Jurine, Poissons du lac de Gencvt, pi
480 LIVRE XXII. SALMONOÏDES.
Nos exemplaires sont longs de neuf à dix jîouces.
Suivant M. Jurine , les individus peuvent atteindre jusqu'à un pied. Il ne me parait pas très- certain que cet auteur ait suffisamment caractérisé sa Gravenclie ; je ne serais pas étonné, d'après quelques mots de sa description, s'il avait confondu des Palées avec des poissons de l'espèce actuelle. Comme la Gravenclie ne se montre dans le lac que pendant le mois de décembre, et qu'elle disparaît après un court séjour qu'elle a employé pour frayer sur les fonds graveleux du rivage, M. Jurine a donné à cette espèce le nom de Coregoniis hjemaliSf pour la distinguer de la Fera, qui se tient pendant beaucoup plus de temps près de la surface du lac. Cet habile observateur dit que cette saison ne dure pas au delà d'une vingtaine de jours. Les couleurs pâles de la Gravenclie lui ont fait donner le nom de Fera blanche, parce que les écailles latérales sont plus argentines que celles des Feras. Les ventrales donnent, quand le poisson est vivant, des reflets irisés très-beaux. Enfin, M. Jurine observe que les rayons de la dorsale se redressent presque perpendiculairement, tandis que ceux de la Fera restent toujours inclinés.
Les Gravencbes marchent en troupes, et
on les entend de loin au bruit qu'elles font en ouvrant et en fermant la bouche à fleur d'eau. Elles imitent dans ce mouvement des mâchoires le barbottement des canards. On les attire par la lueur de feux allumés sur le rivage. Lorsqu'on les retire du filet avec précaution, on peut les mettre en réservoir où elles vivent deux mois, si on a soin de renouveler l'eau fréquemment et de la tenir toujours très-claire. Au delà de ce temps les poissons deviennent rougeâtres et ne tardent pas à périr. Elles diffèrent donc beaucoup des Lavarets et des Feras, que l'on ne peut pas garder aussi longtemps en captivité. Leur estomac est rempli de coquillages et de débris de plantes aquatiques. Il est assez curieux que des animaux à canal intestinal aussi court soient herbivores. La chair est plus ferme et moins fade que celle de la Fera.
La Marène.
{Coregonus marœna, nob.)
Le poisson, très -célèbre à Berlin sous le nom de Madui- Marène , parce qu'il arrive dans cette ville du lac Madui, dans la basse Poméranie, à trois lieues de Stettin, est une Corégone d'une espèce particulière.
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Son corps est allongé. Le profil du dos est plus droit que celui du ventre, surtout au delà des ventrales. La hauteur du tronc est comprise quatre fois et quatre cinquièmes dans la longueur totale, et celle de la tête y est environ cinq fois et demie. Le museau est assez saillant au-devant de la bouche : il V a une fois et demie le diamètre de l'œil entre son extrémité et le bord antérieur du globe. Les maxillaires sont plus longs et moins courbés que ceux du Lavaret. Le bord du préopercule descend verticalement. L'interopercule est plus étroit, son angle plus arrondi. La pectorale est courte : elle n'égale pas tout à fait la ventrale, qui est très-large. La dorsale est à peine plus haute que la pectorale n'est longue. La caudale est fourchue. Les écailles sont plus grandes que celles des espèces précédentes. J'en compte quatre-vingt-quatre entre l'ouie et la caudale. B. 9; D. 15; A. 15; G. 31; P. 14; V. 12.
La couleur est grise, nuancée de bleu ou de lilas sur le dos et perdue sous l'argenté brillant qui recouvre tout le corps du poisson. La dorsale, l'anale et les ventrales sont rembrunies, les autres nageoires sont grises.
La longueur de l'iadividu, que le Cabinet du Roi doit à la générosité de M. de Humboldt, est de dix-sept pouces.
L'origine de ce poisson nous donnait déjà la certitude que nous avions sous les yeux le véritable Sahno inarœna de Bloch \ J'ai