‹ Histoire naturelle des orangersChapitre 121 sur 134 · DAB. CIX · texte numérisé non relu

DAB. CIX

GLYCOMIS MADAGASCARIENSIS, Foliis simplicibus, geminatis, ternatis, impari-pinnatisque.

On cultivait depuis long-temps au Jardin Royal des Plantes de Paris ce petit oranger, sous le nom de Limonia Trifoliata , Lin.; ses fleurs, petites et rarement bien épanonies, rendaient leur examen assez difficile; mais enfin M. Correa de Serra étant parvenu à reconnaître leur structure, et à s'assurer qu'elles ne présentaient pas les caractères attribués au Loria par Linné, en a formé le genre G/ycomis.

Des échàntillons recueillis à Madagascar et conservés dans l’herbier du Jardin Royal des Plantes, offrent absolument les mémes caractères dans la fleur, mais leurs feuilles sont plus compliquées; elles ont d’une è cinq folioles, tandis que les feuilles des individus cultivés à Paris, n’offrent que d’une è trois folioles. Ces différences tenant sans doute à la température, aux localités et à la culture, ne suffisent pas pour constituer deux espèces de glycomis.

Les individus de ce genre cultivés au Jardin Royal, sont, francs de pied, haut de sept è huit décimètres; ils ne végetent pas aussi bien qu'ls paraissent de nature è le faire, quoiquiils soîent cultivgs en serre chaude : leurs pousses naissantes sont d’un vert tendre comme dans les orangers è fruit doux, et on ne remarque aucune épine ni sur les anciennes ni sur les nou-

velles branches.

Les feuilles sont alternes, oblongues, entières, ponctuges, les unes simples, les autres géminées ou ternges, et méme composéges de quatre et cinq folioles dans les échantillons recueillis à Madagascar : toutes ces folioles sont alternes et articulées sur le pétiole commun.

Les fleurs sont blanches, très-petites, groupées dans les aisselles des feuilles supérieures et à l’extrémité de quelques rameaux ; leur pédoncule est couvert de petites écailles; leur calice est compose de cinq folioles arrondies, ciliges, inégales, et dont les plus extérieures recouvrent en parte les intérieures; les cinq pétales sont obovales, concaves, et marqués de gros points vésiculeux en dehors; les étamines, an nombre de dix, ont le filet parfaitement libre, applati, élargi vers le milieu; lanthère courte et cordiforme ; l’ovaire est libre, oblong, à trois ou quatre angles peu prononcés, couvert de rugosités, et surmonté d’un style court très-gros,

obtus, également rugueux.

Le fruit ne nous est pas connu. Selon M. Correa c'est une baie à cinq loges et à cinq graines.

Explication du tab. 97.

1, Fleur très-grossie; 2, pétale vu du còté intérieur; 5, étamines et pistil; 4, pistil seul; 5, ovaire à trois loges coupé circulairement; 6, coupe d’un autre ovaire à quatre loges.

Les caractères de la végétation concourent plus puissamment è rapprocher le triphasia et le glycomis des orangers, que les caractères de la fructification. Le premier ne s'en éloigne que par le manque de vésicules dans l’intérieur des loges de son fruit; le second sen éloigne par son calice polyphylle, par la forme de ses anthères, par son manque de phycostème, et aussi par le manque de vésicules dans les loges de son fruit; mais tous deux se rangent parmi les orangers par un certain facies , par leurs feuilles alternes, articulées, par leur ovaire libre, et par les points d’arome répandus sur toutes leurs parties.

L’oranger dont parle M. Gallesio sous le nom de Limonia Trifoliata, pag. 192, est le glycomis que nous venons de décrire; cet arbrisseau fleurit long-temps chaque année; mais comme nous l’avons dit, ses fleurs sont si petites et elles s'ouvrent si difficilemeni, qu'on les

remarque peu, et que leur analyse est fort difficile.

Notre plan étant de ne relater dans cet ouvrage que les espèces et variétés que nous avons observées nous-mèmes, ou qui nous ont été communiquées par des personnes vivantes et dignes de foi, nous allons finir ce chapitre en nous bornant è citer simplement quelques orangers décrits dans les ouvrages de Rhumph, Rhede, Koempfer et Loureiro , parce que ces orangers n’étant pas encore connus en Europe, parce que mème leur existence, comme espèces, n’étant pas encore généralement admise par les botanistes, ce que nous pourrions en dire

ne serait que des conjectures inutiles ou hasardeuses. D’ailleurs on peut consulter les auteurs mémes qui les ont décrits dans l’Inde, ou l’extrait qu’en a publié M. Gallesio dans son Traité du Citrus. Ainsi on trouve dans Loureiro, Flor. Cochin., T. 570, le Citrus Margarita, oranger perlé , qui a les fruits petits, Y'écorce unie, le suc doux et très-agréable.

Koempfer a décrit sous le nom de X inkan, et Willdenow sous celui de Citrus

Japonica, un petit oranger dont les fruits sont striés et bons è manger.

Rbumph relate un oranger à fruit verruqueux et à suc doux; un Limorellus Madurensis, petit limon de Madure; un Limo Mammosus , un Limon Nipis, un Limon Ventricosus, etc. ete., toutes espèces que quelques écrivains ont recues de confiance, mais sur lesquelles les botanistes judicieux s'abstiennent de

prononcer, jusqu'à ce que de nouvelles observations viennent les éclairer.

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