‹ Histoire naturelle des poissons (volume 3)Chapitre 62 sur 100 · PI. 17, fig · texte numérisé non relu

PI. 17, fig

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planche XVI, fig. 7. On pourrait les désigner sous le nom de Célan ou Célerin, qui ne sont autres, selon moi, que des grandes sardines. Le poisson figuré sur la même planche, au numéro 5, sous le nom de petite Sardine, doit être une représentation fort inexacte de la Sardine ordinaire. Quant au poisson figuré pi. XVI, n.° 8 , sous le nom de Prêtre de Saint- Malo , il est certain que ce n'est pas un hareng. Il suffit de faire attention à l'insertion de la pectorale, à la position de la dorsale et de l'anale, pour reconnaître la vérité de ce que j'avance. Il est probable que le dessinateur avait sous les yeux une Athérine dont il a oublié la première dorsale-: ce serait peut-être notre Atherina presbjter. Mais si même les deux dorsales avaient été représentées, la figure n'en serait pas moins mauvaise et sans aucun caractère zoologique.

La Melette, pi. XVI, fig. 6, est une petite Clupée qui appartient peut-être à l'espèce désignée par Duhamel, mais cela est très-incertain.

La Harengule blanquette.

(Harengala latulus , nob.)

On pêche dans l'Océan septentrional et en grande abondance sur nos côtes de Picardie

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et de haute ou de basse Normandie, un petit poisson que nos pécheurs de Caen distinguent du fretin, du hareng et des petites espèces voisines, sous le nom de Blanquette. En l'étudiant avec soin, on voit qu'on peut le prendre pour le type d'un genre qui ramène à lui une seconde espèce de nos côtes et un assez grand nombre d'autres étrangères.

Nous allons commencer la description de cette série par celle de ce petit poisson de notre pays.

En le comparant au hareng, on le reconnaît à ce qu'il a le corps plus trapu et plus comprimé, plus haut vers la région pectorale; le ventre plus tranchant; la dorsale plus avancée et l'anale un peu plus reculée et plus rapprochée de la caudale. La hauteur du tronc est égale à la longueur de la tête, et est comprise quatre fois et quelque chose dans la longueur totale. La ligne du profil du dos est un peu convexe; celle du ventre l'est beaucoup plus. L'œil est assez grand : son diamètre surpasse le tiers de la longueur de la tête. Les sous-orbitaires sont minces, très-étroits; le préopercule et très -grand : son limbe couvre presque tout le bas de la joue; l'angle est arrondi. L'opercule a une assez profonde échancrure vers le haut et vis-à-vis du scapulaire. Le sous-opercule est petit et étroit; l'interopercule est presque entièrement caché sous le limbe de la première pièce de l'appareil operculaire. La membrane branchios#tège se joint aux opercules en for-

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mant une assez large et haute échancrure, dans le sinus de laquelle on voit l'insertion de la pectorale. Les ouïes sont largement fendues comme dans toutes les clupées. La bouche est petite ; les deux intermaxillaires se réunissent en formant une petite échancrure : ils sont garnis de petites dents; on en - retrouve de semblables à la mâchoire inférieure qui' a des branches hautes et courtes, et qui dépasse un peu la supérieure. Les maxillaires qui l'embrassent de chaque côté sont larges et à peine dentelés. Le vomer n'a aucune dent> on en voit de petites sur les palatins et les ptérygoïdiens; il y en a aussi sur la langue. L'absence de dents au vomer est un caractère facile à apercevoir, et qui sert à distinguer cette clupée de nos harengs. La dorsale répond, à trèspeu de chose près, au premier tiers du corps : elle est basse et longue ; la ventrale répond à son neuvième rayon; la pectorale est étroite; l'anale est très-basse; la caudale est un peu fourchue.

Les écailles sont assez fermes et adhérentes; il y en a quarante -trois rangées entre l'ouïe et la caudale. Une d'elles , examinée à la loupe, se présente sous la forme d'un petit écusson ovale avec deux ou trois stries sur la surface radicale.

Les dentelures de la carène du ventre sont beaucoup plus fortes et plus marquées que dans le hareng; chaque écaille a une pointe postérieure libre assez aiguë; l'antérieure est cachée par l'écaillé précédente : elle est plus longue et plus fine; celles qui forment les côtés du chevron sont fines, mais

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courtes : nous en comptons trente. La couleur est un blanc d'argent très -brillant, à peine teinté de verdàtre sur le dos. Les nageoires sont blanches et sans aucune teinte.

La splanchnologie de la blanquette ressemble, dans ce qu'elle a de général, à celle du hareng, mais les différences que nous observons dans les formes des viscères concourent à donner plus de force aux caractères génériques et spécifiques que nous venons de signaler dans la description des parties extérieures. Nous voyons le canal digestif commencer par un œsophage stomacal extrêmement large et occupant toute la partie supérieure et antérieure de la cavité abdominale; il se rétrécit en un sac conique très-étroit, et à l'endroit où l'on voit ce rétrécissement de l'œsophage , on voit naître sous lui la branche montante qui est elle-même assez grosse , et qui contribue , en occupant la partie inférieure de la cavité abdominale, à rendre plus sensible l'étranglement et le rétrécissement de l'estomac. Le pylore est entouré de très-nombreuses appendices cœcales plus longues et plus grosses à droite qu'à gauche. L'intestin fait deux replis rapprochés l'un de l'autre dans l'hypocdftdre gauche, et à partir de l'extrémité antérieure de la branche montante, il descend en dessous d'elle pour se rendre droit à l'anus. Le foie se compose presque uniquement d'un lobe étroit trièdre, placé sur l'anse de l'œsophage et de la branche montante. La rate est petite et du côté droit. Les laitances sont courtes et étaient rejetées au delà de l'estomac, probablement.

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parce qu'elles n'étaient pas très -pleines. La vessie aérienne a ses parois très-minces, transparentes ; elle occupe le fond de la cavité abdominale, et elle n'avance au-dessus de l'œsophage que par une pointe plus étroite et plus grêle que celle du hareng; elle communique avec l'estomac par un canal très- court et récurrent, qui descend pour s'insérer sur l'extrémité de l'estomac. Son péritoine brille du plus bel éclat d'argent.

Après la description détaillée que nous avons donnée de l'ostéologie du hareng, nous n'avons pas à nous étendre sur celle de ces petites blanquettes; mais nous signalerons un caractère différentiel important : la colonne vertébrale n'est composée que de quarante-quatre vertèbres.

La longueur de nos individus est de trois pouces et demi à quatre pouces. J'ai souvent vu les paniers des pêcheurs remplis de ces Blanquettes. Elles sautent pendant plusieurs heures après qu'on les a portées au marché. Rien n'égale l'éclat et la vivacité des couleurs de ces pe^ts poissons. On ne les transporte jamais sur nos marchés de Paris, probablement à cause de leur petitesse. Leur abondance suppléerait cependant au défaut de leur taille, et le goût de leur chair, quoique un peu sèche, les ferait certainement aussi rechercher.

Notre Blanquette a été confondue avec l'es-

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pèce suivante et avec plusieurs autres, quoique Schoneveld l en eût laissé une courte description assez reconnaissais , et qu'il lui ait plus particulièrement appliqué la dénomination de Breitling, qui est certainement aussi donnée' par les Allemands aux autres espèces voisines. Parmi les nombreuses figures que Duhamel a donné de nos petites espèces de hareng, il me semble qu'on doit lui rapporter la Menuise de Gran ville2. D'ailleurs je ne vois pas que les auteurs plus récents aient fait mention de cette espèce, et ce n'est qu'avec la plus grande réserve que j'oserais y rapporter le Breitling de Klein.3

La Harengule esprot.

(Harengula sprattus , nob.)

Depuis que nous avons employé les caractères de la dentition, nous pouvons nous retrouver dans ces nombreux petits poissons qui vivent tous pêle-mêle dans nos mers et sont péchés avec les fretins du hareng. Nous venons de décrire, dans l'article précédent, l'une de ces espèces 5 nous allons passer à la

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