‹ Histoire naturelle des poissons (volume 2)Chapitre 139 sur 157 · Bioch, Ichih., lab. '27. l. I, p · texte numérisé non relu

Bioch, Ichih., lab. '27. l. I, p

encore une autre preuve de cette détermination, parce que j'ai examiné les individus de Blocli dans la collection de Berlin. La figure de cet auteur n'est cependant pas d'une rigoureuse exactitude. La troncature des lèvres, la saillie du museau et la position des maxillaires ne sont pas très -bien rendues. Blocli a eu raison de regarder cette espèce comme entièrement distincte des Lavarets qu'il tenait de Suisse.

Je n'ai pas besoin de répéter à cet article que les ichthyologistes , comme Hartmann , qui ont cru retrouver en Suisse le Sahno niarœna, se sont trompés.

Outre le lac que nous venons de citer, il dit qu'on trouve aussi cette Marène dans les lacs d'Hitzdorfer et Callifer.

Il paraît que ce poisson fraie en novembre. La pèche est assez profitable à cette époque. On envoie ces Marènes fort loin, en les enfermant dans de petites boîtes remplies de neige. Quoique ce poisson meure promptement hors de l'eau, on a réussi cependant à le transporter et à le faire vivre dans les étangs voisins.

La Marène de Pallas.

{Coregonus Pallasll, nob.) Nous avons reçu des eaux douces de la

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Russie, soit par les soins de M. Gaimaid ou par la générosité de S. A. I. la grande duchesse Hélène, une Marène très-voisine de la précédente, mais qui s'en distingue

parce qu'elle a la pectorale plus pointue, les ventrales plus larges, insérées moins en arrière; l'anale également plus avancée. Je trouve aussi à ce poisson la lêle moins pointue; le museau plus court. Les écailles me paraissent aussi plus petites.

D. 15 — 0; A. 16; C. 31; P. 14; V. 13. Je compte cent rangées d'écaillés le long des flancs.

Le dos est bleu d'acier; le ventre est argenté, et tout le corps est beaucoup plus foncé que celui de la Marène.

Toutes les nageoires sont remarquables par la teinte noire prononcée dont elles sont rembrunies.

Les exemplaires qui nous sont venus de Pétersbourg ont seize pouces.

J'ai retrouvé, dans la collection de Berlin, une Corégone desséchée et qui a été donnée par Rudolphi. Elle provenait des poissons de Pallas. La ligure que j'en ai faite et que je compare au poisson que je viens de décrire d'après nature , me paraît se rapporter tout à fait à notre espèce. Mais ce poisson n'a pas de nom. En cherchant dans le Fauna rossica, je crois que l'on doit rapporter la des-cription du Scilmo lavaretus de Pallas à

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l'espèce dont nous nous occupons ici. Si cela est, on voit que la synonymie donnée par cet auteur serait établie tout a fait arbitrairement. Ne trouvant pas dans les auteurs d'autre indication de cette espèce de la Russie, je la désignerai sous le nom de Coj^egonus Pallasii, par respect pour la mémoire de ce grand naturaliste.

La GORÉGONE A MUSEAU CONIQUE.

{Coregonus conoi^hjnchus j, nob.)

Nous avons reçu de Russie une Corégone à museau plus saillant que l'espèce précédente et que la Marène des lacs de Poméranie, de sorte que

la mâchoire inférieure est beaucoup plus recouverte encore par la supérieure que celle des espèces précédentes. Ce poisson a la tête courte : elle est contenue six fois dans la longueur totale. Le dos est arrondi et la ligne du profil assez soutenue. Cette Corégone est à la précédente ce que la Gravenche est à la Fera. La dorsale est pointue; la pectorale est courte et arrondie; la ventrale es* large. Les écailles sont nombreuses : il y en a quatre-vingt-huit rangées le long des flancs,

D. 14 — 0; A. 14; C. âlj P. 13; V. 13. Des lignes dorées sont assez bien conservées sur le dos bleu d'acier de ce poisson. La dorsale est

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jaune, bordée de noir. L'anale et les pectorales ont aussi un peu de noirâtre. Les ventrales sont blanches.

Notre exemplaire est long de seize pouces et demi. Il a été donné au Cabinet du Roi par S. A. I. la grande-duchesse Hélène.

L'élude que j'ai faite des figures de Bloch , me fait croire que le Salnio tlijmalus latus, planche 26, représente l'espèce actuelle. S'il en était ainsi, on serait bien obligé de convenir que cette figure serait encore plus mauvaise que ne le sont un grand nombre des planches de cette grande ichthyologie. Je n'ose vraiment présenter ce rapprochement qu'avec la plus grande incertitude.

M. Guvier a pensé que ce 6'. tlijmalus latus de Bloch pouvait être une variété du S. oxjrhjnchus de Linné au temps du frai. La forme de la tête me paraît tellement différer de celle de notre Oxyrhynque que je n'ose croire à cette supposition. Mais il n'y a nul doute que l'espèce dont nous nous occupons ici ne nous conduise au Sahno oxyrlijnclius.

Je n'hésite pas à reconnaître dans ce j)oisson le Salnio oxyrhjnchus de Pallas. La description des couleurs et surtout des ventrales blanches et des pectorales cendrées lui convient parfaitement. Si notre détermination est juste, ce poisson, très - savoureux , à chair

ferme, blanche, est très-abondant dans les eaux inférieures du leniséï et de tous ses affluents, surtout à Angora. Il l'est aussi dans le lac Madscliar des monts saganiens, et aussi dans le grand lac Baïkal. On le voit encore dans la Lena, dans les lacs des plages arctiques, mais point dans FOcëan ni au delà de rObi. A l'époque du frai, qui a lieu près du Baïkal vers le mois d'août, tout le corps se couvre d'exanthèmes blaucs comme plusieurs de nos cyprins. On trouve cette corégone dans tous les lleuves, les torrents et les ruisseaux de la Daourie, et elle reste pendant toute l'année dans les profondeurs du fleuve Bargusin. Elle atteint, dans le Baïkal, jusqu'à quinze livres j on en prend communément du poids de cinq à six. Pallas a trouvé dans un de ces poissons des cas d'hermaphroditisme.

On ne peut pas conserver à cette espèce le nom diOxjrhynchus, puisque Linné l'avait donné à une des Gorégones, commune dans la Baltique et dans la mer du Nord. C'est pour cela que nous changeons ce nom en celui que nous adoptons, et qui reproduit assez bien l'idée de Pallas.

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La CORÉGONE A PETITE BOUCHE.

{Coregonus micros tomiis , Pallas.)

Palîas * a indiqué, par une très-courte description, cette espèce remarquable par la petitesse de sa bouche et dont les nageoires inférieures sont rougeâtres. Il l'a trouvée trèssemblable d'ailleurs à son Salmo oxjrhjnchus; elle en différait, non-seulement

par sa bouche plus petite , mais par un museau moins prolongé et par un corps plus arrondi. Les écailles sont plus grandes. La dorsale et l'anale ont dix rayons. La couleur, pâle, a de beaux reflets d'argent.

Cette espèce remonte de la mer dans les fleuves qui se rendent dans la Lena vers l'Orient, et seulement au-dessous de l'embouchure du Riringa. Elle est aussi commune dans les eaux du Kamischatka. Les Russes de la Sibérie orientale l'appellent Walok, à cause de son corps cylindrique. Pallas indique d'autres noms encore.

Le HouTiNG {Çoregoniis oocyrhynchiis , nob.)

est une espèce de Corégone qui se distingue de la Marène et des espèces voisines

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