur change de place.

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