‹ Histoire naturelle des orangersChapitre 4 sur 134 · SO · texte numérisé non relu

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6 HISTOIRE NATURELLE ‘on pourra chercher quelque jour + concilier les faits historiques relatifs è Vexistence de ces arbres, avec les faits contradictoires déduits des changemens qui

seront survenus dans les mémes lieux.

AR TTOLE TE Recherches sur la patrie du Citronnier ou Cédratier.

Si des temps fabuleux nous passons aux siècles historiques, nous VOyons que la nature a distribué diverses sortes d’Orangers sous différentes latitudes de la zone torride. Les premiòres pages de Vhistoire nous montrent un cédratier où citronnier indigène ou naturalisé dans la Perse et dans la Médie. Théophraste, qui vivait trois cent trente ans avant l’ère vulgaire, nous en 2 laissé une description estimee , mais qui ne suffit cepe ndant pas pour nous faire distinguer, parmi nos nombreuses espèces ou variétes , celle dont ce philosophe entendait parler. Il paraît mème que la connaissance du nom propre de cette espèce n’était pas parvenue à Théophraste, puisquiil l’appelle porzzze de Médie. Antiphane, poète comique qui vivait vers le temps de la moyenne comédie, introduit sur la scène un jeune homme qui présente un de ces fruits à sa maîtresse, et ne le nomme pas autrement que Théophraste.

Ce silence et le témoignage de plusieurs auteurs, prouvent que les Grecs et les Romains ont connu pendant Jong-temps et d’une manière assez obscure, les fruits de quelques espèces d’Orangers avant de connaître les arbres qui les portaient, à-peu-près de la méme manière que nous connaissons plusieurs substances végétales ou animales de lInde ou de l’Amérique, sans savoir comment elles viennent ni ce qui les produit.

Nous croyons reconnaître un cédratier dans larbre que Mésué, Avicenne , Abd-Allatif et Ebn-el-Awam appellent azrod) (1). On prétend que c'est ce méme arbre que Théophraste a décrit, et que c'est celui dont parle Virgile dans ses géorgiques. Pline, ajoutant quelques particularités è la description de Théophraste, est le premier des Latins qui lui applique le nom de Citrus, quoique ce nom fàt dès-lors consacré à deésigner un arbre résineux dans la langue romaine.

Ni << € 5 SEN IO ° = 7 D'après le texte de Joseph (2), l’autorité de Dioscoride et de Florentinus (3), e Oà{à{àzx{|[ —T — ttll—————rr.rrr—r—r——r!|;hrtttteeeeeteee]== (1) Voyez Abd-Allat. Relat. de VÉgypt. dans la traduction de M. de Sacy , p. 115. (2) Flav. Joseph. Ant. Jud. 1. 13, c. 13, p. 299- (3) Dioscor. Mat. Med. l. 1, c. 132. Florent. l. 10, €. 7.

set LI

DES ORANGERS. o) on ne peut douter que ce Citrus n'ait passé de la Perse dans les jardins de Babylone , et de là dans ceux de la Palestine, où ses fruits servaient aux Juifs dans la féte des tabernacles.

Après l’avoir acclimaté dans l’Asie Mineure, on dut aisément le propager dans les pays circonvoisins; et è mesure que les relations commerciales s'étendirent, sa culture passa dans la Grèce, dans les iles de l’Archipel, de Sardaigne, de Corse, et enfin sur tout le littoral de la Méditerranée (1); où selon des auteurs recommandables, il formait dans l'Europe meridionale un objet d’utilité, d’agrément et méme de luxe , vers la fin du second siècle de

l’ère vulgaire (2).

ARTICLE III

Recherches sur la patrie du Limonier.

L’antiquité ne nous apprend rien sur le Limonier : ce n'est mème que par des relations assez modernes , que nous savons qu'il croit naturellement dans la partie de l’Inde située au-delù du Gange; mais sa transmigration vers PEurope, se rattache è l’invasion de ces Califes célèbres qui, du fond de l’Asie meéridionale, étendirent leurs conquétes jusqu'au pied des Pyrénées, et laissèrent partout des traces imposantes de leur puissance et de l’étendue de leurs connaissances en médecine et en agriculture.

Le Limonier, transporté par les Arabes dans tous les lieux de leur vaste empire où ce bel arbre pouvait croître, fut trouvé par les Croisés en Syrie et en Palestine vers la fin du onzième siècle. Il est très - probable qu'à la méme époque il était déjà multiplié aussi en Afrique et en Espagne; néanmoins il paraît certain que ce furent les Croisés qui l’introduisirent en Sicile

et en Italie, où on l’a souvent confondu avec le Cédratier.

(1) L’époque è laquelle on peut rapporter son introduction en France, parait étre celle où une colonie de Phocéens chassée de sa patrie, aborda vers la troisiome année de la quarante-cinquième olympiade, sur le rivage de la Provence, fonda Marseille, Nice, Antibes, et enrichit ces villes de plusieurs vésétaux qu'elle cultivait depuis long-temps dans sa patrie.

(2) Pallad. de re Rust. 1. 4, p. 273, dit: Asserit Martialis apud assyrios pomis hunc arborem nunqudm carere, quod ego expertus sum in Sardinié et in territorio Neapolitano in fundis meis quibus colum et solum tepidum est. Macrobe , qui vécut vers le quatrième siècle, indique que depuis long-temps ce végétal était cultivé en Italie, en disant : Persicum nomen originis sua tenuit , licet jamdudùm nostri soli

germen sc.

Plusicurs gerivains arabes du douzième siècle, en parlent comme d’un arbre cultivé et déjà multiplié en Egypte et ailleurs. Hugues Falcande, dans son Histoire de Sicile, nous dit : Yideas ibi et lumias acetositate sud condiendis cibis idoneas....... Lumias désigne ici de véritables Limons. Mattheus Silvaticus sexprime ainsi : Lamon itaque fructus est notus, pulcher et boni odoris succo acetoso sicut Citrangulo. Et il ajoute que de son temps cet arbre

était répandu dans toute Italie (1).

ARTICLE IV

Recherches sur la patrie du Bigaradier.

Plusicurs auteurs ont cru voir à travers le voile de la fable et de l’antiquité, que cet arbre avait dù exister dans les régions occidentales de Afrique. Athénée , sur le témoignage de Juba, roi de Mauritanie, dit que les habitans de la Lybie appellent le Bigaradier pommier des Hespérides, et que ce furent les fruits de cet arbre qu’Hercule apporta dans la Grèce, et qui recurent le nom de pommes d'or, à cause de leur beauté et de lcur couleur. Pontanus affirme méme que le Bigaradier passa de la Lybie en Europe; et Saumaise avance que l’apparition de cet arbre en Italie, fut antérieure è celle du Cédratier : il prétend que son fruit fat appelé Citrus par les Romains, qui accordèrent aussi le mèéme nom aux pommes de Meédie, aussitòt qu'elles parurent è Rome, à cause de leur ressemblance et de leur rapport naturel.

Malgré l’autorité de ces auteurs et l’incertitude qu'elle jette sur la véritable patrie du Bigaradier, les textes de Damascène , d’Avicenne et un passage de Massoudy et de Macrizy, fournissent de quoi prouver que cet arbre fut apporté par les Arabes des contrées de l’Inde situées au-delà du Gange, et qu’ils le répandirent vers le dixiéeme siècle dans tous les pays où ils avaient établi leur empire.

Le fruit du Bigaradier est connu sur tout le littoral de la Meéditerrance , sous les noms de Narandj, Citrangulum , de Melarancio , Citrone , Melangolo , Bigarat, Citron amer. Damascène nous apprend à retirer

jp è i i .

lhuile essentielle de son écorce et celle de sa graine. Avicenne employa son

(1) Mattheus Sily. Pandect, med, fol. CKXV.

DES ORANGERS. 9 suc dans lune de ses compositions pharmaceutiques. Nous lisons dans les notes que M. de Sacy a ajoutées à sa traduction d’Abd-Allatif, que le citron rond (atrodj modowar), qui est notre bigarade, a été apporté de l’Inde postérieurement è l’an 300 de l’hégire. « Il fut d’abord semé dans l'Oman; » de là il fut porté è Basra, en Irack et en Syrie, et devint très-commun » dans les maisons des habitans du Tarse et autres villes frontières de la » Syrie, à Antioche, sur les còtes de Syrie, dans la Palestine et en Egypte. » On ne le connaissait point auparavant ; mais il perdit beaucoup de l’odeur » suave et de la belle couleur qu'il avait dans l’Inde, parce qu'il n'avait » plus ni le méme climat, ni la méme terre, ni tout ce qui est particulier » à ce pays. »

Aucun auteur n’a fixé l’époque è laquelle on a commencé è cultiver le Bigaradier sur les bords de la Meéditerranée. Cependant nous voyons dans Ebn-el-Awam, que cet arbre était cultivé è Séville vers la fin du douzième sieele. Hugues Falcande et Nicolaus Specialis, assurent que dans l'année 1150, il embellissait les jardins de la Sicile. Enfin, on trouve dans l’'histoire du Dauphiné, qu'en l'année 1336, le Bigaradier était un objet d’agrément et de commerce dans la ville de Nice.

ARTICLE V

Recherches sur la patrie de l Oranger à fruits doux.

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Tous les auteurs s'accordent à dire que l’Oranger è fruits doux croit natu- € 5 rellement dans les provinces méridionales de la Chine, à Amboine, à Banda (1), aux iîles Marianes (2), de la Calédonie (3), et dans toutes celles de la mer Pacifique; mais il y a diverses opinions sur la marche qu’a suivie sa transmi- 3 È gration sur notre continent. La plupart des écrivams en attribuent la con-

quéte aux Portugais. Valmont de Bomare (4), favorise cette opinion; Loureiro

(1) Rumph, Essai historique et géographique sur l’Archipel des Iles Marianes.

(2) Les îles des Larrons l’emportent sur la plupart des pays situés sous la méme zone , par l’abondance des leurs fruits exquis. Les îles inhabitées sont couvertes de foréts entières d’Orangers à fruits amers et à fruits doux, de Citronniers à grands et è petits fruits et de Limoniers. Voyage è la recherche de la Peyrouse , par Rossel.

(3) Cet arbre existe dans les environs de Balada; le fruit en a été vu entre les mains d’un naturel , et il m’a été remis par lui. Voyez Voyage précité.

(4) Dictionnaire d’Histoire naturelle.

HISTOIRE NATURELLE ans le méme sens (1); Hunter, dans son voyage è la Chine, semble Mme de Genlis va méme jusqu'à citer Jean de Castro, comme de cet arbre (2). Tous ces témoignages

M. Gallesio (3) semble vouloir les

en parle d le confirmer; celui è qui l'on doit l’acquisition méritent d’autant plus d'étre pesés, que les Orangers è fruits doux sont arrivés par l’Arabie, dans la Grèce et dans les îles de l’Archipel où ils se sont acclimatés peu à peu, et de là ont été transportés dans toute l'Italie. Cependant le nom de pourtegalié dans le territoire de Nice, nous porte è

détruire en avancant que

donné è la plupart des Orangers

croire qu'au moins ce pays les a rega du Portugal.

ARTICLE VI

s ou variétés qui ne peuvent se

Considérations générales sur les espèce rapporter Aux articles ci-dessus.

L'histoire nous a bien transmis quelques notions sur les quatre sortes d’Orangers dont venons de parler ; mais elle nous laisse presque tout à désirer

S L RESSE tl: nas d aa d I a d ASSO 3 È sur l'origine et l’apparition de ce grand nombre de variétés ou de races nouvelles qui embellissent aujourd’'hui nos jardins.

La plupart de ces varictés se rattachent très-naturellement è lune ou è autre des quatre espèces qui viennent de nous occuper. Il y a encore d’autres orangers tels que le pompelmous , la poire du commandeur , etc. qui semblent constituer des types è part ou Ctre chefs de tribu. Nous cultivons aussi des orangers dont les caractères mixtes ou ambigus, font le désespoir des classificateurs, et ont donné lieu è quelques sysièmes ingénieux sur leur origine.

La Quintinye et ses sectateurs croient que toutes les variétés de fruits ont été créées an commencement, et que celles que relles

: q que nous appelons nouvelles , ne nous paraissent telles, que parce quelles étaient restées jusqu'alors ignorces dans quelque coin de la terre.

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autres è la téte desquels s'est placé M. Gallesio , soutiennent et démontrent par un as bre de fai gf . 3

pî sez grand nombre de faits, que les fécondations croisées et o —»0oaOìà)%!'t /)]/<{ *°—°"— t@c*f tf *e Tit

(1) Mém. écon. Lish., p. 152.

(2) Botanique historique.

(3) Traité du Citrus. p. 293 et suiv.

les semis, donnent naissance à de nouvelles races ou variétés plus ou moins distinctes et plus ou moins constantes. Cette sorte de création avait déjà été observée par Linné, qui en a signalé les produits sous le nom de p/arzes hybrides, et qui a ainsi ouvert un vaste champ aux conjectures, en donnant lieu è plusieurs botanistes de penser que dans l'origine, les espèces étaient moins nombreuses qu'elles ne le sont aujourd’hui, et que successivement elles se sont multipliées par des fécondations croisées jusqu’au point où nous les voyons.

L’examen attentif des diverses sortes d’Orangers fait découvrir d’une part des rapports , et de l’autre des anomalies qui favorisent cette dernière opinion ,

ainsi qu'on le verra dans le chapitre suivant et dans les descriptions spécifiques.

VANI Ni ANVVANANNNAVAVINNANNNVUV\MN ANN AANNAVNVVAVINVIAVIAVIAVIA AAA MA VINAVAVANNNIVIV RANNVINNINNNNANNUNANNY AVA A/VANAANVAN AVV VAN ANA VANVANVINIVIAVIA

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