Fauna caspio-caucasia , p. 162, t. XXXII, fig
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décrite soiis le même nom par M. Nordmann. ' Nous conservons dans le Musée l'individu qui a servi à sa figure. Cet auteur a cru retrouver dans elle le clupea piltschardiis de Pallas. Je n'y vois d'autre raison que l'identité d'habitation; car la description de cet illustre voyageur est très-vague , sans caractères. D'ailleurs , il est pour moi hors de doute , que le poisson qui était sous les yeux de Pallas, n'était pas le Pilchard des Anglais. Je dois à M. Hommaire de Hell des renseignements curieux sur le commerce et la pêche de ce clupéoïde de la mer Noire. Il dit, que les harengs péchés à l'embouchure du Danube, et particulièrement sur les côtes de la Crimée, sont remarquables par leur beauté, et qu'ils ne le cèdent point à ceux de Hollande. Il faut attribuer le peu de réputation dont ils jouissent, à la méthode très-défectueuse suivie pour leur préparation. Il assure que les harengs de Ramiche-Bouroun sont grands et gras, puisque l'on en trouve du poids d'une livre et demie. Leur pêche se fait, comme à Théodosie, vers le i5 octobre et continue jusqu'à la mi-mars. Le reste de l'année ils se présentent fort peu à Ramiche-Bouroun : c'est un port situé en dedans d'une pointe de sable
1. Nordm. , Faun. ponticq; Poiss. . y. 520. pi. 25. fi£. 2. .
de deux verstes d étendue ; son entrée est fort étroite; on y trouve dix pieds d'eau sur un fond de sable. La quantité de harengs, péchée annuellement sur cette cote, est évaluée à deux millions. On les vend souvent à raison de huit roubles le millier.
Le prix ordinaire du poisson frais, varie suivant la qualité et suivant l'abondance de la pèche, de huit à trente roubles; quand il est salé, il vaut de douze à quarante roubles. On en prend souvent plus de quatre-vingt mille dans une seule nuit. A Théodosie , les femmes les placent par lits dans les paniers, les salent sans les nettoyer : les poissons y restent jusqu'à l'arrivée des acheteurs de l'intérieur de la Russie. On conçoit que cette méthode fasse prendre souvent un mauvais goût au poisson, et qu'il n'acquiert pas par conséquent une grande réputation.
Le Hareng de New-York.
(Clupea elongata, Lesueur.)
Nous avons reçu de New- York des exemplaires d'une espèce de hareng extrêmement voisine de celle qui habite les mers d'Europe, mais que nous avons distinguée depuis plus de vingt-cinq ans dans la collection du Mu-
séum. Nous' avons le plaisir de voir que notre opinion sur cette espèce a été adoptée par les naturalistes qui se sont occupés de l'étude des poissons d'Amérique.
La forme et les proportions du corps sont semblables; ainsi la hauteur est comprise six fois dans la longueur totale. La longueu* de la tête fait un peu plus que le cinquième de celle du corps entier. La dorsale est placée sur le milieu du corps; la ventrale répond au sixième rayon de la nageoire du dos. L'anale est basse; la caudale est fourchue et les nombres des rayons de ces nageoires ne diffèrent point de ceux des nageoires de nos harengs. Nous comptons aussi, le long des flancs, la même quantité d'écaillés. Cependant , malgré les ressemblances , nous signalerons comme différence caractéristique, l'absence de veinules sur le sous-orbitaire et sur le limbe du préopercule. L'ellipse des carènes des frontaux est moins allongée; la crête qui forme la carène antérieure, élevée dans le milieu de cette ellipse, est plus relevée. Les dents sont plus fines ; celles de la langue sont plus nombreuses. Les écailles de la carène dentelée du ventre sont sensiblement différentes, l'écusson central étant plus large et les épines latérales plus courtes. La couleur ardoiséebleuâtre du dos descend moins bas sur les flancs, et elle est séparée d'une manière nette et tranchée de l'argenté des flancs ou du ventre. La caudale est d'un gris plus noirâtre.
La longueur de nos individus est de sept pouces et demi.
Nous avons étudié avec le plus grand soin ces harengs de l'Amérique septentrionale , parce qu'il était nécessaire de déterminer si l'espèce américaine était la même que celle d'Europe. Il fallait résoudre cette question, non-seulement à cause de son importance dans l'étude de la distribution géographique des animaux, mais aussi pour apprécier à leur juste valeur les différentes assertions énoncées sur les voyages des bandes nombreuses de ces dupées. Les premiers navigateurs qui virent les harengs sur les côtes d'Amérique, les confondirent avec celui de nos côtes européennes. On conçoit que cette erreur était très-possible, car on ne peut distinguer les deux espèces que par une comparaison immédiate et qu'à la suite d'un examen minutieux. Les observateurs partant de l'identité spécifique des harengs des deux continents, établirent que leurs légions innombrables, sorties des fonds des mers glacées du pôle, avançaient jusque vers l'Islande, et qu'arrivées à la hauteur de cette île , elles se séparaient en deux cohortes, dont l'une se dirigeait vers les mers du nord de l'Europe, tandis que l'autre se portait sur les côtes de l'Amérique septentrionale. Une fois que la distinction spécifique est bien établie , il de-
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vient tout à fait inutile de discuter ce roman.
Mitchill1 a confondu l'espèce dont nous traitons dans cet article avec le hareng d'Europe, sous le nom de Clupea harengus. Il la désigne même par le nom anglais de Herring of commerce.
C'est M. Lesueur qui, le premier, a donné un nom à cette espèce. Il l'a décrite dans le Journal des sciences de Philadelphie, et, comme il la comparait aux espèces voisines qu'il observait sur les marchés d'Amérique, et qui ont le corps beaucoup plus large, il lui a donné un nom assez impropre que nous conserverons cependant, afin d'éviter du néologisme : c'est le Clupea elongata de cet auteur2. Ce zélé zoologiste a observé ce poisson, en octobre 1816, sur la côte de Marblehead et de Sandy-Bay; il n'a donné aucun détail sur ses mœurs ni sur ses habitudes. Les pécheurs lui donnaient le nom anglais du hareng. On le prenait à la seine. A peu près à la même époque Mitchill mentionnait ce poisson dans ses premiers essais sur l'Ichthyologie d'Amérique.
M. Storer a reconnu cette même espèce