‹ Histoire naturelle des oiseaux exotiquesChapitre 26 sur 116 · LA PIE DE PARADIS · texte numérisé non relu

LA PIE DE PARADIS

ou l’incomparable.

La pie de paradis ainsi nommée , probablement à cause de sa ressemblance avec notre pie d’Europe , tant sous le rapport de la forme et de la grosseur du corps , que des beaux reflets qu’on remarque chez cette dernière, a aussi été désignée sous le nom (T Incomparable par M. Gevers-Arntz , de Rotterdam , qui le premier l’a possédée en Europe.

De chaque côté de la tête de la Pie de paradis, au-dessus des yeux, s’élèvent deux touffes de plumes en forme de crêtes arrondies qui se dressent et s’abaissent à la volonté de l’oiseau. Ces plumes , semblables à de petites écailles et rangées symétriquement , sont d’un beau noir de velours à reflets violets, quelquefois bleus. Le ventre et la poitrine, d’un beau vert soyeux, sont séparés de la gorge qui , ainsi que le front , les joues et le devant du cou est d’un noir velouté avec des reflets pourpre , par une espèce de collier de couleur jaune rougeâtre , qui se prolonge jusqu’au dessous de l’œil de chaque côté. On voit sortir des flancs quelques plumes de la même couleur que celles du collier placé sur le devant de la poitrine. Les plumes du sommet de la tête et de tout le derrière du cou sont d’un vert émeraude éclatant à leur extrémité. Le dessus du dos et du croupion est d’un noir brun nuancé de pourpre. Les ailes sont d’un brun violacé. La queue , composée de douze plumes étagées , est en-dessus d’un violet magnifique ; le dessous est d’un noir brun avec quelques teintes grises. Si on considère le peu d’envergure que présentent les ailes de cet oiseau , on sera disposé à penser que la longueur et le volume de la queue doivent apporter un obstacle réel à la rapidité de son vol. Les pieds , forts et couverts d’éeailles, sont noirs ainsi que le bec.

La Pie de paradis , dont la tournure pleine de fierté et l’éclat des couleurs pourraient lui permettre d’entrer dans la lice avec le grand

Ojs. Ex.

7e T iv.

Promérops, habite, ainsi que ce dernier, les forêts de la Nouvelle- Guinée.

LE MULTIFIL.

Le dessus de la tête de cet oiseau est d’une couleur noire avec des reflets violets. Les plumes placées sur les parties latérales de la poitrine ont une bordure d’un vert émeraude des plus riche et des plus éclatant. Tout le devant de la poitrine est d’un noir velouté. Les longues plumes soyeuses , à barbes lisses et désunies , que nous avons vues faire le principal ornement du petit émeraude et du paradis rouge , existent également chez le Multifil. Ces plumes, qui chez ce dernier sont d’un blanc jaunâtre , partent de chaque côté des flancs de Foiseau qui les étale avec grâce et en ombrage tout son corps. Les plus longues de ces plumes subalaires s’étendent au-delà de la queue: les dernières du dessous sont términées chacune par un long filet sans barbe , de la grosseur d’un crin. Le derrière du cou , le haut du dos , le croupion et les couvertures du dessus de la queue sont d’un noir changeant en vert sombre et comme bronzé. Les dix dernières plumes des ailes , ainsi que les couvertures , sont d’un violet trèséclatant. Les rémiges sont noires. La queue est de la même couleur que les couvertures des ailes.

Le Multifil a été décrit par Vieillot sous le nom de Manucode à douze filets; mais Le Vaillant fait observer que les filets terminent évidemment les plus grandes subalaires et non la queue ; que par conséquent cet oiseau appartient aux Promerops et non aux Manucodes. Le même naturaliste fait encore remarquer qu'il doit souvent arriver à Foiseau de briser quelques-uns de ses filets en voltigeant à travers les branches , et qu’il est impossible d’affirmer que le nombre de douze soit le nombre exact et invariable de filets qui terminent les plumes subalaires : il préfère donc la dénomination de Promerops Multifil, parce que, dit-il, elle pourrait dans tous les cas, etre conservée sans aucune espèce d’inconvénient.

Cel oiseau , qui ne doit pas rougir de marcher à côté, du petit émeraude , auquel du reste il a emprunté beaucoup de sa parure et de ses brillantes couleurs, habite probablement les mêmes contrées que les autres oiseaux de paradis.

LE PROMEFIL

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