Couch, Transact. ofLinn. soc, t. XIV.. part. i.re, p
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choire inférieure plus prolongée que la supérieure. Le premier de ces trois zoologistes a cru, mais à tort, pouvoir le nommer Esox brasiliensis. Il a vu ce petit poisson dans le havre de Polperro, nageant avec agilité près de la surface de l'eau.
Les deux naturalistes qui se sont servis du travail de M. Couch, ont bien reconnu que la dénomination linéenne ne pouvait être appliquée à ce poisson; mais ils ont pensé que ce devait être un jeune de quelque espèce d'hémiramphe. Dans le but d'éclairer les zoologistes, qui vivent sur les bords de la mer, M. Yarell a eu le soin de faire représenter, dans une vignette, la tête d'une de nos espèces américaines, à bec court, qui me paraît voisine de notre hemiramphus Richardi.
J'ai retrouvé, dans les dessins faits à Nice par M. Laurillard, une très-jolie petite figure d'un poisson long de deux pouces huit lignes , et que M. Risso a nommé de sa main hemiramphus pusillus. Le bec de ce petit poisson est représenté tout droit; le supérieur est proportionnellement assez long et pointu; la dorsale est opposée a l'anale; la caudale est très -faiblement échancrée; les couleurs sont brillantes : c'est un beau vert sur le dos, un argenté bleuâtre sous le ventre; ces deux cou-
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leurs sont séparées par une bandelette longitudinale et dorée.
Il ne peut me rester aucun doute sur l'interprétation de ce dessin, parce que M. Laurillard a eu soin de rapporter une suite de neuf de ces petits individus, dont la taille s'accroît successivement depuis treize lignes jusqu'à deux pouces cinq lignes. Or, malgré leur petitesse, nous observons avec assez de facilité que les dents sont placées sur deux lignes qui restent distinctes à la mâchoire inférieure; nous voyons, le long des branches de celle-ci, poindre les germes de dents qui sortiront au delà de l'extrémité de la mâchoire supérieure. Ces deux branches sont plus allongées que dans les hémiramphes ordinaires. Cette organisation nous prouve donc que nous avons sous les yeux de jeunes orphies.
Cette observation vient confirmer la loi que nous avons déjà eu soin d'indiquer dans le volume précédent, en traitant de ce genre. Dans le premier âge, les orphies ont le bec court et la mâchoire inférieure s'allonge avant que la supérieure ne prenne son entier développement. M. Ruppell a fait la même remarque relativement aux scombrésoces : nous la reproduisons pour les hémiramphes, non-seu-
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lement d'après nos propres recherches, mais d'après celles aussi que Ruhi et Van Hasselt avaient faites en traversant l'Atlantique. Nous rappellerons encore ici que ces observations s'étendent jusqu'aux espadons. Nous avons donc encore lieu de douter qu'il y ait des espèces d'hémiramphes sur les côtes septentrionales d'Europe. Mais dès que nous pénétrons dans l'Atlantique, nous commençons à rencontrer ces poissons aux Canaries et sur les côtes du Sénégal; puis nous en trouvons plusieurs espèces dans les Antilles , et un beaucoup plus grand nombre dans les mers de l'Inde et sous toutes les latitudes chaudes ou tempérées. Les navigateurs qui ont remarqué la forme singulière de ces poissons , les ont presque partout désignés sous la dénomination de Balaou, déjà employée par Du Tertre. '
La première figure que les auteurs nous en fournissent, est celle de la tète d'une espèce à bec court, qui pourrait bien être notre Hemiramphus Ricliardi, et que l'on trouve dans la description du cabinet de Grew 2 : elle est de 1681, et désignée par cette phrase :