Pallas, Fauna rosso-asint. , t. III, p
les torrents les plus rapides, qui descendent sur les fonds rocailleux de l'Altaï, et affluent à rObi, à rirtisclî et au lénisséi, ainsi que dans les tributaires de ces grands fleuves. On le trouve aussi dans le Baikal, dans le Selenga, qui y verse ses eaux, et dans l'Angara, que l'on peut appeler le Rhône de ce grand lac. Ce saumon y entre à la fin de mars, avant la fonte des glaces, et il y séjourne jusqu'à l'automne. La Lena et ses affluents, le Witiraa et le Kovyma, le nourrissent. Comme les autres espèces du même genre, celle-ci remonte les fleuves pour y frayer. Un grand nombre d'individus y établissent leur demeure, et les jeunes surtout sont longtemps sans en sortir. C'est pour cela qu'on prend cette espèce en tout temps avec le S. Jlimatilis^ le S. thymaliiSf le goujon, les loches et le Cjprinus tschehahy les seuls hôtes de ces grands fleuves. Les troupes de ces saumons se pressent surtout aux cataractes. On les prend à riiameçon. Leur chair rougeâtre est de très-bon goût. On fait du caviar avec les œufs, comme avec l'esturgeon. Le poisson ne se mange que frais , parce qu'on ne peut ni le saler ni le sécher. L'espèce ne se trouve pas au Ramtschatka, ni dans les mers orientales. Après ces observations, Pallas en donne une description et
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une longue synonymie. Il établit que c'est le Scihno Lenok de son voyage; par conséquent celui de Gmelin et de Lacépède. Il se demande, ce qui m'étonne, si ce n'est pas le Salmo umhla de Linné. Puis il donne une longue suite des différents noms de ce saumon. Les Russes le nomment en Sibérie Lenok, et dans les chaînes de l'Altaï et de Saganian Kuskûtsch. Je renvoie pour les autres noms des différents dialectes tartares à l'ouvrage de Pallas.
Quelques zoologistes feront peut-être de cette espèce le type d'un genre intermédiaire entre les saumons de notre ouvrage et les Ombres de M. Cuvier. Je ne l'ai pas fait, car je crois que ce poisson pourrait plutôt servir a démontrer l'inutilité de la coupe faite sous le nom de Thjmaîus.
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