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Niisson , Prod. ichl. Sound., p

CHAP. VIÏI. CORÉGONES. 493

Malarn, et se vend en abondance sur les marchés de Holm, dans les mois d'octobre et de novembre; l'autre, plus pâle, à museau plus long, vient du lac Wenern : on l'appelle Nàhhsik. Celle-ci fraie au mois d'octobre.

Le TscHiR.

{Coregonus nasutus, nob.)

M. Ehrenberg nous a donné un des exemplaires de la Marène, qu'il a prise dans l'Irtiscli, pendant le voyage où il a accompagné M. de Humboldt.

C'est de toutes les espèces, celle dont la mâchoire supérieure, quoique tronquée, est la moins épaisse. Le maxillaire est étroitj sa pièce supplémentaire est assez haute et assez libre. Les deux mâchoires sont égales. Le corps est plus haut qu'aucune des autres espèces. La hauteur du tronc, mesurée sur la dorsale, égale ou surpasse le quart de la longueur totale. La tête est courte : elle ne mesure que les deux tiers de celte hauteur. La pectorale est arrondie et moins longue que celle de la précédente. La dorsale et l'anale ont leurs derniers rayons plus bas. D. 14; A. 17; C. 31; P. 15; V. 1-2.

Les e'cailles sont beaucoup plus grandes que dans l'espèce précédente. Le dos est d'un bleu grisâtre; le ventre est argenté; il y a des lignes grises longitudinales qui se voient par reflets. Je vois du noir aux ventrales et à l'anale; du noirâtre à l'extrémité

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de la dorsale. Les pectorales et la caudale me paraissent aussi pâles que celles de la Marèiie.

Le Salmo nasiitus de Pallas me paraît ressembler plus que toute autre à la corëgone que je viens de décrire. Cet auteur indique que ce poisson de la Sibérie est très-commun dans rObi et dans ses aflluents; mais on lui a rapporté que , dans les golfes et dans les lacs voisins des rivages de FOcéan arctique , l'espèce existe en beaucoup plus grande abondance. Pallas donne les différents noms de ce poisson daiis le dialecte de ces peuples septentrionaux.

Lepecliin a donné une figure de cette espèce qui nous aide dans cette détermination; il Ta publiée sous le nom de Tscliir.

Le MuKSUN.

{Coregoniis inuksim, nob.)

Après ces espèces, qui avoisinent plus ou moins le Lavaret, nous en trouvons une dans les eaux douces de la Russie qui s'en dintingue par son corps plus arrondi, plus allongé; par sa longue tête; par la grandeur de son œil. La hauteur est cinq fois et demie dans la longueur totale; l'épaisseur surpasse la moitié de cette hauteur. La tête est un peu plus longue que le cinquième du corps entier. L'œil est gros et saillant; le diamètre de l'orbite entame la ligne du profil : il est le quart de la

longueur de la lête. La longueur du museau audevant de l'œil égale ce diamètre; il en est de même de l'intervalle qui sépare les deux yeux. La pectorale est pointue. La dorsale est petite; l'anale l'est davantage; la caudale est f'ourclme.

Les écailles sont petites et imbriquées de manière à avoir la forme de petites losanges placées à la suite lune de l'autre comme des mosaïques. Je compte quatre-vingt-quinze écailles dans la longueur. La ligne latérale est très -fortement marquée par de petits tubercules relevés et obliques sur les écailles- Tout le dos, bleu d'aciçr, est très-rembruni vers le haut. Au-dessous de la ligne latérale un argenté bleuâtre colore les flancs ; le ventre est tout blanc. La dorsale et la caudale sont grises; les autres nageoires sont blanchâtres.

La longueur de nos individus est de quatorze pouces. Ils faisaient partie de la belle collection qui a été envoyée par la grandeduchesse Hélène.

Ces espèces commencent à nous conduire à celles qui ont la mâchoire inférieure plus avancée que la supérieure; car, déjà dans ce poisson cette mâchoire paraît plus longue lorsqu'elle est abaissée.

ïl ne serait pas impossible que nous n'ayons sous les yeux le Salmo Muksun de Pallas; car c'est une espèce qui, avec les formes que nous

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venons de décrire, a le dos rembruni sous une teinte générale argentée. Si cela est, ce Muksun de la Sibérie, que les Samoyèdes et les Tartares désignent aussi sous les noms rapportés par Pallas, manque au léniséï, mais on le transporte de l'Obi pendant l'hiver, après l'avoir durci dans la glace. Cette corégone remonte à l'automne en grandes troupes de la mer glaciale dans tous les fleuves de la Sibérie; on la croit aussi des fleuves qui se jettent dans la mer Blanche; mais elle ne paraît pas exister dans Ja mer Baltique.

La CORÉGOINE DE ReISINGER.

{Coregonus Reisingeri , nob.)

Nous avons reçu de Vienne une Corégone du Danube voisine de cette espèce, mais qui en est cependant différent.

Ce poisson, très -bien préparé, a le corps assez arrondi. La hauteur est cinq fois et quelque chose dans la longueur totale. La tête est plus courte que cette hauteur. Il se distingue encore du précédent par la brièveté de la pectorale et en général de toutes ses nageoires.

Les écailles sont à peu près aussi petites que celles de l'espèce précédente, puisque j'en compte quatre-vingt-douze le long des côtés.

La couleur est plombée sur le dos- blanche, argentée sous le ventre. Toutes les nageoires sont noirâtres.

Cet iiidividti est long de dix pouces : il a été envoyé du Danube par M. Schreibers.

C'est peut-être là l'espèce que M. Reisinger a indiquée dans son Ichthyologie, en la considérant comme le Sahno marœna de Gmeliii ou de Ëloch. Son poisson a en effet les nageoires bleues, bordées de noir 5 l'adipeuse noirâtre; les écailles à reflets argentés, rembruni sur le dos, d'un bleu jaunâtre sur les côtés et blanc en dessous. Cette Corégone, oriijinaire des lacs profonds de la Hongrie , fraie en novembre.

Je ne suis pas très -sûr de l'exactitude de ïna détermination ; mais ce qui me parait certain, c'est que l'auteur que je cite n'a pas décrit le Sahno marœna de Bloch.

La CORÉGONE DE NiLSSON.

{Coregonus Nilssoni, nob.)

Nous avons reçu de Suède et de Norwéee une petite Corégone propre aux contrées septentrionales de l'Europe qui est voisine des précédentes, mais qui s'en distingue

par son corps plus comprimé; par sa tôle pointuej 21. 32

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le museau est tronqué , un peu moins obtus que celui du Lavaret, mais plus haut que celui de l'espèce précédente. La tête, étroite et allongée, est comprise cinq fois et demie dans la longueur totale. La dorsale et l'anale sont basses; les pectorales sont pointues; les ventrales sont moins développées que celles des précédentes. Sans l'adipeuse, on prendrait ce poisson pour un hareng, quoique la bouche soit faite tout différemment.

Le dos est bleu d'acier; les côtés argentés. Il y a du noirâtre aux ventrales, à l'anale et à la caudale. La dorsale est grise, les pectorales sont blanches.

M. de Merlens nous a donné une collection assez complète des individus de cette espèce, en réunissant les trois âges de cette corégone, et en nous faisant connaître les noms qu'elle reçoit en Suède à ces trois époques de la vie. Les individus de quatre à cinq pouces sont aj:>pelés Seolen ou Gang-Jîsche ; ceux de sept pouces Renkerif et ceux de neuf à dix Blaufelchen.

Nous devons aussi à M. Nilsson la possession d'individus adultes de cette espèce ; cela nous a fait reconnaître le Coregonus lawaretus de cet auteur qu'il avait, avec assez de raison, comparé au Scihno TVartmanni de Bloch.

L'ichthyologiste suédois dit qu'on ne trouve ces salmonoïdes que dans le lac Bolmen au

mois de décembre; mais il y en a des variétés plus petites dans des lacs de Smalande, oii l'espèce ne fraie qu'au mois d'octobre.

Je crois avoir observé dans le Cabinet de Berlin un poisson de cette espèce ; car le dessin que j'en ai fait, ressemble parfaitement aux individus que j'ai sous les yeux. Blocli l'avait confondu avec son Salnio TVartmanni : il était ainsi étiqueté par lui.

Le Syrok.

(Coî^egomis Sjrok, nob.)

L'espèce que je désigne ici d'après PallaSj doit être voisine de la précédente , si elle n'est pas la même. Voici ce que Ton peut extraire de la description du célèbre ouvrage sur la Faune de la Russie.

Le Syrok est un poisson qui a la forme d'un Cyprin; la bouche plus ouverte que celle du Salmo polciir; la mâchoire inférieure plus courle que la supérieure quand la bouche est fermée, mais elle est un peu plus longue si la bouche est ouverte. Les écailles sont un peu plus petites que celles du Lavaret de Pallas; la couleur, argentée, est bleuâtre au-dessous de la ligne latérale et rembrunie vers le dos. Les nageoires sont brunes; la dorsale et la ventrale, un peu plus foncées, deviennent presque noires.

ÎSOO LIVRE XXII. SALMONOÏDES.

Ces poissons ont un pied de long. Pallas a cru qu'il avait sous les yeux le Salmo viînha de Linné 5 mais celui-ci, d'après le témoignage de M. Nilsson, appartient à un autre groupe; car dans l'espèce de Linné la mâchoire inférieure est plus longue que la supérieure et remonte au-devant d'elle : voilà pourquoi je n'ai pas adopté la dénomination sous laquelle cette espèce a été décrite dans la Faune russe. Pallas dit que c'est le Syrok des Russes établis en Sibérie. Il donne aussi des noms dans les dialectes tongous et samoyèdes.

Ce Syrok se trouve dans l'Obi et dans les autres fleuves de la Sibérie orientale qui se rendent à l'Océan arctique. Il est également commun à Petcliora et dans les lacs de la plage arctique; ou dit même qu'il remonte jusqu'au lac Baïkal.

Le SiK.

{Coregomis sikus, nob.)

Nous avons reçu par les soins des naturalistes de l'expédition de la Recherche une Corégone, que l'on prendrait, sans un examen attentif, pour la même espèce que la Corégone de Nilsson,

mais elle s'en distingue par une lêle beaucoup plus petite, comprise cinq fois et demie dans la longueur

totale, parce quelle a le corps beaucoup plus raccourci. Un autre caractère, qui sert aussi à la faire reconnaître, consiste dans la largeur du sous-opercule. Il faut avouer d'ailleurs que ces deux poissons sont aussi voisins l'un de l'autre que plusieurs espèces d'Ables; il iliut donc beaucoup d'atlention pour arriver à les reconnaître. Celle dont je m'occupe dans cet article a la pectorale plus courte; le museau plus épais et tronqué plus obliquement. Il y a à peu près les mêmes différences entre ces deux poissons, qu'enlre le Lavaret du lac du Bourget et la Fera du lac de Genève,

Nous avons trouvé aussi des exemplaires de cette espèce dans les collections faites au cap Nord, par M. Noël de la Morinière. Les exemplaires que nous devons à ce collecteur sont plus grands que les précédents : ils ont de douze à quatorze pouces de long.

Cette espèce a été figurée par Ascanius, tab. 3o; il a cru que c'était la même que le Lavaret du lac du Bourget, et il la cru aussi de la même espèce que les Corégones d'Angleterre. Ce sont toutes ces confusions qui ont empêché de déterminer ces diverses espèces. Celle-ci, des lacs alpins de la Norwége, y est connue sous le nom de Sik ou de Ilelt. On la voit aussi descendre les fleuves jusqu'à leurs embouchures. On la trouve dans le Nid, près d'Arendalil Elle fraie dans les trois derniers

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mois de rannée, et alors le mâle a les écailles hérissées de tubercules pointus, qui disparaissent ensuite; il paraîtrait même qu'il y aurait une sorte d'accouplement entre les deux sexes de ce poisson. Non-seulement Ascanius a confondu son espèce avec le Lavtiret de France ou le Gwyniad, qui sont des poissons du même genre, mais encore avec la Vandoise, qui est un Cyprin. Il est possible que cette • espèce ait été prise par M. Nilsson pour le Coj^egoniis fera. J'avoue cependant que cette détermination me paraît aussi incertaine que celle du Co/^egojius la^aretiis de cet auteur.

Le POLLAN.

{Coregonus Pollan, Thompson.)

M. Thompson m'a envoyé de Loug-Neagh, en Irlande , la Corégone poUan. C'est une espèce très-voisine de celle d'Ascanius.

Elle a cependant la lête encore plus petite; les deux mâchoires beaucoup plus égales; la troncature du nez moins haute; les pectorales et les ventrales courtes , arrondies ; la dorsale basse et à peu près ronde ; les écailles sont de grandeur médiocre : on en compte quatre-vingts le long des flancs. D. 14 — 0; A. 11 ; C. 31 ; P. 14; V. H.

Le dos est plombé; le ventre est blanc. Je ne vois pas de noirâtre aux nageoires.

CIIAP. VIII. CORÉGONES. 503

J'avoue que j'ai quelque peine à reconnaître ce poisson dans la figure du Pollan, mise par M. Yarrell en tête de sa description. Mais, puisque je dois a M. Thompson, de Belfatli, un individu étiqueté de sa main, je dois regarder ma détermination comme exacte.

Les iclîdiyologistes anglais sont d'accord pour distinguer ce poisson du Gwyniad. M. Thompson a reconnu, que la première mention de ce poisson est faite dans l'Histoire du comté de Down, par Harris, publiée en 1744* ^1^ ^^ "^oit s'approcher du rivage en grandes bandes pendant le printemps, l'été et même une partie de l'automne. Vers le mois de septembre on le prend par bandes innombrables, puisque des coups de lilet ont amené plus de dix-sept mille individus. On lui compte cinquante-neuf vertèbres.

Le PowAN.

{Coregonus Cepeâiiy Parnell.)

Le docteur Parnell, qui s'est beaucoup occupé de richthyologie de l'Ecosse, a distingué, sous le nom de Coregonus Cepedii,

ce poisson, du lac Lliomond, l'un des plus grands et des plus pittoresques lacs de l'ouest de l'Ecosse. En le croyant différent des espèces des lacs du nord

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de l'Angleterre, de l'Ecosse ou de l'Irlande, les icliihyologistes anglais ont pensé qu'il pouvait exister dans les lacs de Scandinavie , mais cependant ils n'ont rien déterminé de précis h. cet égard. L'espèce décrite par le docteur Parnell a la tête longue et étroite j la couleur du dos et des côtés est d'un bleu foncé avec un assez grand nombre de points sur le bord de chaque écaille. La portion inférieure de la dorsale, ainsi que les nageoires paires et l'anale, sont d'un gris bleuâtre assez rembruni. L'auteur ajoute qu'il y a des dents à la mâchoire supérieure, et qu'il V fn a de plus courtes et de plus nombreuses sur la langue. Mais je me demande s'il n'a pas pris les papilles de ces organes pour des dents; car la figure que M. Yarrell a donné de ce Povan me paraît le rapprocher de toutes ces Corégones sans dents, et je ne vois pas que cet habile ichthyologiste les ait fiit dessiner dans les vignettes qui représentent la bouche de grandeur naturelle. Les yeux sont grands; les écailles tombent facilement.

Ce poisson atteint communément une longueur de seize pouces. On les pèche en grand nombre dans le loch Lhomond, où on les appelle Powan ou harengs d'eau douce , Fresh FFater Herrin^.

J'ai retrouvé, dans les papiers de M. de Lacépède , la description originale que Noël de la Morinière lui communiqua, et d'après laquelle cet illustre zoologiste a établi sa Corégone clupéoïde. Noël, qui a connu le Fresh

CHAP. VIII. CORÉGÔiNES. 505

TValer Herring, écrit aussi, pour nom vulgaire, Span ou Pollock. 11 s'était rendu au loch Liiomond pour y connaître ces prétendus harengs de mer, naturaUsés dans l'eau douce. La description qu'il a faite est un peu vague, comme celles de son époque, et surtout quand lauteur ne connaissait pas lanatomie ou Tostëologie des poissons. Mais, comme il dit très -positivement que la bouche est dépourvue de dents, je crois, jusqu'à plus amples renseignements, devoir laisser le Powan de Parnell dans le genre des Corégones, et ce Powan serait bien, en effet, la Corégone clupéoïde de M. de Lacépède'. Comme cet ichthyologiste n'a pas eu connaissance du Sal- 7710 clupeoides de Pallas , qui est aussi une Corégone, il n'y a pas double emploi spécifique ; mais nous ne pouvons qu'approuver l'auteur anglais d'avoir fixé davantage le nom de cette espèce, en la dédiant à l'un de nos illustres maîtres.

Ce Powan se nourrit de petits entomostracés , de larves d'insectes et de petits coléoptères, ainsi que de larves de phrygane.

Les espèces de Scandinavie que j'ai examinées me (ont penser que ce Coi^egonus Cepedii n'a pas encore été observé sur le continent.

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