‹ Histoire naturelle des poissons (volume 2)Chapitre 140 sur 157 · Faun. rosso-asiai . , p. 405, n · texte numérisé non relu

Faun. rosso-asiai . , p. 405, n

par le prolongement de son museau conique, terminé en une pointe assez aiguë et qui dépasse de beaucoup l'ouverture de la bouche. L'os complémentaire du maxillaire forme un petit triangle plus large que ceux des espèces précédentes. La tête est peilie, étroite et un peu plus courte que la hauteur du tronc, laquelle est comprise quatre fois et un peu plus de deux tiers dans la longueur totale. La dorsale est de grandeur moyenne. La pectorale est courte et pointue j la ventrale est courte, mais assez large ; la caudale est fourchue.

Les écailles sont de grandeur ordinaire : on en compte soixante -seize le long des flancs. La courbure du ventre est un peu plus soutenue que celle du dos. La couleur, un peu verdàtre, devient blanche sur les flancs et sur toutes les parties inférieures. Il y a un peu de noirâtre aux nageoires , excepté aux pectorales.

Tel est ce poisson, commun dans les mers du Nord , mais qui ne s'avance pas jusque dans la Manche. Il entre dans la Meuse, dans le Waal, dans le Rhin et sur les grands affluents septentrionaux de la mer du Nord. On le prend quelquefois en assez grande abondance à Rotterdam, pour que les individus achetés pour la nourriture des passagers sur les bateaux à vapeur entre Rotterdam et les villes du littoral de la France, soient laissés sur ces

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places et apportés de temps à autre par les courriers sur les marchés de Paris. J'en ai acheté des exemplaires longs de quatorze pouces : j'ai pu en faire l'anatomie. La splanchnologie ne diffère pas de celle des autres marènes. On ne voit sur le squelette aucune trace de la saillie du museau ; les côtes et les apophyses horizontales des vertèbres ressemblent à celles des marènes ; les trous susmastoïdiens sont très-petits; le dessus du crâne a cinq carènes, dont les deux externes ne forment plus qu'une légère crête au-dessus de l'orbite. Je compte à la colonne vertébrale cinquantequatre vertèbres, dont les deux tiers portent des côtes.

Outre ces exemplaires, le Cabinet du Roi en possède d'autres qui nous ont été donnés par M. Temminck, directeur du Musée royal de Leyde. L'espèce entre aussi dans le lac de Harlem. Je m'en suis procuré un, originaire de ces eaux, pendant mon séjour à Amsterdam en 1824.

Ce nom de Hauting ou de Bouiing est trèsprobablement une corruption du mot PFhiting que les pécheurs donnent à tous les poissons blancs de mer ou d'eau douce.

Artedi, et avant lui Rondelet, ont connu ce poisson sous sa dénomination vulgaiie. Le

peu cle mots que Rondelet dit sur la forme du museau, sur la couleur noirâtre et sur la petitesse des écailles, me prouvent qu'il avait vu ce poisson qu'il dit commun à Anvers, et très-connu sous le nom de Hautin; mais il ajoute qu'il a trois nageoires sur le dos, éloignées l'une de l'autre à des intervalles inégaux. Je ne sais comment expliquer cette singulière erreur; est-ce, comme le suppose M. Cuvier, parce que l'ichtliyologiste de Montpellier aurait reçu une mauvaise figure de ce poisson? Est-ce, parce que l'auteur aurait vu un individu monstrueux? Il est difficile aujourd'hui de le décider; mais ce dont on ne peut douter quand on a observé la nature, c'est que Rondelet n'a examiné le poisson dont nous parlons.

Sa ligure a été reproduite par Gesner, par Willuglîby, et tous ces auteurs l'ont donnée comme l'Oxyrhynque de Rondelet, qui ne pensait pas retrouver dans ce poisson les Oxyrhynques des anciens.

M. de Lacépède n'a pas moins tiré de ce chapitre l'article de son genre Triptéronote, qui doit être évidemment réformé , et en même temps il reproduisait la même espèce parmi ses Corégones, en employant les documents de Linné.

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Nous avons déjà dit que Scliônevelde avait applique à ce poisson le nom d^Albula nohilis, donné par Gesner à une autre Corégone.

Artedi, employant différemment ces deux matériaux semblables , quoique puisés dans deux auteurs, a mentionné, dans sa Synonymie, deux fois le Houting; une première, d'après Scbônevelde, comme une variété du Lavaret, et une seconde fois, d'après Rondelet, pour former sa quatrième espèce de Corégone, qui est devenue, à la dixième édition du Sjstema naturœ, le Salmo oxjrhjncliiis.

Bloch a donné une très-mauvaise figure de cette espèce, en la confondant de la manière la plus étrange avec le Salino lavaretus ^ fort mal déterminé avant M. Cuvier, et en mettant sous elle une synonymie composée des êtres les plus divers. Son histoire est un mélange d'emprunts faits aux différents auteurs qui ont traité, soit du Salmo oxjrlijnchus , soit d'autres Gorégones.

Je vois que cette espèce se porte assez haut vers le Nord , puisqu'elle est citée dans le Prodrome de Flchtliyologie Scandinave de M. Nilsson \ On en prend deux variétés; l'une, noirâtre, à museau plus court, vient du lac

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