ORANGER D'OTAITI
Cirrus AvrantIUM OrAITENSE, AR4NCIO, D’ OTAITI.
Caule humili inermi : foliis ovatis , utrinque acutis : fructu parvo, saturatè luteo, ovato ,
paulisper aspero ; cortice tenui; pulpd dulciculd.
Nous avons observé ce petit oranger, en 1815, chez M. Noisette, botaniste-pépiniriste è Paris : les uns le disaient venir d’Otaiti, par la voie de l’Angleterre; les autres l’appelaient oranger de la Chine è fleurs rouges; il était en fruit lorsque nous le vimes pour la première fois, et depuis cette époque il n'a pas fleuri; de sorte qu'il ne nous a pas encore été possible de constater la couleur de ses flcurs qui, si elles étaient en effet rouges, se rapporteraient sans doute l'oranger è fleurs rouges de la Pipe, mentionné par Calvel, d’après Roger
Schabol.
Le petit oranger en question avait été apporté d’Angleterre, et M. Noisette le possédait depuis deux ans; il était frane de pied, non par graine, mais par marcotte, haut seulement de quinze pouces, divisé en trois petites branches, dont l’une portait trois fruits trés-muùrs : sa tige, grosse seulement comme une plume d’oie, était grise et striée; les jeunes:pousses étaient d’un vert tendre et anguleuses. Ses feuilles, peu nombreuses, distantes, étaient ovales, aigués aux deux bouts, divergentes, convexes, d’un vert ordinaire, longues de neuf à onze centimétres, portées sur des pétioles légèrement ailés.
Les fruits étaient petits, inégaux en grosseur, oval-arrondis, avec un petit mammelon chiffonné au sommet, è surface inégale, non rugueuse, mais parsemée de petits enfoncemens inégaux.
La peau assez. mince était garnie de veésicules d’huile essentielle, nombreuses et trèsprofondes, et l’huile qu'elles contenaient était cre et brùlante. L’intérieur était divisé en sept loges è cloisons fort minces, pleines de vésicules è peine distinctes, plus rouges que la peau, et contenant une eau douceàtre, fade, comme dans les véritables limes : il ne s'est
trouvé qu’un seul rudiment de graine avortée. Long. 0,040; larg. 0,035; épaiss. 0,003.
Les vésicules d’huile essentielle de la peau de ce petit fruit étant concaves à la superficie, l'eau de sa pulpe s'est naturellement trouvée d’une qualité inférieure àè celle des orangers dont les vésicules d’huile essentielle sont convexes.
Si ce fruit avait l'eau plus sucrée, on pourrait lui trouver assez de ressemblance avec
celui mentionné par Ferraris, p. 429, primo.